Pertes humaines : Les morts des batailles

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L'âne
 
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Re: Pertes humaines : Morts avant d'avoir combattu

Message par L'âne »

Alan FORREST dans son ouvrage "Déserteurs et Insoumis sous la Révoulution et l'Empire" écrit : "Le code militaire de Napoléon est rigoureux mais il n’est pas conçu pour indisposer l’opinion et reste très éloigné de la cruauté de l’Ancien Régime. [...] Le cadre de la répression napoléonienne est institué par le décret du 19 vendémiaire an XII, qui met en place onze dépôts militaires pour les insoumis et établit des peines précises pour les réfractaires et les déserteurs. [...] La peine de mort est réservée aux cas de désertion grave : passage à l’ennemi, incitation à la révolte ou à la mutinerie. [...] Alors que les réfractaires sont jugés par des tribunaux ordinaires, les déserteurs relèvent du conseil de guerre."

Les juges de paix essaient parfois d'épargner la peine de mort aux accusés :
"Les agents du gouvernement hésitent eux-mêmes avant de déférer un cas devant la justice militaire. En l’An IV à Bazas, deux jeunes gens tirent sur les gendarmes pour libérer un ami arrêté pour désertion. Le commissaire du Directoire reconnaît que la faute est des tribunaux militaires, mais il renonce à signer l’ordre nécessaire car il recule devant la perspective de leur exécution : « Les faire juger militairement, cependant, ils ont de grands risque à courir, et la peine de mort est là. Tout bien considéré, j’aimerais mieux en faire des soldats vifs que des soldats morts. »"

Il nous fait part de cette accusation portée contre un dénommé Cornez et la réaction du juge de paix qui tente de s'opposer à une condamnation de dix ans requise pour désertion. Le prétexte n'est autre que l'accusé est un..."excellent cavalier" : « Il est naturel à un excellent homme de cheval de ne pouvoir s’accoutumer aux apprentissages durs et pénibles de l’artillerie. » C'est quelque part faire honneur à l'arme de Napoléon.

La gendarmerie fera l'objet d'une réforme qui portera ses fruits. En attendant en 1797-1798, des gendarmes cèdent à la corruption :
"Méprisés et sous-payés, les gendarmes peuvent être poussés à trahir leurs engagements, à perdre le sentiment du devoir, comme le décrit ce rapport du Pas-de-Calais daté de l’An VI : « Sans solde depuis plus d’une année (lors de la dépréciation du papier monnaie) les gendarmes, soit par besoin pour alimenter leur famille indigente, soit par propension à la séduction, ont fait un commerce infâme de leur état. Les prêtres, les déserteurs, les réquisitionnaient obtenant leur tranquillité à prix d’argent ; quand une atteinte aussi forte a été portée à la moralité, il est difficile de faire cesser le mal sur le champ.»"
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Cyril Drouet
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Re: Pertes humaines : Morts avant d'avoir combattu

Message par Cyril Drouet »

L'âne a écrit : 11 sept. 2017, 15:56 Les juges de paix essaient parfois d'épargner la peine de mort aux accusés :
"Les agents du gouvernement hésitent eux-mêmes avant de déférer un cas devant la justice militaire. En l’An IV à Bazas, deux jeunes gens tirent sur les gendarmes pour libérer un ami arrêté pour désertion. Le commissaire du Directoire reconnaît que la faute est des tribunaux militaires, mais il renonce à signer l’ordre nécessaire car il recule devant la perspective de leur exécution : « Les faire juger militairement, cependant, ils ont de grands risque à courir, et la peine de mort est là. Tout bien considéré, j’aimerais mieux en faire des soldats vifs que des soldats morts. »"
Dans un autre genre, on peut évoquer les mouvements ayant touché la Vendée fin 1803.
Ainsi, le général Gouvion, inspecteur général de la gendarmerie, rapporta l'affaire d'Aizenay :
« Le 8 frimaire [30 novembre], les rebelles se portèrent en armes sur le lieu de la conscription et mirent en fuite la commission chargée de cette opération. Le maréchal des logis de gendarmerie de cette résidence ainsi que deux chasseurs furent grièvement blessés. Le premier mourut des suites de ses blessures. Piveteau qui commandait le rassemblement, fut arrêté par le lieutenant de gendarmerie Bourgeois, jugé et condamné à mort. »

Bonaparte ordonna alors la constitution de colonnes mobiles chargées de parcourir le pays.
Le 25 décembre, le Premier Consul écrivait à Régnier :
« Je vous renvoie, Citoyen Ministre, votre correspondance de l'Ouest. Ecrivez au général Gouvion qu'il faut faire des exemples ; que je pense qu'il doit tomber une centaine d'individus, car il y avait bien cent coupables. Les chefs doivent être jugés à mort par la commission militaire et exécutés. Les autres, qui n'ont été qu'égarés, quoique d'ailleurs la sévérité des lois les condamne à mort, seront envoyés, par ordre de la commission, à Luxembourg, pour être employés aux travaux. L'humanité et la sûreté publique veulent qu'il y ait des exemples. »

La commission militaire instaurée en vertu d'un arrêté datant du 2 décembre jugea 95 personnes (57 de Vendée, 18 des Deux-Sèvres, 12 de Loire-Inférieure, 5 du Maine-et-Loire, 1 du Morbihan, 1 de l'Ille-et-Vilaine et 1 du Cher).
9 furent condamnées à mort, 61 aux travaux forcés, 2 envoyées à l'armée, et 23 mises en liberté.
Peyrusse

Lettre sur la bataille d'Essling.

Message par Peyrusse »

Au Camp de Wagram Marchfeld, 27 mai [1809].

Vous avez reçu, j’espère, la lettre que je vous ai écrite en route ; je suis arrivé à l’armée devant Vienne, le 25. Deux jours après la bataille d’Aspern, où les français ont passé avec toute l’armée le Danube, le 21. Dans un terrain d’une lieue et demie d’étendue, 200.000 hommes se sont entretués pendant deux jours. L’empereur napoléon a dû abandonner son projet, et repasser le fleuve. Nous avons près de 800 officiers. Jugez ce que l’armée française, qui se trouvait en masse plus serrée encore, a perdu. Près de 2.000 cuirasses et au-delà de 17.000 fusils des leurs, ont été ramassés sur le champ de bataille depuis, et il nous a fallu nous en éloigner à grande distance pour éviter l’infection. Appuyant leurs ailes à deux villages, qui ont été pris et repris dix fois, les Français ont voulu percer le centre avec une masse de cuirassiers. Notre infanterie formée en masse par bataillon a repoussé toutes les attaques et, après trente-six heures de combat à peu près suivi, nous avons eu le champ de bataille que les français ont évacué la seconde nuit. Sans le Danube, cette victoire avait des suites incalculables. Ainsi, c’est à recommencer, et c’est une guerre de destruction qui doit finir faute de combattants. Ce que cette journée a effectué, c’est que le prestige est détruit. Il y a de quoi être touché aux larmes de voir le dévouement, l’enthousiasme du soldat, et tout est soldat, des bataillons de milice ont résisté aux cuirassiers, et soutenu leur place, avec [une] perte de 2 à 300 hommes. Le jour après la bataille, la tournée que l’Empereur a faite au camp a été une scène que la plume ne peut dépeindre et dont les suites seront des flots de sang de part et d’autre. La première attaque repoussée, notre infanterie, en riant, disait : « Comme ils sont bêtes, les voilà déjà qui reviennent se faire tuer. » Vienne est rempli de leurs blessés, la journée leur a coûté au-delà de 25.000 hommes hors de combat ; nous n’avons perdu que 8 à 900 prisonniers, et nous n’en avons guère plus que cela, c’est-à-dire qui ne sont pas blessés, car de ceux-là nous en avons ramassé plus de 5.000 le lendemain, qui sont dans nos hôpitaux. La ville de Vienne, les paysans de dix lieues à la ronde étaient [les] spectateurs de cette scène sanglante. L’archiduc Charles s’est surpassé ; il a, à plusieurs reprises, le drapeau en main, ramené les bataillons à la charge et c’est aux cris répétés de « Vive l’Empereur ! » qu’ils ont fait des prodiges. A neuf heures du soir, le second jour, l’empereur Napoléon a renvoyé tous les aigles de l’autre côté, il a 10 [illisible] toute l’artillerie peu après. Un officier et une cinquantaine de nos pontonniers se sont abandonnés sur des bateaux [et se sont] exposés au Danube, [ils] ont rompu leur pont et sont revenus sains et saufs, en partie au moins, par Presbourg. Il a fallu des efforts inouïs aux Français pour rétablir la communication. Les malheureux Darmstadt ont dû enfin contenir le village d’Aspern et ont perdu immensément. Je vous envoie les ordres à l’armée après la bataille. En peu de jours, nous aurons la répétition de la scène du 22, je ne sais quels seront les résultats, mais l’armée la demande à grands cris.

Adieu mon très cher père, que le ciel vous protège et qu’il m’accorde le bonheur de vous embrasser encore dans ce monde où il n’y a plus qu’à vaincre ou mourir ; Mon tendre souvenir à ce qui vous entoure. Hélas ! Que ne puis-je encore vous charger des plus tendres assurances pour celle qui n’est plus, du reste, elle est plus heureuse et tranquille que nous ; que fait Charles-Adolphe et ma chère Louise ? Dites-leur combien, au milieu des horreurs qui m’entourent, je songe à eux et à vous tous.

Pour m’écrire, adressez [-vous] au ministre de l’Empereur, à Berlin, Wessenberg. Je suis au 6ème corps de la Grande-Armée.

Signé : LOUIS. (Archives de famille de M. le prince d’Essling.)

Article paru en 1909 dans le « Carnet de la Sabretache ».
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Bernard
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Re: Essling, une bataille pour rien

Message par Bernard »

Voici une autre relation de cette bataille, celle du baron de Comeau dans son ouvrage Souvenirs des guerres d'Allemagne pendant la Révolution et l'Empire (réédité en 2011 par le Livre chez vous sous le titre La Bavière, alliée de Napoléon) :

L’archiduc avait placé son champ de bataille sur ce véritable Champ de Mars de Vienne ; c’est là qu’il développa sa grande ligne d’une belle armée dans ce vieil ordre mince si souvent funeste aux armées autrichiennes ; mais là, cet ordre mince n’était qu’une ruse pour attirer Napoléon, qui y porta effectivement sa tactique habituelle du coin ou de la tête de cochon, comme on disait dans cette armée. Ces troupes légères, que j’avais remarquées, prirent la fuite. On donna tête baissée sur une ligne d’infanterie qui était venue couronner les coteaux ; elle résista peu ; mais, étant arrivés sur ces hauteurs, nous vîmes une armée superbe ; plus de deux mille canons bien placés nous firent un feu bien nourri ; une belle cavalerie nous menaça. Il y eut des troupes maltraitées, surtout des chasseurs. La nuit arriva : on se replia sur le Danube, on occupa l’île, on y traça des ouvrages et, au point du jour, on reprit l’offensive.
Le corps de Masséna s’empara de vive force de la petite ville d’Essling. Le corps de Montebello fit l’attaque du centre, vers une tuilerie, la Garde faisait réserve. Les douze régiments de cuirassiers de Nansouty composaient une masse. Quatorze régiments de chasseurs et de hussards, commandés par Lasalle, en formaient une autre. Notre artillerie se divisait en trois grandes batteries. Les feux de canon et d’infanterie étaient continuels. Les morts, les blessés de part et d’autre tombaient en nombre incroyable, mais le centre autrichien restait inébranlable ; rien ne put le faire céder.
A chaque attaque des troupes françaises, la ligne autrichienne s’ouvrait, mais ne se fractionnait pas. Les troupes cédaient avec une précision étonnante et renforçaient les lèvres de la partie ouverte. Le canon, réparti d’abord en ordre mince, se concentrait en batterie forte et formidable ; et la masse française, portée avec trop de vitesse sur ce point, enfoncé en apparence, présentait les flancs à ces carrés autrichiens, formés avec tant d’art et de précision. Ce fut ainsi que le maréchal Lannes, Saint-Hilaire et bien d’autres généraux furent tués. Cela se renouvela trois fois : à Essling par Masséna ; à la tuilerie par Lannes, qui y fut blessé à mort, et encore à la tuilerie par Saint-Hilaire, qui y éprouva le même sort. Il ne fut pas possible de continuer l’offensive, et l’artillerie française, nombreuse, belle et bien servie, sauva le reste de l’armée. Sous ses redoutables batteries, celle-ci reprit son premier front et se retira la nuit en bon ordre dans l’île de Lobau.
Il y avait, entre Vienne et l’archiduc Charles, commandant la grande armée autrichienne, une correspondance d’espionnage qu’on aurait pu éviter avec plus de finesse et moins de présomption. Les Autrichiens avaient su faire la part de ce qu’ils croyaient pouvoir combattre et anéantir et, quand cette part eut franchi le fleuve, ils attaquèrent les ponts et communications par des moyens irrésistibles.
La ville d’Essling, quoiqu’en feu, était prise et reprise à chaque instant. Tous les corps de Davout, environ cinquante mille hommes, n’arrivaient pas.
Je fus le premier officier envoyé au-devant de cette armée de Davout et je vis les désastres et leur cause : des bateaux de moulins, accolés deux à deux, chargés de pierres et tirant beaucoup d’eau, étaient mis au fil de l’eau ; des gouvernails doubles, attachés ensemble, leur conservaient cette direction. Abandonnés à eux-mêmes, ils arrivaient sur le milieu de notre pont avec une force qui emportait tout. Rien ne put couler ces masses ! Rien ne put changer leur direction ! Pas un ne manqua son effet ; pas un seul ne fut lancé mal à propos ! Il fallait un travail infini pour retirer les matériaux et refaire le pont ; et à peine était-il réparé que l’ennemi envoyait une autre embarcation de pierres !
D’ailleurs, le Danube s’enflait de plus en plus ; son lit s’étendait ; le désastre allait toujours croissant. Je retournai bien vite vers le champ de bataille et je cherchai l’Empereur. La première chose qui frappa mes yeux fut cet aide de camp, le jeune d’Albuquerque, tué, un de ces chevaux gris que j’avais réclamés, tué aussi ; et, plus loin, le duc de Montebello blessé à mort et un autre des chevaux gris tués près de lui ; le général de Saint-Hilaire, blessé à mort, un carnage horrible sur ce point central.
L’Empereur y vient ; je cours à lui ; je lui rends compte des désastres du pont, rendant impossible au corps de Davout de venir au combat. Le sang-froid de l’Empereur fut imperturbable ; il ne me dit rien d’abord ; il appela un officier d’état-major, M. de Mongardé, et lui dit :
— Allez sur la gauche ; dites à Masséna d’abandonner Essling et de faire une retraite sans désordre jusqu’à la tuilerie ; là, de réunir son corps à celui de Montebello et de tenir cette tuilerie à outrance.
Puis à moi :
— Ne dites mot de la situation des ponts ; faites tous les efforts possibles pour passer et parler à Davout. Vous lui direz de tenir son corps d’armée et le reste de ma Garde dans le meilleur état possible, hors de Vienne, où, cependant, il maintiendra calme et respect.
J’arrivai avec beaucoup de peine. Les blessés encombraient les approches du pont, et les ouvriers, dans leur hâte, écrasaient et foulaient sous leurs pieds ces malheureux en apportant les matériaux qu’ils avaient pu rassembler à la dérive. J’aperçus heureusement de mon côté du fleuve le maréchal Davout, avec le colonel des pontonniers. Je lui transmis l’ordre ; je lui dis succinctement la situation du combat et, rappelant le colonel Dessalles, je lui dis à l’oreille :
— Parmi les débris, gardez deux ou trois bateaux prêts ; l’Empereur en aura besoin, je vous en réponds.
Je prends le galop et retourne à la mêlée ; je trouve tout bien changé de face ; le corps d’armée de Masséna opérait avec beaucoup d’ordre son mouvement de flanc. Le cimetière d’Essling opposait une forte résistance ; l’armée autrichienne avançait par cette aile et couronnait le coteau. Leur artillerie faisait ce feu qui indique le manque de munitions. Je pus apercevoir, derrière leurs lignes, ce mouvement de soins à donner aux blessés qui emploie toujours tant de combattants et empêche si souvent de profiter des succès.
J’aperçus l’Empereur ; j’allai lui dire que j’avais transmis ses ordres à Davout ; j’ajoutai qu’il n’y avait plus de pont possible, que le colonel Dessalles lui tenait trois barques en réserve, et les avait mises sous la direction des marins de la Garde ; le maréchal y avait placé un fort piquet pour empêcher les blessés de s’en emparer, mais la crue d’eau augmentait tellement qu’il n’y avait plus de temps à perdre. Il fit de la tête un mouvement d’impatience et de désapprobation. Je lui répondis avec vivacité et impatience à mon tour :
— Sire, je connais ce fleuve ; quand il s’enfle par fonte de neige, c’est toujours à l’entrée de la nuit que ses affluents lui donnent sa plus haute élévation. Si Votre Majesté n’est pas dans une heure sur la rive haute, il faudra attendre deux ou trois jours le retrait des eaux.
Il alla à Masséna, lui parla bas, et, revenant à moi :
— Pouvez-vous me conduire jusqu’à ce bateau ?
— Oui, Sire, encore dans ce moment, mais en petit nombre : l’inondation est déjà dans l’île.
J’avais, en cassant des branches, marqué un tertre tortueux qui était formé par les terres d’un canal profond. Ce tertre conduisait à une petite place où le bois était coupé et où il y avait une baraque, des râteliers ; puis on redescendait le long du fleuve, de l’autre côté de l’île, là où se trouvait cette anse où Dessalles avait mis les bateaux réservés. Il ne s’en retrouva que deux, l’autre ayant transporté des généraux morts ou blessés.
L’inondation croissait toujours ; je comptais bien être un de ceux qui passeraient sur ces barques en sacrifiant mes chevaux. Mais Napoléon, en y entrant avec le prince de Neuchâtel, me dit :
— Vous avez été là un homme spécial ; vous y êtes encore nécessaire…
Et au prince de Neuchâtel :
— Voilà les hommes de la vieille école. Croyez-vous qu’ils ne valent pas autant que vos savantasses ?
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Espagne
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Re: Essling, une bataille pour rien

Message par Espagne »

Bonsoir.
Oulalà, voilà une bataille qui m'est bien douloureuse ...
I'll be back !
"Le grand art d'écrire, c'est de supprimer ce qui est inutile" Napoléon Bonaparte-1804
Peyrusse

Extrait du témoignage de Philippe-René Girault (1775-1851),

Message par Peyrusse »

L'auteur était musicien dans les rangs du 93ème régiment de ligne. La dernière édition de ses Souvenirs" date de 1983 (Le Sycomore, Editeur).
L’extrait qui suit couvre d'une façon plus générale la mémorable campagne d'Autriche.

-------------------------
« Le 10 mai 1809, tout notre corps d'armée reçut l'ordre d'aller se poster à deux lieues au-dessous de Vienne, sur les bords du Danube, qu'il s'agissait de franchir. Pour cela il fallait construire trois ponts: un premier pour passer dans une petite île, un second pour aborder dans l'île Lobau, et enfin un troisième pour passer de l'île Lobau sur a rive gauche. J'allai voir travailler aux ponts, et comme j'étais assis sur une pièce e bois, je vis arriver l'Empereur qui se mit fort en colère, parce qu'il ne trouvait pas le premier pont terminé. Il ne restait plus que deux ou trois barques à placer. Il ne s'en alla que lorsque le pont fut terminé, et, comme quelques pièces de bois obstruaient encore le passage, et qu'on ne se pressait pas assez d'obéir à ses ordres pour les enlever, il distribua quelques coups de cravache et tout fut bientôt nettoyé. Le 20, lorsque le pont qui reliait l'île Lobau à la petite île fut terminé En arrivant au pont, nous vîmes l'empereur qui en examinait les travaux. Mes camarades qui comme moi l'avaient reconnu, se mirent à plaisanter : — « As-tu vu le tondu? — As-tu vu le petit caporal ?» Comme il n'avait pas sa redingote, et que sa toilette paraissait plus soignée que d'habitude, je dis: —« Il s'est mis en toilette pour le grand bal qu'il va donner demain aux Autrichiens. » Comme je prononçais ces paroles, je me sens heurter. C'était l'empereur qui me poussait pour passer devant moi. J'aurais bien voulu avoir mes paroles dans le ventre; mais il ne dit mot et se mit à sourire, ce qui lui arrivait rarement, et nous entrâmes dans l'île Lobau, avec l'Empereur, au milieu de notre musique. Nous traversâmes toute l'île, qui a bien deux lieues d'étendue, et l'on nous posta en bataille derrière un petit bois où nous passâmes la nuit pendant que les voltigeurs et les grenadiers, dont on forma des bataillons, passaient sur des barques le troisième bras du Danube, pour protéger la construction du troisième pont auquel on travaillait avec la plus grande activité. Je m'étais couché près d'un feu qu'avaient allumé les travailleurs et je fis un petit somme. A mon réveil, je me trouvai le plus proche voisin de l'Empereur. Il était assis sur une pièce de bois qui me servait d'oreiller. Très étonné de n'avoir pas été dérangé, mais effarouché d'un pareil voisinage, je ne savais comment me tirer de là. Je fis comme si je n'avais rien vu, je me retournai et feignis de dormir. J'écoutais de toutes mes oreilles ce que l'on pouvait dire, mais je n'entendis rien d'intéressant. On ne s'occupait que de faire diligenter les ouvriers pour la confection du pont. De temps en temps l'Empereur s'appuyait sur ses deux mains et faisait sans doute un petit somme; puis il s'informait si l'ouvrage avançait.

Sur les deux heures du matin, il alla s'assurer par lui-même de l'état des travaux, et il dit aux ouvriers: - « Si dans deux heures le pont est fini, il y a deux cents napoléons pour vous autres. » Sous l'œil du maître, on fit des prodiges. Tout le monde travaillait : officiers, généraux étaient dans l'eau presque jusqu'au cou. A trois heures et demie tout était prêt et à quatre heures du matin (21 mai 1809) nous abordions l'autre rive, l'empereur et tout son état-major à notre tête. En débouchant du pont, nous entrâmes dans une plaine superbe. J'entendis le prince Berthier dire à l'Empereur: — « Voilà une magnifique salle de bal. Nous allons y faire danser les Autrichiens. » Pour cette fois il s'est trompé. Il y a bien eu danse, mais c'est nous qui avons payé les violons. Notre régiment ayant pris position à droite du village d'Essling, j'allai à la découverte pour tâcher de trouver quelque nourriture ; car j'avais mangé mon dernier morceau de pain le matin et il ne devait pas y avoir de distribution avant le soir. Je trouvai un bidon de graisse; puis, comme dans le village il y avait beaucoup d'oies qui avaient été plumées et vidées par les premiers arrivants, je ramassai, parmi les débris, des foies et des cœurs qu'on avait dédaignés et qui furent pour moi les éléments d'un bon fricot où la graisse ne manquait pas. Un de mes confrères avait trouvé de la farine, nous en fîmes une galette que nous fîmes cuire dans la cendre. Notre festin, quoique bien modeste, attira cependant des convives. L'adjudant-major et l'adjudant sous-officier, qui n'avaient rien à se mettre sous la dent, vinrent nous demander de partager notre repas. Nous avions grand'faim, aussi nous n'attendîmes pas que la galette fût cuite; nous la mangeâmes en pâte et en doublant les bouchées de fricot. Nous finissions notre festin, quand le premier coup de canon se fit entendre. L'adjudant-major courut reprendre son poste, et l'adjudant qui était un de mes pays, me fit ses adieux en m'embrassant, disait-il, pour la dernière fois. Il avait le pressentiment qu'il n'en reviendrait pas. Pendant trois mois, on le crut mort, mais il n'était que prisonnier. Moins heureux fut un de mes intimes amis, un sergent-major, qui lui aussi avait des idées noires, et qui nous répétait souvent qu'il ne verrait pas finir la campagne. Un boulet de canon le coupa en deux, quelques minutes après que je lui eusse serré la main. Dès les premiers coups de canon, la plupart de nos confrères s'empressèrent de repasser le Danube. Six de nous seulement restèrent avec l'année, malheureusement pour nous; car si nous les avions suivis nous nous serions épargné bien des misères. Pour nous garantir des boulets, nous nous retirâmes dans le village d'Essling. Au milieu du village, un aide-de-camp vint à moi et me demanda si je n'avais pas vu le maréchal Lannes. Un moment après le prince Berthier arrivait au galop demandant lui aussi après le maréchal. A l'instant, je le vis qui traversait un verger. Je le montrai au prince qui, piquant des deux, alla le rejoindre, et le ramena pour le conduire à l'empereur qui était de l'autre côté du village. C'est la dernière fois que je devais voir le maréchal Lannes qui, le lendemain, eut la cuisse emportée par un boulet et qui mourut quelques jours après à Vienne (31 mai 1809). J'étais monté au grenier d'un bâtiment fort élevé, qui servait de magasin de grains. De là je découvrais tout le champ de bataille. Je pus constater que l'ennemi avait des forces bien plus considérables que les nôtres. Les Autrichiens avaient trois lignes, l'une derrière l'autre, tandis que nous n'en avions qu'une, encore nous ne garnissions pas tout notre terrain. Ils étaient bien cent mille, contre nous trente mille, mais des troupes débouchaient sans cesse du pont du Danube, cela me rassura. J'étais loin de me douter que les renforts, dont nous avions tant besoin, allaient être arrêtés par la rupture des ponts, et que la Grande Armée allait être coupée en deux. Comme les boulets menaçaient de venir me trouver dans mon observatoire, je m'empressai de descendre. Je trouvai en sortant un bataillon qui venait occuper la maison. Il se livra là un terrible combat, qui ne fut pas à notre avantage. Au bout de deux heures, le bataillon fut obligé d'abandonner sa position après avoir fait des pertes considérables. Abandonnant le village, où il faisait trop chaud pour moi, je me dirigeai du côté du quartier-général de l'Empereur, pensant que là je serais moins en danger. Mais je n'y arrivai pas sans baisser souvent la tête, les boulets sifflant de tous côtés. L'Empereur et son état-major étaient dans un petit fond près d'une tuilerie. Un général ou un maréchal, je ne pouvais d'où j'étais distinguer les insignes, était monté dans les bâtiments de la tuilerie, et de là suivait les divers incidents de la bataille. Il en informait l'Empereur qui était au-dessous et qui d'après cela donnait des ordres qu'allaient porter dans toutes les directions, au triple galop, une nuée d'aides de camp. J'aurais bien voulu m'approcher plus près pour entendre ce que disait le patron; mais il ne fallait pas songer à franchir le cercle que formaient autour du quartier-général les chasseurs de la Garde. Un boulet qui vint en ricochant s'enfoncer en terre, presque à mes pieds, me fit abandonner la place et me guérit de ma curiosité. Je m'empressai de me mettre hors de portée du canon en me dirigeant du côté du Danube. Je trouvai là mes camarades qui m'apprirent qu'ils avaient essayé en vain de franchir le pont, qui était exclusivement réservé au passage des blessés. Il y avait en faction, sur le pont, un maréchal et plusieurs généraux qui avaient pour consigne de ne laisser passer aucun soldat valide. Avec de tels factionnaires, il n'y avait pas à parlementer. Toute la rive était encombrée de blessés qui y avaient été déposés en attendant leur passage dans l'île. Tous ces blessés avaient fait sortir de l'armée beaucoup de soldats qui, pour se tirer du danger, se mettaient trois ou quatre à porter un blessé. C'étaient ceux-là surtout qu'on voulait empêcher d'entrer dans l'île, dont ils ne seraient plus sortis. Mais on avait beau leur ordonner de rejoindre leurs corps, ils se faufilaient au milieu de la foule des blessés et augmentaient le désordre qui était à son comble, lorsque la nuit vint. Il n'y avait point de service d'ambulance organisé et l'on n'entendait partout que les cris des blessés appelant au secours. Mes camarades et moi nous nous mîmes en devoir de soulager autant que nous le pouvions les pauvres moribonds. Il y avait là un capitaine de grenadiers qui avait l'épaule emportée par un boulet. C'est par lui que je commençai, quoiqu'il n'y eut pas d'illusion à se faire sur son sort; mais le pauvre malheureux endurait de telles souffrances, que je voulus essayer de le soulager. Je dépouillai de leurs chemises plusieurs morts qui étaient parmi les blessés, et avec mon couteau j'en coupai des bandes. Nous avions une gamelle de fer-blanc dans laquelle nous allâmes chercher de l'eau. Je lui lavai sa plaie, puis je la lui bandai le mieux que je pus. Il se trouva un peu soulagé, mais ce ne pouvait être pour longtemps. Nous pansâmes ainsi, pendant la nuit, une vingtaine de blessés; mais notre plus grand ouvrage fut de donner à boire à ces pauvres malheureux, à qui la soif faisait sortir la langue de la bouche. Nous n'avions d'autre vase que notre gamelle, qui nous servait alternativement à laver leurs plaies et à leur donner à boire de l'eau toute boueuse. On avait amené près de nous un convoi de prisonniers autrichiens. Plusieurs avaient des bidons. Je leur ordonnai d'aller les remplir et de donner à boire à leurs blessés ainsi qu'aux nôtres, car nous ne pouvions pas suffire. Mais je m'aperçus bientôt qu'à la faveur de la nuit, tous les prisonniers valides s'enfuyaient : il n'y avait personne pour les garder. Je résolus d'aller en prévenir un général qui était près du pont; mais le Danube venait de déborder, et pour arriver jusqu'au général, je fus obligé de me mettre à l'eau jusqu'aux genoux. Le général qui était de fort mauvaise humeur, me reçut fort mal. — « Qu'ils aillent au diable, me répondit-il, cela ne me regarde pas », et il me tourna le dos. Je fus bien fâché de m'être mis à l'eau pour obtenir une aussi belle réponse. Je retournai près de mes camarades, et toute la nuit se passa à soigner les blessés, sans qu'aucun de nous ne songeât à dormir. A la pointe du jour, je montai sur une petite éminence, et je ne vis autour de moi qu'un amas de blessés, couchés presque les uns sur les autres, et sur la route une foule de cavaliers et de fantassins qui cherchaient à gagner le pont; mais la route était tellement encombrée que personne ne pouvait plus avancer. La crue du Danube ayant augmenté, les abords du pont étaient devenus impossibles. Il fallait attendre qu'on l'eût rendu de nouveau praticable. Sur ces entrefaites, nous apprîmes que les ponts qui reliaient l'île Lobau à la rive droite avaient été emportés. »

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Cyril Drouet
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Re: Essling, une bataille pour rien

Message par Cyril Drouet »

J'ignore les sentiments véritables de Napoléon suite à cette bataille, mais dans le 10e Bulletin du 23 mai, il a plutôt placé la honte du côté de l'ennemi :
"Le 21, à quatre heures de l'après-midi, l'armée ennemie se montra et parut avoir le dessein de culbuter notre avant-garde et de la jeter dans le fleuve : vain projet ! Le maréchal duc de Rivoli fut le premier attaqué à Gross-Aspern, par le corps du général Bellegarde. Il manoeuvra avec les divisions Molitor et Legrand, et pendant toute la journée fit tourner à la honte de l'ennemi toutes les attaques qui furent entreprises.
[...]
Lorsqu[e l'ennemi] apprit que nos ponts étaient rompus. Le ralentissement de notre feu et le mouvement concentré que faisait notre armée, ne lui laissait aucun doute sur cet évènement imprévu. Tous ses canons et ses équipages d'artillerie qui étaient en retraite, se représentèrent sur la ligne depuis neuf heures du matin jusqu'à sept heures du soir, il fit des efforts inouïs, secondé par le feu de 200 pièces de canon, pour culbuter l'armée française. Ces efforts tournèrent à sa honte : il attaqua trois fois les villages d'Essling et de Gross-Aspern, et trois fois il les remplit de ses morts."

Pour ce qui est des responsabilités dans cette "victoire" que l'on aurait voulu plus éclatante et décisive, point de honte : la nature est à pointer du doigt (21e Bulletin, 22 juin 1809) :
"A Esling , 90 000 hommes ont été battus et contenus par 30 000 Français, qui les auraient mis dans une complète déroute et détruits , sans l'événement des ponts qui a produit le défaut de munitions."

Bon, c'est du bulletin...[/justify]
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Bernard
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Re: Essling, une bataille pour rien

Message par Bernard »

Oui, c'est du Bulletin... le compte rendu du baron de Comeau me donne à penser que les choses n'ont pas été aussi simples et que la "honte" est bien du côté français où Napoléon, que l'on dit alors malade, semble avoir perdu ses talents de général en chef. Bien des pertes auraient pu être évitées ! Essling + Wagram = 61 000 victimes dans les rangs de la Grande Armée. C'est bien plus que Waterloo.
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Bernard
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Re: Essling, une bataille pour rien

Message par Bernard »

Cyril Drouet a écrit :
Avez-vous des sources primaires faisant état de ce sentiment ?
Vous avez raison de rappeler l'importance des sources primaires. J'ai déjà évoqué la relation qu'en fait le baron de Comeau. Il y a d'autres témoignages, vous en avez cités mais vous et Peyrusse êtes plus doués que moi dans cette recherche de relations.
Voici un petit extrait sur l'effet qu'a eu cette défaite : "La bataille d'Essling ranima les espérances de tous les ennemis de l'Empire. L'Autriche se hâta de répandre des rapports mensongers, où elle exagérait sa victoire et notre prétendue défaire, ses avantages et nos pertes : selon ces bulletins, il n'y avait plus de Grande Armée." (Mémoires sur la guerre de 1809 par le général Pelet, 1826)
Un compte rendu complet de la bataille (et notamment de l'épisode de la destruction du pont par les Autrichiens) se trouve dans le Mémorial du dépôt général de la guerre, tome 8, 1843. A Paris, écrit Antoine Clair Thibaudeau (Le Consulat et l'Empire... 1835), "la bataille d'Essling fut regardée, dans quelques salons, comme une défaite ou au moins comme un grand échec. Autour de l'Empereur, la guerre devenait meurtrière, l'intrigue se ranima. Fouché, dit-on, trahissait l'Empereur et n'attendait toujours que l'occasion de le renverser ou de profiter de sa mort. [...] Malet, qui était dans la prison de la Force, crut le moment favorable pour renverser le gouvernement." Napoléon, lui-même, aurait dit "Ney connaissait la bataille sanglante d'Essling, la position difficile où je me trouvais dans l'île de Lobau..." (Vie politique et militaire de napoléon racontée par lui-même, 1841).
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Bernard
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Re: Essling, une bataille pour rien

Message par Bernard »

Voyant ce que vous avez produit sur la convention de Francfort et Langres, je suis sûr que vous allez me sortir les vôtres !
Pour Napoléon, cette défaite -- qu'il fit tout pour minimiser -- est un contrecoup important après une longue série de victoires. Regardez le témoignage signé Louis relevé par Peyrusse un peu plus haut : "Ce que cette journée a effectué, c’est que le prestige est détruit". Plus loin : "A neuf heures du soir, le second jour, l’empereur Napoléon a renvoyé tous les aigles de l’autre côté". Et encore : "Il a fallu des efforts inouïs aux Français pour rétablir la communication".
Par ailleurs, il y a des témoignages qui interpellent, ceux des habitants de Vienne rapportés notamment par Robert Ouvrard dans son 1809, les Français à Vienne. Il évoque la manière dont la bataille est suivie par les habitants de Vienne. En voici quelques bribes :
"Davout n'était plus capable de passer le fleuve et de prendre part aux combats. Personne ne travaillait à la réparation du pont, Masséna semblait perdu. [...] Les messieurs étrangers qui logeaient chez nous faisaient leurs malles. Au cours de la nuit, les fourgons à bagages du duc de Rovigo étaient partis. A chaque instant, on s'attendait à voir arriver les vainqueurs et les sauveurs (Czemin]"
“Ce qui nous convainquit [...] fut un nombre incroyable de blessés français qui arrivèrent durant les deux jours de la bataille et les jours suivants, à pied ou en chariots [...] Mais ils racontaient peu ou rien de ce qui s'était passé derrière les ponts, soit qu'ils en aient reçu l'ordre strict de leurs supérieurs, soit que leur patriotisme leur interdisait de parler de leur malheur (Caroline Pichler)"

Mais je n'ai rien de plus direct car les mémoires des participants, à ma connaissance, ne relèvent que les aspects un peu plus glorieux...
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