Napoléon Ier : la folie des grandeurs pour son « Aiglon »

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C-J de Beauvau
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Napoléon Ier : la folie des grandeurs pour son « Aiglon »

Message par C-J de Beauvau »

L'Aiglon, le rêve brisé de Napoléon, par Lætitia de Witt, éditions Tallandier



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Napoléon Ier : la folie des grandeurs pour son « Aiglon »




Rien n'était trop beau pour son fils et héritier : l'Empereur a dépensé sans compter pour tenter d'enraciner sa dynastie. En vain. Par Marc Fourny
https://www.lepoint.fr/histoire/napoleo ... 2_1615.php

En 1811, l'Empire français est à son apogée : à 42 ans, Napoléon Ier règne sur l'Europe, il ne s'est pas encore enlisé dans les steppes russes et voit son rêve se concrétiser avec la naissance de son héritier, le garçon que lui donne sa nouvelle épouse Marie-Louise d'Autriche. Ce fils, que la postérité surnommera l'Aiglon – en comparaison avec son père, l'aigle conquérant –, devient la garantie d'une dynastie : Napoléon Ier est obsédé par ce jeune empire, bâti sur les cendres de la Révolution, qu'il entend préserver à tout prix face aux grandes familles royales et impériales voisines. « Par son union avec Marie-Louise, Napoléon entre dans la confrérie des souverains authentiques, note Lætitia de Witt, autrice d'une nouvelle biographie très complète sur l'Aiglon. Pour parachever son œuvre, il ne lui reste plus qu'à fonder la quatrième dynastie, celle qui surviendrait après les Mérovingiens, les Carolingiens et les Capétiens. Dès lors, poursuit l'historienne, il se met à rêver de grandeur, comme s'il avait fait un pacte avec le destin… »e folie des grandeurs qui n'aura aucune limite. La naissance de son fils, le 20 mars 1811, est saluée comme celle des anciens princes de la couronne : on festoie dans toute la France, ainsi que dans les grandes villes de l'empire, avec Te Deum, banquets concerts, feux d'artifice et illuminations pendant les quatre jours qui suivent la nouvelle. À Paris, la foule compte les coups de canon qui annoncent la naissance – 21 pour une fille, 101 pour un garçon. Au 22e coup, les applaudissements crépitent dans les rues, la foule se presse jusqu'aux Tuileries et acclame l'Empereur, qui, dit-on verse quelques larmes… Napoléon donne une prime de 100 000 francs à l'accoucheur, 20 000 francs au médecin Corvisart et un décret dote des jeunes filles pauvres, à condition d'épouser d'anciens soldats…

On monte d'un cran avec le baptême à Notre-Dame, là même où l'Empereur s'est fait sacrer il y a plus de six ans. Napoléon supervise tous les détails, fixe la date au 9 juin, convoque 7 000 invités, évêques, courtisans, membres du corps diplomatique, hauts responsables, maires, députés… Marie-Louise est couverte de diamants, l'Empereur porte une toque à plumes, le cortège met deux heures à traverser Paris jusqu'à la cathédrale entièrement décorée de lustres, tissus et tapis précieux. À la fin de la cérémonie, la foule est si dense que des voleurs parviennent à se glisser entre les invités pour tenter de dérober des bijoux… Au moment où la France traverse une crise économique sérieuse, les festivités coûteront un total de 2 millions de francs, dont un collier en diamants pour Marie-Louise estimée à 375 000 francs – un général de brigade gagne 25 000 francs par an.
Un nouveau Versailles sur la Seine

Mais rien n'est trop beau pour l'espoir de l'empire, titré roi de Rome dès sa naissance. Napoléon refait à neuf des appartements dans plusieurs palais, comme les Tuileries, Fontainebleau et Compiègne. Il charge également Mme de Montesquiou, issue de la vieille aristocratie, de gérer la Maison du jeune héritier, calquée sur celle de l'Ancien Régime, qui rassemble 31 personnes, avec gouvernantes, valets, médecins, berceuses attitrées, nourrice, pour un total de 270 000 francs annuel. Dès 1811, l'Empereur lance également la construction du palais du roi de Rome, un nouveau Versailles avec 400 mètres de façade dominant la Seine depuis la colline de Chaillot, un immense parc qui devait s'étendre de l'Arc de Triomphe jusqu'au bois de Boulogne, une ménagerie, une écurie pour 400 chevaux, 80 carrosses, un château de la démesure conçu par Percier et Fontaine pour ancrer l'Empire dans Paris, rêvée en capitale du monde. Un crédit de 30 millions est débloqué, réduit à 16 dès la campagne de Russie en 1812 : le palais ne verra jamais le jour, Napoléon a d'autres soucis, l'empire commence à chanceler…

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Le coup d'État manqué du général Malet, survenu en octobre 1812, agit chez Napoléon comme un électrochoc : tout le monde l'a cru mort, personne n'a pensé à prêter allégeance à son fils, âgé d'un an et demi ! De retour à Paris, il n'a de cesse de verrouiller sa succession avec la refonte des règles de régence au profit de Marie-Louise et d'enraciner l'image du roi de Rome auprès de son peuple. Il songe à une cérémonie aux Invalides, pour rappeler que, comme sous l'Ancien Régime, « le roi ne meurt point en France… » Avant d'opter pour un sacre solennel et fastueux de son fils à Notre-Dame, en présence du pape. Encore faut-il se réconcilier avec Pie VII, enfermé sur ses ordres à Fontainebleau à la suite de leurs différends et l'affaire de l'excommunication. Napoléon retrouve un pape affaibli qui promet de sacrer l'enfant au printemps 1813, ainsi que l'impératrice. Puis ne donne pas suite, au grand dam de l'Empereur, obligé de repartir en guerre face à une Europe coalisée. On connaît la suite : la chute de Napoléon dès 1814, le retour des Bourbon en France, l'Aiglon élevé comme un prince autrichien à Vienne, hanté par le souvenir écrasant du père, avant de décéder de la tuberculose à 21 ans, sans descendant. Les rêves grandioses de Napoléon se sont perdus dans les chaos de l'histoire… Ce sera finalement son neveu qui reprendra le flambeau, une trentaine d'années plus tard.

:salut:
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Royal Scot's Guard
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Re: Napoléon Ier : la folie des grandeurs pour son « Aiglon »

Message par Royal Scot's Guard »

Merci beaucoup, très précis au niveau des coûts...
Comme quoi l'Histoire est un éternel recommencement !
:salut:
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