La terrible retraite de Russie de Louise Fusil

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Joker
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Re: Napoléon et la Russie

Message par Joker »

Je suis également d'avis que Napoléon n'a pas suffisamment pris en compte les particularités de ce qu'il convient d'appeler "l'âme russe" et ce patriotisme chevillé aux corps de ses habitants, si bien décrits par Tolstoï dans "Guerre et Paix" et ce, même lorsqu'ils étaient en état de servitude.
Les Français n'ont en effet jamais été perçus comme des libérateurs, mais comme des envahisseurs honnis, y compris par les Moujiks.
Cet attachement viscéral à la mère patrie et à ses valeurs sacrées a contribué à rassembler unanimement le peuple russe derrière son empereur pour combattre ceux qui avaient commis le crime d'envahir la Sainte Russie.
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Bernard
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Re: Napoléon et la Russie

Message par Bernard »

On peut même dire que cette campagne a servi de catalyseur à la nation russe...
En Russie, elle est fêtée comme la première Grande Guerre patriotique (la seconde étant plus proche de nous, 1941-1945).
A Saint-Pétersbourg, j'ai été étonné de la dévotion qu'ont encore les Russes pour Koutouzov dont la tombe, qui se trouve dans la cathédrale Notre-Dame de Kazan, est toujours fleurie et vénérée.
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Demi-solde
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Re: Napoléon et la Russie

Message par Demi-solde »

Bernard a écrit :
21 août 2017, 08:41
Je répétai alors à l’Empereur les paroles de l’empereur Alexandre qui m’avaient frappé dans des conversations particulières, (…) “Si l’empereur Napoléon me fait la guerre, me dit ce prince, il est possible, même probable, qu’il nous battra si nous acceptons le combat, mais cela ne lui donnera pas la paix. Les Espagnols ont été souvent battus et ils ne sont ni vaincus, ni soumis. Cependant, ils ne sont pas aussi éloignés que nous de Paris ; ils n’ont ni notre climat, ni nos ressources. Nous ne nous compro­mettrons pas. Nous avons de l’espace et nous conserverons une armée bien organisée. Avec cela, de l’aveu de l’empereur Napoléon, on n’est jamais, malgré des revers, obligé de recevoir la loi. On force même son vainqueur à accepter la paix. (...) Je ne tirerai pas le premier l’épée, mais je ne la remettrai que le dernier dans le fourreau. Les Espagnols fournissent la preuve que c’est le défaut de persévérance qui a perdu tous les États auxquels votre maître a fait la guerre. (…) Si le sort des armes m’était contraire, je me retirerais plutôt au Kamtchatka que de céder des provinces et de signer dans ma capitale des traités qui ne sont que des trêves. (...) Notre climat, notre hiver feront la guerre pour nous. (...)
C’est tout de même étonnant, tout est là ; la stratégie russe est clairement énoncée, expliquée, le temps, la distance, la persévérance, l’hiver… Napoléon est au courant, mais malgré cela, tout va se dérouler exactement comme annoncé.
De même, toute la stratégie wellingtonienne développée à Waterloo était déjà à Buçaco… et pourtant la stratégie française au Mont Saint-Jean sera la même qu’à Buçaco. Comme si aucune leçon n’avait été tirée, aucune analyse faite, aucun feed-back.

La principale erreur de Napoléon, en Russie comme ailleurs, n'est-elle pas l’excès de confiance ?!…


Cordialement
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Joker
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Re: Napoléon et la Russie

Message par Joker »

La principale erreur de Napoléon, en Russie comme ailleurs, n'est-elle pas l’excès de confiance ?!…
Bien évidemment !
Orgueil démesuré, aveuglement, mauvaise prise en compte de la nature du terrain et des capacités de l'adversaire, risque accru en portant la guerre sur deux fronts,... autant d'éléments qui ont joué en défaveur de cette campagne et qui, combinés les uns aux autres, ont abouti au désastre que l'on connaît.
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L'âne
 
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Re: Napoléon et la Russie

Message par L'âne »

Le Briquet a écrit :
En même temps Caulaincourt n'a-t-il pas forcé un peu le trait en se présentant comme le conseiller prophétique dans son œuvre écrite postérieurement aux faits ?
Oui, je vous rejoins avec Demi-solde.
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Bernard
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Re: Napoléon et la Russie

Message par Bernard »

Non, je ne crois pas. Personnellement, connaissant bien la personnalité de Caulaincourt et sa scrupuleuse honnêteté, je suis même persuadé du contraire. Ses Mémoires n'ont d'ailleurs pas été publiés de son vivant, il s'y opposait. Je n'ai cité qu'un seul passage, il y en a d'autres.
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La terrible retraite de Russie de Louise Fusil

Message par Joker »

Bien des récits et témoignages ont relaté la tragique retraite de Russie. Pourtant, aucun auteur du drame n’a évoqué dans ses écrits le cas d’une jeune actrice, Louise Fusil, qui fut mêlée à ce cauchemar.
Elle tenait cependant un journal, et grâce aux notes qu’elle laissa sur son odyssée, cette page d’une histoire méconnue fut cependant reconstituée …
Louise Fusil est née en 1774 d’une famille d’acteurs attachés à la Comédie-Française depuis deux générations. Son grand-père, Liard-Fleury, comptait parmi les grandes vedettes de la scène. Louise, dès son plus jeune âge, vit au milieu de célébrités du théâtre, dont François-Joseph Talma ‘1763-1826), le comédien préféré de Napoléon. La jeune fille a une belle voix, adore la musique, et dirige d’abord ses études vers le chant. C’est au cours d’une tournée à Toulouse où elle accompagne ses parents qu’elle rencontre, alors à peine âgée de quinze ans, un autre comédien, Claude Fusil. C’est le coup de foudre, mais les parents de Louise, inquiets de la jeunesse du couple, hésitent longtemps avant de consentir au mariage.
Louise va devenir une excellente chanteuse, mais son mari trouve que la vie de garçon a ses avantages et engage sa femme à accepter vivement une proposition qu’on lui adresse de Belgique pour donner quelques récitals. Revenue à Paris en raison des troubles qui ont éclaté à Bruxelles, Louise retrouve son mari volage et décide, pour être plus près de lui, d’abandonner le chant et de travailler la comédie.
Très douée, pleine d’esprit, et grâce à Talma qui devient son meilleur ami, elle obtient des rôles de soubrette. Mais elle a d’autres ambitions. Elle veut voyager et s’exercer dans des interprétations plus difficiles. Elle part donc pour Hambourg où elle rencontre des émigrés français, aux fortunes diverses : un ancien maître-aide de camp est marchand de vin, un colonel tient un café, et quant au marquis René Eustache d’Osmond (1751-1838), ex-ambassadeur de France en Russie, il raccommode des parapluies !
A Hambourg, Louise joue pour les Français. L’un d’eux, un certain Monsieur Durand, Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, l’engage fort à se rendre en Russie qu’il connaît bien, et lui garantit le succès. Il lui remet des lettres de recommandations pour des gens de la haute société russe. Louise part pour Saint-Pétersbourg où elle arrive après un long et pénible voyage, avec des toilettes très élégantes, parée d’un châle de cachemire et d’un voile d’Angleterre. Mais son joli sac ne contient que 20 ducats hollandais …

A Moscou
Un peu perdue au début, elle noue vite des contacts intéressants. Elle a alors trente-deux ans. En 1803, elle passe, écrit-elle, « une année d’enchantement ». Des comédiens français la font engager au théâtre impérial de Moscou. C’est la consécration, et la vie est pleine de charme. Louise ne songe nullement à rentrer en France. Elle a une belle maison, un train de vie confortable, et ne connaît que succès sur la scène.
Pourtant, le 1er janvier 1812, elle écrit : « pourquoi cette année m’occupe-t-elle plus que celles qui l’ont précédée ? » Pressentiment étrange qui fera qu’en fin de cette année terrible, presque tous ceux avec lesquels elle avait commencé n’existeront plus.
Napoléon, avec sa Grande Armée, se dirige vers Moscou en ce printemps 1812 et n’atteindra la ville qu’en septembre. Lorsque celle-ci est sur le point de tomber entre les mains des Français, le gouverneur Fedor Rostopchine (père de la comtesse de Ségur), décrète l’évacuation complète de toute la population.
Dans la nuit du 14 au 15 septembre, Louise s’est réfugiée chez une amie. Celle-ci cherche, à la longue-vue, du haut de sa maison, di l’on aperçoit les troupes françaises. Elle redescend affolée car elle a vu, dit-elle, un météore dans le ciel, semblable à une épée flamboyante. C’est un signe de malheur. Ce supposé météore est en réalité un ballon de fusées qui vient de mettre le feu au palais du prince Pierre Sergueïevitch Troubetskoï (1760-1817) et aux demeures environnantes. Louise, dès le petit matin, se précipite vers sa maison, pour voir ce qu’il en est advenu. Elle la trouve occupée par des soldats. Et le feu gagne toute la ville …

Un dîner dans les ruines
Les maisons sont toutes pillées, incidence inéluctable dans ce genre de drame. Louise, pour tenter de sauver la sienne, décide de se rendre au quartier général de l’Empereur afin de lui demander une « sauvegarde ». Napoléon est à quelques verstes de Moscou.
Le 17 septembre, Louise et son amie entreprennent cette démarche, malgré l’incendie qui, de partout, barre le passage. Louise écrit : « à la moitié vde la rue, le vent poussait les flammes avec une telle force qu’elles rejoignaient l’autre côté et formaient un dôme embrasé … ». Il est difficile d’avancer. La calèche qui conduit Louise vers l’Empereur est menacée par les flammèches. Le cocher n’a pas de mal à emballer ses chevaux que le feu rend fous.
Louise veut d’abord passer par sa maison, qu’elle trouve également en flammes… Elle y pénètre quand même, faisant vite un petit paquet de choses indispensables, ses bijoux et son argent. Mais le cocher n’a pas attendu. Ne sachant comment sortir, les deux jeunes femmes errent au hasard, entrent dans la première maison venue qui tient encore debout, u passent la nuit, sans vivres, pour reprendre leur périple le lendemain, de rue en rue, de maison en maison, sans possibilité de trouver quelques secours.
Par chance, l’ancien logis de l’amie de Louise n’est qu’en partie consumé. Les deux femmes affamées improvisent un dîner, table dressée dehors dans la rue alors que de tous côtés le feu fait rage. Et le vent dépose sur la table, comme partout, un tapis de cendres.
L’incendie d’apaise enfin et, chose extraordinaire, le préfet du Palais est chargé d’organiser quelques divertissements pour l’armée. Louise, à son grand étonnement, est pressentie pour jouer la comédie, ce qu’elle va faire jusqu’au départ des troupes. Mais elle est sans costumes, sans souliers avec des partenaires masculins qui n’ont plus ni habits ni bottes. Il n’y a même pas d’huile pour éclairer la scène, ni de clous pour planter le moindre décor.
Louise joue et chante devant l’Empereur qui lui demande de recommencer plusieurs fois. Mais ce semblant de fête n’est que le prélude de la retraite des troupes françaises. Louise est bien obligée de suivre. Partie de Moscou le 19 octobre, elle commence son voyage plutôt confortablement en voiture, avec de chaudes fourrures. Cela ne va pas durer …

Le calvaire
Arrivée près de Smolensk, les deux chevaux de l’équipage ont les jambes gelées. Le cocher en vole deux autres, pratique courante en ces temps de panique. Et la voiture repart, arrive à l’entrée d’un pont où tout est bloqué. Les troupes ont la priorité de passage, les cosaques étant à leurs trousses. L’ordre est formel : brûler tout ce qui entraverait la route. Louise est désespérée, implore les officiers, étonnés de voir une femme dans cet enfer. Ils délèguent des soldats pour que la calèche passe au plus vite ce maudit pont. Louise est encore une fois sauvée !
Elle atteint péniblement Smolensk le 9 novembre. La halte sera courte, on ne peut pas rester là. On oblige la jeune femme à prendre dans sa voiture un militaire blessé. Celui-ci lui faussera compagnie en emportant l’unique pain qui restait. Le samedi 14, Louise est aux prises avec les cosaques, et, pour les éviter, zigzague de droite à gauche. Puis elle se retrouve au milieu d’une colonne de traînards qui ont abandonné leur corps, les uns à bout de force, les autres pour ne plus se battre. Marchant à l’aventure, ils volent et pillent, semant partout la peur et le désordre. La voiture de Louise arrive à grand peine devant un ravin. Elle promet 25 louis au postillon s’il arrive au quartier général de l’Empereur. Mais en traversant ce ravin, la voiture se brise et Louise perd son précieux paquet contenant bijoux et argent. Il ne lui reste plus que les vêtements qu’elle porte sur elle. Courant à travers champs, mourant de froid et de faim, n’en pouvant plus, elle s’effondre vers minuit sur un tas de paille, engourdie par la neige, et l’estomac vide, pensant sérieusement qu’elle va mourir là, elle perd connaissance.
Elle est tout étonnée, revenant à elle, de se trouver dans une calèche. Elle a été ramassée par l’aide de camp d’un général. Un café la réchauffe et, tenaillée par la faim, elle dévore un biscuit de soldat. Le convoi rejoint le corps de l’armée commandée par le prince Eugène de Beauharnais (1781-1824) à l’arrière garde, sous les sifflements incessants des boulets russes qui harcèlent cette armée en déroute.
Le dimanche 15 novembre, Napoléon livre la bataille de Krasnaïe où il charge lui-même avec sa Garde pour dégager le maréchal Louis Nicolas Davout (1770-1823). « On se battait, écrit Louise, sur la droite et sur la gauche, nous filâmes au milieu … ». Longue marche à la lueur des villages en feu. Des blessés en masse, affamés, assaillent la voiture de la jeune femme impuissante à leur apporter quelques soulagements. Arrivée à un petit pont en vue de Krasnaïe, Louise quitte la voiture, les chevaux ne pouvant plus avancer. Elle cherche désespérément le quartier de l’Empereur. Enfonçant dans la neige, elle se trouve entre les pieds des chevaux du comte Louis Marie de Narbonne-Lara (1855-1813), qui l’a connue à Moscou. Elle est dans un état pitoyable, ayant tout perdu, n’ayant pas mangé depuis deux jours, exténuée, trempée jusqu’aux os. Le comte arrive à la faire monter sur un traîneau qui la ramènera vers une première étape où elle s’endort dans une botte de paille.
Sommeil vite interrompu par une alerte. Prise de panique, elle s’enfuit encore la nuit, à pieds.

La Bérézina
Mais le hasard veut qu’elle croise le maréchal François Joseph Lefebvre (1755-1820) qui la prend dans sa voiture. C’est alors qu’elle passera la Bérézina, une heure environ avant l’indescriptible désastre. La rivière est encombrée de centaines de morts que les chevaux piétinent, mais aussi d’enfants et de femmes qui périssent là. Des militaires encore vaillants, sabre au clair, renversent tout pour passer le pont coûte que coûte, car la glace n’est pas encore assez épaisse pour supporter tout le poids de cette foule pressée. Et celui qui tombe par-dessus-bord se trouve pris dans un étau gelé.
De l’autre côté du pont, l’Empereur, debout, fait presser le mouvement « aussi calme qu’à une revue des Tuileries ». Mais le pont tremble dangereusement sous le poids des hommes, des chevaux et des canons. D’un seul coup, c’est la catastrophe : tout bascule et l’édifice s’effondre dans une immense clameur d’effroi. Ceux qui ne sont pas encore passés sont sous la mitraille des Russes …
C’est alors le sauve-qui-peut général. Ces malheureux tentent de traverser la Bérézina sur la glace fragile qui craque à son tour, engloutissant complètement bêtes et gens. Plus de 30.000 âmes ont péri dans ce cercueil de glace. Louise, encore une fois rescapée, arrivera à Wilna le 9 décembre à 11 heures du soir pat un froid de moins 28 degrés. Mais il faut toujours fuir, les Russes étant près d’atteindre ce qui reste de la Grande Armée.

Sauvée par la Vierge de Kiev
Notre voyageuse trouve asile dans une maison où elle découvre un jeune officier dont le père, général, doit suivre la troupe. Elle n’écoute que son bon cœur et, à ses risques et périls, reste seule auprès du moribond. Le lendemain, les Cosaques envahissent la maison et Louise se trouve prisonnière avec son malade. Les hommes entrent dans la chambre et réclament de l’argent.
La jeune femme n’a plus rien, sauf une petite Vierge de Kiev. Elle la détache de son cou et l’offre à ses agresseurs. Ce geste va la délivrer de cette horde qui, devant l’objet pieux cède à la superstition et quitte les lieux. Elle soigne son malade jusqu’au moment où il expire. Elle veille encore à ce qu’il soit enterré de la façon la plus décente en ces temps de misère.
Alors qu’elle s’apprête à partir, sa tâche terminée, on lui amène une petite fille de trois ans, trouvée à moitié morte dans la neige, et dont un pied est gelé. Louise accepte ce nouveau fardeau. Elle va, avec grand peine, chercher quelques pommes de terre dont le jus a le pouvoir de dégeler les membres. Patiemment, pendant des heures, Louise masse la jambe de l’enfant, qui sera ainsi sauvée.

Enfin le retour au pays
A présent Louise ne songe plus qu’à regagner la France. Expédition difficile, on s’en doute. Et c’est dans un chemin interminable qu’elle va s’engager. Elle passe d’abord en Finlande, avec quelques artistes du théâtre français de Saint-Pétersbourg qu’elle a réussi à rejoindre, puis elle gagne la Suède. Les détroits de la Baltique sont gelés et la traversée dangereuse, les vents et les courants rompant souvent la glace. Les vivres sont rares. Louise touche enfin la terre ferme en Allemagne d’où elle atteint la France.
Rentrée dans son pays, elle n’a plus un sou vaillant. Elle a perdu tout ce qu’elle possédait et elle trouve son mari sur son lit de mort. Epuisée, découragée, vieillie, avec peu de ressources, elle passera ses soirées à la Comédie-Française, où on lui fait raconter à satiété sa grande aventure.
Elle mourra en 1848, heureuse, avait-elle déclaré quelque temps avant, d’avoir vu deux choses extraordinaires :
« Les Français à Moscou et les Russes à Paris » !


Elise NOUËL. (Historia)
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Cyril Drouet
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Re: La terrible retraite de Russie de Louise Fusil

Message par Cyril Drouet »

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Turos M. J.
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Re: La terrible retraite de Russie de Louise Fusil

Message par Turos M. J. »

...merci pour ce lien, quand je cherchais ce texte j'ai eu des problèmes d'ouverture et celui-ci fonctionne parfaitement.
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