Bonaparte VS Napoléon

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C-J de Beauvau
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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par C-J de Beauvau » 14 sept. 2018, 20:05

Cyril Drouet a écrit :
14 sept. 2018, 19:53
"Propagande royaliste" de Roederer ? Comme vous y allez... Non pas du tout...
J'ai évoqué Jacques Bainville comme historien royaliste" et non Pierre louis Roederer! et je vous demande quel est votre message en mélangeant les deux ?
La guerre c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas
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Cyril Drouet
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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par Cyril Drouet » 14 sept. 2018, 20:16

C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 20:05
et je vous demande quel est votre message en mélangeant les deux ?

Et bien relisez ce livre.


C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 18:40

Moi je l'ai lu dans ce livre

https://books.google.fr/books?id=eXQPDQ ... en&f=false

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Joker
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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par Joker » 14 sept. 2018, 20:29

C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 19:06
Dans cette acceptation le verbe souffrir doit être "traduit" par : admettre, opiner, assumer, tolérer, consentir Donner son aval, son accord. accéder, agréer, souscrire, permettre, signer, vouloir, autoriser, avaler, approuver ! to agree en anglais , sans être dans la souffrance physique et ou morale !
De la part d'un prof de français si je ne me trompe , ce jugement manichéen de douleur et de souffrance est surprenant !
Je n'ignore point le sens de ce verbe dans la citation de Napoléon mais j'ai voulu construire une espèce de métaphore en lui redonnant son sens primitif pour mieux mettre l'accent sur le caractère autoritaire du régime.
Il est dommage que vous n'ayez pas compris l'ironie sous-jacente de mon propos. ;)
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par C-J de Beauvau » 14 sept. 2018, 21:04

Joker a écrit :
14 sept. 2018, 20:29
C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 19:06
Dans cette acceptation le verbe souffrir doit être "traduit" par : admettre, opiner, assumer, tolérer, consentir Donner son aval, son accord. accéder, agréer, souscrire, permettre, signer, vouloir, autoriser, avaler, approuver ! to agree en anglais , sans être dans la souffrance physique et ou morale !
De la part d'un prof de français si je ne me trompe , ce jugement manichéen de douleur et de souffrance est surprenant !
Je n'ignore point le sens de ce verbe dans la citation de Napoléon mais j'ai voulu construire une espèce de métaphore en lui redonnant son sens primitif pour mieux mettre l'accent sur le caractère autoritaire du régime.
Il est dommage que vous n'ayez pas compris l'ironie sous-jacente de mon propos. ;)
En effet c'est dommage !!
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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par L'âne » 15 sept. 2018, 02:43

C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 16:58
Extrait d'un livre écrit par un polémiste qui ne fait pas l’unanimité :
On compare à Bonaparte n’importe lequel de nos chefs de l’État, pourvu qu’ils soient volontaires ou impérieux.
Je ne crois pas que ce soit la raison.
La France a besoin d'une incarnation. Napoléon l'a très (trop ?) bien incarnée. Comme l'a très bien dit Pierre NORA, "l'avenir s'est considérablement obscurci" et c'est très probablement la raison pour laquelle elle se cherche un sauveur.
Les Bonaparte sont légion, dans tous les pays, tous les domaines. Nous sommes tous des Bonaparte au moins dans nos rêves.
Sur ce plan, Napoléon incarne deux aspects : l'énergie (la volonté et la force) et la réussite.
Napoléon n’est pas Bonaparte. « Napoléon est une synthèse du surhumain et de l’inhumain », dira Nietzsche. « Il est hors ligne, hors cadre, ni un Français, ni un homme du XVIII siècle», ajoutera Taine. Bonaparte est un homme des Lumières ; Napoléon est la figure romantique par excellence. Bonaparte est un grand lecteur de Rousseau ; Napoléon s’est « dégoûté de Rousseau depuis [qu’il] a vu l’Orient ; l’homme sauvage est un chien ». Bonaparte est un jeune homme plein de passions ; Napoléon est un homme gouverné par sa raison.
Ça c'est de la musique...
Bonaparte est obsédé par son destin, Napoléon par l’Histoire. Bonaparte est le fils de sa mère ; Napoléon est l’héritier de Charlemagne. Bonaparte est corse, Napoléon, romain. Bonaparte a une famille encombrante et arrogante ; Napoléon « n’a point de famille si elle n’est française ». Bonaparte est un condottiere italien du XVe siècle, un contemporain de Dante, de Michel-Ange, de César Borgia. Napoléon est le Dioclétien d’Ajaccio, le Constantin du Concordat, le Justinien du Code civil. « Napoléon appartient à l’humanité antique », dira Nietzsche. Bonaparte a la fureur de l’ambitieux ; Napoléon, les ridicules du parvenu. C’est Bonaparte en lui qui s’exclame : « Quel roman que ma vie ! » ; c’est Napoléon qui ne cessait de regretter : « Ah, si j’étais mon petit-fils ! »
Le sauveur de la Révolution
Pareil...
La gauche ne lui pardonne pas d’avoir liquidé la Révolution. Il l’a pourtant sauvée. Cette gauche devrait relire Ernest Renan : « Si la réaction royaliste l’eût emporté en 1796 et 1797, la Restauration se fût faite alors avec de bien plus franches allures, et la République n’eût été dans l’Histoire de France ce qu’elle est dans l’Histoire d’Angleterre, un incident sans conséquence. Napoléon sauva la Révolution, lui donna une forme, une organisation, un prestige militaire inouï. »
C'est là où les mots (noms) ont une importance.
Bonaparte a très certainement sauvé la Révolution.
Il ne pouvait faire autrement et je crois, n'en déplaise à ses admirateurs inconditionnels, qu'un autre aurait probablement fait la même chose.
Il fut prodigieusement favorisé par les circonstances que ce soit pour accéder au pouvoir ou pour mettre en place des réformes qui attendaient le bon moment et, dans une moindre mesure, l'homme suffisamment énergique pour les mener à bien.
Il n'était pas seul et le premier de ses mérites est d'avoir su être l'homme de synthèses qui ne demandaient qu'à être traitées.
La droite ne lui pardonne pas « d’avoir rendu la France plus petite qu’il ne l’avait prise », selon le mot célèbre de Bainville, repris par de Gaulle, en oubliant que c’est lui qui a sauvé le Directoire d’une déconfiture militaire qui aurait entraîné le partage de la France entre les vainqueurs.
Le Directoire est corrompu et le France était sur le point de connaître une nouvelle guerre civile, c'est vrai.
Mais cela ne justifie en rien le résultat final.
Il ne faut pas perdre de vue les deux grands moments de l'Histoire napoléonienne : Bonaparte & Napoléon.
Cela revient à dire : vous dites qu'il a laissé la France plus petite qu'il ne l'avait trouvée, mais il faut lui pardonner car il l'a sauvée...
Bizarre...
De Gaulle finit sa phrase par : "Ne marchandons pas la grandeur"... Je crois que ces valeurs ne sont plus d'actualité et qu'elles n'étaient propres qu'à engendrer des mésintelligences entre les nations. La France actuelle est toujours aussi prétentieuse, donneuse de leçons...Quelque part sa situation devrait le lui faire comprendre et la rendre plus modeste.
C’est précisément à la reconnaissance des Français que Napoléon devra sa couronne, comme l’avait analysé Stendhal : « Le général Bonaparte pouvait dire à chaque Français : “Par moi tu es encore français ; par moi, tu n’es pas soumis à un juge prussien, ou à un gouverneur piémontais ; par moi tu n’es pas esclave de quelque maître irrité et qui a peur de se venger. Souffre donc que je sois ton Empereur.” »
Rien n'est possible sans la volonté implicite du peuple c'est vrai.
Napoléon pouvait surtout lui dire qu'il avait œuvré pour l'Égalité (en poursuivant les objectifs de la Révolution pour le peuple et en ménageant les bourgeois dont il avait besoin), la Fraternité (parce qu'il était au-dessus des partis en tant que Corse et donc étranger à toutes les factions) mais au prix de la Liberté. Là, on s'interroge toujours pour savoir s'il fallait faire passer en force les idées...Celle du blocus continental, qui ne lui appartient même pas, fut une erreur...

Je ne sais plus qui a dit : "Il aurait fallu fusiller Napoléon au pied d'une statue de Bonaparte !"
Il faut reconnaître que la formule peut-être tentante à bien des égards.

Quant à brandir sans arrêt les 3 000 prisonniers de Jaffa, exécutés, et le rétablissement de l'esclavage (aboli par la face sombre de la Révolution, par la volonté de 3% des gens de cette époque) c'est un peu mince...
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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par Cyril Drouet » 15 sept. 2018, 08:43

L'âne a écrit :
15 sept. 2018, 02:43
Le Directoire est corrompu et le France était sur le point de connaître une nouvelle guerre civile, c'est vrai.
La guerre civile était déjà d'actualité.

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Re: Bonaparte VS Napoléon

Message par Cyril Drouet » 15 sept. 2018, 10:07

Cyril Drouet a écrit :
14 sept. 2018, 20:16
C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 20:05
et je vous demande quel est votre message en mélangeant les deux ?

Et bien relisez ce livre.


C-J de Beauvau a écrit :
14 sept. 2018, 18:40

Moi je l'ai lu dans ce livre

https://books.google.fr/books?id=eXQPDQ ... en&f=false

Petite explication de texte.
Gueniffey (Bonaparte) écrit :
Bonaparte faisait partie de l'immense cohorte de disciples de Rousseau, même si, très tôt, lui avaient échappé quelques doutes sur la réalité historique de l'état de nature décrit par Rousseau, sans que, pour autant il contestât le postulat d'un homme naturellement bon et corrompu par l'histoire, la société et les inégalités. C'est en cela que le séjour en Egypte fut décisif : l'Italie n'avait pas détruit sa foi en Rousseau ; l'Egypte l'en dégoûta : "je suis surtout dégoûté de Rousseau depuis que j'ai vu l'orient, dira-t-il ; l'homme sauvage est un chien." Dans les Arabes il ne vit pas, comme Volney, des victimes de l'histoire et de l'injustice, ou, comme Savary, de bons sauvages miraculeusement préservés des méfaits de la civilisation, mais le visage sans fard d'une humanité hideuse : "C'est le spectacle de l'homme sauvage le plus hideux qu'il soit possible de se figurer." Bonaparte, cette fois, avait choisi Voltaire contre Rousseau."

Ici, pour ce qui de la citation sur Rousseau, Gueniffey par sa note 127 du chapitre 16 s'en rapporte à Bainville (Napoléon) :
"Dans le fond de son coeur, il emportera autre chose de cette expérience nouvelle : "je suis surtout dégoûté de Rousseau depuis que j'ai vu l'orient, disait-il ; l'homme sauvage est un chien.

Bainville ne donne pas de source mais se réfère en fait ici à Roederer (Oeuvres), ou ce dernier rapporte une conversation avec Bonaparte tenue le 13 janvier 1803 :
" Je lis tout ce qui paraît : mon secrétaire me le présente tous les matins avec une notice. Ce qui paraît est misérable : cela dégoûte. Quelle différence de tout ce qu'on écrit aujourd'hui, à Voltaire ! Plus je lis Voltaire, et plus je l'aime. C'est un homme toujours raisonnable; point charlatan, point fanatique... J'aime beaucoup même son histoire, quoiqu'on la critique. La Pucelle ne vaut rien à la jeunesse; mais elle égayé les gens mûrs. Voltaire est fait pour les gens mûrs. Jusqu'à seize ans je me serais battu pour Rousseau contre tous les amis de Voltaire. Aujourd'hui c'est le contraire. Je suis surtout dégoûté de Rousseau depuis que j'ai vu l'Orient. L'homme sauvage est un chien... La Nouvelle Héloïse est pourtant un ouvrage écrit avec bien de la chaleur. Ce sera éternellement le livre des jeunes gens. Je l'ai lu à neuf ans. Il m'a tourné la tête."

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