Napoléon : un homme à abattre

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Cyril Drouet
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Cyril Drouet » 20 nov. 2017, 13:22

C-J de Beauvau a écrit :
20 nov. 2017, 07:58
En effet même au mépris des lois de la guerre . Voir le cas du chirurgien Larrey
"Séparé de ses hommes alors qu'il était en train d'organiser le repli de ses ambulances, le chirurgien est fait prisonnier par les troupes prussiennes.
Trompés par sa petite taille, la capote grise qu'il porte, voire sa ressemblance physique avec Napoléon, les Prussiens pensent avoir capturé l'empereur desFrançais!"Avant d'être conduit à un officier supérieur, Larrey est molesté, insulté, presque déshabillé."
L'officier se rend compte qu'il ne s'agit pas de Napoléon, mais décide tout de même de faire fusiller le Français. Un peloton d'exécution est mis en place… et Jean-Dominique Larrey ne devra son salut qu'à l'homme qui était censé lui bander les yeux : "Chirurgien-major, l'homme le reconnaît. Et pour cause : il a jadis suivi ses cours à Berlin."
Conduit auprès d'un général prussien, il est sauvé grâce à la réputation qu'il s'était faite "de soigner tous les blessés, qu'ils soient amis ou ennemis, hommes de troupes ou officiers supérieurs". Parmi ces blessés, le fils du général en question !"
Waterloo Démythifié Yves Vander Cruysen

Le récit de Larrey (Relation médicale de campagnes et voyages, de 1815 à 1840) :

"J'étais parvenu presque au bord de la Sambre, lorsqu'à la pointe du jour je fus enveloppé de nouveau par un autre corps de cavalerie de la même arme. Ici toute bravoure eût été inutile, et je dus me rendre. Malgré cet acte de soumission, je fus impitoyablement désarmé et dépouillé de presque tous mes vêtements ; les officiers, eux-mêmes, se partagèrent ma bourse, qui contenait une quarantaine de napoléons, s'emparèrent de mes armes, de ma bague et de ma montre. Ma taille, et une redingote grise que je portais me donnaient quelque ressemblance avec l'empereur. Je fus d'abord pris pour sa personne, et dans cette persuasion on me conduisit tout aussitôt auprès du général prussien commandant cette avant-garde ; celui-ci, n'osant prendre aucune mesure définitive, me fit conduire par ses lanciers, les mains liées, près d'un autre officier-général plus élevé en grade, qui certain de la méprise et poussé par un mouvement de fureur, s'était décidé à me faire passer par les armes. Mais au moment où les soldats chargés de cette exécution étaient prêts à faire feu sur ma tête, ayant été reconnu par le chirurgien-major du régiment, qui s'était empressé d'en prévenir cet officier-général et de solliciter de lui la suspension de cette mesure barbare, l'ordre est donné de me conduire près du grand-prévôt des armées coalisées, le général Bulow. Ce général, qui m'avait vu à Berlin, me reconnut aussi et fut touché de me voir dans l'état de gêne et de dénuement où l'on m'avait réduit : j'étais pieds nus et à peine couvert de ma redingote et d'un pantalon, car les lanciers qui m'avaient fait prisonnier s'étaient emparés de tous mes effets précieux et même de mes bottes. J'avais les mains liées derrière le dos et la tête couverte de linges ensanglantés. Enfin le grand-prévôt ordonna qu'on me débarrassât sur-le-champ de mes entraves et qu'on me conduisît chez le généralissime des armées ennemies, le feld-maréchal Blücher, auquel mon nom était connu, car j'avais sauvé la vie à son fils dans l'un des combats de la campagne d'Autriche, où il fut grièvement blessé et fait prisonnier de guerre. Aussi ce maréchal me traita-t-il avec bonté ; après m'avoir fait déjeuner avec lui, et m'avoir fait présent de douze frédérics en or, il me fit conduire en poste à Louvain, accompagné par un de ses aides-de-camp. Cet officier n'ayant demandé à la municipalité qu'un billet de logement pour un blessé français dont il ne put indiquer le nom, je fus déposé chez une pauvre femme qui avait à peine de quoi subsister pour elle et ses enfants ; j'obtins difficilement avec une pièce d'or une soupe à l'oignon et la faveur d'avoir un jeune chirurgien pour panser mes blessures."
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par C-J de Beauvau » 20 nov. 2017, 16:48

Merci pour ce récit de la main même de la personne qui l'a vécu
La guerre c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Cyril Drouet » 20 nov. 2017, 21:37

Bernard a écrit :
19 nov. 2017, 10:01
Constitution de l'an X :
"Article 86. - Le Premier consul a droit de faire grâce. - Il l'exerce après avoir entendu, dans un conseil privé, le grand-juge, deux ministres, deux sénateurs, deux conseillers d'Etat et deux juges du Tribunal de cassation."
Je n'ai rien trouvé dans la Constitution de l'an XII, sans doute le sénatus-consulte du 16 thermidor de l'an X devait-il rester en vigueur.

Article 57 de l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire du 22 avril 1815 :
« L'Empereur a le droit de faire grâce, même en matière correctionnelle, et d'accorder des amnisties. »
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Bernard » 21 nov. 2017, 07:48

Cyril Drouet a écrit :
20 nov. 2017, 21:37
Bernard a écrit :
19 nov. 2017, 10:01
Constitution de l'an X :
"Article 86. - Le Premier consul a droit de faire grâce. - Il l'exerce après avoir entendu, dans un conseil privé, le grand-juge, deux ministres, deux sénateurs, deux conseillers d'Etat et deux juges du Tribunal de cassation."
Je n'ai rien trouvé dans la Constitution de l'an XII, sans doute le sénatus-consulte du 16 thermidor de l'an X devait-il rester en vigueur.

Article 57 de l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire du 22 avril 1815 :
« L'Empereur a le droit de faire grâce, même en matière correctionnelle, et d'accorder des amnisties. »
Merci beaucoup Cyril Drouet !

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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par Demi-solde » 13 juil. 2018, 18:49

C-J de Beauvau a écrit :
18 nov. 2017, 21:14
Reste le dernier acte, la mort de l'empereur. A-t-il été empoisonné à Sainte-Hélène par une main traîtresse ? L'hypothèse est née du fort taux d'arsenic retrouvé dans des cheveux de l'empereur datant de 1821. Les soupçons se portèrent sur le général Montholon, qui aurait versé de la mort au rat dans le vin de l'exilé, sur les ordres du comte d'Artois, futur Charles X, ou encore des Anglais, pressés d'en finir – le séjour de l'exilé leur coûtait une petite fortune... Montholon aurait pu aussi affaiblir l'empereur pour obtenir son rapatriement, et le sien par la même occasion. Ou bien était-il pressé de toucher son héritage, prévu dans le testament de son maître... Que croire ?
Au sujet de l'arsenic, une information qui n'a pas directement à voir avec Napoléon, qui n'a sûrement rien à voir avec Napoléon, quoique allez savoir, et qui nous rappellerait presque "Le Nom de la rose" :



Cordialement

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C-J de Beauvau
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Re: Napoléon : un homme à abattre

Message par C-J de Beauvau » 13 juil. 2018, 21:48

par Demi-solde » 13 juil. 2018, 18:49
Au sujet de l'arsenic, une information qui n'a pas directement à voir avec Napoléon, qui n'a sûrement rien à voir avec Napoléon, quoique allez savoir, et qui nous rappellerait presque "Le Nom de la rose" :Danemark : des chercheurs découvrent trois livres empoisonnés à l'arsenic dans une bibliothèque universitaire
Merci Demi-solde pour cette information
Dans le Figaro il y a un article légèrement plus fouillé que dans la rubrique de FranceInfoTv

http://www.lefigaro.fr/livres/2018/07/1 ... nemark.php
:salut:
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