INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Partagez autour de l’armement, de l’équipement et des pratiques des soldats des guerres napoléoniennes.

Modérateurs : Général Colbert, Cyril

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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 07 nov. 2019, 22:03

Un décret du 24 août 1805 organisa la Grande Armée :
Le 4eme Corps, Maréchal Soult est formé avec une partie du camp de Boulogne :
31 bataillons (3 du 3eme de Ligne, 2 de chacun des 10eme, 24eme, 26eme Légers, 4eme, 14eme, 18eme, 28eme, 36eme, 43eme, 46eme, 55eme, 57eme et 75eme de Ligne.
Les Tirailleurs Corses et les Tirailleurs du 6eme.

Un décret du 19 septembre 1805 créa une compagnie de Voltigeurs dans chaque bataillon de Ligne Français. Dans chaque bataillon Léger ou de Ligne, la compagnie de Voltigeurs remplaçait la 2eme compagnie du centre qui était dissoute. Cette compagnie avait 3 officiers et 120 hommes. Les Voltigeurs étaient nommés par le colonel, avaient la solde de Grenadiers, étaient armés du sabre et du fusil de Dragon à baïonnette. Le bataillon de 1042 hommes était ainsi composé : 1 compagnie de 3 officiers et 96 Grenadiers ; 1 compagnie de 3 officiers et 120 Voltigeurs ; 7 compagnies de 3 officiers et 113 Fusiliers ou Chasseurs ; Etat-Major 8 (1 chef de bataillon, 1 adjudant-major, 1 adjudant, 1 caporal tambour et 4 sapeurs).

Histoire de l'Infanterie en France - Tome IV - page 311 - Belhomme.
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 07 nov. 2019, 23:46

lucien a écrit :
07 nov. 2019, 00:59
Rigodon d'honneur a écrit :
06 nov. 2019, 22:03


on retrouve souvent une inspection vers 1807-1808 (généralement uniquement le dépôt, le reste du rgt étant en campagne). puis plus rien.

quelques exemples :
- 1er carabiniers : ans 7, 10, 11, 13, 1807
- 2e carabiniers : ans 7, 10, 11, 13, 1807
- 5e dragons : ans 7, 8, 10, 11, 13, 14, 1807
- 5e chasseurs : ans 7, 8, 10, 11, 12, 13, 1808
- 16e chasseurs : ans 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 1808

ces documents sont généralement très intéressants. surtout les appréciations de l'inspecteur sur les différentes parties du service, de l'instruction, etc. ainsi que les appréciations sur les officiers.
:salut:
2 autres :
- 1e chasseurs : ans 11, 13, 1807
- 21e chasseurs : ans 10, 11, 13
Petit complément sur les Inspections :
Revues 1 (1).JPG
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 07 nov. 2019, 23:48

Revues 1 (2).JPG
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par Cyril » 08 nov. 2019, 08:01

Je pense que cripure73 ne regrette pas d'être passé nous voir!!!
...et bien que ce cela doit être fantastique pour lui de découvrir tout cela sur son ancêtre, c'est aussi très intéressant pour tout le monde de découvrir ce que renferment nos archives.
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par cripure73 » 08 nov. 2019, 18:38

je ne vous le fais pas dire et je n'en espérais pas tant!!!... mais j'ai aussi passé beaucoup de temps à lire les autres messages de ce forum sur d'autres sujets et je me régale: il est juste dommage que beaucoup d'anciens posts (et même parfois pas si anciens que ça) aient perdu leurs images (liens morts) car rien de ce qui s'y dit ou s'y montre n'est obsolète. Et c'est vrai que découvrir ces documents négligés ou inconnus du non-spécialiste est très excitant.

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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 08 nov. 2019, 22:04

Cyril a écrit :
08 nov. 2019, 08:01
Je pense que cripure73 ne regrette pas d'être passé nous voir!!!
...et bien que ce cela doit être fantastique pour lui de découvrir tout cela sur son ancêtre, c'est aussi très intéressant pour tout le monde de découvrir ce que renferment nos archives.
Bonsoir,
Merci. Cela me force moi aussi à chercher et à découvrir de belles choses et des fois de l'inédit.
Le partage profite un peu à tous et surtout pour les passionnés de l'histoire militaire, du papier et du petit soldat.
Bon WE.
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 14 nov. 2019, 20:41

I'm back,

La marche des troupes vers le Rhin commença le 28 août. De l'ensemble des ordres donnés par les maréchaux, il résulte que cette marche s'exécuta dans les conditions suivantes. Chaque division forma une colonne qui était précédée de 24 heures par un officier d'état-major et un commissaire des guerres chargés d'assurer le logement et les vivres. La soupe était mangée le matin avant le départ. Les régiments, brigades et divisions marchaient alternativement la droite et la gauche en tête, mais les grenadiers restaient toujours en tête du bataillon et les voltigeurs à la queue. Un intervalle d'un demi-bataillon était laissé entre chaque régiment pour éviter les à-coups dans la marche qui avait lieu en colonne de section à distance de peloton, soit double distance. Lorsque la colonne devait traverser une ville, les subdivisions serraient à distance entière sur celle de tête. La musique jouait pendant les haltes et dans chaque bataillon un tambour battait constamment pendant la marche. Les bataillons ou compagnies quittaient la colonne à hauteur du gîte ou ils devaient cantonner, Un guide était placé à chaque point de bifurcation. La réunion pour la marche du lendemain se faisait toujours sur le gîte le plus avancé. Les soldats recevaient les vivres de campagne et les officiers les vivres de campagne et la solde de route. Chaque régiment avait une voiture pour les bagages de l’état-major et deux par bataillon. Ces voitures, escortées par un sergent et 12 hommes étaient réunies à la queue de la colonne. Les vivandières suivaient leur bataillon. Chaque soldat portait 50 cartouches et une paire de souliers de gratification en arrivant sur le Rhin. Les officiers emportaient leur grand uniforme et étaient suivis chacun par un domestique car il était défendu d'employer aucun soldat au service d'un officier. En arrivant sur le Rhin, chaque régiment organisa un petit dépôt, ou il laissa ses malingres et ses gros bagages. Les tambours et les musiciens y déposèrent leurs mousquetons mais les sapeurs et les fifres conservèrent les leurs. La correspondance des maréchaux fait connaître que la solde ne fut pas payée aux corps pendant cette marche, ce qui gêna beaucoup les officiers. Ce ne fut qu'après l'arrivée sur le Rhin que les corps reçurent des acomptes sur la solde arriérée et que les officiers furent payés pour leur solde de route. Le temps et l'argent manquèrent aux officiers pour organiser des équipages réguliers et pendant toute la campagne, les bagages des corps furent portés par les voitures de réquisition, ce qui fut cause de beaucoup d'abus. Les finances de l'Empire étaient alors obérées ; il y avait alors un fort déficit et les espèces métalliques étaient retirées de la circulation par des spéculateurs ; c'est ce qui fut cause des retards dans le paiement de la solde des troupes.
L'Empereur avait décidé que le jour du passage du Rhin chaque soldat devait porter 50 cartouches, une paire de souliers de rechange et 4 jours de pain. Chaque corps d'armée devait emporter 4 jours de biscuit sur des voitures de réquisition. Le troupes devaient vivre par réquisition sur le pays en donnant des bons réguliers. La rapidité des marches et le manque de distributions régulières furent cause de la maraude qui se développa de plus en plus. Tout le pays traversé par les colonnes fut pillé. Les voitures de réquisition qui portaient le biscuit de réserve ne purent suivre le mouvement des troupes. DAVOUT rendit compte le 06 octobre que son biscuit était encore à 2 jours en arrière ; il demanda le 11 l'autorisation de faire fusiller les pillards pour mettre un frein au pillage général d'un pays allié.
SOULT publia le 16 octobre l'ordre suivant : Pour faire cesser l'indiscret tiraillement qui a lieu journellement dans les camps et pendant les marches, le maréchal ordonne que tout militaire qui aura tiré un coup de fusil sans être en présence de l'ennemi, sera privé pendant 8 jours d'avoir son chien à son fusil.
Un ordre du 3 octobre traça la route de l'Armée de Strasbourg et de Mayence sur Spire, ou elle passait le Rhin et continuait sur Heilbronn, Halle et Nordlingen. Les étapes étaient de 5 à 6 lieues de chaque gîte. Il était établi un commandant d'armes pris parmi les officiers fatigués qui furent remplacés à leur corps. Toutes le deux étapes trouvait un commissaire des guerres avec un magasin de vivres qui distribuait deux jours de pain à tous les passagers. Les troupes de Bade et du Wurtemberg étaient chargées, dans leur pays, de la garde de la ligne et de l'escorte des convois. Un général de brigade, placé à Stuttgart avait la surveillance de tout ce service. A Spire, un adjudant commandant réglait le départ des détachements et des convois et recevait les convois de prisonniers et de malades. Il devait répartir les malades dans les hôpitaux voisins sans leur faire repasser le Rhin. Aucun homme appartenant à la Grande Armée ne devait repasser pendant la campagne.
Les hommes restés en arrière pendant la marche vers le Rhin et ceux qui sortaient des hôpitaux de l'intérieur étaient dirigés sur le petit dépôt laissé par leur corps dans une localité d'Alsace. L'Empereur prescrivit, le 12 octobre aux maréchaux LEFEBVRE et KELLERMANN de former tous les huit jours, un détachement de 300 à 400 hommes tirés des petits dépôts et de les diriger sur l'Armée en escortant un convoi.
Augsbourg fut désigné le 22 octobre pour recevoir les petits dépôts formés dans chaque corps d'Armée avec les hommes fatigués. Le dépôt d'un corps d'Armée était commandé par un adjudant commandant assisté de deux adjudants et d'un médecin. Il disposait d'un casernement pour 400 hommes et devait rallier tous les hommes restés en arrière ou sortant des hôpitaux, qui ne devaient pas être conservés au dépôt plus de 15 jours.
Les détachements venant de France y séjournaient un jour pour compléter leurs effets et leurs cartouches. Les petits dépôts laissés sur le Rhin furent dirigés sur Augsbourg. Les hommes des petits dépôts étaient joints aux détachements qui passaient et à défaut étaient formés en détachements de 50 hommes commandés par un officier qui étaient dirigés sur l'Armée avec un convoi.
La route de l'Armée avait été prolongée de Nordlingen à Donauvertz ; là elle se séparait en 2 embranchements, l'un allant par Augbourg sur Munich et l'autre par Neubourg et Ingolstatd sur Landshut. Les troupes Bavaroises étaient chargées du service sur ces 2 routes. Les petits dépôts furent par ordre du 2 novembre transportés d'Augsbourg à Brassau ; les 2 routes furent prolongées sur cette ville ou elles se réunirent.
Un flottille fut organisée sur le Danube à Passau pour transporter les hommes et les vivres avec plus de rapidité et moins de fatigues.
Les corps d'Armée laissèrent à Passau leurs hommes fatigués pour former la garnison des premiers bateaux. A partir du 23 novembre, les garnisons furent tirées des petits dépôts de Brassau.
Après l'occupation du Tyrol, le Maréchal NEY prit le 10 novembre, les mesures suivantes pour les vivres : chaque homme recevait par jour des magasins de l'Armée une livre et demie de pain et une demi-livre de viande. Les habitants devaient fournir une once de riz, deux de légumes secs, le sel, la lumière, une pinte d'eau de vie pour 16 hommes ou par homme une demi-bouteille de vin ou une bouteille de bière. A Vienne, l'Empereur fixa, le 21 novembre la ration de vivre à 38 onces de pain, une demi-livre de viande, 4 onces de riz et de légumes secs et une demi-bouteille de vin.
L'Empereur prescrivit à Brune le 26 novembre de prendre l'ordre de bataille suivant, autant que les circonstances le permettraient. Chaque brigade avait son premier régiment en bataille, en seconde ligne, le deuxième régiment ayant ses bataillons en colonne, un escadron en troisième ligne. Dans les divisions à 5 régiments, le dernier régiment formait la réserve. La division avait ainsi en première ligne 4 bataillons en bataille, en seconde, 4 bataillons en colonne, en troisième, 2 escadrons et dans quelques-uns 2 bataillons en colonne. La colonne employée était la colonne double.
2 décembre 1805 la bataille d'Austerlitz….
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 14 nov. 2019, 21:04

55ème

Nous l'avons vu, par ses Etats de Services, J.-J. Bellavoine fera toutes les Campagnes de l'Empire. Une lettre adressée le 13 Vendémiaire An 13 (5 Octobre 1804) à :
« Monsieur Bellavoine, Caporal au 55e Régiment, 2eme Bataillon, 3e Compagnie, campé au Camp de Boulogne, à Boulogne », nous précise que notre Soldat s'y trouvait toujours. Le célèbre Ordre du Jour du 15 Fructidor An 14 : « Soldats, je suis content de vous. Vous avez à la journée d'Austerlitz décoré vos Aigles d'une immortelle gloire... Il vous suffira de dire : J'étais à la Bataille d'Austerlitz, pour que l'on vous réponde : Voilà un Brave — NAPOLEON», était dans les papiers de Bellavoine, qui en conservent une copie ; sans doute, Bellavoine fut-il l'un des combattants d'Austerlitz, le 2 Décembre 1805.

Si J.-J. Bellavoine faisait partie de la division Saint-Hilaire, dont il parle dans ses Notes, il fut de ceux qui s'illustrèrent à Austerlitz dans la célèbre prise du plateau de Pratzen ; les « Souvenirs » du Commandant Vivien nous montrent que le 55e prit part à la Bataille d' Austerlitz (op. cit., p. 126).


Le 2eme Bataillon du 55eme Rgt de Ligne nous désigne le Chef de Bataillon RABIE.
Ce dernier a été gravement blessé à la bataille d'Austerlitz.
55eme Ligne 40 (1).jpg
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 14 nov. 2019, 21:12

cripure73 a écrit :
05 nov. 2019, 21:08
Un grand merci pour ces documents étonnants!!

Sur le registre des officiers, mon aïeul n'y figure pas car il ne passa sous-lieutenant qu'en 1813 (le registre s'arrête à 1806) mais j'y reconnais des noms croisés par ailleurs : Vivien - qui a écrit ses mémoires, Schwiter qui fut son colonel en Pologne puis en Espagne et lui écrivi une lettre d'instructions (par ailleurs claire comme du jus de boudin) reproduite dans la publication de Beaucour, et peut-être même Hugo (oncle de Victor) mais cela n'est pas toujours facile à lire. Cela me permet en tout cas de mieux situer mon ancêtre dans l'organisation et l'organigramme, vraiment super!

De précieuses pièces dans la reconstitution du périple du 55e...
VIVIEN :
Blessé également à Austerlitz.
55eme Ligne 40 (3).jpg
HUGO :
A la grande Armée aussi.
55eme Ligne 40 (2).jpg
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Re: INFANTERIE de LIGNE : Divers régiments

Message par lucien » 14 nov. 2019, 23:56

Le 1er et 2eme Bataillon du 55e Rgt de Ligne ont ainsi fait partie du 4eme Corps, Maréchal Soult comme souligné par le document ci-dessous portant sur la création des compagnies de Voltigeurs comme évoqué précédemment.
16 Brumaire AN XIV (7 novembre 1805).
Le caporal Jean-Jacques BELLAVOINE du 2eme Bataillon a vraisemblablement participé à la bataille d'Austerlitz.
55eme Ligne 41  (1).jpg
55eme Ligne 41  (2).jpg
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