ÉCONOMIE : L'Industrie Française 1799/1815

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

O.Godeille

Message par O.Godeille »

Les mauvaises récoltes de 1810-1811 touchèrent gravement la France, mais encore plus l'Angleterre : dans ce pays, la grande aristocratie foncière, sans concurrence étrangère du fait du blocus continental, imposait des rentes très élevées aux fermiers potentiels

http://bastiat.net/fr/cercle/rencontres ... Ligue.html

En conséquence le coût du blé absorbait la plus grande partie des revenus des classes pauvres, ce qui privait l'industrie anglaise de débouchés; les fermetures de fabriques s'ajoutaient à l'exode rural et à l'érosion de l'artisantat par la mécanisation, pour augmenter la misère en ville.
En 1811 commencèrent les émeutes "luddites", avec bris de machines; le marasme économique s'étendait, et le gouvernement n'avait pas encore de victoire majeure à présenter pour détourner l'attention : Wellington n'atteint cette année que les frontières du Portugal. Pendant ce temps, l'Empire français ne cesse de s'étendre.

C'est dans ce contexte que Napoléon autorise d'importantes ventes de blé à l'Angleterre : il croit saper son crédit en lui soutirant une partie de son or. Dans les faits, il contribue à soulager la pression sur le prix du blé, donc à nourrir la population anglaise, à relancer la demande interieur et l'industrie en attendant l'ouverture de l'Amérique du Sud en pleine révolution.

Tandis que l'Europe continental s'enfoncera dans la crise du coton
http://fr.wikipedia.org/wiki/1811

Un blocus strict n'aurait peut-être pas suffit à déstabiliser l'Angleterre, mais ce choix d'exporter, alors que la France même souffrait de la disette, illustre bien l'erreur de perspective du mercantilisme, en plus d'être contradictoire avec le principe même du Blocus Continental.

Cordialement, :salut:

Olivier

Duc d'Elchingen

Message par Duc d'Elchingen »

ah ,merci tres instructif ,je ne manquerais pas de visiter vos liens.

:fleur3:

Drouet Cyril

Re: ÉCONOMIE

Message par Drouet Cyril »

Un cheval destiné à l’armée se payait entre 310 francs (cavalerie légère) et 500 francs (cavalerie lourde).
A propos de monture, une jument de Lasalle fut vendue suite à la mort du général pour la somme de 876 francs.
De la même manières, les six chevaux du général Duprat tombé à Wagram furent vendus. Il fallut compter 572,83 francs pour le plus cher et 97,77 francs pour le moins onéreux.

Lepic34

Re: ÉCONOMIE

Message par Lepic34 »

:salut:

Toujours sur les montures, le général Desvernois se fait voler à Marseille sous la terreur blanche ses 2 chevaux : "Un andalou et un abruzzais d'une valeur de 4000 francs". Plus tous ses effets et ceux de sa femme pour une valeur totale de 58 703 francs.

:salut:

Saint Clair

Re: ÉCONOMIE

Message par Saint Clair »

S'agissant du soldat,, sa solde est de 30 centimes par jour pour un fusilier, mais on lui en retient une partie pour son équipement, tandis que le sergent touche 62 centimes et un adjudant 1,60 francs. Il convient de considérer, en fait, que le soldat de base perçoit 10 centimes par jour. Son colonel touche 5.000 francs par an et le général commandant en chef 40.000 francs.
Tout cela est la théorie. En pratique, la solde était irrégulièrement versée. Entre six et quinze mois (en Espagne) de retard; en 1814, le général Curély réclame un arriéré de de deux ans !

Drouet Cyril

Re: ÉCONOMIE

Message par Drouet Cyril »

Bonaparte comprit très vite toute l’importance de la solde. Ainsi, le 18 mai 1796, de sa propre initiative et dans le dos de Saliceti, il écrivait au commissaire ordonnateur en chef de l’armée d’Italie, Lambert :
« Le général en chef ordonne au commissaire ordonnateur en chef de faire payer l'armée active à compter du 1er prairial [20 mai], ainsi qu'il suit :
Les officiers, sous-officiers et soldats de toute arme recevront, à compter du 1er prairial, leur solde, moitié en valeur fixe et l'autre moitié en numéraire, valeur métallique, sur les feuilles de prêt pour les sous-officiers et soldats, et sur les états de mois pour les officiers. En conséquence, le supplément des 3 livres et des 6 livres par mois cessera à dater du 1er prairial. Les officiers d'état-major général, les commissaires des guerres et les officiers de santé des hôpitaux en deçà des Alpes et de l'Apennin, sont compris dans cette disposition
Le général eu chef entend que tout ce qui sera dû de l'ancienne solde soit payé avant le 5 prairial, d'après les décomptes que les quartiers-maîtres seront tenus de dresser. Il prescrit aux commandants des demi-brigades de faire arrêter tous ceux qui, à cette époque, ne justifieraient pas d'avoir payé à la troupe et aux officiers tout l'arriéré.
L'ordonnateur en chef donnera aux commissaires des guerres et au payeur général les ordres nécessaires pour l'entière exécution du présent ordre.
Les officiers recevront le 1er prairial, à titre d'avance, ce qui doit leur revenir en numéraire pour le mois entier. »


Arrivé au pouvoir, le problème de solde devint vite une priorité. Ainsi, le 8 janvier 1800, il ordonnait à Gaudin de consacrer à la solde 4,5 millions sur les 8,5 obtenus grâce à la loterie et à l’emprunt contracté en Hollande ; savoir, 2 millions pour l’armée d’Italie, 2 autres pour l’armée du Rhin, un pour la marine de l’Océan et 500 000 pour la marine de la Méditerranée.

L’argent, le nerf de la guerre. Et puis, sa popularité (ô combien nécessaire) au sein de l’armée avait un prix.

Lepic34

Re: ÉCONOMIE

Message par Lepic34 »

:salut:

De Bonaparte à Estève, payeur général de l'Armée d'Orient le 11 juillet 1798 : Vous voudrez bien, citoyen, mettre à la disposition de l'ordonnateur en chef 12000 francs
à celle du chef d'état-major 3000 francs,
à celle du général Desaix 2000 francs,
à celle du général Dugua 1000 francs,
à celle " Bon 1000 francs,
à celle " Reynier 1000 francs,
à celle " Vial 500 francs,
à celle " Dumas 500 francs,
à celle du directeur du génie 1500 francs,
" " du parc d'artillerie 2000 francs,
" du général de brigade zayonchek 500 francs,
à celle du chef de division Perrée commandant la flotille légère 1500 francs,
au citoyen Venture 1500 francs.

De toute la campagne d'Egypte Bonaparte envoya environ 100 courriers au payeur général.

:salut:

Drouet Cyril

Re: ÉCONOMIE

Message par Drouet Cyril »

Puisque l'on parle de la campagne d'Orient, on peut se rappeler que Bonaparte laissa à son départ, 11 millions de francs d'impayés.
Joli cadeau pour Kléber...

Lepic34

Re: ÉCONOMIE

Message par Lepic34 »

:salut:

Au commencement de la campagne de 1805, lettre de Napoléon à Roguin, payeur général de la Grande Armée. Strasbourg le 29 septembre 1805.
"Faites verser dans la caisse de ma Garde Impériale sur les fonds de la solde 360 000 francs pour sa solde jusqu'au 1er brumaire, et dans la caisse de ma Garde royale 75 000 francs tant pour compléter la solde de fructidor que pour la mettre à jour jusqu'au 1er brumaire. Faites part de ces dispositions au ministre du trésor public, pour qu'il se fasse rembourser par le trésor italien".

:salut:

Drouet Cyril

Re: ÉCONOMIE

Message par Drouet Cyril »

A propos du "cadeau" de Bonaparte, on peut se souvenir de la lettre véhémente (et on peut comprendre pourquoi) de Kléber au Directoire (26 septembre 1799) :
"Le général Bonaparte a épuisé les ressources extraordinaires dans les premiers mois de notre arrivée. Il a levé alors autant de contributions de guerre que le pays pouvait en supporter. Revenir aujourd'hui à ces moyens, alors que nous sommes au dehors entourés d'ennemis, ce serait préparer un soulèvement à la première occasion favorable, et cependant Bonaparte, à son départ, n'a pas laissé un sol en caisse, ni aucun objet équivalent.
II a laissé, au contraire, un arriéré de près de dix millions : c'est plus que le revenu d'une année dans la circonstance. La solde arriérée pour toute l'armée se monte seule à quatre millions."

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