Le Duc de Wellington

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Modérateur : Général Colbert

Joker

Message par Joker »

Pour finir la bataille des Quatre-bras ou Ney contient très bien le duc sans cesse appuyé par de nouveaux renforts , les français gardent leurs positions et empêchent Wellington d'aider son allié prussien. Wellington abandonnera le terrain le lendemain matin en y perdant près de 4800 hommes.


C'est oublier un peu vite que c'était à Ney de s'emparer de cette position et que c'était lui qui était en nette supériorité numérique lorsqu'il s'y est présenté au matin du 17 juin.
Si le maréchal l'avait voulu, il aurait pu aisément occuper cet axe primordial et le sort de la bataille du lendemain en eut été changé.
Mais Ney est resté étrangement passif, laissant les renforts britanniques arriver progressivement et renforcer la position.
Wellington ayant choisi le site de Mont-Saint-Jean pour livrer bataille, il a volontairement abandonné le terrain à son adversaire.
Les pertes françaises étaient à peu près équivalentes aux pertes britanniques et la bataille des Quatre-Bras s'est donc soldée par un match nul.

Joker

Message par Joker »

ou l'on découvre les échecs et difficultés de Wellington en Espagne
Ces difficultés étaient principalement dues à un flagrant manqué de soutien de son gouvernement qui ne lui fournissait pas, malgré ses demandes réïtérées, les moyens logistiques et l'approvisionnement nécessaire à ses troupes.

Henri André

Message par Henri André »

Étonnante discussion autour de Wellington et ses aptitudes en tant que général.

Juger de la qualité d'un général par le simple ratio victoires/défaites face à untel ou untel me semble bien trop réducteur.
A ce jeu Wellington a été vaincu par plusieurs maréchaux/généraux français (je vous fais confiance pour la liste, firdi, je ne l'ai pas vérifiée :) ) et Napoléon n'a pu le vaincre à Mont-St-Jean. Voici donc un empereur qui tomberait bien bas dans le classement... :shock:

Il semblerait plutôt que Wellington se soit "réveillé" le 16 avec la chaude affaire de Quatre Bras et qu'il ait pris conscience de l'importance de ne pas jouer "perso" avec la raclée prise par Blücher et dont il prend connaissance le 17 au matin.
Dès ce moment, la collaboration entre les alliés va monter d'un cran ce qui va leur permettre de bénéficier à plein de leur supériorité numérique.

:salut:

Joker

Message par Joker »

Beaucoup pensent que sans l'intervention des Prussiens, Wellington eût été défait et la légende lui prête la fameuse phrase "Qu'on me donne les Prussiens ou la nuit !".
C'est oublier cependant un peu vite que, selon tous les témoins qui l'ont observé en ces moments critiques, le Duc est resté parfaitement serein et qu'à aucun moment il n'a montré le moindre signe de panique.
La meilleure preuve en est qu'il n'a même jamais songé à faire appel au corps de 17.000 hommes qu'il avait massé entre Halle et Enghien pour s'assurer une éventuelle retraite en cas de défaite.
Par contre, il sut gérer ses réserves avec plus d'à-propos que son adversaire en faisant intervenir les deux brigades néerlando-belges Detmers et d'Aubremé qui étaient stationnées à Braine-l'Alleud et qui étaient tout à fait fraîches pour renforcer son centre droit.
Il s'est ainsi conformé au précepte qu'aimait toujours rappeler Napoléon : "Le summum de l'art de la guerre est de savoir garder une réserve jusqu'au moment où l'ennemi n'en a plus."
Ainsi, qu'on le veuille ou non, Wellington se montra meilleur stratège que l'Empereur, même si l'arrivée du IVème corps prussien sur le flanc droit de l'armée impériale précipita la déroute française.

Henri André

Message par Henri André »

Exact mon cher Joker, Wellington est prudent/prévoyant en ce 18 juin. Il a le choix entre accepter le combat et continuer sa manœuvre de repli.
Sans les Prussiens, la bataille n'aurait pas eu lieu à cet endroit tout simplement.
:salut:

Joker

Message par Joker »

Sans les Prussiens, la bataille n'aurait pas eu lieu à cet endroit tout simplement.
C'est parfaitement exact ! :salut:
La méfiance régnait entre alliés.
Blücher se méfiait du Duc car celui-ci ne l'avait pas soutenu à Ligny, retenu qu'il était par Ney aux Quatre-Bras.
C'est d'ailleurs seulement après reçu la promesse formelle de Blücher de rallier le champ de bataille que Wellington se décida à accepter le combat à Mont-Saint-Jean.

Joker

Message par Joker »

Je voudrais que l'on ne se méprenne pas sur le sens de mes propos.
Je n'épouse pas toutes les thèses du professeur Bernard, loin s'en faut et je n'entends certainement pas prouver que Wellington était supérieur à Napoléon.
Simplement, j'estime qu'à Waterloo l'Empereur fut mauvais et son Etat Major en dessous de tout.
Alors que le Duc de Fer, sans être bon, fut simplement moins mauvais que lui et sut faire preuve d'une remarquable ténacité, bien secondé par des troupes aguerries et épaulé par un allié de poids en la personne de Blücher.
Tant le Prussien que le Britannique commirent des erreurs, mais elles purent être rapidement réparées alors que celles commises par les lieutenants de Napoléon ne purent l'être, ou en tout cas dans une moindre mesure, et eurent de graves conséquences sur le déroulement de la bataille.

Comme le dira si justement Winston Churchill en vieux renard qu'il était : "Chaque guerre est avant tout une énorme collection de bévues. Le tout est d'essayer d'en commettre moins que l'autre." :salut:

Joker

Message par Joker »

Je n'ai jamais prétendu le contraire.
L'irruption judicieuse des Prussiens sur le champ de bataille a inversé la donne.
La collaboration entre les alliés à joué à merveille et au moment le plus opportun qui soit.

Ce qui fit aussi la différence, c'est que bien qu'en situation périlleuse et menaçant d'être enfoncé, le centre anglais a résisté vaille que vaille malgré les assauts répétés des troupes impériales et de la Garde.
Wellington avait donné sa parole à Blücher de résister jusqu'au dernier homme pour lui donner le temps d'arriver.
Il a tenu parole et cela décida du sort de la bataille, car si les Britanniques avaient cédé avant 18 heures, voire 19 heures, Napoléon se serait retourné contre le corps de Bülow et l'aurait écrasé.

Demi-solde

Message par Demi-solde »

Bruno Roy-Henry a écrit :
Joker a écrit :Le Duc de Fer sut tirer parti des contre-pentes pour masquer ses troupes et ses réserves et les rendre peu vulnérables à l'artillerie.
C'était sa tactique habituelle. Napoléon ne l'ignorait pas, mais n'en a pas apprécié toutes les conséquences... Il est vrai qu'il a sous-estimé son adversaire et la qualité de ses troupes...
J'opine. Napoléon a méconnu et sous-estimé Wellington. Non pas que Wellington fût un génie. Absolument pas. Mais le Duc avait des marottes, des habitudes, et lorsqu'elles n'étaient pas bousculées, il était bon.

Le repli ne lui faisait pas peur, Wellington affectionnait les combats défensifs, attentistes, sur un champ de bataille parfaitement reconnu, sur une hauteur, sur une crête, la majeure partie de ses troupes à contre-pente, à l'abri des longues-vues comme des canons. Surtout qu’il pouvait s’appuyer sur les troupes britanniques qui avaient une qualité indiscutable : la discipline et la solidité au feu.

Et Waterloo, il me semble, est un combat défensif, sur une bosse, où la rigueur, la discipline et la solidité des troupes britanniques seront essentielles. Et ce genre combat de fixation, de retardement (en attendant Blücher), Wellington et les troupes britanniques savaient faire.

Après... Napoléon pouvait-il adopter une autre stratégie pour déplacer la bataille et mettre les Anglais dans l'embarras et sur le reculoir ?!...

Joker a écrit :Simplement, j'estime qu'à Waterloo l'Empereur fut mauvais et son état-major en dessous de tout. Alors que le Duc de Fer, sans être bon, fut simplement moins mauvais que lui et sut faire preuve d'une remarquable ténacité, bien secondé par des troupes aguerries et épaulé par un allié de poids en la personne de Blücher.
Napoléon a sous-estimé Wellington, car il a peut-être sous-estimé l'Espagne. Ses maréchaux et quelques-uns de ses généraux (en tout cas ceux qui se confrontèrent aux Anglais) s'y montrèrent tellement... disons... moyens qu’Il a peut-être pensé que le Duc avait juste été moins pire que ses propres subordonnés. Et c’est le cas. Wellesley-Wellington n’a pas été exceptionnel en Espagne, il a été moins mauvais que Masséna, Ney et/ou Junot.
Et à Waterloo, sans être exceptionnel, Wellington une fois encore s’est montré un peu meilleur qu’un Napoléon au génie émoussé.

Pourtant il y avait des leçons à tirer de l’Espagne et du Portugal. On retrouve dans la retraite de Masséna devant les lignes de Torres Vedras en 1810 les lointaines prémices de la retraite de Russie. La retraite lusitanienne ne fût certes pas catastrophique ; mais dans l’étirement des lignes de ravitaillement et de communication, dans l’impossibilité de vivre sur le pays, dans l’hostilité des autochtones, dans la nature inamicale pour ne pas dire hostile qui épuise et défait plus durement que l’armée ennemie, il y a dans ce repli des similitudes avec la Russie de 1812.

De même pour la solidité des troupes britanniques, pour les habitudes stratégiques du Duc, la Péninsule se révèle aujourd'hui annonciatrice de Waterloo.

Enfin il me semble...

:salut:

Joker

Réflexions du Duc sur Waterloo

Message par Joker »

Quelques jours après Waterloo, Wellington écrivit à son vieil ami, James Beresford, toujours à Lisbonne : "Napoléon n'a fait aucune manoeuvre. Il s'est avancé à la vieille manière et il été repoussé à la vieille manière. La seule différence est qu'il mêla sa cavalerie à son infanterie...".
En fait, estime-t-il, rien n'a changé du côté français entre 1808 et 1815.
La tactique appliquée par l'Empereur n'a guère évolué selon lui.
Et Wellington de confier à son correspondant qu'il était pourtant en droit de supposer qu'un Napoléon eût réalisé autre chose que Junot, Soult, Victor, Masséna ou Jourdan.

Mieux encore, il ira jusqu'à confier au député Thomas Creevey, le 19 juin à Bruxelles : "Je ne pense pas que l'affaire eût pu être enlevée, si je n'avais été là."
Lorsqu'à la fin du premier acte de la tragédie, Le Duc vit le Corps de d'Erlon refluer en désordre, il se pencha vers James Kempt et lui dit : "Si, sur mes 67.000 hommes, j'avais le meilleur instrument de guerre qui soit au monde, mes 35.000 fantassins d'Espagne, je balayerais l'ennemi avant l'arrivée des Prussiens."

Un brin fanfaron, Sa Grâce ? :fou:

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