Chevaux : Chevaux de bataille de Napoléon 1er

Donnez un avis critique sur les ouvrages napoléoniens, les articles.
Prière d'indiquer le titre de l'ouvrage et le nom de l'auteur dans l’intitulé du message.

Modérateur : Général Colbert

Joséphine

Re: CHEVAUX : Le Vizir

Message par Joséphine » 06 nov. 2006, 13:34

Cher Capitaine Parmentier, je partage tout-à-fait votre sentiment.

Il me semble que bien peu de cavaliers, n'ayant pas appris l'équitation, seraient à même de chevaucher ainsi que savait le faire Napoléon !...

Dans Odeleben, on peut lire ceci :

"Bien que mauvais cavalier au fond, il avait une confiance si absolue dans les qualités de ses petits chevaux de peu d'apparence, qu'il choisissait souvent des chemins tout-à-fait mauvais et dangereux à travers les eaux, et les sentiers les plus étroits et les plus bourbeux...."

A titre d'exemple, souvenons-nous de son escapade lors de son deuxième retour à Brienne-le-Château ...

Napoléon montait donc plus par habitude que par principe, n'ayant jamais trouvé le temps d'apprendre.
Lorsqu'il se trouvait à l'Ecole Militaire, il avait à sa disposition un excellent manège et un extraordinaire écuyer en la personne de Monsieur Dauvergne.
Mais trois ans eussent été nécessaires pour apprendre correctement.

Ensuite, à La Fère, Napoléon ne trouva point de cheval, puisque les régiments d'artillerie en France n'étaient alors pas montés.

En Corse où il séjourna à de nombreuses reprises, il n'avait à sa disposition que de petits chevaux corses qui ressemblaient plus à des poneys, malgré une fougue indéniable et un pied sûr.

Alors, évidemment, selon les règles, Napoléon montait sûrment mal ; mais cela ne l'empêchait pas de mener un train d'enfer, laissant presque toujours son état-major bien derrière lui.
Et lorsqu''en campagne, il décidait de se rendre rapidement d'un point à un autre, rien ne l'arrêtait, et il franchissait en très peu de temps des distances incroyables.

Pour en revenir au sujet , et parmi les innombrables montures impériales, le cheval qui mérite la palme tout autant que Vizir, c'est Roitelet que l'Empereur avait dans un premier temps évincé pour son allure trop ardente.
Pourtant, ce brave cheval lui sauva la vie à diverses reprises ; Napoléon l'emmena à l'île d'Elbe, et ne manquait pas d'aller le voir lorsqu'il descendait aux écuries ...

Alors, tout en le caressant, il lançait :

"Eh ! Nous l'avons échappé belle tous les deux ! "

Concernant la remarque faite plus haut sur le réalisme des portraits équestres de Napoléon, force est de constater que bien peu ont su s'approcher de la réalité, et surtout pas les tableaux officiels tel celui de David montrant le Premier Consul au sommet des Alpes, très serein sur un cheval fougueux...

D'après une étude de Masson, le seul qui a su travailler à ce réalisme c'est Meyssonier dans son tableau intitulé 1814.
Et pour ceux qui connaissent la statuette de cire qui a servi de modèle, réalisée par la même main de maître, c'est très certainement la plus intéressante d'un point de vue représentation véridique de l'Empereur.




:salut:

parmentier

Re: CHEVAUX : Le Vizir

Message par parmentier » 07 nov. 2006, 17:27

Une référence en matière de chevaux de napoleon :

"Les chevaux de napoléon" de Philippe Osché qui parlant des qualités de cavalier de napoléon dit :

"L'illustre personnage ne monte pas à cheval de façon académique. En Corse, dans sa jeunesse, il monte le plus souvent à cru et plus tard en France, il n'a pas le temps d'apprendre à monter convenablement. Les quelques leçons dispensées par Monsieur d'Auvergne à l'École Militaire de Paris de 1784 à 1785 ne suffisent pas à faire de lui un cavalier émérite. L'art de l'équitation est long et le temps lui manque pour devenir un bon cavalier, un cavalier ayant du style. Il monte à cheval avec instinct, très à fond dans sa selle, les jambes ballantes. Il ne connaît que le galop, souvent à vive allure, avec les rênes posées sur l'encolure de sa monture. Cela lui vaut quelques bonnes chutes au cours de sa carrière militaire. Néanmoins, Napoléon est très endurant et il lui arrive souvent de fatiguer plusieurs chevaux dans la même journée parcourant entre vingt et vingt-cinq lieues, soit entre quatre-vingt et cent kilomètres, «à cheval, en voiture, de toutes les manières» comme il le dit lui-même..

On ne peut pas dire que Napoléon aime ses chevaux. Il s'intéresse à eux, il aime avoir de bons chevaux, mais il semble n'avoir que peu de sentiments envers ses compagnons d'armes "
:salut:

Général BERTRAND

Re: CHEVAUX : Le Vizir

Message par Général BERTRAND » 22 nov. 2006, 00:48

Je ne trouve aucune trace de la présence de Vizir à l'île d'Elbe en 1814-1815. Pourrait-on m'éclairer?
:salut:

parmentier

Re: CHEVAUX : Le Vizir

Message par parmentier » 25 nov. 2006, 20:25

Le Marengo est un entier arabe né en 1794, gris fer. Capturé à Aboukir, il ne figure pas sur le registre des chevaux de selle de Napoléon, ce qui en fait la plus énigmatique des montures impériales. Il est capturé à la ferme du Caillou dans la soirée du 18 juin 1815, après la bataille de Waterloo. Le cheval arbore les stigmates de cinq blessures et porte encore une balle dans la queue ce qui en dit long sur son passé de cheval de bataille. Emmené en Angleterre par un certain Lord Petre, il est acheté aux enchères par le lieutenant-colonel J. J. W. Angerstein qui l'emmène dans son élevage de chevaux de New Barnes à l'Isle of Ely dans le Cambridgeshire. D'un caractère très doux, il peut être approché par les femmes les plus craintives du Royaume. Présenté en exhibitions par un certain Captain Howard, qui aurait un lien de parenté avec Lord Petre, il est utilisé pour la saillie en quelques occasions et tous ses produits naissent avec la même robe grise quelle que soit celle des juments. Mort en 1832 à Brandon dans le Suffolk, à l'âge respectable de 38 ans, son squelette est conservé au National Army Museum de Londres.

Image

Etrigan

Le Vizir : le plus illustre cheval de Napoléon

Message par Etrigan » 23 janv. 2007, 18:51

Image

Philippe Thomas-Derevoge signe avec Le Vizir : le plus illustre cheval de Napoléon un très bon roman, couronné du prix 2006 pour les œuvres de fiction de la Fondation Napoléon. Cette récompense a valeur d’adoubement en garantissant l’historicité du livre.

Dans cet ouvrage, le Vizir n’est pas réellement le héros du livre, mais plutôt son fil conducteur. Offert à Napoléon par le vizir du Sultan de la Porte (Turquie), Le Vizir ne sera pas de toutes les batailles, ni le principal destrier de Napoléon : l’empereur n’eut jamais, à la différence d’Alexandre le grand, son Bucéphale. Mais, par l’intermédiaire de ce puisant destrier arabe, Thomas-Derevoge retrace l’histoire de Napoléon, nous donnant à embrasser les grandes batailles napoléoniennes et le destin de son empereur : clairement, il faut tout de même connaître le sujet car le romancier peut très bien parler des préparatifs de la campagne de Russie et passer soudainement au départ de Napoléon pour l’île d’Elbe.

Finalement, le personnage principal du livre semble plutôt être Philippe de Chaulaire, jeune écuyer dans les écuries impériales puis engagé comme vélite dans les rangs des Chasseurs de la garde où il aura principalement une fonction de messager. On croit tout au long de l’ouvrage que le dresseur du Vizir a été inventé par Thomas-Derevoge, mais le dernier chapitre nous donnera tort.

Pour Thomas-Derevoge, Le Vizir aura pour mérite de révéler le destin des chevaux napoléoniens, de raconter leur importance, mais aussi leur calvaire. Il ne s’agit pas d’une étude historique, mais bien d’un roman : l’auteur se garde d’analyser la place du cheval dans l’armée napoléonienne, son importance stratégique ou en quoi il modifie les données d’une bataille. L’idée sous jacente au Vizir est plus noble : attirer notre attention sur un compagnon du soldat traité souvent avec rudesse, généralement oublié dans les ouvrages historiques mais qui a en fait une place certaine dans l’armée.

Le style du romancier procure un réel plaisir et confort à la lecture. La prose reste simple, mais juste. On se promène en compagnie de Philippe, partageant avec lui ses joies comme ses peines, ayant l’impression, pendant quelques heures, de faire partie de l’armée de l’empereur.

Vous l’aurez compris, ce roman constitue une jolie réussite. Elle offrira à l’amateur de Napoléon une vision plus intimiste de son histoire et non moins importante. Le recours aux Mémoires intimes de Napoléon Ier par Constant, son valet de Chambre, achève de parsemer l’ouvrage d’anecdotes charmantes dont l’authenticité ne fait pas de doute.

Peyrusse

[CHEVAUX] Chevaux de bataille de Napoléon 1er.

Message par Peyrusse » 02 oct. 2017, 22:06

« Dans son numéro du mois de mai 1892, la « Revue de Cavalerie » a publié un article anonyme intitulé « Les chevaux de bataille de Napoléon 1er ». Il nous a paru intéressant de reproduire dans la « Revue des Etudes Napoléoniennes » cette très intéressante étude.

Jean BRUNON (Extrait de la « Revue des Etudes napoléoniennes », 1932)

-------------------------------------
L’excellente « Revue militaire suisse », qui paraît à Lausanne, contient dans sa dernière livraison, d’intéressants renseignements, en partie inédits, sur les chevaux de bataille de Napoléon 1er. En effet, le piqueur de l’Empereur, Noverraz, était vaudois. Son témoignage est souvent invoqué par l’auteur de l’article qui s’appuie, pour le reste, sur une longue et consciencieuse étude publiée récemment par le « Daily Magazine », la plus anciennes et la plus importante des revues anglaises consacrées au sport, par Sir Francis Lawley, fils de Lord Wenlock. M. Lawley commence par reproduire une conversation à Sainte-Hélène entre l’Empereur et le célèbre médecin O’Meara. Parlant des occasions où, dans sa carrière, il avait connu les plus grands dangers, l’Empereur racontait qu’à Arcole, son cheval rendu furieux par une blessure, s’était emporté et l’emmenait tout droit dans les lignes autrichiennes, lorsqu’il s’enfonça jusqu’au cou dans un bourbier où il faillit rester sous son cheval mort et tomber aux mains des Autrichiens. En comme, Napoléon disait avoir eu, d’Arcole à Waterloo, dix-huit ou dix-neuf chevaux tués sous lui. M. Lawley fait remarquer que ce chiffre n’a rien d’invraisemblable, puisque le maréchal Blücher en perdit au moins autant que le général Forrest, un des plus brillants officiers de cavalerie du Sud, dans la guerre de Sécession, qui vit tomber sous lui trente chevaux en quatre ans. Sans être ce que l’on appelle un écuyer, Napoléon était mieux que cela pour son métier de conquérant, c’est-à-dire un hardi, solide et infatigable cavalier. Pour lui tout cheval devait remplir, en premier lieu, la condition d’être un bon et docile véhicule, allant dans tous les trains, à toutes allures, au gré de sa pensée. Nous le savons par le témoignage de son piqueur Noverraz, de Lausanne, qui nous a souvent raconté les transes par lesquelles il dut passer pour suivre les intrépides cavalcades de son vénéré maître. On le sait aussi par divers récits de ses officiers d’ordonnance, notamment le comte de Ségur : il raconte qu’après sa nomination comme Général en chef de l’Armée de Paris, Bonaparte circulait jour et nuit à cheval dans les diverses rues de la capitale pour surveiller l’exécution de ses ordres, sans nul souci des précautions à prendre sur de mauvais pavés ou dans des défilés encombrés. Il montait et descendait à grande allure les escaliers du jardin des Tuileries et ceux qui existaient alors sous le péristyle, au grand désespoir de sa suite. Quand on lui faisait remarquer que ces inutiles grimpades et dégringolades n’étaient pas sans danger pour lui, il répondait : « Bah ! J’ai mon étoile ! », et quand on lui opposait le danger pour les montures, il répliquait : « La mère aux chevaux n’est pas morte ! » En résumé, dès sa jeunesse, le grand gagneur de batailles était ce que l’on appelle un brillant et heureux cavalier casse-cou. Il est inutile de dire que nous savons fort peu de choses de la plupart des chevaux de Napoléon. Toutefois ce n’est pas le cas pour tous et M. Lawley a réuni des détails sur « Marengo » que l’Empereur montait à Waterloo, « Austerlitz », « Maria » (une jument grise nommée d’après l’Impératrice), « Ali » et « Jaffa ». Le « Daily Magazine » reproduit les portraits d’ « Ali » et de « Marengo » d’après les originaux existant en Angleterre ; ils sont blancs comme, d’ailleurs, presque tous les chevaux du Petit Caporal. Le plus célèbre des cinq est « Marengo » dont le squelette est conservé à l’Institut militaire de Whitehall à Londres, et dont un sabot, transformé en tabatière, est toujours sur la table des officiers de la garde royale au palais de Saint-James, avec l’inscription suivante sur le couvercle d’argent : Sabot de « Marengo », cheval de bataille barbe, ayant appartenu à Bonaparte, monté par lui à Marengo, Austerlitz, Iéna, Wagram, en Russie et à Waterloo. » Autour du sabot se lisent ces mots : « Marengo » fut blessé à la hanche à Waterloo, pendant que son cavalier l’enfourchait sur le terrain des avant-postes. Aussi dans les batailles précédentes, ce bon destrier avait été blessé. Si nous devons ajouter foi à cette inscription, Napoléon a dû le monter pendant au moins quinze ans, de Marengo à Waterloo ; nous nous permettrons d’en douter. Quoiqu’il en soit « Marengo », dont le portrait aussi bien que le squelette est conservée à l’Institut militaire, est bien le cheval que l’Empereur avait à Waterloo, et probablement celui dont le colonel Charras veut parler dans sa « Campagne de 1815 », lorsqu’il raconte que Napoléon, en montant à cheval le matin de Waterloo, se mit dans une violente colère contre un soldat maladroit qui, en l’aidant à se mettre en selle, faillit le faire tomber par dessus son cheval. C’est encore « Marengo » qui porta l’Empereur jusqu’à Charleroi après la bataille, mais M. Lawley ne nous explique pas comment il se fait que le cheval soit venu finir ses jours à l’Institut militaire et c’est un point qu’il serait intéressant d’élucider. Peut-être devint-il la propriété d’un gentilhomme français établi vers 1815, au château de Glassenburg, dans le comte de Kent, pendant la minorité des propriétaires légitimes. Ce gentilhomme, dont le nom n’a malheureusement pas été conservé, était l’ami de l’Empereur et avait avec lui un autre cheval de bataille , « Jaffa », un arabe que Napoléon avait pris en Egypte. Le vieux coursier fut très bien soigné à Glassenburg ; mais, en 1829-il avait alors 37 ans- il était tellement affaibli qu’on se décida à l’abattre.

Le fils de celui qui lui déchargea un coup d’escopette vit encore [1892] et, dans son parc, on peut lire sur une petite colonne l’épitaphe suivante : « Sous cette pierre repose « Jaffa », fameux cheval de bataille de Napoléon, âgé de 37 ans ». C’est de lord Wolseley, qui connaît à fond tout ce qui a trait au grand capitaine, que l’auteur tient cette anecdote. Un autre admirateur anglais de Napoléon a remis à M. Lawley un portrait d’ « Ali » avec cette légende : «Ali », cheval de bataille de Napoléon 1er. Ce cheval fut pris en Egypte sous Ali-Bey, monté par un soldat du 18ème dragons, capturé par les Mamelucks et repris par les Français.Ceci le fit remarquer du général Menou qui l’emmena en Europe et en fit cadeau au Premier Consul. Depuis lors, Bonaparte le monta dans toutes les batailles ; à celle de Wagram, par exemple, où il resta en selle de quatre heures du matin à six heures du soir. Il faut faire la part de la confusion et de l’exagération en ce qui concerne les noms des chevaux montés par Napoléon dans ses diverses campagnes, mais il serait nullement impossible que, par exemple, « Ali » et « Marengo » aient été montés par Napoléon dans ses diverses campagnes, mais il ne serait nullement impossible que, par exemple, « Ali » et « Marengo » aient été montés le même jour, puisque, dans ses « Mémoires », Mme de Rémusat nous dit que son protecteur éreintait souvent quatre ou cinq chevaux en un jour. Il semble y avoir contradiction entre la légende qui attribue à « Marengo » l’honneur d’avoir porté Napoléon à Austerlitz et les « Mémoires » du général Vandamme [Il s’agit ici d’une confusion car cet officier n’a pas laissé de « Mémoires ». Note de C.B.], où il est fait mention d’un cheval gris de fer, 1 mètre 60, qui fut baptisé « Austerlitz » après la victoire. Il est certain de Napoléon avait un cheval de ce nom correspondant bien à la description donnée par Vandamme, puisqu’il y a un portrait de lui à Londres chez Lord Rosebery, un des hommes les plus compétents sur tout ce qui se rattache à l’épopée napoléonienne. Passons à la jument « Maria ». M. Lawley a eu la bonne fortune de rencontrer un vieux Mecklembourgeois, nommé Schallen, âgé de plus de 95 ans, qui se souvenait d’avoir vu les régiments de cavalerie française traverser la petite ville d’Ivenack, dans le Mecklembourg, en marche sur Moscou. Le général Lefebvre-Desnouettes y admira beaucoup les chevaux de race du baron de Plessen, et, en particulier, une jument grise qui descendait de « King–Herald » un des plus fameux étalons du Stud-Book britannique. Le général l’acquit et l’envoya à l’Empereur, qui lui donna le nom de « Maria »-celui de sa femme- et la monta pendant une grande partie de la campagne de 1813. Plus tard, la jument tomba on ne sait comment, aux mains des Prussiens, qui la restituèrent au baron de Plessen. Elle mourut à Ivenack, et Schallen raconte qu’on y voit encore son squelette religieusement conservé par les héritiers du baron dans leur vieux château d’Ivenack. Naturellement l’équipement des chevaux de Napoléon était de « primo cartello ». La sellerie ne laissait rien à désirer : siège, troussequins, genouillères, tout était parfait de matériaux et de confection. Le Musée de Lausanne en possède des spécimens probants, c’est-à-dire : trois excellentes selles à l’anglaise, revêtues de velours cramoisi, avec housses et fontes à l’avenant et étriers en argent suspendus à de fortes et fines courroies ; trois brides et trois martingales à garnitures d’argent.

Le grand Empereur destinait à son fils ces effets personnels et, pour cela, il les avait confiés à son fidèle Noverraz qui les conserva longtemps à sa villa « La Violette » à Lausanne. En juin 1848, Noverraz, las d’attendre un ayant-droit, remit son précieux dépôt au gouvernement vaudois qui en orne le musée cantonal de Lausanne. Avec d’autres objets de même provenance, entres autres quatre fusils de chasse et quelques reliques de Longwood, notre habile préparateur, M. Bastian, en a composé une fort intéressante vitrine qui attire de nombreux visiteurs étrangers. L’auteur de l’article de la « Revue militaire suisse » ne donne que des indications peu précises, ou encore légèrement inexactes, sur les souvenirs de Napoléon, provenant du piqueur Noverraz, conservés au Musée de Lausanne (Don de J.-J. Mercie). Ces équipages de cheval de l’Empereur, du type de ceux qu’il utilisait en campagne, sont les seuls que nous connaissions ; à ce titre, leur intérêt est donc plus considérable encore que les harnachements de luxe, magnifiquement ornés, plus généralement connus, et nous jugeons qu’il vaut la peine d’en donner la nomenclature détaillée, d’après les notes que nous avons prises sur place, au Musée de Lausanne : - Trois selles à la française en velours cramoisi, avec leurs fontes, couvre fontes, et leur tapis de selle (deux de ces derniers en drap cramoisi, en un drap écarlate). Ces tapis de selle sont ornés d’un double galonnage or : le galon intérieur de 10 centimètres, du modèle dit « à bâtons ».
Ces galons sont bordés d’une double course en soutache or.

- Deux paires d’étriers (une paire manque) en argent (ou argentés) forme classique des étriers d’officiers généraux.
- Trois brides complètes, à peu près semblables, très simples, en cuir noir ; boucles, légèrement ouvragées, en argent. Deux de ces brides à mors à grandes bossettes, argentées ; une à mors sans bossettes ; les trois mors du modèle de cavalerie légère.

Toutes ces pièces sont en parfait état de conservation.

Revenant aux chevaux de bataille de l’Empereur, il y lieu de signaler que le Musée de Malmaison, possède neuf petites peintures représentant neuf chevaux montées par Napoléon ; leurs noms sont les suivants : « Le Familier », « Le Triomphant », l’Aboukir », « Le Major », « Le Vizir » [Ce cheval a été naturalisé après sa mort ; il est conservé au Musée de l’Armée et porte sur la cuisse gauche l’N couronné], « le Cheick », « Le Sahara » , « Le Distingué » (le neuvième portrait ne porte pas de nom). Ces tableaux proviennent de la Manufacture de Sèvres. Ajoutons que l’Empereur a également possédé une jument qui portait le nom de « Nicole » et non « Nickel ». Citons en outre le beau portrait de « Tamerlan » peint par Géricault. Du reste, et comme le laisse comprendre l’auteur de l’article cité, plus haut, l’Empereur utilisa, au cours de sa vie, une quantité considérable de chevaux de selle. On en jugera par la lecture du document que nous reproduisons ci-après pour terminer ce rapide aperçu sur un sujet peu ou point battu sur lequel il reste encore à écrire une belle étude ; il se passe de tout commentaire. Avant la campagne de 1812 et sur son ordre, un projet de règlement réorganisant ses équipages de guerre fut présenté à l’Empereur qui l’adopta le 14 janvier 1812. Voici le texte de la partie qui concerne l’équipage de selle :
« CHAPITRE V- Equipage de selle Article 11- L’équipage de selle comprend 10 brigades, chacune de 13 chevaux. Total : 130 chevaux. Article 12.- Chaque brigade se compose ainsi, savoir : 2 chevaux de bataille pour Sa Majesté, 1 cheval d’allure pour Sa Majesté, 1 pour le Grand-Ecuyer, 1 pour l’Ecuyer de service, ou tout autre, 1 pour le page de service, 1 pour le Mameluck de Sa Majesté, 1 pour le guide (paysan du pays), 3 chevaux de palefreniers montés et un à pied, 1 cheval pour le chirurgien, 1 pour le piqueur de service.
Total : 13

Article 13.- Une paire de pistolets fera partie de l’équipement de tous les chevaux de selle destinés pour l’Empereur ; ces pistolets seront chargés tous les jours, et déchargés avec le tire-bourre par le Mameluck de service, sous l’inspection du Grand-Ecuyer ou en son absence, de l’Ecuyer de service au bivouac ou sous la tente ; le déchargement ou le rechargement des pistolets se fera chaque soir.

Article 14.- Le Page de service porte en bandoulière la lunette de Sa Majesté, et il a sur le devant de sa selle des sacoches arrangées, qui renferment un mouchoir et une paire de gants pour Sa Majesté et un petit assortiment de bureau contenant papier, plumes, encre, crayons, compas, cire d’Espagne ; le tout conforme à l’état B ; il porte sur le derrière de sa selle un petit porte-manteau avec des armes à son usage. Le chirurgien porte derrière sa selle un porte-manteau avec un assortiment d’instruments et de tout ce qu’il faut pour panser, conforme à l’état E. Le mameluck porte en bandoulière une fiole pleine d’eau-de-vie, et sur le devant de sa selle, le manteau et le frac de Sa Majesté. Le Piqueur porte, sur le chevet, des petites sacoches pour cantines, approvisionnées conformément à l’état D ; et sur le derrière de sa selle, un porte-manteau d’effets à l’usage de Sa Majesté conformément à l’état T ; il porte aussi en bandoulière un flacon plein d’eau-de-vie. En conséquence, il est attaché un porte-manteau semblable à chacune des brigades des chevaux de selle. Les deux valets de chambre, qui sont à cheval, auront devant eux un petit appareil contenant de la charpie, des sels, de l’éther, de l’eau, une demi-bouteille de vin de Madère et quelques ustensiles de chirurgie, dont le Chirurgien ordinaire donnera le détail. Les trois maîtres d’hôtel, qui sont à cheval, auront chacun devant eux une petite cantine semblable à celle détaillée pour les Piqueurs. »

Avatar du membre
L'âne
 
Messages : 2759
Enregistré le : 14 juil. 2017, 07:03
Localisation : Corsicasie

[CHEVAUX] Chevaux de bataille de Napoléon 1er.

Message par L'âne » 03 oct. 2017, 09:26

Merci Peyrusse pour ces éléments très intéressants.
Je crois que Marengo est considéré comme un cheval fantômatique ?
On nous dit qu'il ne figure pas dans les registres très détaillés mis en place par le Grand écuyer Caulaincourt ni de nom ni de surnom.
Il aurait été le cheval "préféré" de Napoléon qui le citerait dans le Mémorial.
Je me permets de recommander un livre exceptionnel (peut-être est-il toujours à la vente ?) : "Les chevaux de Napoléon" de Philippe OSHÉ et Frédéric KÜNZI).
Aurea mediocritas

Latour-Maubourg

[CHEVAUX] Chevaux de bataille de Napoléon 1er.

Message par Latour-Maubourg » 03 oct. 2017, 11:56

Merci Peyrusse pour ce partage. J'avais été très impressionné par la petite taille et le caractère très frêle du cheval Vizir dont la dépouille empaillée est effectivement conservée au musée des Armées.

Avatar du membre
Joker
**Maréchal d'Empire**
**Maréchal d'Empire**
Messages : 1627
Enregistré le : 15 juil. 2017, 18:53
Localisation : Grimbergen - Belgique

[CHEVAUX] Chevaux de bataille de Napoléon 1er.

Message par Joker » 03 oct. 2017, 19:16

L'âne a écrit :
03 oct. 2017, 09:26
Je crois que Marengo est considéré comme un cheval fantômatique ?
On nous dit qu'il ne figure pas dans les registres très détaillés mis en place par le Grand écuyer Caulaincourt ni de nom ni de surnom.
Il aurait été le cheval "préféré" de Napoléon qui le citerait dans le Mémorial.
Un "fantôme" qui a connu une deuxième vie. ;)
Voici deux liens qui permettent de mieux connaître cet équidé légendaire.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/3844/Belgiqu ... leon.dhtml

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1531/Culture ... leon.dhtml


url=https://servimg.com/view/11374809/162]Image[/url]

Image
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

Avatar du membre
C-J de Beauvau
Lieutenant
Lieutenant
Messages : 1763
Enregistré le : 16 sept. 2017, 17:12

[CHEVAUX] Chevaux de bataille de Napoléon 1er.

Message par C-J de Beauvau » 08 oct. 2017, 07:57

Oui en effet comme l'annonce Peyrusse
Le cheval VIZIR 1,35 m (taille au garrot)"son identité reste toute fois incertaine" est au musée de l'armée à Paris depuis 1904 et a été restauré grâce à une souscription en 2016

Image

Image



Le musée possède également ce chien berger des Abruzzes, compagnon de Napoléon sur l’Ile d’Elbe

Image

Image
La guerre c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas
Paul Valéry

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • [CHEVAUX]
    par Peyrusse » 18 oct. 2017, 10:33 » dans Salon Ier Empire
    52 Réponses
    3764 Vues
    Dernier message par Bonavita
    05 mai 2016, 02:03
  • [CHEVAUX] Mycotoxines
    par la remonte » 10 avr. 2017, 12:16 » dans Bivouac des reconstitueurs & militaria
    5 Réponses
    902 Vues
    Dernier message par la remonte
    24 avr. 2017, 09:58
  • [CHEVAUX] Le cheval de Waterloo
    par L'ARCHEONAUTE » 28 juin 2015, 09:44 » dans Livres - Revues - Magazines
    13 Réponses
    3886 Vues
    Dernier message par L'âne
    01 juil. 2015, 01:14
  • Sainte-Hélène et les chevaux.
    par Joker » 15 juil. 2019, 20:35 » dans L'actualité napoléonienne
    0 Réponses
    96 Vues
    Dernier message par Joker
    15 juil. 2019, 20:35
  • Waterloo, 21.500 figurines, 10.000 chevaux, 25 m².
    par Jacknap1948 » 21 avr. 2015, 14:57 » dans Liens impériaux
    0 Réponses
    2943 Vues
    Dernier message par Jacknap1948
    21 avr. 2015, 14:57