Attentat de la rue Saint Nicaise

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Peyrusse

Menaces visant l'Empereur à l'île d'Elbe (d'après Pons de l'Hérault)

Message par Peyrusse »

Comme on peut le voir dans les souvenirs d’André Pons de l’Hérault, des bruits concernant l’assassinat de Napoléon furent plusieurs fois d’actualité. Pons, dans son autre ouvrage et intitulé: « Mémoire aux puissances alliées» (Picard, 1906, pp.24-25) en parle encore : « Trois avis, venus de différents endroits, avaient donné l’assurance qu’un officier général, ancien vendéen ou chouan, s’était chargé de faire assassiner l’Empereur ; que les assassins étaient déjà dans l’île et que parmi eux il y en avait un qui se vantait de trente-trois assassinats (nombre sans doute surfait). Sa Majesté avait voulu faire un secret de cet avertissement, mais quelque chose en avait transpiré, et les fidèles, exaspérés, ne voyant que des poignards levés sur leur monarque bien-aimé, étaient prêts à se livrer à des imprudences qui auraient pu avoir des suites fâcheuses. Si l’Empereur ne les eut arrêtés en les menaçant de sa colère et s’il n’eût profité de la nuit pour faire partir les personnes devenues justement suspectes et parmi lesquelles se trouvaient le brigand principalement désigné. » Le lieutenant-colonel Laborde, aborde le même sujet : « L’Empereur était adoré des habitants ; aussi ce ne fut qu’avec beaucoup de peine que l’on put parvenir à les empêcher de faire un mauvais parti à un aide de camp d’un général nommé Brulard [Bruslart], qui commandait alors en Corse pour Louis XVIII. Cet aide-de-camp s’était rendu à l’île d’Elbe avec des sicaires pour assassiner Sa Majesté. Le complot découvert, l’Empereur ordonna au général Cambronne de protéger ce misérable contre l’exaspération des soldats et des habitants ». Un des plus proches personnages de Napoléon, le mameluck Ali, celui qui était chargé implicitement de sa protection personnelle, prend lui aussi ses précautions ; il écrit dans ses fameux souvenirs : «Une nuit que l’on supposa avoir été choisie pour une attaque, je portai, le soir, un matelas sur le promenoir, sous les fenêtres de la chambre de l’Empereur et je me couchai, ayant mon poignard à ma ceinture et mon sabre à côté de moi. Je passai ainsi toute la nuit, étant tout yeux, tout oreilles. ». Soit que tous les complots ne puissent être menés à leur terme, soit que la protection autour de Napoléon fut renforcée, mais aucune tentative d’assassinat ou d’enlèvement n’eurent lieu durant le séjour de l’île d’Elbe. Celles-ci restèrent, heureusement, à l'état de projet.

:roll:

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Bernard
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Bernard »

Constitution de l'an X :
"Article 86. - Le Premier consul a droit de faire grâce. - Il l'exerce après avoir entendu, dans un conseil privé, le grand-juge, deux ministres, deux sénateurs, deux conseillers d'Etat et deux juges du Tribunal de cassation."
Je n'ai rien trouvé dans la Constitution de l'an XII, sans doute le sénatus-consulte du 16 thermidor de l'an X devait-il rester en vigueur.

Peyrusse

En 1812 et en 1815. Napoléon visé.

Message par Peyrusse »

1812...

"Depuis le jour où les cosaques avaient fait un hourra sur le quartier impérial, le bruit s’était répandu dans l’armée française que les Russes voulaient à tout prix s’emparer de Napoléon, que l’hetman Platov avait promis sa fille à qui le lui amènerait vivant, et l’amiral Tchitchagov, s’apprêtant à défendre le passage de la Bérézina, souhaitait ardemment de faire l’Empereur prisonnier. Dans ce dessein, il notifia aux généraux placés sous son commandement l’ordre suivant : « L’armée de Napoléon est en fuite ; l’auteur responsable des calamités de l’Europe est avec elle ; nous nous trouvons sur son chemin ; il est possible qu’il plaise au Tout-Puissant de mettre un terme à son courroux en nous le livrant ; je désire donc faire connaître à tous le signalement de cet homme. Il est de petite taille, corpulent, pâle ; il a le cou court et fort, la tête grosse, les cheveux noirs. Pour plus de sécurité, arrêtez tous les individus de petite taille et envoyez-les moi. Je ne parle pas de la récompense qui sera accordée pour cette prise ; la générosité bien connue de notre monarque [le Tsar] m’en dispense. » "

Extrait de l’ouvrage d’Arthur CHUQUET, « Lettres de 1812 » 1ère série [seule parue] », Paris, Champion, 1911,p.229.
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1815...

La Villette, le 29 juin 1815, à 2 heures du matin.

Monsieur le Général, on vient de me faire le rapport que l’Empereur veut aller à Montmartre pour tâcher de faire un mouvement. Quelque invraisemblable que soit ce rapport, cependant il est bon de vous mettre en mesure. Prévenez le prince d’Essling [Maréchal Masséna] afin qu’il mette sous votre main quelques bataillons de la Garde nationale que vous ferez entrer à Montmartre à la première nouvelle que vous aurez d’un pareille tentative. Communiquez cette lettre au prince d’Essling ; il demeure rue de Bourgogne, près du ministère de la Guerre. Recevez, Monsieur le général, l’assurance de ma considération très distinguée.

Signé:Le maréchal prince d’ECKMÜHL.

Convaincu que Napoléon voulait s’emparer des redoutes de Montmartre, Desfourneaux résolut de « faire taire dans son cœur tout espèce de considération particulière », et, comme il s’en vante, de prendre les mesures les plus rigoureuses pour prévenir des desseins aussi contraires à l’intérêt général ; il ordonna de faire feu contre la personne de Napoléon, et il écrivit à son chef d’état-major l’ordre suivant :

Montmartre, le 29 juin 1815, à 4 heures du matin.

A Monsieur le chef d’état-major. Il résulterait, Monsieur, de l’avis qui vient de m’être donné que Napoléon Bonaparte doit se rendre dans la grande redoute de Montmartre avec quelques bataillons. Veuillez, de suite, défendre sévèrement dans la place l’introduction de toute espèce de forces armées qui n’auraient point d’ordre direct de moi. Vous ferez donner l’ordre de ma part à tous les postes de faire feu sur Napoléon Bonaparte s’il se présentait pour entrer dans la place.

Son abdication le rend tout à fait étranger à la France, et sa présence parmi nous ne servirait qu’à perpétuer les malheurs qui accablent la patrie et dont il est personnellement la cause.

Vous me répondrez de l’exécution de cet ordre dont j’ai donné connaissance à M. le maréchal de camp Saint-Pol.

Signé: Le lieutenant-général baron DESFOURNEAUX.

Le maréchal de camp Baille de Saint-Pol cité dans la lettre du lieutenant-général Desfourneaux, avait, de son côté, déjà reçu l’ordre de Davout. Sa surprise fut telle qu’il écrivit aussitôt au maréchal prince d’Eckmühl pour obtenir la confirmation de l’ordre ; il prétextait qu’il ne reconnaissait pas la signature du Ministre.
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Montmartre, 29 juin, 3 heures et demi du matin.

Je viens de recevoir à l’instant une lettre datée de La Villette, le 29 juin 1815 à 2 heures du matin et signée « Maréchal Prince d’Eckmühl ». Je n’ai point reconnu dans cette signature celle de Votre Altesse Sérénissime et j’ai l’honneur de vous prier d’éclaircir mes doutes à cet égard. Voici ce que contient cette lettre ; « (suit le contenu de la lettre citée plus haut…) » J’attends la réponse de Votre Altesse Sérénissime avec la plus vive impatience et j’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Signé: Le maréchal de camp, Commandant supérieur de Montmartre, B. BAILLE DE SAINT-POL.

Napoléon ne pensait pas à faire sur Montmartre une tentative que Davout jugeait d’ailleurs invraisemblable. Il demanda toutefois dans la journée du 29 juin 1815 à la Commission du gouvernement le commandement de l’armée, non comme empereur, mais comme un général dont le nom et la réputation pouvaient encore exercer une grande influence sur le sort de la nation, et il promettait, foi de soldat, de citoyen et de Français, de partir pour l’Amérique après avoir repoussé l’ennemi. Ce message, porté par le général Beker, ne reçut d’autre réponse qu’un billet écrit par Fouché à Maret : le gouvernement provisoire, n’acceptait pas les propositions de l’Empereur et il priait Maret d’user de son influence pour conseiller à Napoléon de partir dans délai. Napoléon partit. Mais, malgré le gouvernement provisoire, malgré Fouché et Davout, l’armée voulait se battre. Elle éclata en cris de colère et de fureur lorsque la capitulation fut signée. Les lettres du maire et de l’adjoint de Montmartre à Desfourneaux témoignent de l’irritation du soldat.

Le maire, Finot, remercia Desfourneaux d’avoir, par sa fermeté, empêché les bataillons de tourner leur artillerie contre la ville. « Tout Montmartre, écrit Finot au préfet Chabrol, a été témoin de la fermentation qui régnait parmi les troupes et des dangers que les chefs ont courus pour les forcer à se soumettre aux conditions de la convention. La conduite de M. le lieutenant-général Desfourneaux et des généraux employés sous ses ordres, celle de MM. Les officiers supérieurs et de MM. Les aspirants de la marine, dans cette horrible situation, a été des plus honorables.» L’adjoint Prost écrit de même à Desfourneaux que Montmartre a été durant la nuit du 3 au 4 juillet 1815 dans une « position affreuse », mais que le général a su « empêcher la troupe de diriger l’artillerie contre Paris » et calmer l’exaltation des esprits qui s’irritaient « de ce que tout était arrivé sans combat » et qui ne comprenaient pas « le besoin de se soumettre aux conditions de la capitulation ».
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Documents relevés par Arthur CHUQUET.


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C-J de Beauvau
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par C-J de Beauvau »

En effet même au mépris des lois de la guerre . Voir le cas du chirurgien Larrey
"Séparé de ses hommes alors qu'il était en train d'organiser le repli de ses ambulances, le chirurgien est fait prisonnier par les troupes prussiennes.
Trompés par sa petite taille, la capote grise qu'il porte, voire sa ressemblance physique avec Napoléon, les Prussiens pensent avoir capturé l'empereur desFrançais!"Avant d'être conduit à un officier supérieur, Larrey est molesté, insulté, presque déshabillé."
L'officier se rend compte qu'il ne s'agit pas de Napoléon, mais décide tout de même de faire fusiller le Français. Un peloton d'exécution est mis en place… et Jean-Dominique Larrey ne devra son salut qu'à l'homme qui était censé lui bander les yeux : "Chirurgien-major, l'homme le reconnaît. Et pour cause : il a jadis suivi ses cours à Berlin."
Conduit auprès d'un général prussien, il est sauvé grâce à la réputation qu'il s'était faite "de soigner tous les blessés, qu'ils soient amis ou ennemis, hommes de troupes ou officiers supérieurs". Parmi ces blessés, le fils du général en question !"
Waterloo Démythifié Yves Vander Cruysen

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Cyril Drouet
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Cyril Drouet »

C-J de Beauvau a écrit :
20 nov. 2017, 07:58
En effet même au mépris des lois de la guerre . Voir le cas du chirurgien Larrey
"Séparé de ses hommes alors qu'il était en train d'organiser le repli de ses ambulances, le chirurgien est fait prisonnier par les troupes prussiennes.
Trompés par sa petite taille, la capote grise qu'il porte, voire sa ressemblance physique avec Napoléon, les Prussiens pensent avoir capturé l'empereur desFrançais!"Avant d'être conduit à un officier supérieur, Larrey est molesté, insulté, presque déshabillé."
L'officier se rend compte qu'il ne s'agit pas de Napoléon, mais décide tout de même de faire fusiller le Français. Un peloton d'exécution est mis en place… et Jean-Dominique Larrey ne devra son salut qu'à l'homme qui était censé lui bander les yeux : "Chirurgien-major, l'homme le reconnaît. Et pour cause : il a jadis suivi ses cours à Berlin."
Conduit auprès d'un général prussien, il est sauvé grâce à la réputation qu'il s'était faite "de soigner tous les blessés, qu'ils soient amis ou ennemis, hommes de troupes ou officiers supérieurs". Parmi ces blessés, le fils du général en question !"
Waterloo Démythifié Yves Vander Cruysen

Le récit de Larrey (Relation médicale de campagnes et voyages, de 1815 à 1840) :

"J'étais parvenu presque au bord de la Sambre, lorsqu'à la pointe du jour je fus enveloppé de nouveau par un autre corps de cavalerie de la même arme. Ici toute bravoure eût été inutile, et je dus me rendre. Malgré cet acte de soumission, je fus impitoyablement désarmé et dépouillé de presque tous mes vêtements ; les officiers, eux-mêmes, se partagèrent ma bourse, qui contenait une quarantaine de napoléons, s'emparèrent de mes armes, de ma bague et de ma montre. Ma taille, et une redingote grise que je portais me donnaient quelque ressemblance avec l'empereur. Je fus d'abord pris pour sa personne, et dans cette persuasion on me conduisit tout aussitôt auprès du général prussien commandant cette avant-garde ; celui-ci, n'osant prendre aucune mesure définitive, me fit conduire par ses lanciers, les mains liées, près d'un autre officier-général plus élevé en grade, qui certain de la méprise et poussé par un mouvement de fureur, s'était décidé à me faire passer par les armes. Mais au moment où les soldats chargés de cette exécution étaient prêts à faire feu sur ma tête, ayant été reconnu par le chirurgien-major du régiment, qui s'était empressé d'en prévenir cet officier-général et de solliciter de lui la suspension de cette mesure barbare, l'ordre est donné de me conduire près du grand-prévôt des armées coalisées, le général Bulow. Ce général, qui m'avait vu à Berlin, me reconnut aussi et fut touché de me voir dans l'état de gêne et de dénuement où l'on m'avait réduit : j'étais pieds nus et à peine couvert de ma redingote et d'un pantalon, car les lanciers qui m'avaient fait prisonnier s'étaient emparés de tous mes effets précieux et même de mes bottes. J'avais les mains liées derrière le dos et la tête couverte de linges ensanglantés. Enfin le grand-prévôt ordonna qu'on me débarrassât sur-le-champ de mes entraves et qu'on me conduisît chez le généralissime des armées ennemies, le feld-maréchal Blücher, auquel mon nom était connu, car j'avais sauvé la vie à son fils dans l'un des combats de la campagne d'Autriche, où il fut grièvement blessé et fait prisonnier de guerre. Aussi ce maréchal me traita-t-il avec bonté ; après m'avoir fait déjeuner avec lui, et m'avoir fait présent de douze frédérics en or, il me fit conduire en poste à Louvain, accompagné par un de ses aides-de-camp. Cet officier n'ayant demandé à la municipalité qu'un billet de logement pour un blessé français dont il ne put indiquer le nom, je fus déposé chez une pauvre femme qui avait à peine de quoi subsister pour elle et ses enfants ; j'obtins difficilement avec une pièce d'or une soupe à l'oignon et la faveur d'avoir un jeune chirurgien pour panser mes blessures."

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C-J de Beauvau
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par C-J de Beauvau »

Merci pour ce récit de la main même de la personne qui l'a vécu

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Cyril Drouet
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Cyril Drouet »

Bernard a écrit :
19 nov. 2017, 10:01
Constitution de l'an X :
"Article 86. - Le Premier consul a droit de faire grâce. - Il l'exerce après avoir entendu, dans un conseil privé, le grand-juge, deux ministres, deux sénateurs, deux conseillers d'Etat et deux juges du Tribunal de cassation."
Je n'ai rien trouvé dans la Constitution de l'an XII, sans doute le sénatus-consulte du 16 thermidor de l'an X devait-il rester en vigueur.

Article 57 de l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire du 22 avril 1815 :
« L'Empereur a le droit de faire grâce, même en matière correctionnelle, et d'accorder des amnisties. »

Peyrusse

Un projet d’assassinat sur la personne de Napoléon en 1814.

Message par Peyrusse »

Qui a déjà entendu parler de ce projet non-abouti ?

J. Chautard (« L’île d’Elbe et les Cent-Jours… », Ledoyen, Editeur, 1851, pp.68-69) évoque en effet un projet d’assassinat sur la personne de Napoléon lors de son départ de Fontainebleau.

André Pons de l’Hérault dans ses « Souvenirs » parle d’assassins de la forêt de Fontainebleau (« Napoléon, empereur de l’île d’Elbe. Souvenirs et Anecdotes.», Les Éditeurs Libres, 2005, p.145).

L’historien Henry Houssaye évoque dans une note de son livre "1815. La Première Restauration..." (p.171, note 2) ce même projet : « Les 2 et 3 avril 1814, l’assassinat de Napoléon à Fontainebleau fut concerté à l’hôtel Talleyrand entre Roux-Laborie, secrétaire du gouvernement provisoire, et Maubreuil. La défection probable de Marmont, annoncée à Paris dès le soir du 3 avril, fit abandonner ce projet qui paraissait désormais inutile. Mais on se ravisa les 16 et 17 avril, la mort de Napoléon étant préférable à son exil… »

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L'âne
 
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Re: Un projet d’assassinat sur la personne de Napoléon en 1814.

Message par L'âne »

Mémoires de SAVARY :
« Maubreuil connaissait depuis longtemps Roux-Laborie, intrigant, qui profita de la catastrophe du 31 mars et de la faveur du prince de Bénévent pour se faire nommer secrétaire-général, adjoint du gouvernement provisoire. « Ce fut à Roux-Laborie que Maubreuil, après avoir éprouvé les refus de M. de Sémallé, adressa directement ses sollicitations. « Il est constant que, depuis trois mois, il allait le voir tous les jours, tant pour des opérations de commerce qu'ils méditaient ensemble que pour les affaires politiques, dont Roux-Laborie était parfaitement instruit et Maubreuil extrêmement avide, en distribuant des proclamations et de belles paroles. Il rentra chez lui à sept heures du soir, et trouva cinq à six billets de Roux-Laborie, conçus à peu près en ces termes : Venez donc. Pourquoi ne venez-vous pas ? Comment est-il possible de se faire attendre ainsi ? Vous me désespérez, en vérité ! Je vous attends d'heure en heure chez le prince. « Maubreuil monte en voiture, et se rend à l'hôtel du prince en toute hâte. Laborie le fait entrer dans le cabinet du prince, et lui dit :
— Avez-vous mangé ?
— Non, répond Maubreuil, je n'ai pas mangé depuis ce matin; j'ai couru toute la journée.
— Eh bien ! allez prendre un bouillon : j'ai donné ma parole d'honneur de ne vous rien dire sans cela.
— Laissons là ce bouillon, et dites ce que vous voulez de moi.
— Non, j'ai donné ma parole : partez, allez prendre ce bouillon, et dans une heure, une heure cinq minutes, une heure dix au plus tard, soyez ici. Songez que j'attends de vous un grand dévouement : j'en ai répondu au prince, et j'ose croire ne m'être pas trompé.
— Vous savez, mon cher Laborie, que le but unique de toutes mes actions et de toutes mes peines est de reprendre la place que j'étais fait pour occuper dans le monde avant la révolution. Né fils unique avec une grande fortune, je ne vois pas sans douleur mon nom et mon existence, pour ainsi dire, anéantis. Faites tout pour qu'au péril de ma vie, dix fois s'il le faut, j'atteigne le but que je me suis toujours proposé.
— C'est très bien; mais partez sur-le-champ. Revenez dans une heure, une heure dix. Je ne vous écoute plus; il faut que je vous quitte. Partez, partez.

Maubreuil sort dans sa voiture, va prendre un bouillon au restaurant de Riche, sur le boulevard, et retourne chez le prince à huit heures. Laborie était au conseil. Il est averti du retour de Maubreuil par le premier huissier de la chambre; il vient, prend Maubreuil par la main, le conduit dans le même cabinet, le fait asseoir dans le fauteuil du prince, et lui adresse ces mots :
— Vous êtes un homme d'un grand courage et d'un grand caractère; vous avez une grande ambition: elle sera satisfaite par-delà vos désirs, si vous réussissez. Tout le bien, toutes les dignités vous attendent. On vous donnera 200,000 fr. de rente; on vous fera duc, lieutenant-général et gouverneur d'une province. Mais ne vous dissimulez pas qu'il y a un grand danger à courir. Pouvez-vous, d'ici à demain au soir cinq heures, vous assurer de cent hommes déterminés ? Voici ce qu'il faut faire : vous irez au quartier-général du prince Schwartzenberg; on vous donnera argent, chevaux, tout ce que vous demanderez.
— Que voulez-vous ?
—Mais enfin, mon ami, il s'agit de nous débarrasser de l’empereur ; lui mort, la France, l'armée, tout est à nous. Est-ce que vous manquez de courage et de résolution ? Voyons, parlez.
—S'il s'agit d'un assassinat, répondit Maubreuil, je ne puis vous convenir; sans doute ce n'est pas là ce que vous voulez me proposer.

Laborie l'interrompt brusquement :
— Tout cela vous regarde; faites comme vous voudrez. Débarrassez-nous-en, mais dépêchez-vous. Rendez-vous au quartier-général. Il doit y avoir une grande bataille; que ce soit avant, pendant ou après, peu importe: tout ce qu'il nous faut est d'en être débarrassé.
—De la garde, cent sont beaucoup de trop: je n'en veux que douze dont je sois sûr. Il faut que vous me donniez la faculté d'avancer de deux ou trois grades ceux qui serviront bien. Il faut des récompenses pécuniaires dans la même proportion.
—Vous aurez tout ce que vous voudrez, dit Laborie : faites. Après tout, que nous importe d'avoir dix ou douze colonels et quelques officiers de plus ou de moins ? Voulez-vous attendre le prince ? il est au sénat. Il va vous répéter tout ce que je vous ai dit. Le voulez- vous ? mais c'est inutile.
—Mon Dieu, répond Maubreuil, ce sera comme vous voudrez; je m'en rapporte parfaitement à vous; c'est inutile. Je vais passer la nuit à courir et à rassembler une douzaine de personnes.
»
C'est ainsi que se termine la conversation; nous la donnons telle qu'elle est rapportée par Maubreuil. Mais il est certain que Laborie, s'est expliqué d'une manière beaucoup plus positive sur l'étendue et les divers objets de la mission.»

Mémoires de Talleyrand :
Et c’est alors, d’après son dire, dans les premiers jours du moi d’avril 1814, qu’il aurait été plusieurs fois appelé à mon hôtel par M. Roux Laborie, remplissant les fonctions de secrétaire du gouvernement provisoire, et que celui-ci, en mon nom, lui aurait proposé d’assassiner l’empereur Napoléon. On lui aurait offert des récompenses pour remplir cette mission secrète ainsi qu’il la qualifie, et toujours par l’intermédiaire de M. Roux Laborie, car Maubreuil déclare ne m’avoir jamais parlé. Ces récompenses devaient être, ce sont ses propres termes que je répète: «des chevaux, des équipages, le grade de lieutenant général, le titre de duc, et le gouvernement d’une province». Il avoue qu’il a tout accepté et pris ses mesures pour l’exécution de sa mission secrète. Ce serait sorti de Paris seulement, et déjà en route, que les scrupules lui seraient venus et qu’il aurait compris l’horreur du crime qu’il allait commettre. Il prend sur-le-champ la généreuse résolution d’y renoncer, mais comme il tient à signaler son retour à la vertu par une bonne action, il profite de l’occasion qui se présente. Il rencontre sur la route la reine Catherine, princesse de Wurtemberg, femme de Jérôme Bonaparte, et sa souveraine en Westphalie; il l’arrête, s’empare du fourgon qui suivait sa voiture et la dépouille entièrement de son argent, de ses effets et de ses bijoux; puis il revient triomphant à Paris, où il s’étonne d’être bientôt arrêté et poursuivi comme voleur de grand chemin. Voilà en abrégé l’histoire de mon accusateur, M. de Maubreuil. Je demande si elle ne suffit pas pour réfuter l’accusation elle-même. Il n’y a qu’un fait dont je n’ai pas parlé parce que je me réservais, en le rapportant, de dire que je ne puis encore m’en rendre exactement compte aujourd’hui, et que je ne trouve que des conjectures pour l’expliquer. Au moment de son arrestation, Maubreuil était muni de passeports et de laissez-passer réguliers délivrés par les chefs des armées alliées et par les autorités françaises, dans lesquels on le recommandait comme étant chargé d’une mission qui exigeait la plus grande célérité. Il faut se rappeler que dans les premiers jours du mois d’avril 1814, le gouvernement provisoire fut dans le cas d’envoyer des émissaires sur tous les points de la France pour y annoncer le renversement du gouvernement impérial et l’avènement du gouvernement légitime. On dut choisir un peu au hasard ceux qu’on chargeait de ces missions; et je croirais volontiers qu’une haine hautement affichée contre Napoléon a pu être dans ce moment-là un titre de recommandation pour obtenir une de ces missions qui étaient dans le fait des missions de simple courrier. On n’avait pas trop le temps de s’informer de la moralité de ceux qu’on envoyait ainsi en courrier; et un homme se présentant sous le nom de marquis de Maubreuil et comme victime des persécutions de l’empereur, aura été agréé sans autres recherches. Les mots de mission secrète mentionnés sur ses passeports s’expliquent tout naturellement dans les circonstances où l’on se trouvait, puisque chargés des ordres du gouvernement provisoire, ils étaient dans le cas de rencontrer des détachements de l’armée française ou des autorités qui auraient pu être disposés à entraver leur mission, s’ils avaient su qu’elle avait pour but de faire proclamer partout le renversement du gouvernement impérial. Je ne vois pas d’autre explication possible au fait des passeports et des ordres réguliers dont Maubreuil était porteur au moment de son arrestation. Quant au fond même de la question, à l’idée que je pourrais avoir conçue de faire assassiner l’empereur Napoléon, laissant pour un moment de côté ce qu’une pareille idée aurait eu de révoltant, je demanderai aussi quel intérêt je pouvais avoir à me charger d’un crime odieux que rien ne commandait. Avant son abdication, l’empereur était à Fontainebleau entouré des glorieux débris de ses armées, et il ne serait entré, je suppose, dans la pensée de personne, d’aller l’y chercher pour l’assassiner. Après l’abdication c’était un ennemi abattu dont l’existence n’offrait plus aucun danger pour personne. Puis enfin, qui pourra jamais admettre qu’on irait offrir un titre de duc, un gouvernement de province à un lâche assassin, et qu’un homme tel que M. de Maubreuil aurait pu croire à des offres de ce genre? Mais j’en ai déjà trop dit pour repousser une accusation encore plus absurde, si c’est possible, qu’infâme. Aussi, répéterai-je encore, en finissant, qu’elle ne peut avoir été inventée que par un fou ou un maniaque.

Henry HOUSSAYE « 1814 » :
"Talleyrand ne pouvait s'abuser. Le tronçon d'épée resté dans la main de Napoléon faisait obstacle à une royauté avec le prince de Bénévent comme premier ministre, de même que durant ces deux derniers mois, l'existence même de Napoléon avait fait obstacle à une régence avec le prince de Bénévent pour chef, Au mois de mars, Talleyrand avait pensé, et même écrit, que la mort de l 'empereur comblerait ses espérances; au mois d'avril, il ne put s'empêcher de penser encore que, malgré ce qui s'était passé, cet événement n'en serait pas moins bien opportun. Talleyrand, qui savait cacher sa pensée tout en parlant, avait le talent plus rare de la révéler tout en se taisant. Il est possible qu'il ne dit rien au secrétaire du gouvernement provisoire, Roux-Laborie ; il est certain que Roux-Laborie le comprit. Le jour de l'entrée des Alliés dans Paris, le marquis d'Orsvault de Maubreuil s'était signalé entre tous les royalistes par son exaltation. Il avait attaché la croix de la Légion d'honneur à la queue de son cheval, et, avec Sosthène de La Rochefoucauld, il avait recruté une bande de misérables pour renverser la statue de l'empereur. Ce Maubreuil était un vaillant, mais c'était un déclassé. Après avoir bravement gagné la croix en Espagne, comme capitaine de cavalerie, dans une charge commandée par Lassalle, il était devenu écuyer du roi Jérôme et s'était fait à peu près chasser de sa cour. De retour à Paris, ce fils de preux — vingt-deux de ses ancêtres étaient tombés sur les champs de bataille — avait achevé de se ruiner d'argent et d'honneur par des spéculations malheureuses sur la fourniture des armées et par une vie de désordre et de débauches. Tombé au dernier rang, perdu de dettes et prêt, comme il s'en vantait, à risquer dix fois sa vie pour reprendre la place qu'il était destiné à occuper dans le monde avant la révolution, Maubreuil était de ces hommes à qui l 'on peut tout proposer. Roux-Laborie, qui était en relations suivies avec lui, le connaissait bien. Dans la journée du 2 avril, il lui écrivit cinq billets de suite, le pressant de venir à l'hôtel Talleyrand, siège du gouvernement provisoire. À huit heures du soir, Maubreuil arriva rue Saisit-Florentin. Roux-Laborie lui dit sans ambages ce que l'on attendait de son grand caractère, de son grand courage et de sa grande ambition. La récompense serait proportionnée au service : deux cent mille francs de rente, le grade de lieutenant général, le titre de duc et le gouvernement d'une province. Maubreuil hésita quelques minutes, le temps qu'il fallait pour donner un peu de valeur à son acceptation. Il demanda en outre de l'argent et un avancement de deux grades pour les complices qu'il se flattait de trouver dans l'armée. Laborie promit tout. On se donna rendez-vous au lendemain. Maubreuil passa la nuit à chercher des hommes de bonne volonté, mais quand le 3 avril dans la matinée, il revient à l'hôtel Talleyrand, il n'avait encore recruté qu'un nommé Dasies. Le secrétaire du gouvernement lui donna un dernier rendez-vous pour neuf heures du soir. Maubreuil n'y manqua pas plus qu'au précédent.
— "Nous avons, mon cher, de grandes nouvelles, lui dit alors Laborie...Votre expédition doit être différée, et si en définitive elle n'a pas lieu, on ne vous en saura pas moins bon gré." L'assassinat n'était plus nécessaire. La trahison suffisait."

Allusion à la défection de Marmont.

Jean TULARD "Napoléon ou le mythe du sauveur" :
"Talleyrand a-t-il inspiré une tentative d'assassinat de Napoléon par l'aventurier Maubreuil en avril 1814 ? F. Masson (L'Affaire Maubreuil, 1907) le pensait. M. Garçon (La Tumultueuse Existence de Maubreuil, 1954) attribue la responsabilité directe du projet à Roux-Laborie, homme de confiance du prince de Bénévent. Celui-ci aurait par la suite cherché à étouffer l'affaire malgré l'acharnement de Maubreuil."

À noter cette émission d'"Alain DECAUX raconte" : http://www.ina.fr/video/CPF86600839 (l'occasion de profiter du mois d'essai gratuit ?)

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Aurea mediocritas

Pierre Bezoukhov

Re: Un projet d’assassinat sur la personne de Napoléon en 1814.

Message par Pierre Bezoukhov »

Bonjour,

Dans son livre « Témoignages historiques, ou Quinze ans de haute police sous Napoléon », Pierre Marie Desmarest, chef de division à la Police générale, parle de projet d'assassinat à l'encontre de Napoléon en 1814. Cela ne correspond pas exactement à ce que vous recherchiez, mais cela me paraît quand même assez intéressant.

COMPLOT EN CHAMPAGNE, DANS LA GUERRE DE 1814.

« La paix se trouvera au fond du sépulcre de Bonaparte! » Un pamphlet obscur hasardait en 1802 ou 1803 cet horoscope sur la ruine de Napoléon. En effet, dans les dix années qui suivirent, la continuité des guerres (soit qu'il en fut l'auteur, ou seulement l'occasion et le prétexte) sembla attachée à sa personne. De là, le sentiment dans les familles, et aussi dans les hauts gradés de l'armée que la paix ne pouvait pas être son ouvrage, que même il y était un obstacle et le seul obstacle. Puis enfin, en 1814, dirai-je quels esprits égarés mettaient leur espoir pour une paix immédiate dans le boulet qui le frapperait en Champagne?

Ce qu'ils attendaient vainement d'un coup de canon, est-il vrai qu'un complot de plusieurs généraux ait été formé à l'armée pour la réaliser? Ce que je raconterai, à ce sujet, a été confié depuis à un ami par le maréchal duc de Dantzick. Mais je dois reprendre les choses de plus loin.

La défection morale de certains officiers principaux de l'empereur date de ses malheurs en Russie. Elle prit un caractère de résistance et d'humeur sombre après la bataille de Dresde, suivie de l'échec du général Vandamme, en Bohême. Napoléon eut alors l'idée de faire dans la Saxe le pivot de toutes ses opérations, laissant tenter aux ennemis le chemin de la France, s'ils l'osaient, tandis que lui-même occuperait leurs derrières, en s'appuyant sur les places de l'Elbe, de la Prusse et sur les débouchés des montagnes de la Bohème, menaçant à la fois, Vienne et Berlin. C'est, je crois, par une manœuvre de ce genre, que le Grand-Frédéric laissa prendre et brûler sa capitale, pour tenir en arrière la campagne et dicter ensuite la paix à la coalition ennemie.

Mais Napoléon vit trop qu'il serait mal secondé ; la terrible expérience de Russie était trop récente, et l'audace de sa nouvelle conception ne parut à plusieurs de ses compagnons qu'un éternel adieu à la France et à leurs familles. Un jour, à Dessaw, M. Fain, venant travailler au cabinet, entendit un maréchal qui proférait, au milieu d'un groupe rassemblé là pour l'ordre, les plus sinistres pronostics. Le secrétaire, frappé de l'impression que pouvaient en recevoir des officiers venus des divers corps d'armée, crut devoir en prévenir l'empereur, pour qu'il congédiât au plus tôt une pareille audience. Napoléon se contenta de lui répondre : « Que voulez-vous, ils sont devenus fous. » Et précisément ils en disaient autant de lui-même. En 1814, vers la fin de la campagne sous Paris, plusieurs d'entre eux, mus sans, doute par des impressions plus décisives reçues de cette capitale effrayée, se fixèrent à l'idée de le faire disparaître ! C'était le mot; et en effet, il s'agissait de le frapper au fond de quelques défilés, ou d'un bois écarté; de creuser eux-mêmes un trou et d'y ensevelir son corps sans qu'on pût en découvrir la moindre trace.

Telle fut peut-être la fin de Romulus et dans des temps plus modernes, la mort de deux guerriers fameux, Gustave-Adolphe et Charles XII a laissé quelques soupçons sur des seigneurs de leur alentour. Le même sort menaçait Frédéric dans un temps où son héroïque obstination refusait aux vœux de ses peuples, aux larmes de toute sa famille, une paix ardemment désirée. Mais, comme on redoutait le ressentiment et les recherches de la garde impériale, on jugea à propos de s'ouvrir a son chef, le duc de Dantzick, qui répondit « Un moment, messieurs, je commande ici, et je vous préviens que je le défends, ou je le venge ! » Le lendemain, nouveau message; c'est un général de brigade qui en fut chargé « Ceci est trop fort! reprit le maréchal; puisque vous persistez, je vais prévenir l'empereur. Ainsi, renoncez, ou je parle ! » L'envoyé demanda vingt-quatre heures pour la réponse. Le croira-t-on? elle fut que l'on consentait à ce qu'il fit part à Napoléon de la résolution prise contre lui; que même on l'y engageait expressément dans l'espoir que cet esprit, jusqu'alors inflexible, en serait peut-être ébranlé. » Mais Napoléon, sans paraître surpris ni ému, fit au maréchal sa réponse ordinaire : « Je sais que j'ai affaire à des fous ! » Cependant il dut mander près de lui le général de brigade, porteur de paroles ; mais je n'ai rien su de cet entretien, j'ignore aussi le nom du général. Il est certain que Napoléon ne se faisait pas d'illusion sur tout ce qui le menaçait au milieu d'amis découragés et presque sans espoir, et d'ennemis qui avaient cessé de le craindre. Un jour de cette triste campagne, il remontait à cheval assez péniblement dans un champ isolé, le maréchal Lefèvre se mit à le soulever comme pour l'aider. L'empereur se retourna très vive ment, mais sa physionomie se rouvrit au même moment par un sourire et un remercîment affectueux au maréchal.

Voilà tout ce que j'ai connu de mauvais des seins dans l'armée, et j'en prends occasion de démentir ce qu'on a imprimé d'une ligue secrète, soit de Philadelphes soit d'Olympiens, ou tout autre nom qu'on voudra, dont le colonel Oudet aurait été longtemps l'âme invisible et le génie tout-puissant. Comme l'auteur a écrit cela avec gravité, je croirai que c'est un cadre fictif où il a voulu réunir les principales contrariétés qui ont traversé la carrière de Napoléon. Quoiqu'il soit singulier d'attribuer aux combinaisons d'un seul homme assez obscur, tant d'œuvres nées d'éléments étrangers entre eux et même opposés.

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