ÉCONOMIE : L'Industrie Française 1799/1815

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Modérateur : Général Colbert

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la remonte
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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

merci :salut:
pour la confection d’uniforme ». « Après acceptation des matières premières par les régiments, ce sont les ouvriers régimentaires qui entrent en œuvre […] Les habits sont fabriqués suivant des patrons et des modèles fournis par l’administration centrale […] déclinés en trois tailles : petit, moyen, grand. Ils peuvent être, par la suite et suivant le vœu du colonel réajustés. Pour les sous-officiers, les habits sont faits par les tailleurs régimentaires, sur mesures et avec un drap plus fin et de meilleure qualité ».

par ouvriers et tailleurs régimentaires , faut-il comprendre que ce sont des ouvriers qui travaillent pour l'état ? ou des soldats affectés à la couture ?

c'est une question que j'aurais du poser à Maître Colmont que j'ai rencontré à la caserne Ney où travaillaient du personnel mi civil mi militaire . Lui même étant en civil .
A Saumur , il y avait pendant mon service , un maître bottier et un maître tailleur .
A priori les ouvriers régimentaires étaient civils mais la nécessité quotidienne surtout en périodes de campagnes exigeait des mains expertes ?

quand on voit les représentants des Corps Constitués aujourd'hui , c'est assez pauvre et très plastifié .
ci dessous la rentrée de l'Académie , mais beaucoup ne portent plus l'habit dont Jean Tulard

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la remonte
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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

je ne comprends pas trop le principe de l'alésage , ce n'était pas possible de faire le moule d'un canon évidé ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonderie_ ... s_de_Douai

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Demi-solde
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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par Demi-solde »

la remonte a écrit :
04 déc. 2019, 10:27
je ne comprends pas trop le principe de l'alésage , ce n'était pas possible de faire le moule d'un canon évidé ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonderie_ ... s_de_Douai
Comme indiqué à propos du procédé Keller, un moulage de la perce du canon dès l'étape de fonte est possible, mais compliqué et avec une précision qui restait aléatoire. Et qui dit précision aléatoire, dit nécessairement vent du boulet plus prononcé et vitesse initiale du boulet moindre. De plus, le démoulage d'une cavité cylindrique (qui plus est longue et précise) est complexe ; il est évidemment bien plus aisé de démouler un moule interne conique ou tronconique (plus on le retirera, plus l'espacement moule-pièce sera important) qu'un moule interne droit soumis aux frottements et aux imprécisions. Encore de nos jours, malgré les progrès techniques, la plupart des jouets plastiques moulés, lorsqu'ils comportent des cavités, présentent des surfaces évasées dans ces cavités.

L'alésage, lui, soit l'usinage intérieur d'une pièce est bien plus précis, notamment dans le cas d'éléments et de perces cylindriques, la rotation d'un foret, d'un alésoir voire d'un ciseau permet une régularité appréciable dans le cas de l'artillerie. Et de nos jours encore, la précision passe par l'usinage, l'alésage, le taraudage, le décolletage... davantage que par le moulage.


Cordialement

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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

vous avez raison , après il faut une sacrée force motrice pour aléser le bronze et le fer pour les canons de marine .
à Douai , il n'y a pas de chute d'eau c'est donc une force démultipliée par je ne sais quel procédé .

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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par Demi-solde »

la remonte a écrit :
04 déc. 2019, 14:59
vous avez raison , après il faut une sacrée force motrice pour aléser le bronze et le fer pour les canons de marine .
à Douai , il n'y a pas de chute d'eau c'est donc une force démultipliée par je ne sais quel procédé.
"Donnez-moi un levier..." Si la citation exacte d'Archimède s'est perdue, le principe demeure ; il n'y a qu'à voir la longueur des bras du mécanisme :

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Un ou deux (voire quatre) boulonnais, ou ardennais, harnachés là-dessous et le canon pouvait entreprendre doucement sa ronde. Après, avec un alésoir ad hoc, ce n'était qu'une question de temps.

Pour l'alésage horizontal, si la force hydraulique sur site était trop faible, on pouvait employer le même principe, les mêmes chevaux, les mêmes bras de levier, et avec un jeu d'engrenages (qui ré-orientaient la rotation et démultipliaient encore davantage l'effort), le tour était joué :

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Cordialement

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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

pas d'alésage pour les canons de fusils et pistolets ? l'acier est coulé dans un moule qui prévoit l'âme du canon donc :salut:

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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

pour ce qui concerne le bois , je n'ai pas trouvé grand chose . juste ce petit reportage où l'artisan parle de 40 heures pour faire une crosse de fusil de chasse .


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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

est ce que les bois étaient en frêne ? il est difficile d'imaginer le nombre d'ouvriers nécessaire à une telle production manuelle .


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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par la remonte »

Fantin des Odouards , colonel du 22° de ligne à Ligny répond à Napoléon qui demande ce qu'étaient devenus les fusils abandonnés par les morts les blessés et les fuyards prussiens : " on en avait fait des jambons " , c'est à dire que les soldats les avaient cassés en 2
Napoléon avait donné l'ordre de les recueillir pour les gardes nationales , en pestant que ses ordres n'étaient pas transmis ...

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Cyril Drouet
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Re: ÉCONOMIE : Les manufactures de guerre

Message par Cyril Drouet »

La récupération du matériel de guerre sur le champ de bataille était ancienne, comme en témoigne l'ordre du jour du 21 octobre 1805 :

« Son Excellence le Ministre de la guerre, major général, voulant donner un encouragement à ceux qui, après les actions, conduiront ou rapporteront aux parcs d'artillerie des différents corps d'armée les chevaux d'artillerie, bouches à feu, voitures, armes, projectiles, etc., abandonnés sur le champ de bataille, a décidé que ces objets seraient payés ainsi qu'il suit :
-Pour un cheval en bon état : 100 francs
-Pour une bouche à feu sur son affût : 60 francs
-Pour un affût ou caisson : 30 francs
-Pour un fusil avec sa baïonnette en bon état : 1 franc
-Pour un fusil brisé : 50 centimes
-Pour une platine entière : 15 centimes
-Pour un pistolet en état : 50 centimes
-Pour une baïonnette bonne : 10 centimes
-Pour un sabre d'infanterie en état : 15 centimes
-Pour un sabre de cavalerie en état : 20 centimes
-Pour un boulet : 5 centimes
Ces différentes sommes seront acquittées sur-le-champ par les directeurs d'artillerie qui recevront lesdits objets. »


ou plus ancien :
Ordre du jour du 4 avril 1799 (Acre) :
« Tous les militaires qui, dans les journées d'aujourd'hui et de demain, porteront à l'état-major des boulets trouvés dans la plaine,seront payés, savoir :
Pour chaque boulet de 36 ou 33 : 20 sous.
Pour chaque boulet de 12 : 15
Pour chaque boulet de 8 : 10. »

Témoignages :
"Dès le commencement du siége, nos soldats avaient été invités, au moyen d'une faible prime, à rapporter au parc les boulets qu'ils trouvaient dans les tranchées ; mais lorsque les vaisseaux vinrent à les jeter à profusion sur la plage, le général en chef augmenta la prime, et dès ce moment ce fut à qui serait le plus habile pour s'emparer des projectiles anglais. Nos soldats, dès que les premières bordées se faisaient entendre, et même aussitôt qu'ils voyaient les vaisseaux s'approcher du rivage, accouraient en foule, se plaçaient tout d'abord au milieu de ce singulier champ de bataille, et dans cette lice d'une nouvelle sorte, plusieurs centaines de Français bravaient, en se jouant, les foudres de la marine anglaise, en se précipitant au devant des nombreux projectiles qu'elle faisait ricocher dans la plaine. Et chose étonnante , nos intrépides soldats furent toujours assez adroits, ou plutôt assez heureux, pour qu'aucun d'eux ne fût atteint."
(Richardot, Relation de la campagne de Syrie)

"Nous allions au-dessous des batteries de la place et sur le rivage narguer l'ennemi, leur demandant de nous envoyer des boulets."
(François, Journal)

Autre siège, Gaëte, mêmes scènes décrites Par Ségur :
« On voyait ces nègres [bataillon des pionniers noirs] suivre en l'air, d'un oeil avide, les bombes ennemies qu'on leur payait 50 centimes; ils accouraient à leur chute, se précipitaient sur elles, en arrachaient la mèche brûlante, à moins que, prévenus par l'explosion, ils ne fussent tués dans cette chasse si peu lucrative et si dangereuse. »

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