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Modérateur : Général Colbert

Turos M. J.

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Turos M. J. » 09 mai 2009, 16:26

Cher Route
Merci pour nouveau texte et pour lien :fleur3:
Pendant mes randonnees par le Bas Silesie j'utilise la carte ancienne - debout de XX siecle - qu'elle etait publie a l'occasion centenaire "...bataille de nations..." a Breslau. Il y a beaucoup details interessants par exemple routes - quand je compare de moderne je peux retrouver traces de histoire par exemple des eglises, arbres, maisons.
Amicalement et :salut:

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 09 mai 2009, 16:58

Oui, votre carte doit être meilleure que google...
Quand j'irai en Allemagne, je prendrais mon Chappet....


Le 26, Blücher a battu Macdonald, près de Liegnitz, sur la rivière la Katsbach, où Lauriston est fortement accroché, sous une pluie diluvienne.
Blücher y gagne son titre de Prince et de Maréchal…

Un joli portait du Feld-marshall :

http://forum.napoleon1er.org/viewtopic.php?f=7&t=16859

Le bouillant Vandamme, courant après un bâton de maréchal, se fera prendre à Kulm, le 29 août, dans les montagnes de Bohême…

Pierre Decouz écrit à sa Lise :
" Je me hâte de t’écrire ces deux lignes, ma bonne Lise, pour te tranquilliser et dire que je suis en bonne santé. Beaucoup de fatigues et de dangers, je supporte cela facilement.
Nos affaires vont à merveille. Déjà nous avons pris à l’ennemi une trentaine de mille prisonniers. Ils sont battus et se retirent.
Je conçois ma bonne amie, que tu as dû avoir bien de l’inquiétude, depuis la rupture de l’armistice. Je t’ai écrit cependant trois fois mais peut-être ces trois lettres n’ont pu te parvenir à cause de partisans.
J’ai eu deux affaires très chaudes avec ma division, elle a fait merveille. Si notre armée continue à être victorieuse, il faut croire que les prétentions des coalisés seront bine diminuées et qu’ils feront enfin signer la paix….
Donne moi de tes nouvelles et celles de mes petits amis "

Napoléon décide de renforcer la Garde qui, seule, reste sous ses ordres directs,
alors que ses lieutenants livrés à eux-mêmes sont souvent battus.
Trois généraux Savoyards, anciens de la Légion Allobroges, sont alors de solides divisionnaires pour l’Empereur :

Philibert Curial à la tête de la 2° division de la Vieille Garde.
Michel Pacthod, de Saint Julien-en-Genevois, le docteur en droit de l’Université de Turin, à la tête de la 1ère division de la Jeune Garde
Et notre Decouz, la 3°.

Encore une lettre du 10 septembre 1813, pour répondre à Lise.
On ne parle plus de merveilles :

" Camp de Rebista,
Ma bonne amie,
Depuis ta lettre du 10 août, je n’en ai plus reçu. Elle est venue bien vite celle-là, que je serai content si les autres venaient aussi vite.
Tout mon plaisir dans la fatigue et privations que j’éprouve est d’avoir de tes nouvelles et des enfants…
Sigismond est avec moi, en bonne santé, mais nous avons eu la douleur de perdre Etienne. Ce pauvre enfant (25 ans) qui me donnait beaucoup de satisfaction par sa conduite et son aptitude au travail a été tué devant Dresde, le 26 août et je ne l’ai su qu’hier. Cette perte m’est bien sensible, elle le sera sans doute à toute notre famille. "

Trois jours plus tard, une nouvelle lettre car le courrier part bien de Dresde et Decouz pressent qu’octobre sera plus dur. La Bavière négocie avec l’Autriche. Le 17 septembre un armistice est signé entre ces deux pays.
Le 30 septembre le König Lüstig Jérôme quittant Cassel, abandonne la Westphalie…

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 09 mai 2009, 18:14

Pierre Decouz a bien eu raison d’expédier une dernière lettre, le 13 septembre de Dresde.
Il faut faire mouvement et bientôt ce sera Leipzig, après une courte victoire de Napoléon sur Blücher, à Düben, le 10 octobre 1813.

La prochaine lettre est datée du 4 novembre, de Ober Olm, près de Mayence.

Entre temps il y a eu la terrible Leipzig, la Bataille des Nations, qui a vu le général Poniatowski se couvrir de gloire, lui faisant gagner son bâton de maréchal. Seulement pour trois jours car il meurt noyé dans l’Elster.
Le 19 octobre, on se souvient que le dernier pont à Lindenau, celui du colonel Montfort, qu’oubli ou négligence on n’a pas fait doubler, va sauter par méprise.
Le caporal de service, voyant une escarmouche se rapprocher, croit l’ennemi arrivé et allume la mèche, alors qu’il reste des dizaine de milliers de soldats Français dans la ville, en attente de passer. La confusion est totale et on crie à la trahison.
Poniatowski, qui vient d’être nommé maréchal à Wachau, va faire ses adieux poignants au Roi de Saxe Frederic-Auguste, puis part défendre les faubourgs sud.
Cerné à la tête de 700 fidèles, il défend chèrement sa peau. Dans l’assaut des Prussiens, il est blessé à l’épaule, au flanc, à la main. Il réussit à traverser la Pleiss, mais frappé d’une balle en pleine poitrine, il se noie en passant l’Elster.

Le maréchal Macdonald sera plus heureux, passant sur une frêle passerelle faite de deux troncs, avec des portes et des planches comme tablier, pont de fortune que Victor et Augereau ont emprunté le matin. Macdonald s’avance. Il fait un vent violent, il glisse et tombe dans le fleuve, tiré par des voltigeurs ennemis, nageant jusque la berge qu’il atteint, transi et presque nu.

C’est la retraite. Il faut atteindre le Rhin.
Les Bavarois ont rejoint les rangs des Coalisés et de Wrède pour montrer sa nouvelle bonne foi, a monté, avec ses 60.000 Austro-Bavarois, une souricière vers Mayence.
Le général Turreau, celui des Colonnes Infernales, refuse de livrer Wurzbourg à de Wrède fixant ainsi une partie des troupes Bavaroises. De dépit de Wrède tend son piège au sortir de la forêt de Lamboy dans la plaine de Hanau…

Le 24 octobre, Pierre Decouz relève la Vieille Garde, pour prendre le village d’Eisenach, pour y installer le quartier impérial, entre Erfurt et Bad Hersfeld, pour descendre ensuite sur Fulda.
Avec la Vieille Garde, le Chambérien Philibert Curial court vers le Rhin ouvrir la route.
Dans ses rangs, François Forestier d’Aix-les-Bains, qui, en juillet 1813, était chef d’état-major de la 6° division d’infanterie du général Vial, au 2° corps du maréchal Victor

On se souvient que le général Vial, à la bataille de Leipzig, a été blasté…

Blasté, notre Docteur Marie-Juana nous expliquera que c’est l’effet de souffle, l’onde choc, le vent du boulet qui peut provoquer des lésions internes…

Avec sa division, l’Antibois Honoré Vial garde le verrou de Probstheyda.
Le maréchal Victor vient le féliciter pour la bonne tenue des ses troupes, lorsqu’un boulet Russe vient tomber à quelques pas du maréchal, ricoche en décrivant une parabole, passe au dessus de la tête de Victor et devant le visage du général Vial.
Nom d'une pipe ! Honoré pousse un cri, porte la main à son front et tombe raide mort !…

Image


Larrey, mandé par Napoléon que Victor a alerté, examine le corps du général Vial.
Aucune blessure n’est visible, sauf une rougeur à la base du cou :
" Il est mort asphyxié, dit Larrey, mais tout espoir n’est pas perdu, pour peu qu’on laisse le corps au chaud, par exemple dans la paille d’un fumier… "
Près de lui, son aide de camp, le jeune capitaine Gazan, son neveu, qui sera témoin oculaire du Débarquement dans le Golfe Jouan, dont il laissera un écrit.
Tout à l’heure, en retraite précipitée, Gazan n’aura que le temps que de s’accrocher à la queue du cheval du maréchal Victor qui lui fraie un chemin dans la cohue. Il est temps car le pont saute dix minutes après… ( Sabretache 1896)

François Forestier prend le commandement à la mort de son chef, le général Vial.
Le 18 octobre, il sert à Hanau le 30 octobre en première ligne à gauche du général Dubreton. Les Bavarois de Becker sont enfoncés et Forestier lui fait 900 prisonniers.
Il vient de gagner, sous les yeux de l’Empereur, ses premières étoiles de général de brigade, grade qui lui sera conféré officiellement, le 19 novembre 1813.

Gouvy

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Gouvy » 09 mai 2009, 18:25

Merci pour ce récit, c'est, comme d'habitude, passionnant...

Cordialement,

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 10 mai 2009, 20:08

Eh oui, mon cher Gouvy, nos Montagnards Chasseurs de Dahu ont bien mérité...

...Le quartier impérial est à Francfort le dimanche 31 octobre et le 2 novembre à Mayence, où Napoléon reste jusqu’au 7, date à laquelle il repart pour Paris.
Le 2 novembre, le Grand-duc de Hesse-Darmstadt rejoint les Coalisés et le 3, le Roi de Würtemberg signe avec eux, le Traité de Fulda.

Le général Decouz va rester quelque temps à Ober Olm, au sud de Mayence.
L’armée se soigne, les hôpitaux sont pleins de blessés et beaucoup de malades du typhus.

Il écrit à Lise :
" Ma chère amie, tu as dû être inquiète en ne recevant point de mes nouvelles car je pense que toutes les lettres que je t’ai écrites depuis un mois ne te sont pas parvenues, mais console-toi, je me porte aussi bien que possible après de bien grandes fatigues ;
La dernière lettre que jai reçue de toi est du 9 septembre
Tu es sans doute à Francin dans ce moment ?
Fais vendre le blé et le vin, ancien comme le nouveau, si cela est possible. Suspends toutes réparations autres que plantations et clôtures, après quoi ne tarde pas à rentrer à Grenoble où je t’écrirai pour venir me porter de l’argent dont cependant je n’ai pas le besoin pour le moment, malgré que par la perte de ma voiture et de quelques chevaux, je sois presque démuni ainsi que mes domestiques.
La dernière lettre que
Adieu, je vais me mettre dans un mauvais lit pour la première fois depuis deux mois. Reçois un million de baisers que je te prie de faire refluer sur mes deux petits amours. "

Deux jours plus tard, il a retrouvé les lettres en attente et le dit à Lise
" Ta lettre du 28 septembre contenait des cheveux de mes deux petits mais. Tu as bien fait de me les envoyer…
Ta lettre du 18 octobre est celle du deuxième jour de Leipzig qui a été bien chaud. Je me suis battu toute la journée et ma division a fait un mal inconcevable à l’ennemi. C’est ce jour que j’ai perdu ma voiture et je me suis vu un moment manquer de vivres et de vin pendant la retraite, mais la providence est grande et je n’ai manqué de rien… "

Il donne aussi des nouvelles du général Marchand leur voisin de Grenoble, celui qui sera commandant à Grenoble lors de la Remontée de l’île d’Elbe et de Boyer de Rebeval, de Vaucouleurs.

Beaucoup de travail pour se réorganiser, et le 26 novembre, Decouz est à Coblentz et envisage de faire venir Lise, avec le petit Joachim. Il est prévu pour tenir garnison au Luxembourg, car Napoléon s’attend " à ce que la guerre ne devienne sérieuse du côté de la Hollande "...

Le 1er décembre de Trièves, il presse le voyage, lui indiquant la route " je crois que tu dois aller à Lyon, Lons-le-Saunier, Dijon, Nancy, Metz et Luexembourg. Cette route que le général Boyer connaît parfaitement est très bonne. Nous irons au-devant de toi à Thionville. Le général Curial est à Metz et te dira toujours où je suis, iol ne faudra qu’envoyer quelqu’un de la poste ou de l’auberge chez lui. En attendant apporte avec toi une douzaine de couverts et de vacherins… "
Les vacherins sont des fromages de Savoie…

Les événements vont se succéder et il n’y aura pas de voyage.
Pierre Decouz va effectivement à Thionville mais pour mettre en état de marche sa division fort incomplète. Il rend compte au maréchal Mortier.
" Vous pouvez répondre à monsieur le Préfet de la Moselle que les corps de ma division ne sont pas payés comme le croit son Excellence le duc de Valmy ( Kellermann père) et que par conséquent ils ne peuvent acheter leur viande et leur légumes "..

A la fin du mois de décembre, violant la neutralité Suisse, l’ennemi franchit le Rhin.
En Lorraine, l’organisation des corps n’est pas terminée.

Le 29 décembre, Decouz écrit au colonel du 7° régiment de voltigeurs que " d’après l’intention de l’Empereur et les ordres de monsieur le général Curial, les cadres des 5° et 6° compagnies de chaque bataillon doivent être envoyés à Metz. Ces compagnies formeront un 3° bataillon par régiment qui ne recevra de conscrits, que quand les deux premières divisions de voltigeurs ou les seize bataillons qui les composent seront complétés à 12.000 hommes "...

Une lettre à Curial :
" Mon cher général,
Le colonel Grettré réclame la musique qui est actuellement au 9° régiment et qui doit passer au 7°, le 1er janvier 1814.
Si cette musique ne rejoint pas le 7° je vous prie au moins de faire compléter celle du 5° qui est réduite à 18 musiciens.
On nous refuse toujours ici les vivres de campagne. Ce refus paraît venir de monsieur le Préfet de la Moselle ? Que faut-il faire ? "...

Une autre à son épouse, lui demandant de venir à Paris à la fin de janvier…
" Tu as bien fait, ma chère Lise, de ne pas venir me rejoindre, étant susceptible de marcher à chaque heure suivant les circonstances.
Que Dieu vous garde tous en bonne santé. Tu m’écriras de Paris. Je vous baise tous bien fort.
Ma chère amie, mes chers enfants, l’Etre Suprême vous conservera "...

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 11 mai 2009, 09:28

Le 2 janvier, Curial à Metz reçoit un message par télégraphe lui donnant l’ordre de tenir sa division en alerte. La veille, Blücher a passé le Rhin avec 80.000 hommes.
Decouz n’a toujours pas pu réunir assez de canoniers et de soldats pour servir ses batteries.
Un espèce de va et vient entre la Lorraine et la Belgique, où l’on craint l’invasion de la Hollande, complique encore les choses.

Le 10 janvier, le maréchal Ney est désigné pour commander les trois divisions de Curial dont celle de Decouz. Mais Ney ne bouge pas et n’ordonne rien.
Alors qu’il y a Epinal à sauver, les soldats de Decouz sont toujours à Thionville…
Le maréchal Victor, qui ne met pas la Plaine d’Alsace en état de défense, est retraite sur les Vosges.

En ce qui concerne les frontières des Alpes, Decouz ne doit pas ignorer que les menaces se précisent. Le département du Simplon a été abandonné trop rapidement par les troupes Françaises et leur commandant Hénin de Cuvillier est déféré devant le tribunal de la Guerre.
Les soldats en repli sont réunis à Montmélian, soit à 5 kms de Francin.
De là, ils gagnent Grenoble où le général Marchand va être nommé commandant de la place.
En face, il y a le général Autrichien Bubna qui n’est pas un foudre de guerre et qui malgré sa supériorité numérique temporise.

Le 11 janvier Decouz écrit à sa Lise.
C’est sa dernière lettre...

" Si ma présente arrive jusqu’à toi, ma bonne amie, dis moi quelle route tu prends pour te rendre à paris ou ailleurs…
Je te serre sur mon cœur avec mes enfants " …

La route conseillée est celle, plus sûre par Moulins, Nevers et Nemours car l’ennemi s’est déjà montré à Châlons sur Saône.

Il demande à Lise de lui écrire à Châlons sur Marne.
En effet Decouz est toujours à Thionville, où il reçoit cette lettre de Curial
« Mon cher général,
Monsieur le duc de Raguse envoie un bataillon à Thionville. Aussitôt que ce bataillon y sera arrivé, vous partirez avec votre division pour rendre à Metz et de là suivre le corps d’armée du maréchal, sous les ordres duquel vous serez ;
Vous êtes fort heureux que le maréchal duc de Raguse soit arrivé à Metz, sans lui vous resitez bloqué à Thionville.
Je vous salue d’affection
Le général comte Curial »

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 11 mai 2009, 10:32

[aligner]En l’absence de l’Empereur toujours à Paris, les contradictions sont telles que Decouz ne quitte Thionville que le 16 janvier, pour faire retraite sur Saint-Mihiel afin d’assurer la liaison avec Mortier
François Forestier, le 25 décembre, a retrouvé le général Duhesme à la 3° division du 2° Corps. Puis, début janvier 1814, Forestier commande par intérim, en l’absence de Dubreton, la 2° division du 2° corps sous les ordres du maréchal Victor.

Le temps est affreux : après le grand froid, c’est la pluie, le dégel, la neige et la faim…
A Saint-Mihiel, Decouz reçoit de Marmont lettres sur lettres, lui disant d’attendre sur place.
Le 19 janvier, de Verdun, Marmont lui enjoint de " placer les deux tiers de son infanterie sur la rive gauche de la Meuse à Saint-Mihiel, avec des pièces d’artillerie balayant le pont. Je laisse à votre disposition le général Van Merlen, sa cavalerie légère qui doit être placée sur la rive gauche, en remontant la rivière jusqu’aux postes du duc de Bellune qui doit occuper Commercy "…
A cette heure le dégel, la pluie provoquent des inondations qui, à la fois contrarie le système de défense et oblige les habitants à évacuer…

Le 21 janvier, Decouz, toujours à Sant-Mihiel, reçoit un courrier du chef d’escadrons du 15° dragons qui comprend 300 cavaliers, qu’il se replie de Commercy à Ligny-en-Barrois, avec le général Briche.
Decouz n’est pas sans inquiétude pour sa position.

Le 23 janvier, Curial lui griffonne un billet :
" Mon cher Decouz, je sais combien votre position est désagréable avec vos jeunes conscrits, mais le moment est critique, je ne puis rien pour vous et il faut prendre patience.
Faites preuve de zèle et de dévouement. Faites aussi tirer le meilleur parti de votre troupe.
Plusieurs corps de cavalerie et infanterie viennent d’arriver à Châlons.
L’Empereur ce soir, ainsi nous espérons que tout changera bientôt
Amitié de cœur
Curial "…

En effet, le 25 janvier, à l’aube, Napoléon quitte, à Paris, Marie-Louise et son fils qu’il ne reverra plus jamais...
Le soir, il est à Châlons,..

Le lendemain, Decouz, passant par Revigny, Vitry-le-François, défonçant les chemins détrempés de la Woëvre, est là avec la 1ère division de Meunier.
Decouz a conduit 2691 soldats et 114 officiers au rendez-vous.
Meunier a 4.11 hommes et 99 officiers.

Cette nuit, Blücher a décidé de gagner Arcis-sur-Aube, par Gondrecourt et Brienne…[/aligner]

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 11 mai 2009, 12:15

L'armée française se dirige, le 29 janvier sur Brienne.
La division de cavalerie du général Piré, formant l'avant-garde découvre à 8h00, entre Maizières et Brienne des partis ennemis qui se replient. Elle continue à s'avancer, à 14h00, elle trouve deux régiments d'infanterie et six escadrons de cavalerie barrant la route à hauteur de Perthes. On commence de part et d'autre à se canonner. L'armée ennemie se montre alors en bataille, à droite et à gauche de Brienne et occupe la ville.
La cavalerie française, sous les ordres du général Grouchy se déploie dans la plaine.
Le 5e corps tient la gauche, se porte, protégé par trois batteries, contre la cavalerie du comte de Pahlen qui évita tout engagement, puis se replie sur Brienne. Trois carrés d'infanterie Russe couvrent sa retraite, par une vive fusillade.

La cavalerie française seule est engagée, les mauvais chemins retardant la marche de l'infanterie. L'ennemi, embusqué dans de larges fossés et des jardins coupant le terrain dans tous les sens, ne peut être encore poussé sérieusement.
A 15h00, le corps du maréchal Victor paraît. Quoique harassé de fatigue, ce corps entre aussitôt en ligne. La division Duhesme commence le feu. Pendant une heure, la fusillade et la canonnade ne cessent pas, mais sans avantage marqué d'un côté ni d'autre.
A la nuit tombante, arrive le maréchal Ney. Napoléon le dirige avec la division Decouz sur Brienne, par le chemin de Maizières. Le général Duhesme renouvelle son attaque au centre, et le général Château, gendre et chef d'état-major du maréchal Victor, marche vers la droite, à la tête d'une colonne d'infanterie, se porte, en tournant la ville, vers le château. Position importante, escarpée, et d'un accès difficile.

La division Duhesme pénètre jusque dans Brienne, s'empara de deux pièces de canon, mais le général Blücher s'aperçoit qu'elle n'est soutenue que par de l'artillerie, lance sur elle quarante escadrons de cavalerie qui la ramènent et lui prend quelques pièces de canon.

La colonne du général Château après avoir pénétré dans le parc, gravit avec vivacité les terrasses du château sans rencontrer beaucoup d'obstacles. L'ennemi se croyant inexpugnable de ce côté, a négligé de les faire occuper par des forces suffisantes, de sorte qu'après un vif mais court combat, le château reste au pouvoir des Français.
Cette manœuvre, hardie et habile, décide de la journée.

Le général Blücher allait se mettre à table avec quelques officiers, lorsque l'apparition du général Château le force à se retirer précipitamment. Il faillit être pris par quelques grenadiers qui entrent par la fenêtre dans la salle à manger, et ne doit son salut qu'à l'obscurité de la nuit.
Profitant de ce premier succès, le général Château laisse 400 hommes pour garder la position, et culbutant tout ce qui s'opposait à son passage, descend dans la ville. Dans ce moment, l'ennemi vient de repousser la division Duhesme. Blücher, moins pressé alors sur son centre, réunit les corps de Sacken et d'Alsufief, pour une attaque combinée et fait assaillir le château de tous les côtés.

Trois fois les colonnes russes l'escaladent, trois fois elles échouent. Partout la terrible baïonnette les culbute. Les cours, les escaliers, le parc surtout, sont jonchés de cadavres. Le général Alsufief , ne pouvant tenir plus long-temps contre une si vigoureuse résistance, abandonne son attaque et rentre dans la ville.

Le général Sacken n'avait pas été plus heureux. Pendant qu'il attaque le château par l'intérieur de la ville, la brigade du contre-amiral Baste, soutenue par la division Meunier, a pénétré dans la grande rue, et en a chassé l'ennemi. Alsufief , trouvant sa retraite coupée, jeta ses troupes dans les maisons voisines, et longtemps entretient un violent feu de mousqueterie.
Il est 22h00 et l'obscurité de la nuit ne permettant aucune manœuvre aux deux partis, tous les corps sont pêle-mêle et se battent à outrance.

C'était véritablement moins une bataille qu'une horrible boucherie qu'éclaire l'incendie de la ville, où l'ennemi, pour protéger sa retraite, vient de mettre le feu. Vers 11h00 du soir, le général Grouchy, à la lueur des flammes, fait exécuter une charge par les dragons du général L’héritier, mais sans succès : l'ennemi ne peut être enfoncé. Enfin, à minuit, les deux armées, exténuées de fatigue, cessent le combat.
Les Français restent en possession du château et de la plus grande partie de la ville.
Les Russes laissent quelques troupes légères dans les dernières maisons, et profitent de la nuit pour effectuer leur retraite par la route de Bar-sur-Aube.
Les deux armées éprouvent de grandes pertes. 4 000 hommes du côté des Français, et 6 000 du côté de l'ennemi, restent sur le champ de bataille, tués ou blessés. De part et d'autre, on perd quelques centaines de prisonniers.

Le contre amiral Baste est tué, les généraux Decouz et Forestier sont mortellement blessés.

Turos M. J.

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Turos M. J. » 11 mai 2009, 17:53

Cher Route
Merci :fleur3: et mes amities :salut:
Maria Joanna

Route Napoleon

Re: Général***Pierre Decouz

Message par Route Napoleon » 12 mai 2009, 09:31

[aligner]Le 29 janvier, il pleut encore, le sol continue à dégeler. les voltigeurs de Decouz on repris courage car les paysans les aident à pousser leurs canons leurs caissons, leurs voitures.

Au soir, sous les nuages bas, les voltigeurs du contre-amiral Baste s'avancent suivis de ceux des 7° et 8° bataillons emmenés par Decouz.
Ils atteignent Brienne.
Blûcher dîne avec son état-major dans le château.
Au nord du dispositif, le maréchal Victor, a envoyé son gendre Châtaux, brigadier depuis novembre, à l'attaque du château.
Sur la gauche, le maréchal Ney appuye, prêt à couper la retraite vers le sud, vers Bar-sur-Aube.

Le général Châtaux est guidé par Royer, un camarade d'enfance de Bonaparte. Il entraîne les soldats du 37° et du 56° de ligne. Royer lui fait emprunter un passage qui contourne le château par la droite, passe sous un fossé rempli d'eau. Par les caves, il parvient à la salle à manger où Blûcher dîne avec ses officiers. dont un nommé Diestchin, Saxon qui habite à Brienne depuis qu'il y est marié. Blûcher ne doit son salut qu'à la présence d'esprit de Diestchin qui le guide vers une portte dérobée menant à une ferme située près de la Halle. Dietschin paiera le prix fort pour cette félonie

(Jacques Le Coustumier, dans Le Maréchal Victor).

A gauche, la seconde colonne de Victor se heurte à une défense désepérée des flots de cavaliers Russes d'Alsifiev. Les pertes sont lourdes et le général Forestier, qui succéde à Dubreton, est gravement blessé.
Il décèdera, le 5 février, des suites de cette blessure.

Blücher, avec une supériorité écrasante, s'efforce de desserrer l'étau pour retraiter au sud. Il ordonne à Sacken de prendre le château mais il se heurte à une résistance acharnée du 56°, bien retranché.
Le combat de nuit est terrible. Decouz qui a eu la jambe droite traversée par une balle au début de l'action, a refusé d'être évacué. Il est de nouveau blessé, une demi-heure plus tard, plus gravement à la poitrine, près de l'épaule.
Le contre-amiral Baste qui le remplace, avec les marins de la Garde, est tué.

A minuit, la victoire revient aux jeunes recrues de la garde qui a perdu 30 officiers et 1.000 hommes.
Les cavaliers de L'Héritier traquent de nuit les ennemis dans les rues de Brienne, mais la faiblesse numérique surtout en cavalerie, ne peut empêcher l'ennemi de retraiter sur Brienne-la-Vieille, sur la route de Trannes.
Blûcher manque encore d'être pris. On se saisit d'Hardenberg à côté de lui, sans qu'on le reconnaisse.
il aurait bénéficié de la complicité d'un émigré, Benançon, qui, répondant en français, aurait détourné l'attention des poursuivants...

Curial pend le commandement de la 2° division, pendant que Decouz est évacué sur Paris à petites journées.[/aligner]

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