CITATIONS

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Drouet Cyril

Re: CITATIONS

Message par Drouet Cyril » 07 juil. 2005, 10:46

Même son de cloche chez Rovigo à propos de Wagram :

"Les blés étaient fort hauts, et l'on ne voyait pas les hommes couchés par terre. Il y avait plusieurs de ces malheureux blessés qui avaient mis leur mouchoir au bout de leur fusil et qui le tenaient en l'air pour que l'on vînt à eux. L'Empereur fut lui-même à chaque endroit où il apercevait de ces signaux ; il parlait aux blessés et ne voulut point se porter en avant que le dernier ne fût enlevé."


Salutations respectueuses.

la remonte

Re: CITATIONS

Message par la remonte » 07 juil. 2005, 14:00

...et pour ce qui est de celle ci ,certainement fausse mais tenace chez les antiBonaparte ; sur le champ de bataille d'Eylau : "une nuit de Paris réparera ça " ?

Joséphine

Re: CITATIONS

Message par Joséphine » 07 juil. 2005, 14:03

Se promenant sur le champ de bataille d'Eylau, couvert de vingt neuf mille cadavres, il les retournait avec le pied et disait aux généraux qui l'entouraient : "C'est de la petite espèce". (Drouet Cyril) ...


Bon nombre d'ouvrages ont cité cette exclamation, soi- disant prononcé par Napoléon.
Les plus lucides d'entre eux ont eu l'honnêté de rajouter que ce dernier propos a été très contesté, et qu' aucun des termes n'a été tenu à coup sûr dans la forme rapportée ....
En effet, pendant ces visites, un groupe d'aides de camp et de hauts gradés suivaient l'Empereur, Lui, toujours au moins à une longueur de cheval devant, et s'il ne se retournait pas pour s'adresser à un tel ou un tel, qu'entendaient ces militaires de la suite ?

Plus tard, ils ont rapporté comme ils ont pu ...

De toute évidence, Napoléon fut très affecté par le "cimetière d'Eylau".

A Joséphine, il dira : "Mon amie, il y a eu hier une grande bataille ; la victoire m'est restée, mais j'ai perdu bien du monde ; la perte de l'ennemi qui est plus considérable encore ne me console pas...."

Lorsque, s'indignant de la défectuosité des services de santé, s'inquiétant du sort des blessés, il s'écrira :

"Quelle organisation, quelle barbarie" !

Ou encore, toujours à Joséphine :

"Ce pays est couvert de morts ; ce n'est pas la plus belle partie de la guerre...."
D'autres mots lui viendront, soulignant sa douleur morale :

"Un père qui perd ses enfants ne goûte aucun charme de la victoire. Quand le coeur parle, la gloire même n'a plus d'illusion".

Il eût beaucoup de mal à quitter cette terre qui a bu tant de sang.
Et y demeurer quelques temps encore, parmi tous ces cadavres, fut certainement sa façon de leur rendre un fier hommage.



:salut:

Drouet Cyril

Re: CITATIONS

Message par Drouet Cyril » 08 juil. 2005, 22:25

Bonsoir,

"De toute évidence, Napoléon fut très affecté par le "cimetière d'Eylau". "

Tout à fait d'accord.

A Sainte-Hélène, souvenir d'autre émotion (apparemment unique et datant si j'ai bonne mémoire de Bassano) :

« C’était par un beau clair de lune et dans la solitude profonde de la nuit ; tout à coup un chien, sortant de dessous les vêtements d’un cadavre, s’élança sur nous et retourna presque aussitôt à son gîte, en poussant des cris douloureux ; il léchait tour à tour le visage de son maître, et se lançait de nouveau sur nous ; c’était tout à la fois demander du secours et rechercher la vengeance. Soit disposition du moment, soit le lieu, l’heure, le temps, l’acte en lui-même, ou je ne sais quoi, toujours est-il vrai que jamais rien, sur aucun de mes champs de bataille, ne me causa une impression pareille. Je m’arrêtai involontairement à contempler ce spectacle. Cet homme, me disais-je, a peut-être des amis ; il en a peut-être dans le camp, dans sa compagnie, et il gît ici abandonné de tous excepté de son chien ! Quelle leçon la nature nous donnait par l’intermédiaire d’un animal !…
Ce qu’est l’homme ! et quel n’est pas le mystère de ses impressions ! J’avais sans émotion ordonné des batailles qui devaient décider du sort de l’armée ; j’avais vu d’un œil sec exécuter des mouvements qui amenaient la perte d’un grand nombre d’entre nous ; et ici je me sentais ému, j’étais remué par les cris et la douleur d’un chien !… »




Salutations respectueuses.

MAI 48

Re: CITATIONS

Message par MAI 48 » 08 juil. 2005, 22:41

Augsbourg.09/10/1805
L’Empereur se rend au camp devant Ulm, pour faire des dispositions pour l’assaut de cette place.
A peu de distance de la ville, un combat terrible et opiniâtre s’engage entre les Français et les Autrichiens, il durait depuis deux heures, quand tout à coup on entendit des cris de Vive l’Empereur ! Ce nom qui portait toujours la terreur dans les rangs ennemis, et qui encourageait partout nos soldats, les électrisa à tel point qu’ils culbutèrent les Autrichiens.
L’Empereur se montra sur la première ligne, criant En avant ! Et faisant signe aux soldats d’avancer. De temps en temps le cheval de Sa Majesté disparaissait au milieu de la fumée du canon.
Durant cette charge furieuse, l’Empereur se trouva près d’un grenadier blessé grièvement. Ce brave grenadier criait comme les autres En avant ! En avant ! L’Empereur s’approcha de lui et lui jeta son manteau militaire en disant : Tache de me le rapporter, je te donnerai en échange la croix que tu viens de gagner.
Le grenadier, qui se sentait mortellement blessé, répondit à sa Majesté que le linceul qu’il venait de recevoir valait bien la décoration, et il expira enveloppé dans le manteau impérial.
Le combat terminé, l’Empereur fit relever le grenadier, qui était un vétéran de l’armée d’Egypte, et voulut qu’il fût enterré dans son manteau.

Ulm. 20/10/1805
Le lendemain du combat, l’Empereur visitant les ambulances, un canonnier de l’artillerie légère, qui n’avait plus qu’une cuisse, et qui criait de toutes ses forces : Vive l’Empereur ! Attira son attention. Il s’approcha du soldat et lui dit : Est-ce donc là tout ce que tu as à me dire ? Non, Sire, je puis aussi vous apprendre que j’ai à moi seul démonté quatre pièces de canon aux Autrichiens ; et c’est le plaisir de les voir enfoncés qui me fait oublier que je vais bientôt tourner de l’œil pour toujours. L’Empereur, ému de tant de fermeté, donna sa croix au canonnier, prit le nom de ses parents et lui dit : Si tu en reviens, à toi l’hôtel des Invalides. Merci, Sire, mais la saignée a été trop forte ; ma pension ne vous coûtera pas bien cher ; je vois bien qu’il faut descendre la garde, mais Vive l’Empereur quand même ! Malheureusement ce brave homme ne sentait que trop bien son état ; il ne survécut pas à l’amputation de sa cuisse.
(C.CONTANT.L’épopée impériale par ceux qui l’ont vécue. p 98) :salut:

benito

Re: CITATIONS

Message par benito » 08 juil. 2005, 22:42

Napoléon a aussi lâché un gros truc une fois,


La Moskowa, terrible bataille, un bain de sang, une barbarie sans nom sur les plaines de Russie...


Murat vient de rejoindre l'Empereur, le soir tombe, la bataille est terminée, les deux hommes regardent l'étendue du carnage, un panorama sanglant, une vision qu'aucun homme censé puisse admiré...

Napoléon regarde ce tableau macabre, résultat de cette horrible journée, se tournant vers le Roi de Naples, l'Empereur dit en parlant du champ de bataille "...je ne le croyais pas si beau..."


mots rapportés par le Maréchal de Camp Rossetti, aide de camp du Roi de Naples...

Cette courte phrase laisse beaucoup à méditer sur l'évolution psychologique de Napoléon, depuis, la fameuse phrase qu'il dit devant le charnier d'Eylau...

la fièvre du conquérant le brulait t'il, l'idée d'avoir mis en déroute l'armée Russe et de voir le monde s'offrir à lui luia t'il fait perdre la tête??...

Drouet Cyril

Re: CITATIONS

Message par Drouet Cyril » 08 juil. 2005, 22:57

"Napoléon regarde ce tableau macabre, résultat de cette horrible journée, se tournant vers le Roi de Naples, l'Empereur dit en parlant du champ de bataille "...je ne le croyais pas si beau..." "

Dans le même genre (c'était pourtant six ans plus tôt), on a ceci :

"Le 17 il arriva à Nauembourg, après avor traversé le champ, tout sanglant encore, d'Auerstoedt. Ce lieu de carnage, plus que d'autres, le consterna ; on l'entendit s'écrier : "Que c'était un affreux spectacle qu'un champ de bataille ! Que jusqu'à trente ans la victoire pouvait éblouir et parer de gloire de telles horreurs, mais que plus trad...."
(ségur, Un aide de camp de Napoléon)

Salutations respectueuses.

Drouet Cyril

Re: CITATIONS

Message par Drouet Cyril » 09 juil. 2005, 07:27

Bonjour,

Napoléon disait aussi : "Il n'y a plus d'ennemis après la victoire, mais seulement des hommes."

C'était en 1806.
Le 8 mars 1799, certains auraient bien aimer entendre ce genre de prose...

Salutations respectueuses.

Drouet Cyril

Re: CITATIONS

Message par Drouet Cyril » 09 juil. 2005, 11:41

"S'il fermait les yeux sur les désordres des soldats dans l'abondance, il était sévère dans la disette. Il n'admettait pas les plaintes et citait souvent les légions romaines. Dans la campagne ces grands exemples servirent de texte à toutes les conversations pendant l'hiver. Il voulait persuader que l'on pouvait se passer de tout. Il cherchait à nous modeler sur les temps héroïques, à monter les têtes par ces souvenirs et ces grands exemples. Les Français se battent bien sans se monter la tête ; ils savent se priver, souffrir, même mourir de faim, tant que la gloire est à côté du danger mais, quand le canon ne tire plus, et que, battant en retraite, il faut trouver ses jambes au lieu de son audace ces héros ne sont plus que des hommes." (Caulaincourt, Mémoires)


Salutations respectueuses.

Bernard Coppens

Re: CITATIONS

Message par Bernard Coppens » 09 juil. 2005, 11:54

J’avais sans émotion ordonné des batailles qui devaient décider du sort de l’armée ; j’avais vu d’un œil sec exécuter des mouvements qui amenaient la perte d’un grand nombre d’entre nous ; et ici je me sentais ému, j’étais remué par les cris et la douleur d’un chien !… »
Merci cher général Cyril pour cette citation touchante qui nous donne une image de grande humanité.
Excusez-moi, mais je ne vois pas ici une image de grande humanité, bien au contraire. Comme quoi les mêmes phrases peuvent être interprétées de façon diamétralement opposées. Pour le coup, je suis bien d'accord avec Napoléon (comme souvent :)) quand il dit :
Ce qu’est l’homme ! et quel n’est pas le mystère de ses impressions !

Bien à vous.

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