Charlotte Chapuis

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C-J de Beauvau
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Charlotte Chapuis

Message par C-J de Beauvau »

La fille de Napoléon
Bruno Fuligni
Arenes 11 Février 2021
Sciences humaines & sociales
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À propos
Été 1815. Après Waterloo, la France est envahie, humiliée, dévastée ; Napoléon doit s'exiler à Sainte-Hélène, la monarchie est restaurée.
C'est alors qu'une jeune femme de vingt ans, surgie de nulle part, se déclare fille naturelle de l'Empereur.
Sa mère aurait connu Bonaparte lorsqu'il était jeune sous-lieutenant à Auxonne, explique la belle Charlotte Chappuis. Si elle dit vrai, elle serait même l'aînée des enfants de l'Empereur. Âgée d'une vingtaine d'années, elle pourrait donner naissance à un héritier du trône, il est donc important de la contrôler.
Le ministre de la Police générale, Fouché, la fait enfermer, mais Charlotte, tenace, rusée, échappe à la vigilance des autorités. Suscitant des sympathies politiques et plusieurs demandes en mariage, l'aventurière joue sa partie pour défendre sa liberté. Elle séduit un énergique maître de forges qui l'enlève et l'épouse en Suisse.
Ce destin extraordinaire serait resté inconnu sans la découverte d'un ensemble de lettres et documents, retrouvés dans un grenier. Un dossier de police qui se lit comme un roman.
Bruno Fuligni est entré en possession de ces archives inédites. Il les a transcrites et croisées avec d'autres sources pour reconstituer l'incroyable aventure de Charlotte Chappuis, la fille oubliée de l'Empereur...
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L’histoire de Charlotte Chappuis, d’après sa correspondance retrouvée dans un grenier.

A la chute de l’Empire, en juillet 1815, les troupes autrichiennes du général Radiwojewich envahissent la Franche Comté. Le général Steinninger commande la division d’occupation du Doubs et du Jura. Il voit un jour se présenter à son état-major, à l’Isle sur le Doubs, une jeune fille d’une vingtaine d’années qui lui demande protection, prétendant être une fille naturelle de Napoléon, et s’estimant menacée en France par le régime de la Restauration. Le général procède personnellement à son interrogatoire ; il est vrai que la jeune fille est fort avenante.

Elle raconte son histoire :


Née en 1795, Charlotte Chappuis, c’est son nom, est le fruit d’une liaison entre Buonaparte, alors officier en garnison à Auxonne, et sa mère, Mademoiselle Cottin. Elle porte le nom de son père adoptif, le moine défroqué Chappuis, qui épousa sa mère peu après sa naissance.

Après avoir passé son enfance à Paris, elle retourna dans sa ville natale, Arnay-le Duc, en 1811 où elle demeura jusqu’à la première abdication.

Quand Napoléon fut exilé à l’Ile d’Elbe, elle le rejoignit avec Cambronne et le détachement de la Garde, puis revint en France, à Salins, attendant le retour de l’Empereur.

Pour appuyer ses dires, elle ne possède que quelques lettres du Grand Maréchal Bertrand, restées chez elle à Arnay, mais elle est incapable de les produire.

Le général Baron Steinninger, perplexe, et soupçonnant quelque intrigue, s’empresse de remettre la demoiselle Chappuis à M. de Novillars, le nouveau sous-préfet de Baume-les-Dames, non sans avoir fait perquisitionner, sans succès, le dernier domicile de la jeune fille à Salins, où elle tenait une pension d’enfants avec son amie Fauchon Lamy.
M. de Novillars, dépassé par l’importance de l’affaire, transmet le 12 octobre la jeune fille et son histoire à M. Capelle, le nouveau préfet du Doubs et futur ministre de Charles X, qui la fait immédiatement enfermer dans la maison de Bellevaux, sous la garde des sœurs, en attendant les instructions du Duc Decazes, le nouveau ministre de la Police Générale du Royaume. Il y a beaucoup de nouveaux, c’est la Restauration.
Personne ne croit véritablement à son histoire, mais, par prudence, et compte tenu des mouvements de ralliement que la Princesse suscite de la part des bonapartistes, on juge préférable de la maintenir en détention ; elle y restera jusqu’en juillet 1816.
Charlotte se morfond, tente de correspondre avec son amie de Salins, et de faire intervenir le maire, fort conciliant, mais ses lettres ne parviennent pas à destination, malgré la multiplication des intermédiaires empressés. Elles sont probablement interceptées par la Supérieure du Couvent où elle est internée, pour le plaisir des futurs collectionneurs d’autographes.
Début 1816, elle espère que le passage à Besançon du Comte d’Artois permettra sa libération, mais rien n’y fait.
Enfin, en juillet 1816, le comte de Scey-Montbéliard, qui vient de remplacer le préfet Capelle, ordonne sa libération : la demoiselle est en effet demandée en mariage par le fils d’un sculpteur de Salins !Mais sitôt libérée, Charlotte, dont toute la région connait l’origine présumée, redevient bien volontiers l’icône du bonapartisme en Franche-Comté, et émeut rapidement les autorités locales, qui obtiennent en octobre 1816 son arrestation et son internement, cette fois au dépôt de mendicité de Dôle .
Effondrée, Charlotte change de stratégie, et affirme que son histoire de filiation impériale est une fable, que, certes, elle a voulu suivre l’Empereur, à l’Ile d’Elbe, puis à Sainte-Hélène, mais uniquement parce qu’elle avait le projet d’épouser un officier de sa Garde.
Est-ce là un premier mensonge, opportuniste ? Un nouveau mensonge ? Est-ce la vérité ?
Le fait est que notre sculpteur de Salins s’agite comme un diable pour la faire libérer, contre l’avis des autorités, et qu’un nouveau prétendant, commerçant à Champagnole, se présente à son tour pour la recueillir et l’unir à son fils !
Qu’elle devait être jolie, la jeune Charlotte Chappuis !
Finalement, c’est le commerçant de Champagnole qui obtient gain de cause, et reçoit en mars 1817 la belle Charlotte, à la sortie de son hospice. Mais la Princesse ne l’entend pas ainsi, c’est le fils du sculpteur qu’elle veut épouser, et elle refuse de loger chez son sauveur, trouvant asile chez un voisin de Champagnole
A Champagnole, elle rencontre rapidement un jeune maitre de forges, Jacob Muller, se fait embaucher par sa manufacture, où les 200 ouvriers l’accueillent aux cris de « Vive l’Empereur » ! Nouveau scandale.
C’est le coup de foudre entre Charlotte et Jacob, et, dès le mois de juin 1817, les voilà qui franchissent tous deux la frontière suisse pour se marier secrètement.
L’affaire se terminera bien, les Muller auront un fils, Adrien, qui deviendra maire de Champagnole en 1884.
Charlotte Chappuis était-elle une fille naturelle de Napoléon ? On ne le saura sans doute jamais, mais sous le second Empire, on faisait encore allusion à ses origines impériales.
Son caractère bien trempé n’empêcha pas une grande sensibilité, que l’on retrouve dans sa correspondance, telle cette phrase qui conclut une supplique au général autrichien :
« Il m’est doux de verser dans un cœur sensible quelques unes des peines qui surchargent le mien. »
La correspondance de Charlotte Chappuis comprend :
1 las (minute signée de ses initiales) de C. Chappuis, slnd (aout 1815), adressée probablement au général Steinninger.
2 las de M ; de Novillars, sous préfet de Baume-les-Dames, des 10 et 12 octobre 1815, adressées à M Capelle.
2 las du maire de Salins adressées à C. Chappuis et à M. de Novillars, du 14 octobre 1815.
1 copie d’époque d’une lettre de C. Chappuis (circa octobre 1815) dans laquelle elle d écrit sa situation d’internée au couvent de Sœur E. Bouvard.
3 las de C. Chappuis des 4 et 16 octobre et 3 novembre 1815 adressées au maire de Bracon-Salins et à son amie Fauchon Lamy.
1 las de F. Lamy à C. Chappuis du 25 décembre 1815.
1 ls du duc Decazes, Ministre de la Police Générale du 6 décembre 1815.
1 la (minute) de C. Chappuis de début 1816.
2 las de C. Chappuis des 5 avril et 25 juillet 1816.

Une trentaine de copies anciennes (réalisées vers 1900) de lettres adressées au préfet du Jura au sujet de l’affaire Charlotte Chappuis, qui permettent d’en reconstituer beaucoup de détails.

Soit 7 lettres de C. Chappuis, et 6 lettres de personnages ayant participé à l’affaire, entre aout 1815 et juillet 1816. Cet ensemble de lettres est disponible à la galerie ARTS ET AUTOGRAPHES.
https://autographe.com/autographes/napo ... naturelle/

Mythe OU réalité ? :o :? ;)

:salut:
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Espagne
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Re: Charlotte Chapuis

Message par Espagne »

Bonjour.
Voilà une "histoire" qui m'était totalement inconnue ! Merci
Cordialement
ESPAGNE
"Le grand art d'écrire, c'est de supprimer ce qui est inutile" Napoléon Bonaparte-1804
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C-J de Beauvau
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Re: Charlotte Chapuis

Message par C-J de Beauvau »

Jean-Emmanuel Raux est un chercheur de trésors. Récemment, cet expert en manuscrits et autographes a mis en vente pour 1 million d’euros un manuscrit sur la bataille d’Austerlitz, annoté par Napoléon. Sept ans plus tôt, il proposait un dossier composé de lettres, missives officielles, rapports d’informateurs et de dénonciateurs, datant de 1815 à 1817, et tous relatifs à Charlotte Chappuis, se revendiquant fille de Napoléon. Connaissant la réputation du vendeur, l’historien Bruno Fuligni s’est précipité. Pour 3 000 euros, il acquiert les 55 documents



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Il a beau se dire que Charlotte Chappuis n’est sans doute qu’une affabulatrice, sa curiosité l’emporte. Il déchiffre méticuleusement les 95 pages manuscrites. L’incroyable roman d’une vie se dessine : naissance mystérieuse, police secrète, évasion, enlèvement, fuite amoureuse et mariage en Suisse avec un maître des forges prospère… L’histoire de cette jeune femme qui se prétend le fruit d’une liaison entre Bonaparte, alors officier en garnison à Auxonne, près de Besançon, et une certaine Antoinette Cotain, mariée ensuite à un sieur Chappuis, prend corps. Si elle dit vrai, elle serait l’aînée des enfants de l’Empereur. En 1815, alors que Napoléon est en exil, les royalistes au pouvoir voient en elle un danger. Elle a 20 ans et peut devenir une « Jeanne d’Arc bonapartiste », un point de ralliement pour les nostalgiques, et, surtout, Charlotte Chappuis pourrait donner naissance à un héritier du trône…

Quelle chance que cette personne puisse trouver sur le marché un manuscrit de Napoléon, sur la bataille d'Austerlitz , ainsi qu'un dossier sur une "supposée " filles caché de l'Empereur! ???!!! :o :shock: :roll: :mrgreen:

https://www.parismatch.com/Actu/Societe ... on-1724547
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Re: Charlotte Chapuis

Message par la remonte »

et l'ADN dans tout ça ?
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Re: Charlotte Chapuis

Message par C-J de Beauvau »

la remonte a écrit : 18 févr. 2021, 09:49 et l'ADN dans tout ça ?
Compliqué et couteux , il faudrait ouvrir sa sépulture, si elle existe toujours, plus les autorisations incertaines pour le faire !
Moi ce qui m'interpelle , comme dit plus avant, c'est que c'est la même personne qui a trouvé les deux documents qui sortent actuellement :o

("Jean-Emmanuel Raux est un chercheur de trésors. Récemment, cet expert en manuscrits et autographes a mis en vente pour 1 million d’euros un manuscrit sur la bataille d’Austerlitz, annoté par Napoléon. Sept ans plus tôt, il proposait un dossier composé de lettres, missives officielles, rapports d’informateurs et de dénonciateurs, datant de 1815 à 1817, et tous relatifs à Charlotte Chappuis, se revendiquant fille de Napoléon. Connaissant la réputation du vendeur, l’historien Bruno Fuligni s’est précipité. Pour 3 000 euros, il acquiert les 55 documents")
:salut:
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Re: Charlotte Chapuis

Message par Général Colbert »

C-J de Beauvau a écrit : 18 févr. 2021, 11:06 [
Moi ce qui m'interpelle , comme dit plus avant, c'est que c'est la même personne qui a trouvé les deux documents qui sortent actuellement :o
Moi aussi, je suis méfiant. :evil:
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Espagne
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Re: Charlotte Chapuis

Message par Espagne »

Faut qu'il joue au loto, il a la main chaude !
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Bernard
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Re: Charlotte Chapuis

Message par Bernard »

C'est en effet étonnant mais le sujet est intéressant.
J'ai eu la curiosité de rechercher l'acte de naissance. Il existe bien même s'il n'est pas très lisible :
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On lit clairement la date du 5 fructidor de l'an troisième de la République, soit le 22 août 1795, et le nom de Charlotte Etiennette Chappuis. Pour le reste, c'est plus difficile, sinon qu'il s'agit d'un enfant légitime et que le père est propriétaire dans la commune.

Le plus amusant est l'acte de mariage en deux voire trois parties. Voici les pièces, d'abord la régularisation le 12 septembre 1824 :
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Puis la première tentative et l'opposition :
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(ce n'est peut-être pas dans l'ordre)
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C-J de Beauvau
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Re: Charlotte Chapuis

Message par C-J de Beauvau »

Bernard vos recherches sont intéressantes, mais les photos sont difficiles à déchiffrer .Pouvez vous nous en faire une synthèse , et nous donner votre ressenti ?
:salut:
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Bernard
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Re: Charlotte Chapuis

Message par Bernard »

C-J de Beauvau a écrit : 18 févr. 2021, 19:00 Bernard vos recherches sont intéressantes, mais les photos sont difficiles à déchiffrer .Pouvez vous nous en faire une synthèse , et votre ressenti ?
La mère est Antoinette Cottin et a 33 ans à la naissance de sa fille. Bonaparte avait un peu plus de 25 ans lors de la conception, en novembre 1794. L'explication fournie par l'auteur est donc parfaitement plausible. Charlotte a bien essayé de se marier le 27 juillet 1817 avec Etienne Abraham Jacob Muller né en 1773 et décédé en 1836. Il y a eu opposition à la demande d'Abraham Muller, le frère du marié.
Ils se sont néanmoins mariés religieusement en Suisse, dans le canton de Vaud, le 1er septembre 1817. Le 12 septembre 1824, le mariage civil a lieu, pour régularisation, à Arnay-le-Duc. L'époux est maître de forges à Champagnole.