Le Duc de Wellington

Donnez un avis critique sur les ouvrages napoléoniens, les articles.
Prière d'indiquer le titre de l'ouvrage et le nom de l'auteur dans l’intitulé du message.

Modérateur : Général Colbert

Demi-solde

Message par Demi-solde » 19 juil. 2015, 12:53

Bruno Roy-Henry a écrit :Il eût été très heureux que le Lord passe à l'offensive en bougeant enfin son cul vissé en terre...
:lol:

Vous avez raison ; au mieux vantardise, au pire apocryphe ! Le Lord ? Balayer l'ennemi ? Il était bien trop prudent pour cela...

:salut:

la remonte

Message par la remonte » 19 juil. 2015, 16:12

Les débats de Putney et Peterloo seront plus marquants chez les Anglais que Waterloo :)

Joker

Message par Joker » 19 juil. 2015, 22:46

Je la crois apocryphe !
Pour information, cette citation est extraite des Mémoires du Duc by himself !

Le professeur Bernard pense cependant que, même avec ses vétérans, le duc n'aurait pu remporter qu'une victoire "ordinaire" à moins d'une panique toujours possible, aux cris de "Trahison" dans cette armée française de 1815 aussi nerveuse que vaillante.
Seule l'intervention flanquante des Prussiens pouvait logiquement amener la destruction de l'appareil impérial.
Mais cette intervention était prévue dans le contrat.
Wellington savait qu'avec son ensemble hétérogène et son infériorité numérique, il lui était impossible, sans son infanterie d'Espagne, de remporter la victoire, ni même de tenir indéfiniment.
Aussi convient-il d'admirer le prompt redressement de l'armée prussienne, vaincue à Ligny le 16 et dont une partie, le surlendemain, débouche, intacte, à Plancenoit et à Ohain.
Dans sa dépêche du 19, le duc rend un vibrant hommage à Blücher et à ses troupes ainsi qu'à l'action décisive du Corps de Bülow sur le flanc droit de l'armée impériale.

Il n'en reste pas moins vrai que par le choix et l'utilisation de la position ; par les procédés tactiques mis en oeuvre ; par son inflexible ténacité et par son exemple qui entraîna la confiance de ses soldats, c'est bel et bien Wellington qui fait figure de vainqueur.

"Avez-vous eu quelque anxiété à propos de l'issue de la bataille ?" demanda-t-on à l'un des survivants.
"Jamais", fut sa réponse, "si ce n'est au sujet du duc. Nous savions que, tant qu'il serait en vie, rien ne pouvait arriver de mal." (*)

(*) Cfr G. Davies, Wellington and his army, p 36, Oxford, 1954.

Nicolas-Jean

Message par Nicolas-Jean » 20 juil. 2015, 00:18

Je me permet un léger aparté dans votre passionnant débat.

J'ai lu récemment le livre de William Dalrymple intitulé "le moghol blanc", qui évoque le destin hors du commun du Résident Général à Hyderabad au début du XIXème siècle.

J'y ai relevé avec amusement et le plus grand intérêt des citations du Gouverneur Général des Indes, Lord Wellesley, et de son frère cadet Arthur, alors colonel et commandant à Mysore.

On constate à la lecture de ce livre que le frère aîné du futur duc de Wellington était un administrateur exceptionnel et un politique affuté (beaucoup plus que son cadet d'ailleurs, qui est toujours resté militaire dans l'âme).

Henri André

Message par Henri André » 20 juil. 2015, 09:12

Bruno Roy-Henry a écrit :Mais n'a-t-il pas dit : "les Prussiens ou la nuit" ?
Ce serait très surprenant et même incompréhensible.

Une telle citation ne pourrait avoir été prononcée qu'avant l'entrée en scène des Prussiens soit, au plus tard, vers 16h. Or il reste 5h avant la nuit à cette période de l'année. Comment, pour une bataille à peine engagée depuis 3-4 heures peut-on "espérer la nuit" qui ne viendra que dans 5h?
Cela n'a pas de sens.

Il est difficile de placer cette hypothétique citation plus tard dans la journée parce qu'alors, comment justifier l'espérance de la venue des Prussiens alors qu'ils sont déjà là!?
:salut:

Demi-solde

Message par Demi-solde » 20 juil. 2015, 10:13

Henri André a écrit :
Bruno Roy-Henry a écrit :Mais n'a-t-il pas dit : "les Prussiens ou la nuit" ?
Ce serait très surprenant et même incompréhensible.
Pas nécessairement. Wellington peut très bien avoir prononcé cette phrase devant la délicatesse de la situation. Comme une manière de dire que seul un miracle pouvait sauver sa journée ; un crépuscule impromptu ou... Blücher.

Et peut-être a-t-il laisser poindre par cette phrase son scepticisme momentané quant à l'arrivée opportune des Prussiens.

:salut:

Joker

Message par Joker » 20 juil. 2015, 18:45

Si l'on se réfère aux témoignages émanant des membres de l'état-major du Duc, ceux-ci laissent à penser que jamais celui-ci ne connut une véritable angoisse quant au résultat de la bataille.
Pourquoi aurait-il dès lors prononcé la phrase que souvent on lui prête : "Les Prussiens ou la nuit", puisque les Prussiens sont annoncés depuis de longues heures et que leurs premières unités sont en vue ?
Certes, ils apparaissent plus tard et en moindre nombre qu'il l'avait prévu, mais ils sont bel et bien là quand même.

Jamais non plus, Wellington ne s'est départi de son calme, comme l'écrit le témoin Basil Jackson : "... A de certains moments, la situation de l'état-major, exposé comme les troupes aux boulets et à la mitraille, était des plus pénibles ; à d'autres moments, elle était énervante ; mais rien de tout cela ne semblait émouvoir le duc, que j'ai eu maintes fois l'occasion d'observer... Sa contenance et son maintien restèrent toujours parfaitement sereins..."

Rappelons aussi que ce jour est l'un des plus longs de l'année et qu'à 19 heures, moment où Wellington est censé avoir prononcé cette phrase, il restait au moins deux bonnes heures de clarté.
Le soleil fait d'ailleurs son apparition au moment où l'Empereur se prépare à faire donner sa Garde...

Demi-solde

Message par Demi-solde » 20 juil. 2015, 22:28

Joker a écrit :Basil Jackson : "...Sa contenance et son maintien restèrent toujours parfaitement sereins..."
Terriblement british. Passablement ennuyeux.

:salut:

Joker

Message par Joker » 22 juil. 2015, 18:47

Parfois, mon cher Joker, je m'étonne de votre naïveté concernant les déclarations de nos fieffés coquins d'Anglais !
Il ne s'agit point de naïveté, mon cher Bruno, mais d'une simple volonté d'apporter des pièces contradictoires au dossier. :ange:
Je me charge de retranscrire des faits rapportés par d'autres et je laisse à chacun le soin de les examiner et de décider s'ils méritent d'être retenus ou non.
En agissant de la sorte, je pense faire preuve d'objectivité car il n'est jamais bon de se fier à un seul son de cloche. :)
ses thuriféraires assurent que, sans même l'intervention de Bülow, Sa Grâce aurait finalement pris l'offensive et repoussé les Français...
Je ne le conteste point.
Mais je me permettrai toutefois de rappeler que Napoléon a aussi ses propres thuriféraires qui ne jurent que par la version de la bataille qu'il donne dans le Mémorial de Sainte-Hélène.
Aussi, faut-il savoir faire la part des choses de part et d'autre et convient-il de trier le bon grain de l'ivraie afin de tenter de se faire une idée la plus précise possible de l'exact déroulement des faits... :vive-histoire:

Joker

Quelques considérations générales

Message par Joker » 23 juil. 2015, 20:04

On peut certes ne pas aimer le duc de Wellington ; sa suffisance, son arrogance et son flegme tout britannique peuvent agacer ; on peut mettre en doute ses capacités de stratège et de tacticien, mais il n'empêche que l'on doit également mettre certains faits à son crédit.

L'homme était économe du sang de ses hommes et il n'a jamais ordonné de représailles sur ses ennemis.
Après la bataille de Waterloo, il a ordonné que les blessés adverses soient pris en charge et soignés correctement et que les prisonniers soient traités humainement.

Contrairement à Blücher qui haïssait tout ce qui était français, il ne faisait la guerre qu'au seul Napoléon et non à la France.
Ainsi, lors de l'entrée de ses troupes sur le sol national, il avait formellement interdit toute exaction contre les habitants et toute forme de pillage.
Il en résulte que les troupes de Sa Grâce reçurent plutôt un bon accueil de la part de la population des régions traversées alors que les Prussiens se comportaient comme de vrais soudards, pillant et violant à qui mieux mieux.
Alors que Wellington le faisait remarquer à un officier supérieur prussien, celui-ci lui rétorqua : "On voit bien que vous n'avez jamais subi d'occupation française sur votre sol !" :roll:

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • Le Duc de Wellington à Waterloo
    par Joker » 30 avr. 2019, 20:16 » dans L'actualité napoléonienne
    6 Réponses
    239 Vues
    Dernier message par C-J de Beauvau
    01 mai 2019, 19:48
  • "Le Duc de Wellington, pourquoi Napoléon ne pouvait que perdre" - Henri Bernard
    par d'hautpoul » 12 nov. 2018, 13:16 » dans Espace visiteurs
    6 Réponses
    484 Vues
    Dernier message par C-J de Beauvau
    26 nov. 2018, 17:52
  • Buste de Wellington ?
    par Soldat Inconnu » 01 avr. 2019, 07:40 » dans Bivouac des reconstitueurs & militaria
    4 Réponses
    222 Vues
    Dernier message par Soldat Inconnu
    01 avr. 2019, 13:30
  • La lettre de Wellington (Roman)
    par Eric LM » 17 mai 2018, 17:14 » dans BIBLIOTHÈQUE EMPIRE - L'actualité du livre napoléonien
    4 Réponses
    894 Vues
    Dernier message par Joker
    03 juil. 2018, 20:01
  • La compassion et le pacifisme de Wellington
    par Joker » 25 août 2019, 19:42 » dans Salon Ier Empire
    22 Réponses
    736 Vues
    Dernier message par Demi-solde
    15 sept. 2019, 09:08