Un campanile et des ponts

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

lukian54

Message par lukian54 »

:salut:
La campagne d'Italie de 1796 avait plusieurs buts :
- Barras était satisfait d'éloigneer Bonaparte de Paris..
- la campagne d'Italie devait "occuper" les Autrichiens sur un second front..
- et suivant la formule: la guerre doit nourrir la guerre, il était prévu de se servir abondamment sur le pays.. Souvenez-vous de la proclamation de Bonaparte : Soldats, vous êtes pieds nus etc..je vais conduire dans les plaines les plus riches du monde etc... Autant de batailles, autant de victoires ...El la rafle commença..
Drapeaux , canons, équipements militaires, nourriture et oeuvres d'art...
Gloire et fortune, voila le résumé des opérations.
:Ane: :fou: :roll:

nabulio

Message par nabulio »

tout a fait d accord lukian c est d ailleurs une des raisons des anti napoleon aujourd hui encore en italie mais a cette epoque il a fait son devoir envers son gouvernement qui le lui demandait. ne dit on pas malheur aux vaincus.

olioli

Message par olioli »

De plus le autrichien n'était pas très content de la présence autrichienne et voulait que les français vienne pour établir une république ! ;-)

Karolvs

Message par Karolvs »

Ou encore cet extrait d'encarta:
Promu le 2 mars 1796 commandant en chef de l'armée d'Italie, il est chargé de mener une guerre de diversion et de pillage dans le Piémont et en Lombardie, alors que l'offensive principale doit passer par l'Allemagne pour menacer Vienne. Il mène une campagne foudroyante contre les troupes austro-piémontaises. Grâce à son génie militaire, il remporte victoire sur victoire entre 1796 et 1797 (Millesimo, Mondovi, Arcole et Rivoli). En prenant Venise, il s'ouvre les portes de Vienne et contraint l'Autriche et ses alliés à conclure la paix (traité de Campoformio, 17 octobre 1797), par laquelle il fonde les républiques soeurs dans le Nord de l'Italie. Avec son butin de guerre, il renforce son aura auprès du gouvernement français et sert sa propre propagande en publiant bulletins et journaux glorifiant ses exploits.

olioli

Message par olioli »

Oup excusez moi de mon kiproquo , je voulais dire les Italien n'était pas très content de la présence autrichienne

Drouet Cyril

ITALIE 1796 : L'insurrection de la Lombardie (mai 1796)

Message par Drouet Cyril »

Bonsoir,



Lundi 23 mai 1796. Les premières lueurs de l’aube enflamment les vertes campagnes lombardes. Aux douces musiques du jour naissant, s’ajoutent de bien sinistres notes : celles du tocsin.

Lugubre martèlement annonciateur de jours de deuil. L’heure est à la révolte.

Dans les faubourgs de Milan, des groupes se forment. On foule aux pieds des cocardes tricolores et l’on maudit la nation française.
Il est bien loin ce temps, pourtant si proche, où, à la Porta Romana, le vainqueur de Lodi était acclamé aux cris maintes fois répétés de « Viva la liberta ! » par ces habitants qui jurent aujourd’hui sa mort.
La ville, abandonnée par son gouverneur général, l’archiduc Ferdinand, était tombée comme un fruit mûr et seule la citadelle, où tiennent quelques forces austro-napolitaines, témoigne encore, en ces heures sombres, de la présence des anciens maîtres des lieux.

Une armée même libératrice est une calamité disait Stendhal. Nombre de Milanais en firent la cruelle expérience.
Bonaparte, s’il faut en croire le Mémorial, n’avait-il pas proclamé à ses soldats : « Je viens vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces, de grandes villes, seront en notre pouvoir, et là, vous aurez richesses, honneurs et gloire » ?
La Lombardie paiera cher sa libération.

Le 19 mai, quatre jours seulement après son entrée dans Milan sous un arc de triomphe frappé d’un élogieux « Alla valorosa armata francese », Bonaparte décrétait une imposition de vingt millions. Les couches sociales les plus riches furent, certes, tout particulièrement mises à contribution, mais les multiples réquisitions menées par des agents zélés et soucieux de s’enrichir à peu de peine, ne firent point de distinction. En à peine deux semaines, les contributions en espèces imposées aux Lombards égalaient déjà celles récoltées sous l’ancien régime, en deux années pleines.
Des œuvres d’art prirent le chemin de la France, les églises furent vidées de leur argenterie. ; pire, l’on fit main basse sur les monts-de-piété.

Nobles, prêtres et sbires de l’Autriche n’eurent, dès lors, guère de mal à susciter le soulèvement au sein d’une population rongée par le mécontentement.


En ce matin du 23 mai, Bonaparte n’est plus à Milan mais à Lodi, en marche vers les rives de l’Adige et Mantoue. Le général de brigade Despinoy, à la tête de la garnison milanaise et du corps de troupe chargé du siège de la citadelle, lui annonce immédiatement les funestes nouvelles et prend promptement les premières mesures.
Elles seront efficaces. A la porte de Pavie, les émeutiers, surpris sans doute du silence des cloches de la cathédrale (les cordes avaient été coupées), sont balayés sans mal. L’insurrection dans la capitale lombarde, à peine née, vient de s’achever. Une sortie des assiégés du château n’y changera rien.

Dans les campagnes vides de troupes, les choses vont tout autrement. Mais c’est à une quarantaine de kilomètres de là, à Pavie, où Augereau n’a laissé que de bien maigres troupes, que l’insurrection prend toute sa dimension. Des milliers d’émeutiers appelés par le tocsin, accourent et emplissent les rues de la petite cité. Armés pour la plupart de faux et de bâtons, ces derniers, maîtres de la ville, s’en prennent aux révolutionnaires locaux, pillent leurs demeures, arrachent les arbres de la liberté et contraignent les quatre cents hommes de la petite garnison française, submergée par le nombre, à se réfugier dans le château.
Leur supérieur, le général Haquin venant de Paris, vient d’être fait prisonnier. On l’amène devant les remparts de la citadelle, promettant sa mort si les portes ne s’ouvrent pas. Le commandant du fort s’exécute.
La Lombardie ainsi libérée est parcourue des rumeurs les plus folles. On affirme haut et fort que les Anglais ont débarqué à Nice, que l’armée de Condé a pénétré en Suisse et que Baulieu, renforcé de soixante mille hommes, marche sur Milan. Espoirs vite étouffés…

De Lodi, averti des évènements, Bonaparte, à la tête d’un bataillon de grenadiers, de trois cents cavaliers et six pièces d’artillerie, marche sur Milan. La ville est calme, il ne fait qu’y passer, et, après avoir pris soin d’ordonner la mort des prisonniers pris les armes à la main, prend la route de Pavie.

A mi-chemin, huit cents insurgés se sont retranchés dans le village Binasco, là même, où, deux jours plus tôt, un détachement avait été égorgé. Lannes lance l’assaut. L’ennemi est écrasé, le bourg pillé et incendié.
Bonaparte pense que les épaisses colonnes de fumées qui assombrissent à présent la campagne lui ouvriront les portes de Pavie. Rentré à Milan, il envoie à tous les vents cette proclamation incendiaire :
« Ceux qui, sous vingt quatre heures, n’auront pas posé les armes, n’auront prêté de nouveau le serment d’obéissance à la république, seront traités comme rebelles ; leurs villages seront brûlés. Que l’exemple terrible de Binasco leur fasse ouvrir les yeux ! son sort sera celui de toutes les villes et villages qui s’obstineront à la révolte. »
Bonaparte se trompe lourdement ; la peur n’apportera rien, Pavie résistera.

Le lendemain, l’artillerie française crache ses boulets et couvre de mitraille les murailles de la cité fermement résolue à combattre malgré toutes les supplications de l’archevêque. Le sixième bataillon de grenadiers sous le commandement de Dammartin s’élance alors contre la porte et, à force de lourds coups de hache, parvient à ouvrir une brèche dans laquelle s’élance le reste de la troupe.
La messe est dite. L’insurrection s’achève dans d’effroyables combats de rues.

Vient alors la répression.
Les hommes de la garnison de la ville sont libérés ; pas un seul d’entre eux n’a été assassiné. La clémence des insurgés à cet égard sauve Pavie de la destruction que s’était promis d’ordonner Bonaparte si un seul défenseur du château avait été tué. Le commandant de l’armée d’Italie n’exige pas moins le pillage de la ville.
Le saccage s’accompagne d’exécutions sommaires. Le capitaine responsable de la reddition de la citadelle n’échappera pas à la vindicte.

Comme après Binasco, les proclamations pleuvent :
« Les généraux feront marcher contre les villages les forces nécessaires pour les réprimer y mettre le feu, et faire fusiller tous ceux qu’ils trouveront les armes à la main.
Tous les villages où l’on sonnera le tocsin, seront sur-le-champ brûlés.
Tout homme trouvé avec un fusil et des munitions de guerre sera fusillé de suite. »

Autant de mesures que Bonaparte résume ainsi :
« L’armée française, aussi généreuse que forte, traitera avec fraternité les habitants paisibles et tranquilles ; elle sera terrible comme le feu du ciel pour les rebelles et les villages qui les protègeraient. »

« Terrible comme le feu du ciel… »
Triste rhétorique que Bonaparte emploiera mot pour mot quand, dans trois ans, à la tête de l’armée d’Orient, il annoncera le massacre des prisonniers de garnison de Jaffa.



Sources principales :
Campagne de Bonaparte en Italie, en l'an VIII de la République, Foudras.
Examen de la campagne de Buonaparté en Italie, dans les années 1796 et 1797, Peltier.
La domination française dans l’Italie du Nord (1796-1805), T.1, Pingaud.


Salutations respectueuses.

Drouet Cyril

Re: ITALIE 1796 : L'insurrection de la Lombardie (mai 1796)

Message par Drouet Cyril »

Bonjour,

Il convient de rappeler que Bonaparte n’attendra pas trois ans pour réemployer ces mots de terreur mais à peine trois semaines.
Ainsi s’adressait-il aux Tyroliens, le 13 juin :

« Vous nous recevrez avec hospitalité, et nous vous traiterons avec fraternité et amitié.
Mais s’il en était qui connussent assez peu leurs véritables intérêts pour prendre les armes et nous traiter en ennemis, nous serons terribles comme le feu du ciel ; nous brûlerons les maisons et dévasterons les territoires des villages qui prendront part à une guerre qui leur est étrangère. »

L’insurrection lombarde était encore dans toutes les têtes et les troubles qui commençaient à germer sur les arrières de l’armée française notamment autour de Gênes mais également dans les environs de Tortone suscitaient l’inquiétude.

De la même manière que dans le Milanais, la répression s’abattit sur les insurgés. Lannes, comme à Binasco, fut chargé de la tâche. Le village le plus touché fut Arquata ; et comme Binasco servit d’exemple pour Pavie, le nom d’Arquata fut brandit en ce début du mois de juin dans nombre de proclamations :

« Les insensés comptaient sur l’impunité ; ils croyaient l’armée éloignée : ils ne savaient pas que les phalanges de l’armée d’Italie sont partout où il y a des ennemis de la république à punir. Ils ne savent pas encore, leurs instigateurs, qu’il n’est point de refuge qui puisent les soustraire au courroux du peuple français : qu’ils apprennent, par le spectacle terrible d’Arquata, le sort qui les attend, s’ils ne changent de conduite, et s’ils ne profitent pas de la porte que la clémence nationale laisse encore ouverte au repentir.
En conséquence, le général en chef ordonne :
[…]
Art. 5 : Ceux qui, quarante-huit heures après la publication du présent ordre, seront trouvés avec des armes ou munitions, seront fusillés.
Art. 6 : Toutes les cloches qui ont servi à sonner le tocsin seront descendues du clocher et brisées, vingt-quatre heures après le reçu du présent ordre : ceux qui ne l’auront pas fait seront réputés rebelles, et il sera mis le feu à leurs villages. Les municipalités et les curés sont responsables de l’exécution du présent article. »

Les Génois étant soupçonnés de n’être pas étrangers à ces soulèvements, Bonaparte écrivit, le 14 juin, au Sénat de la république de Gênes afin de faire comprendre comment il comptait régler le problème :
« Pour l’avenir, je vous demande une explication catégorique. Pouvez-vous ou non purger le territoire de la république des assassins qui le remplissent ? Si vous ne prenez pas des mesures, j’en prendrai : je ferai brûler les villes et les villages sur lesquels il sera commis l’assassinat d’un seul Français.
Je ferai brûler les maisons qui donneront refuge aux assassins. Je punirai les magistrats négligents qui auraient transgressé le premier principe de la neutralité, en accordant asile aux brigands.
L’assassinat d’un Français doit porter malheur aux communes entières qui ne l’auraient pas protégé. »

La Lombardie n’était qu’un prélude…

Salutations respectueuses.

Frédéric DE MATRA

Re: ITALIE 1796 : L'insurrection de la Lombardie (mai 1796)

Message par Frédéric DE MATRA »

Toujours le même esprit dans vos messages: saper au maximum les bases morales françaises en montrant les horreurs commises par nos troupes.

Je passe sur cet esprit qui me dérange au plus haut point mais, pour faire suite à un de vos "messages" (si un "smilie" est un message), vous savez, la rangaine aussi c'est ennuyeux. :sommeil:

Espagne

Re: ITALIE 1796 : L'insurrection de la Lombardie (mai 1796)

Message par Espagne »

Bonsoir,

les écrits ci-dessus et tant d'autres démontrent qu'il ne faut pas confondre faire la guerre et faire de la couture :!: Seul nos amis US savent faire des frappes chirurgicales...et comme dans en salle d'opération, à la fin, y des boyaux, du sang et des compresses. Les seules batailles propres que je connaisse (enfin à mon âge, c'est des souvenirs :oops: ) sont les joutes amoureuses :aime:

:salut:

Drouet Cyril

Re: ITALIE 1796 : L'insurrection de la Lombardie (mai 1796)

Message par Drouet Cyril »

Le témoignage de Lucien :

"Je courus à Pavie. Sur la route, mes yeux furent frappés par les reflets lointains d'un vaste incendie... C'était le village de Binasco, livré aux flammes, pour expier l'assassinat de plusieurs de nos soldats isolés... Je traversai ses ruines fumantes. Pavie m'offrit en peu d'instant un spectcle encore plus déplorable. Cette grande ville avait été livrée au pillage dans la matinée : les traces de sang n'étaient pas encore lavées; les cadavres des paysans qui avaient refusé de se rendre n'étaient pas tous enlevés ; on s'occupait de ces soins funèbres en dedans de la porte par où j'entrai. Les rues et les places étaient transformées en champs de foire, où les vainqueurs vendaient à de hideux spéculateurs les dépouilles des vaincus ! Que de misère dans la plus juste des guerres, dans la plus nécessaire des victoires !"

Salutations respectueuses.

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Les ponts de Paris construits sous Napoléon
    par Joker » 12 févr. 2020, 19:26 » dans Monuments Napoléoniens
    3 Réponses
    72 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    13 févr. 2020, 17:37
  • CHOUANS & ROYALISTES, BRETONS & VENDÉENS : Bataille es Ponts de Cé et Murs-Érigné (26 juillet 1793)
    par Cyril Drouet » 15 sept. 2017, 18:51 » dans Salon Ier Empire
    143 Réponses
    7522 Vues
    Dernier message par Fabrice Del Dongo
    12 mars 2020, 08:03