Campagne de France : Vauchamps (14 février 1814)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

HWLG Guillaume

Re: Campagne de France (1814)

Message par HWLG Guillaume »

fanacyr a écrit :La question sur le nombre de prisonniers rentrés au pays est significative : je crois pouvoir extrapoler en disant que bon nombre d'entre eux vont remettre çà dès les Cent Jours !
Pas si sure, il faudrait vérifier , combien de soldats encore en activité sous Louis XVIII sont restés fidèles à Napoléon. Et combien se sont réengagés au moment des Cents Jours.

D'ailleurs, une petite question me viens, quel sort est réservé au prisonnier à son retour ? Il réintègre son régiment ? Si celui ci a été dissous, quid ? Et la solde dans tout ça ?

lutzen 1813

Re: Campagne de France (1814)

Message par lutzen 1813 »

Oui ils rejoignaient le dépot du régiment ( les effectifs des régiments dissous furent répartis dans les

autres unités ). Là, vu la réduction drastique des effectifs, un grand nombre

fut renvoyé dans ses foyers aprés que l'administration militaire eut réglé ce qu'il en était de leur solde

et avec une feuille de route fixant leur itinéraire et leur défraiement. Il y eut aussi ceux qui étaient

rentrés chez eux directement, ceux qui avaient quitté leus unités dès l'annonce de la fin des hostilités.

La situation de tous ces hommes fut régularisée par chaque préfecture et demanda un sacré boulot.

Tout cela était réglé par les Textes, je m'y étais plongé mais comme les textes administratif à l'époque

étaient aussi droles qu'aujourd'hui, ils me sont sortis de l'esprit :) .

la remonte

Re: Campagne de France (1814)

Message par la remonte »

je pense que cela mériterait un nouveau post :idea:
laissons Napoléon prendre connaissance de son nouveau royaume et de ses réjouissances pour se pencher sur le retour des " démobilisés " , sur l'état d'esprit de la France en général tout le long de 1814 et de ce qui va faire que les choses vont tourner comme elles vont le faire , favorisant ainsi le retour de 1815 .

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]Dans ses « Mémoires » Guillaume Peyrusse se trompe à propos du drapeau de l’île d’Elbe (les mots « fond bleu » figurent bien sur le manuscrit d’origine que nous avons consulté à Carcassonne). On sait que le drapeau de l’île d’Elbe comportait un fond blanc. Le reste de la description faite par Peyrusse est conforme. « C’est à bord de l’Undaunted, dans la journée du 3 mai 1814, que l’Empereur, en route sur [pour] l’île d’Elbe, discuta avec le général Dalesme, commandant supérieur de l’île, le sous-préfet, le commandant de la Garde Nationale et l’administrateur général des mines Pons de l’Hérault, et détermina quelles seraient la forme et les couleurs du nouveau drapeau de l’île d’Elbe ; Napoléon s’inspira d’armoiries de l’ancienne Toscane, datant de Cosme 1er et qui étaient d’argent à bande de gueules [rouge] ; il y ajouta trois abeilles d’or. Le nouvel emblème fut arboré sur Porto-Ferrajo [Portoferraio] le 4 mai [1814], jour de l’arrivée de l’Empereur, et le 9 dans toutes les communes de l’île.» (Jean Brunon, « Le Pavillon de l’Empereur à l’Ile d’Elbe… », Moulins, Crépin-Leblond, 1932, p.1).
--------------
Image

Sur le séjour de Napoléon à l'île d'Elbe, lire les témoignages de G. Peyrusse, d'André Pons de l'Hérault, de L. Marchand (Tome 1er de ses "Mémoires"); consultez également les "souvenirs" du mamelouk Ali, les ouvrages de Guy Godlewski et de Louise Linden. Enfin, j'ai consacré un large chapitre à la parenthèse elboise dans mon "Napoléon, la dernière bataille..." (Omnibus, 2014). Et à propos d'un personnage que nous croiserons souvent durant l'exil de l'Empereur: http://lestafette.unblog.fr/2014/05/06/ ... -campbell/
[/aligner]

camille

Re: Campagne de France (1814)

Message par camille »

HWLG Guillaume a écrit :
D'ailleurs, une petite question me viens, quel sort est réservé au prisonnier à son retour ? Il réintègre son régiment ? Si celui ci a été dissous, quid ? Et la solde dans tout ça ?
Le général FARINE donne quelques informations sur la question d'argent.

http://www.la-defaite-oubliee.com/artic ... 98083.html

:Vive-L-Empereur2

Camille

Josselin G

Re: Campagne de France (1814)

Message par Josselin G »

Détail amusant, il y a des abeilles impériales sur le drapeau alors que rien ne rappelle le drapeau français.
:salut:

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]« Je lui fis observer [à Napoléon] qu’on était généralement étonné qu’il n’eût pas fait la paix à Châtillon, lorsque tout paraissait perdu pour lui. Napoléon répondit : « Je ne pouvais consentir à donner à l’Empire moins d’étendue qu’il n’en avait lorsque je suis monté sur le trône ; j’avais juré de conserver l’intégrité du territoire français. En outre, les puissances alliées offraient tous les jours des conditions plus inadmissibles les unes que les autres. Peut-être cela vous étonnera—t-il, mais je vous assure que je ne voudrais pas maintenant signer un pareil traité. Si j’étais resté sur le trône après mon retour de l’île d’Elbe, je l’aurais maintenu, parce que je le trouvais tout fait; mais jamais je n’aurais voulu le faire moi-même d’abord. Ma plus grande faute est de n’avoir pas fait la paix à Dresde. J’ai eu tort de consentit à l’armistice qui eut lieu alors. Si j’avais marché en avant à cette époque, mon beau-père [l’Empereur d’Autriche] n’eût pas pris parti contre moi. "
(Napoléon au docteur O’meara, à Sainte-Hélène).
-------------
« Peut-être ma faute principale, dans la campagne de 1814 n’est-elle de n’avoir pas pris d’assaut Vitry en venant d’Arcis…C’est une grande faute ; j’aurais dû reconnaître Vitry par moi-même et l’enlever de vive force, cela aurait arrêté court les Alliés. Mais quand je pensais à l’assaut, on me dit que j’allais perdre ma Garde. J’eus tort de céder, et vous [Gourgaud] aviez raison quand vous vîntes me dire que la ville serait facilement enlevée d’assaut et sans perte sensible pour la Garde… » (Napoléon à Montholon, à Sainte-Hélène).
-------------
« A Vassy, quand Macdonald me dit qu’il était suivi de toute l’armée ennemie et que je me retournai pour la jeter dans la Marne, il n’y avait personne que ka cavalerie de Winzingerode. Toujours les idées de la peur. » (Napoléon à Montholon, à Sainte-Hélène).
-------------
« Tout le monde regarde Marmont comme un traître, mais il y a bien des gens plus coupables que lui. Les hauteurs devaient être fortifiées, elles ne l’étaient pas. La défection se montrait de tous côtés. On approvisionnait avec des boulets de 8 des pièces de 6 ; on donnait ordre et contrordre ; on délibérait quand il fallait se battre… » (Napoléon à Montholon, à Sainte-Hélène).
-------------
« Aurais-je pu, étant à La Cour de France, arriver assez tôt à Paris pour faire sonner le tocsin et faire battre la Garde nationale ? Je ne le pense pas. C’eût été tout compromettre en pure perte. Ce que j’aurais dû faire, c’est de partir le soir même de Troyes, quand j’y suis arrivé, au lieu du matin ; je me serais alors trouvé à Paris pour la bataille qu’a livrée Marmont… (Napoléon à Montholon, à Sainte-Hélène).

Source : « Préceptes et Jugements de Napoléon. Recueillis et classé par le Lieutenant-colonel Ernest Picard », Berger-Levrault, 1913, pp.305-306.
[/aligner]

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]« En général, la tournure des esprits est telle, qu’à présent on interprète à mal, avec une grande facilité, toutes les actions des souverains alliés qu’on avait accueillis, d’abord, d’une manière beaucoup plus favorable. Cependant, l’opinion publique fait toujours une grande différence en faveur de l’empereur Alexandre ; mais on ne peut parvenir à ôter de la tête de beaucoup de gens que la Prusse et l’Autriche demandent une contribution énorme. Il est vrai que tous les détails connus sur la conduite des généraux autrichiens, dans les pays qu’occupent leurs troupes, est fort propre à aigrir les esprits. Ils lèvent contributions sur contributions dans de misérables localités déjà ruinées de fond en comble.

L’observation attentive avec laquelle on suit ce qui se passe dans les groupes, donne lieu de connaître, qu’en général, l’esprit s’y améliore un peu. Hier soir, dans ceux où se trouvaient des militaires français, on parlait assez de Bonaparte et de ce qu’il avait fait dans la dernière campagne. Les militaires, en général, défendaient sa bravoure que quelques personnes voulaient attaquer, mais il n’y avait rien de fort animé de part et d’autre.

En général, il importe d’éviter de publier, d’aucune manière, des choses injurieuses à l’égard de Bonaparte, car on a remarqué que, presque toujours, elles produisaient un effet contraire à celui qu’on entendait. Par exemple, le Préfet de Police a été obligé, aujourd’hui, de faire retirer de beaucoup de boutiques des gravures représentant la figure l’ex-Empereur composée avec des cadavres humains. Cette image avait déjà occasionné beaucoup de murmures de la part de quelques militaires. Hier, un bijoutier, rue Saint-Honoré, avait mis à sa fenêtre un tableau où il représentait Bonaparte sous la figure d’un tigre; la Garde, même nationale, le trouva fort mauvais. On a sagement agi en faisant retirer ce tableau, avant le passage du cortège. »

Rapport en date du 4 mai 1814 extrait de l’ouvrage de Georges Firmin-Didot, « Royauté ou Empire. La France en 1814. D’après les rapports inédits du comte Anglès », Maison Didot, Firmin-Didot et Cie Éditeurs, s.d. [1897]. , pp.12-13. Au début de la première Restauration, le comte Anglès (1778-1828) est nommé par Louis XVIII « Commissaire du gouvernement provisoire à la police générale de la police du Royaume par intérim », dépendant du comte Beugnot, ministre de l’Intérieur.

[/aligner]

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]Voici un nouvel extrait du témoignage de Guillaume Peyrusse. Ce dernier, après avoir occupé les fonctions de Payeur de l'Empereur, durant la campagne de France, est nommé le 11 mai, « Trésorier général des revenus de l’île d’Elbe et payeur de toutes les dépenses ».
-----------------------------

"11 mai . Si l’Empereur, s’occupant de son installation personnelle, expédiait par ordre du 7 mai, le fourrier du palais, Deschamps, à Piombino, pour en rapporter le mobilier de la princesse Pauline, il ne négligeait point pour cela l’organisation des divers services de l’île, et, dès le 11 mai, il supprimait les droits de navigation, fixait les droits de congé et ceux d’ancrage et de port. Sa Majesté me faisait aussi connaître qu’elle voulait travailler avec moi. Je mis ordre à mes livres et je fis ma caisse. J’avais amené avec moi 3,979,000 Fr., en caisses de 20,000 Fr. chaque. Après la plus scrupuleuse vérification, je trouvai un déficit de 20,000 Fr., sans pouvoir me rendre compte d’où il pouvait provenir. Les notes gardées d’Orléans, de Rambouillet, de Fontainebleau, me confirmaient que j’avais soigneusement enregistré tous les fonds qui m’étaient arrivés. Tous mes fonds avaient été très exactement embarqués par moi. J’étais sûr de l’exactitude et de la probité de mon domestique, qui avait fait opérer le débarquement. Cette perte m’affligeait… Je la dévorai, bien décidé d’en parler à Sa Majesté. Après des circonstances et des situations aussi pressantes, je ne pouvais rester victime de ce déficit. Je fis part à M. le Grand-Maréchal de cet événement. Son Excellence m’autorisa à en parler confidentiellement à M. le commissaire de police.

Sa Majesté s’occupa, comme nous venons de le dire, de l’organisation du pays.
Le Grand-Maréchal comte Bertrand fut chargé de toute l’administration civile et de la maison de Sa Majesté ; le général comte Drouot, de toute la partie militaire ; il joignait à ses fonctions le gouvernement de l’île. Je fus nommé Trésorier général des revenus de l’île et payeur de toutes les dépenses .
Le sieur Balbiani, sous-préfet à Porto-Ferrajo [Portoferraio], prit le titre d’intendant . Le tribunal civil fut maintenu. Un conseil souverain fut créé pour les appels en cassation. J’organisai le timbre, la douane, l’enregistrement. J’arrêtai les comptes du receveur général et de toutes les administrations financières.

La souveraineté de l’île d’Elbe appartenant à Sa Majesté, à partir du 11 avril, j’eus à me faire rendre compte des opérations qui avaient eu lieu depuis cette époque pour les comprendre dans mon compte, et ces vérifications, commencées le 10 mai, furent terminées le 22.

Sa Majesté arrivant en souverain reconnu par toutes les puissances, dut sans doute consentir à se trouver dans un cadre plus resserré, mais sans renoncer aux prérogatives de la souveraineté. Aussi l’étiquette du palais fut réglée ; les quatre principaux notables du pays furent nommés chambellans ; six jeunes gens, appartenant aux meilleures familles du pays, furent, par une ordonnance en date du 15 mai, attachés à Sa Majesté, en qualité d’officiers d’ordonnance. Le service d’honneur fut réglé comme il l’avait été en France ; les jours de réception et d’audience, fixés au dimanche après la messe.

Le 21 mai, les troupes de l’île furent mises sur le pied de paix, et le matériel et le personnel de la marine militaire furent composés provisoirement ainsi qu’il suit :

1 Goélette, la Bacchante.
1 Demi-Chébec, la Légère.
1 Aviso, la Caroline.
3 Canots.
Pour le personnel il y eut :
9 Officiers d’état-major et d’administration.
La Bacchante eut 5 officiers et 26 hommes.
La Légère, 4 officiers et 20 hommes.
La Caroline, 2 officiers et 14 hommes.
Et chacun des canots reçut 2 hommes.
Le même jour, le bataillon franc de l’île fut réorganisé."
[/aligner]

le sabreur

Re: Campagne de France (1814)

Message par le sabreur »

Bonjour à tous,
J'ai écrit pour le site Histoire pour Tous un article de vulgarisation sur la campagne de France, si vous êtes tenté de le lire le voici:
http://www.histoire-pour-tous.fr/histoi ... oleon.html

Bien entendu il s'agit d'un article pour un large public dans le cadre du bicentenaire, et non d'un rapport détaillé sur tous les mouvements de troupe... J'ai essayé de montré les différents éléments qui entrent en jeu: situation militaire, situation politique, lassitude de l'opinion...
Bonne lecture !

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