Fumer

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Cyril Drouet
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Message par Cyril Drouet » 15 sept. 2018, 12:08

Cyril Drouet a écrit :
14 sept. 2018, 19:15
Napolitaine a écrit :
14 sept. 2018, 18:56
(Salon désaltéré)
En attendant, l'Empereur a même le droit à des cigarettes à son effigie. Pas sure que cela lui aurait plu.
Napoléon, c'était le tabac à priser.
La fumette n'était pas trop son truc :
"L'empereur n'eut qu'une seule fois fantaisie d'essayer de la pipe ; voici à quelle occasion : l'ambassadeur persan (ou peut-être l'ambassadeur turc qui vint à Paris sous le consulat ) avait fait présent à sa Majesté d'une fort belle pipe à l'orientale. Il lui prit un jour envie d'en faire l'essai, et il fit préparer tout ce qu'il fallait pour cela. Le feu ayant été appliqué au récipient, il ne s'agissait plus que de le faire se communiquer au tabac, mais à la manière dont Sa Majesté s'y prenait, elle n'en serait jamais venue à bout. Elle se contentait d'ouvrir et de fermer alternativement la bouche, sans aspirer le moins du monde.
« Comment diable ! s'écria-t-elle enfin, cela n'en finit pas. »
Je lui fis observer qu'elle s'y prenait mal, et lui montrai comment il fallait faire. Mais l'empereur en revenait toujours à son espèce de bâillement. Ennuyé de ses vains efforts, il finit par me dire d'allumer la pipe. J'obéis et la lui rendis en train. Mais à peine en eut-il aspiré une bouffée, que la fumée qu'il ne sut point chasser de sa bouche, tournoyant autour du palais, lui pénétra dans le gosier, et ressortit par les narines et par les yeux.
Dès qu'il put reprendre haleine, « Otez-moi cela! quelle infection ! oh les cochons ! le cœur me tourne. »
Il se sentit en effet comme incommodé pendant au moins une heure, et renonça pour toujours à un plaisir « dont l'habitude, disait-il, n'était bonne qu'à désennuyer les fainéants."
(Constant, Mémoires)

A noter que l’on ne fumait pas que du tabac.

Ordre du jour du 9 octobre 1800 :
« Art. 1. L'usage de la liqueur forte, faite par quelques musulmans avec une certaine herbe forte, nommée hachich, ainsi que celui de fumer la graine de chanvre, sont prohibés dans toute l'Egypte. Ceux qui sont accoutumés à boire cette liqueur et à fumer cette graine perdent la raison et tombent dans un violent délire qui souvent les porte à commettre des excès de tous genres.
Art. 2. La distillation de la liqueur de hachich est prohibée dans toute l'Egypte. Les portes des cafés, des maisons publiques et particulières dans lesquelles on en distribuerait seront murées, les propriétaires arrêtés et détenus pendant trois mois dans une maison de force.
Art. 3. Toutes les balles de hachich qui arriveraient aux douanes seront confisquées et brûlées publiquement en présence d’un officier d’état major de la place où elles auraient été confisquées, ou, à défaut d’officier major, en présence de tout autre officier requis à cet effet par le directeur de la douane.
Art. 4. Tout individu convaincu d’avoir fait passer en fraude et distribué l’herbe de hachich, sera arrêté, paiera une amende de quinze talarys au profit du dénonciateur, et sera détenu pendant deux mois dans une maison de force.
Art. 5. Les officiers généraux ou tout autres, commandant les provinces et les places, le directeur général et comptable des revenus publics, le directeur des droits affermés et tous les directeurs des douanes, sont chargés, chacun dans ce qui le concerne, de l’exécution du présent ordre qui sera traduit en arabe, imprimé, publié et affiché dans les deux langues, à la diligence du chef de l’état-major-général, et d directeur-général des revenus publics. »
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Message par L'âne » 17 sept. 2018, 13:15

Baron PUTIGNY :
« … Navarre infanterie va s'installer à Arleux ; pendant trois mois on ne se bat plus ! Je peux consacrer mes loisirs à la lecture, assis, solitaire, dans le remous d'ailes des moulins à vent. Dans cette contrées les femmes ont peu d'attraits, et toutes, la manie de fumer la pipe ! Elles ont toujours sur elles leurs briquets, leurs pierres à feu ; et, en plus de ce petit matériel peu féminin, une odeur de tabac mêlée de relents d'ail. Goûts, somme toute, beaucoup trop prononcés pour que j'en aie pour elles. »


Baron FAIN
"C'est à tort qu'on lui a reproché l'usage immodéré du café et du tabac. Il prenait du café comme tout le monde. Il ne faisait que respirer son tabac ; mais il changeait de tabatière à chaque instant. Dès qu'il avait flairé, il renversait la tabatière et la tendait à l'un de nous en lui disant : « Allez me chercher du tabac. » C'était un de nos dérangements habituels. Nous trouvions sur la commode de sa chambre à coucher une file de tabatières préparées d'avance pour suffire aux renouvellements de la journée. Dans les appartements, cette commission était la plus fréquente qu'il donnât à ses chambellans. Pendant le Conseil, j'ai vu plus d'un ministre la rechercher comme une faveur."


Le Manuscrit original retrouvé :
"À peine l'Empereur était-il rentré qu'il m'a fait demander. Il était déjà dans son lit, m'a retenu jusqu'à onze heures et demie, continuant fort gaiement la conversation du dîner et beaucoup d'autres objets. Il se trouvait infiniment mieux. Il avait babillé, disait-il, avec plaisir. Pour nous, il nous avait, au fait, donné une soirée de société charmante. Il toussait beaucoup, c'était même ce qui avait interrompu notre veillée, l'avait fait lever de table. « J'aurai pris trop de tabac sans y songer, a-t-il dit. Je suis une bête d'habitude. La conversation m'aura distrait. Vous devriez, mon cher, dans pareil cas, m'ôter ma tabatière. »"


Frédéric MASSON « Napoléon chez lui » :
Les tabatières ovales avaient l'avantage qu'il les ouvrait d'une seule main et n'y perdait pas son temps comme avec les rondes ou les carrées.
Le tabac était râpé très gros, composé de plusieurs espèces mélangées, et fourni au prix de 3 francs ou 3 fr. 50 centimes la livre par Ancest ou Robillard. Il était conservé dans de grands pots de grès verni ou d’étain, ou dans des coffrets à clef qu'ouvrait seul le Premier volet de chambre. On prenait des précautions depuis que, à Malmaison, le Consul avait trouvé, sur un meuble à sa portée, une tabatière entièrement semblable à la sienne, et remplie de tabac empoisonné. Nul autre que Constant ne touchait donc à son tabac.
Un soir, au moment où l'Empereur sortait de table, un chambellan s’aperçoit que la tabatière est vide et s'empresse de la faire remplir. L'Empereur la reçoit, l'ouvre, jette au feu le contenu et fait signe à son maître d’hôtel de lui donner lui-même du tabac. Ici, ce n'était point défiance, mais façon de l'appeler que chacun dans sa Maison avait son métier et que les empressements serviles n'étaient pas pour lui plaire.
Napoléon consommait beaucoup de tabac et pourtant il en prisait peu ; mais il prenait de larges prises qu'il approchait de ses narines, sans aspirer, et qu'il laissait tomber ensuite. Souvent il promenait sous son nez sa tabatière ouverte. Ses mouchoirs n'étaient pour ainsi dire jamais salis. C'est un peu de la même façon qu'il avait essayé du tabac à fumer. N'aspirant pas la prise, se contentant de la respirer, il avait eu la prétention de respirer la fumée sans l'aspirer et la rejeter, ou plutôt il avait simplement pris une pipe d'Orient tout allumée, en avait mis le bout d’ambre en sa bouche, et la fumée affiliant, il s'était mis à tousser et à cracher disant : « Pouah ! Pouah ! Enlevez-moi cette cochonnerie ! » Et, depuis, il n'avait jamais essayé.


Pierre BRANDA « Le prix de la gloire » :
"Un produit avait cependant encore un taux de rendement insuffisant : le tabac. Le rétablissement du monopole y remédia, le 29 décembre 1810. Concrètement, la régie des Droits réunis (administration spéciale chargée de la perception de la plupart des droits indirects) possédait l'exclusivité de la fabrication et de la vente du tabac, ce qui permettait d'en tirer à loisir toutes les taxes souhaitées. Leurs recettes passèrent de 25 millions en 1810 à près de 43 millions en 1812. Ces contributions indirectes, qualifiées de « corne d’abondance » par Thiers, n'ont pas cessé de progresser sous une forme ou sous une autre depuis l’Empire ; Leur mise en œuvre procura au régime la somme, faramineuse pour l'époque, de 1,2 milliard de francs, couvrant ainsi près de la moitié des dépenses nouvelles."


Marc LEFRANÇOIS « Histoires insolites de Napoléon » :
"Napoléon ne partait jamais en campagne sans emporter avec lui ses précieuses tabatières dont il ne se séparait jamais. Pour la seule année 1808, on lui fit apporter 42 kilos de tabac !
Pourtant, l'Empereur ne fumait pas. Simplement, il appréciait respirer l'odeur du tabac. Une odeur semblait lui procurer un certain apaisement.
Ce plaisir était partagé avec les gazelles du château de Saint-Cloud, très friandes de cette petite gourmandise. C'est en toute simplicité qu'elles pouvaient la partager avec l'Empereur qui leur préparait un mélange de différents tabacs qu'il mélangeait dans ses mouchoirs de batiste blanche. Il est vrai qu'on l'imagine mal humer en solitaire son tabac, et les narguer en fredonnant cet air populaire :
« J'ai du bon tabac dans ma tabatière, J'ai du bon tabac, tu n'en auras pas.
J'en ai du fin et du bien râpé, Mais ce n'est pas pour ton vilain nez
!
"


Jean TULARD « Le monde du crime sous Napoléon » :
"L’argot des voleurs
Tabac : du schnouff
Prendre du tabac : renifler le schnouff
"


Natalie PETITEAU « Lendemains d’Empire » :
"L'étude de l'ensemble des débitants du département (Vaucluse) montre le grand intérêt des vétérans pour les bureaux de tabac que l'administration a le devoir, en effet, de réserver aux vieux soldats nécessiteux. […] L'attribution des bureaux de tabac n'aurait donc pas eu forcément pour but de soulager les plus criantes misères parmi les vétérans : elle a pu être faite avec la volonté de récompenser au mieux les hommes réputés les plus valeureux, au pire ceux qui ont simplement des accointances dans le conseil municipal. En tout cas, elle a de ce fait pu être une aide infime dans les modestes ascensions réussies par certains.
Omniprésents dans la vie des communes, gardes et buralistes forment donc un groupe assez largement dominé par les vétérans, du moins durant le premier XIXe siècle, lorsque les survivants de la Grande armée sont encore fort nombreux.
"


Chantal PREVOT « 250 réponses à vos questions sur Napoléon » :
"Napoléon fumait-il ?
Napoléon possédait énormément de petites boîtes très joliment ouvragées pour contenir du tabac, boîtes qu'il conservait précieusement. On ne peut parler de collection, car il n'y avait pas de recherche systématique de toutes boîtes à tabac, mais il n'aimait pas s'en séparer. Les tabatières étaient à la mode et faisaient de très beaux cadeaux, car elles pouvaient être en matières précieuses, décorées de portraits, serties de pierres ou ornées de camées. Napoléon avait une préférence pour les tabatières ovales au couvercle attaché par une charnière. Il y prenait du tabac râpé gros, mais ne le prisait pas. Il se contentait de le sentir, mais ne l'aspirait pas. L'odeur du tabac lui suffisait.
"


Allan FORREST « Au servivce de l’Empereur » :
"Peu à peu, la pipe vint s'ajouter au vin dans les petites habitudes prises après le repas du soir ; la consommation du tabac, fumé ou chiqué, devint alors l'un des signes distinctifs du soldat français, les plus jeunes emboîtant le pas des plus aguerris. Dans une lettre à sa famille, le jeune Noël fait part de la curiosité teintée d'une certaine répugnance que lui inspire cette pratique :
« Voilà nos fumeurs qui fument leur pipe. Ils ne font que cela. C'est une infection. Quel plaisir peut-on donc avoir à s'emplir la bouche et le gosier d'une fumée puante ? D'autres ont le goût singulier de mâcher du tabac. En vérité tabac dans le nez, tabac dans la bouche, tabac en fumée, c'est toujours une vilaine drogue ! Il n'y a presque pas de jeune volontaire qui ne fume comme les vieux soldats ; mais le vôtre espère ne jamais prendre cette mauvaise habitude. »
"


Sudhir HAZARREZINGH
"Le tabac et l'alcool étaient les deux sources préférées de plaisir quotidien pour les gens du peuple et il n'est pas surprenant qu'ils aient occupé une place centrale dans le répertoire populaire du culte napoléonien. L'article qui définissait presque à lui seul la notion d' « objet séditieux » sous la Restauration était la tabatière. Les plus abordables étaient en carton, et se vendaient par dizaines de milliers chaque année dans toute la France. Des versions en bois étaient disponibles, certaines d'entre elles parées de décorations diverses. Deux tabatières saisies en 1830 étaient décrites ainsi : « L'une représentait en relief et sous verre les têtes de Bonaparte et de Marie-Louise, et l’autre le portrait de Bonaparte élevé sur un globe, soutenu par un nuage et entouré pour légende des mots Apothéose de Napoléon. » Mais toutes ces tabatières possédaient la caractéristique commune d'être ornées de représentations napoléoniennes, le plus souvent des portraits de l'Empereur et de sa famille, ou des scènes de batailles. Certaines inscriptions étaient assez complexes. Un homme qui voyageait à La Rochelle en 1820 fut arrêté en possession d'une tabatière où figurait un groupe de soldats engageant la bataille. La légende au-dessous de l'image disait : « Les Français à Waterloo, 18 juin 1815. Le Français meurt et ne se rend pas. À l'honneur français »."


Marie-Hélène BAYLAC « Napoléon empereur de l’Île d’Elbe » :
"...le Russe Shouwaloff, l'Autrichien Koller, accompagné du major Clam-Martiniz, le Prussien Waldbourg-Truchsess, et l'Anglais Sir Neil Campbell. Ils découvrent, au dire de Campbell, « un petit homme à l'air actif qui arpentait rapidement son appartement, semblable à un animal sauvage dans sa cage. Il n'avait ni la barbe faite, ni les cheveux peignés ; le tabac à priser souillait sa lèvre supérieure et son gilet»."
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Message par L'âne » 17 sept. 2018, 20:19

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Re: Fumer

Message par Cyril Drouet » 17 sept. 2018, 20:49

"Il faut tâcher de donner le goût de la pipe au cavalier léger.
D. Pourquoi ?
R. Parce qu’ellele tient éveillé.
La pipe est une distraction secondaire qui loin d'éloigner le cavalier de son service l'y attache et le lui rend moins pénible. Elle endort, elle use l'inutilité du temps et de la pensée, et retient l'homme au bivouac, près de son cheval. Pendant qu'on y fume sa pipe, assis sur une botte de foin ou d'herbe, personne ne s'avise d'ôter la nourriture de ce cheval pour la donner à un autre; on est sûr qu'il mange, qu'il ne reçoit pas de coups de pieds ; les provisions de sa besace ne sont pas volées ; puis on s'aperçoit des réparations à faire à son harnachement, de la mauvaise assiette de son paquetage, etc. On garde sans s'ennuyer le cheval d'un camarade, et ce camarade, auquel vous rendez service, va chercher de l'eau, du fourrage, des vivres dont vous avez besoin.
L'heure de relever la grand'garde arrive ; vous partez. Là, le sommeil vous est interdit. De quelle ressource n'est pas alors la pipe qui chasse ce sommeil, hâte les heures, rend la pluie moins froide, la faim, la soif moins poignantes, etc.
Et si vous avez de longues marches de nuit, après la fatigue d'une journée active, ces marches où le sommeil en vous accablant, est une souffrance véritable, invincible, et cause de nombreuses et graves blessures aux chevaux, rien ne vous tient mieux éveillé que l'usage de la pipe.
La pipe nous force à porter un briquet et de l'amadou : avec ce briquet et cet amadou, nous allumons aussi un feu de bivouac
Il n’y a pas de petites choses en campagne où l’homme est réduit à de si faibles ressources, qui n'ait son degré d‘importance. La pipe est un moyen d‘échange, de jouissance et de service, dans notre vie de relation fraternelle ; prêtée dans certains cas, elle devient un secours.
Quoiqu'en dise Aristote et sa docte cabale, fumez et faites fumer vos chasseurs."
(De Brack, Avant-postes de cavalerie légère)
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Re: Fumer

Message par Cyril Drouet » 19 sept. 2018, 18:37

A défaut de sabre :
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Re: Fumer

Message par L'âne » 20 sept. 2018, 00:09

Cyril Drouet a écrit :
19 sept. 2018, 18:37
A défaut de sabre
On peut penser que le peintre a voulu représenter Lasalle lors de sa dernière charge à la tête des cuirassiers de Saint Sulpice.
Malheureusement il avait trouvé sa pipe cassée le matin de ce funeste jeudi 6 juillet 1809...
"Fumer tue" !
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Re: Fumer

Message par L'âne » 20 sept. 2018, 02:04

Jean-Guy HOURTOULLE "Lasalle, premier cavalier de l'Empire" (Copernic) + illustration :

"Le chef d'escadron du Coetlosquet, aide de camp de Lasalle, a raconté que dans la nuit du 4 au 5, le général avait en ouvrant ses bagages trouvé sa pipe cassée ainsi qu'un flacon de sa cave à liqueur et le verre qui recouvrait le portrait de sa femme. Cette triple découverte lui aurait fait dire : "Je ne survivrai pas à cette journée." Il envoya ce même jour son testament à I'Empereur, testament rédigé à Talavera, en Espagne, le 2 mars 1809."

Mort de Lasalle.jpg

La prémonition de Lasalle s'est avérée en partie vraie seulement car il est mort le jour suivant, jeudi 6 juillet (Wagram est une bataille qui a duré deux jours).
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Re: Fumer

Message par Rigodon d'honneur » 21 sept. 2018, 00:20

L'âne a écrit :
20 sept. 2018, 00:09
Cyril Drouet a écrit :
19 sept. 2018, 18:37
A défaut de sabre
On peut penser que le peintre a voulu représenter Lasalle lors de sa dernière charge à la tête des cuirassiers de Saint Sulpice.
Malheureusement il avait trouvé sa pipe cassée le matin de ce funeste jeudi 6 juillet 1809...
"Fumer tue" !
Lasalle n'avait pas qu'une pipe, loin s'en faut :!: :!:

voir l'inventaire après-décès de ses biens, dont une partie sera vendue : [extrait] "une pipe en écume de mer, façon d'Ulm, garnie d'argent ; une petite pipe en écume de mer ; une autre petite pipe en écume de mer, ronde, garnie d'argent ; une petite pipe brûlée, garnie d'argent ; une petite pipe carrée, garnie d'argent ; une pipe en racine travaillée, garnie d'argent ; une pipe en bois et une en granit ; et enfin une petite pipe en terre turque."

pour ceux que le sujet intéresse, un peu de lecture : https://www.lelivrechezvous.fr/nos-revu ... -n-11.html
:salut:
"Ils grognaient, et le suivaient toujours..."

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Re: Fumer

Message par L'âne » 21 sept. 2018, 02:27

Rigodon d'honneur a écrit :
21 sept. 2018, 00:20
Lasalle n'avait pas qu'une pipe, loin s'en faut :!: :!:
Bien évidemment.
Il faut néanmoins noter que celle qu'il a découvert cassée devait être, sinon celle, l'une de celles, qu'il utilisait à ce moment là.

Merci pour l’information relative à l'article de Tradition magazine.
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Re: Fumer

Message par Cyril Drouet » 22 sept. 2018, 15:34

Rigodon d'honneur a écrit :
21 sept. 2018, 00:20
Lasalle n'avait pas qu'une pipe, loin s'en faut :!: :!:
Il les laissait même traîner n'importe où...
Sans titre 1.jpg
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