Campagne de France : Vauchamps (14 février 1814)

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]Quelques extraits de la correspondance de Guillaume Peyrusse (publiée en 1894, par Léon-G. Pélissier -chez- Perrin, et non-contenue dans ses "Mémoires"), durant ce voyage (« Lettres inédites », transcrites avec la mention « L.I. »)
----------------
« Vent contraire. A midi nous nous sommes en face des îles Sainte-Marguerite. A dix heures du soir, nous avons eu grand vent, qui nous a tourmentés et a causé au bâtiment de petites avaries. Il a duré toute la nuit. J’ai horriblement souffert du mal de mer. J’ai pris cela pour la plus horrible tempête. Tout tombait dans ma chambre. L’eau entrait par les sabords. On ne pouvait se tenir sur le pont. Je communiquais mes inquiétudes aux officiers anglais, qui m’assuraient qu’un temps dix fois plus violent n’était pas une tempête. On a servi le déjeuner comme de coutume. Je n’avais pas faim. J’ai pris du thé et du jambon et deux verres de malaga. Le vent a cessé, et nous avons été en panne tout le reste de la journée. ». (L.I., p.202, [en mer], 30 [avril 1814]).

« Nous avions vent contraire. Nous n’avons fait que louvoyer. A sept heures, c’est-à-dire douze heures après, j’ai ressenti le mal de mer. J’ai pris du thé et me suis mis sur mon lit souffrant [d’] un très grand mal aise [malaise] ». (L.I., pp.201-202, [en mer], le 29 [avril 1814]).

« Nous étions à midi devant l’île de Corse, n’ayant pu doubler le cap [Peyrusse dit le contraire dans son récit…]. Nous nous sommes placés devant Ajaccio à un coup de canon de la terre [Peyrusse parle de Calvi…]. » (L.I., p.202, [en mer], 1er mai [1814]).

« Un vaisseau, deux frégates, deux briks [bricks] et six bâtiment de transport ont passé devant nous et nous ont salué. Ce spectacle m’a fait plaisir. Nous « étions dans un calme plat. Nous avons avancé en tirant des bordées jusqu’au golphe [golfe] de Calvi où nous étions à dix heures du soir. » (L.I., p.202, op.cit.)

« A dix heures du soir nous étions encore en panne devant le cap Corse ». (L.I., p.203, [en mer], 2 mai [1814]).

« A sept heures du matin, je suis monté sur le pont. Nous avons doublé le cap Corse et nous nous trouvions entre les îles de Capraia et de Gorgonne. Ce sont deux énormes rochers qui s’élèvent du sein des eaux » (L.I., p.203, [en mer], 3ème [jour de] mai [3 mai1814]).

Ce même jour, André Pons de l’Hérault, directeur des mines de l’île d’Elbe, note dans ses « Souvenirs »:« A huit heures du matin, un bâtiment apparut, et, à dix heures, l’on put distinguer parfaitement une frégate. Le vent était à l’ouest, presque entièrement calme, et la frégate, toutes voiles dehors, avait la proue sur Porto-Ferrajo [Portoferraio], mais elle n’avançait que bien lentement. Elle fut tout le jour en spectacle. La population porto-ferrajaise [portoferraiaise] d’était portée en masse sur les hauteurs pour la voir. » (Ed. des Editeurs Libres, 2005, p.25).

« Nous avons passé sous Capraia. Le capitaine a arboré son pavillon et l’assuré par un coup de canon. Le fort de Capraia nous a répondu…Nous sommes en vue de l’île d’Elbe. Le vent n’est pas favorable ». (L.I., pp.203-204, [en mer], 3ème [jour de] mai [3 mai1814]).

« A deux heures on a mis une chaloupe en mer [à la mer]. Le général Drouot et les plénipotentiaires se sont rendus à terre pour prendre possession de l’île et [des] forts au nom de S.M. Ils ont été bien reçus. » (L.I., p. 204, [en mer], 3ème [jour de] mai [3 mai1814]).


« Après les formalités d’usage, les plénipotentiaires nous ont ramené le général, le commandant du port, le sous-préfet et toutes les autorités. S.M. leur a donné audience, leur a promis protection et bienveillance. Ils sont partis pénétrés de tout ce que S.M. leur a dit d’affable. Nous avons jeté l’ancre à dix heures du soir. Nous n’entrerons demain qu’à midi. Il me tarde d’être à demain. » (L.I., pp.204-205, [en mer], 3ème [jour de] mai [3 mai 1814]).
[/aligner]

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]Avec les débuts de la Première Restauration, prend fin le cauchemar de milliers de soldats français prisonniers à Cabrera ou sur les pontons flottants de Cadix ou ceux anglais (de Plymouth, Portsmouth et de Chatham). En mai 1814, 1986 captifs de Cabrera sont rapatriés; en juin ce sont 1400 hommes qui sont arrachés de leur univers concentrationnaire (sur un total initial de 9000 soldats emprisonnés à Cabrera à partir de mai 1809 jusqu’en 1813). Plus de 70 000 prisonniers seront libérés d’Angleterre en 1814 (sur un total initial de 120 000 emprisonnés); tant des pontons, des prisons à terre au régime carcéral beaucoup acceptable (citons celles de Dartmoor ou de Valleyfield), ou encore des cautionnements britanniques (un système de semi-liberté destinés aux officiers). 1814, est également l’année de la délivrance, pour les soldats français qui se sont retrouvés prisonniers en Autriche ou dans la lointaine Russie…[/aligner]

Josselin G

Re: Campagne de France (1814)

Message par Josselin G »

:salut:
En rapport à ce qu'a dit Christophe:
En voyage en Irlande en 2008, je suis passer dans la ville de Kinsale qui contient une "Prison Français":

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HWLG Guillaume

Re: Campagne de France (1814)

Message par HWLG Guillaume »

A combien peut-on estimer le nombre de prisonniers français rentrés au pays avant les Cents Jours ?

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]"'A combien peut-on estimer le nombre de prisonniers français rentrés au pays avant les Cents Jours ?"
------------
Voir dans mon message "1814, ou la fin du cauchemar". Il me semble bien que j'indique quelques chiffres, pour les prisonniers venant de Cabrera et d'Angleterre. :)
[/aligner]

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]« Nous avons mouillé hier à Porto Ferrayo [Portoferraio] et aujour’huy [aujourd’hui] nous sommes venus à terre. L’isle [île] est plus jolie que nous le pensions. Suivant le capitaine Campbell et le colonel Vincent [Charles Vincent (1753-1831), officier français résidant sur l’île et directeur des fortifications] qui a demeuré 16 ans à Saint-Domingue, elle ressemble beaucoup aux colonies. Les habitations ne sont pas brillantes, aucune maison ne vaille celle de mon père à Châteauroux. Mais cependant elles sont passables. Il y en a de plus grandes ; les petites maisons de campagne sont nombreuses et assez jolies mais petites… Le climat n’est pas aussi chaud qu’on me l’avait dit et n’approche pas celui des colonies selon le colonel Vincent. Il y a de jolies vallées, des arbres, des futayes [futaies] et de l’eau. Nous irons voir F. [lieu non identifié], Gênes et Livourne, Rome et Florence. Nous avons fait un très bon voyage, pas de tempêtes, tous les officiers anglais de la frégate étaient d’un commerce agréable, de bonnes manières douces et de bonne éducation… »

(Lettre du général Bertrand à sa femme, datée de « Porto-Ferraïo [Portoferraio], ce 4 avril [erreur, lire « mai »] 1814 » (Collection particulière).
[/aligner]

Christophe

Re: Campagne de France (1814)

Message par Christophe »

[aligner]Ma bonne Louise. Je suis resté 4 jours en mer par un temps calme. Je n’ai point du tout souffert. Je suis arrivé à l’île d’Elbe qui est très jolie. Les logements y sont médiocres; je vais en faire arranger en peu de semaines. Je n’ai pas de nouvelles de toi. C’est ma peine de tous les jours. Ma santé est fort bonne. Adieu, mon amie, tu es loin de moi, mais mon idée est avec ma Louise. Un tendre baiser à mon fils. Tout à toi.

Nap.

Portoferraio, le 4 mai [1814]

(« Marie-Louise et Napoléon, 1813-1814. Lettres inédites… », Librairie Stock, s.d. [1955], pp.252-253).
[/aligner]

HWLG Guillaume

Re: Campagne de France (1814)

Message par HWLG Guillaume »

Christophe a écrit :[aligner]"'A combien peut-on estimer le nombre de prisonniers français rentrés au pays avant les Cents Jours ?"
------------
Voir dans mon message "1814, ou la fin du cauchemar". Il me semble bien que j'indique quelques chiffres, pour les prisonniers venant de Cabrera et d'Angleterre. :)
[/aligner]
Bien vu, j'avais mal lu, désolé ;)

fanacyr

Re: Campagne de France (1814)

Message par fanacyr »

La question sur le nombre de prisonniers rentrés au pays est significative : je crois pouvoir extrapoler en disant que bon nombre d'entre eux vont remettre çà dès les Cent Jours !

la remonte

Re: Campagne de France (1814)

Message par la remonte »

A Elbe il ya un lit de fer exposé et son nécessaire de voyage dont j'ai oublié la provenance ( de sa sœur je crois ? ) , on peut lire dans l'article du Figaro ceci ; " Napoléon, nostalgique des champs de bataille, dormait dans le lit de camp exposé dans sa chambre, ou dans une tente plantée dans le jardin. " :roll: nostalgique ?
en fait il semblerait qu'à la fin du XVIII° soit apparue la mode des lits en fer pour des questions d'hygiène :idea: l'Empereur qui a connu la gale et toutes les misères des soldats , était sûrement très sensible à cette question .

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