L'ADIEU A L'EMPEREUR

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Modérateur : Général Colbert

Route Napoleon

VERITE

Message par Route Napoleon »

:salut: Capitaine SYLLA, je ne suis le rédempteur de personne.
Je recherche simplement la vérité, au travers de mes lectures.
Comme tout le monde, au sommet de ma pyramide des priorités, j'ai placé ma femme et mes enfants.
Ayant dramatiquement perdu ma première épouse, suite à un accouchement qui s'est mal terminé,
puis, plus tard un de mes fils, dans un accident de plongée sous-marine,
je comprends ce que Napoléon peut ressentir, quand on lui enlève sa femme et son fils...

Route Napoleon

LETTRES

Message par Route Napoleon »

:salut: Capitaine SYLLA
A t-elle seulement eu une relation épistolaire, avec lui ??
Elle ne pouvait pas pas plus qu'aucun membre de la famille, toute relation épistolaire étant interdite à Sainte-Hélène. De toutes façons on verra que le débarquement à Golfe-Juan aura des conséquences fâcheuses, à Vienne, pour Marie-Louise et le clan Français encore autour d'elle. Le Baron Méneval, Madame de Montesquiou et les autres seront priés de renter en France et l'Aiglon mis sous bonne garde. Cet " enfant du monstre " fait peur et Metternich fera preuve de fermeté à son égard.

La lettre que vous citez, fait partie du lot publié à Vienne, sous les auspices du comte Falkenhayn, ministre de l’agriculture, d'un choix des lettres que Marie-Louise écrivit de 1799 à 1847, à la comtesse Colloredo, qui avait dirigé son éducation pendant dix ans, et à la fille de celle-ci, Victoire de Pontet, comtesse de Crenneville. Ce comte de Falkenhayn dira : " Nous avons mis tous nos soins à trier ses lettres, dit l’éditeur allemand, pour être sûr d’appeler sur elles l’intérêt du public, trop heureux s’il était excité au point d’attirer son attention sur la tombe de la duchesse de Parme. Puissions-nous, le jour des Morts, où le monde afflue dans le caveau impérial, entendre dire : " Voici le cercueil de l’archiduchesse Marie-Louise, qui, l’année 1810, s’est sacrifiée pour la monarchie et son père ! ".

Après le passage de Marie Waleska à l'île d'Elbe, début septembre, Marie-Louise dira " Je ressens comme une lame dans mon âme ".
Je ne veux excuser personne mais qu'auriez-vous fait, vous sachant trahi ?

Route Napoleon

La tartine beurrée

Message par Route Napoleon »

:salut: viewtopic.php?f=7&t=16583&start=165

Mathieu Dampierre

Message par Mathieu Dampierre »

Marie-Louise dira " Je ressens comme une lame dans mon âme ".
Je ne veux excuser personne mais qu'auriez-vous fait, vous sachant trahi ?
...vous CROYANT trahi...

On aura beau chercher des excuses à Marie-Louise, la seule qui fut réellement trahie fut Marie Waleska, ce qui ne l'empêcha pas de rester fidèle jusqu'à la fin.

:salut:

Route Napoleon

MARIE WALESKA

Message par Route Napoleon »

:salut:
Extrait de Gilbert STENGER - Le Retour de l'Empereur - Plon 1910
"...Le bruit s'était répandu aussitôt que cette dame était Marie-Louise, échappée secrètement de la Cour de Vienne et le maire de Marciana avait illuminé son village. De tout ce bruit, Napoléon fut grandement contrarié. ce n'était pas Marie-Louise qui le venait voir, Marie-Louise que les Elbois attendaient depuis quatre mois. Marie-Louise qui avait aux Mulini ses chambres préparées, dans les écuries son cheval réservé dont Napoléon parlait sans cesse. C'était la comtesse Waleska. Durant trois jours il la garda sous la tente, ne la montrant à personne, tout à son amour, tout à ses regrets, à ses projets d'avenir, se livrant tout entier...
Il n'avait jamais cessé de la voir. Durant les guerres d'Allemagne elle avait partagé ses repas, à Paris, elle était introduite, nuitamment, par une petite porte aux Tuileries et vivait ignorée dans un petit hôtel modeste. Le mariage avec l'Autrichienne n'avait pas interrompu leurs relations.. Elle adorait cet homme, pour tout autre qu'elle incompréhensible, dont elle avait discerné la tendresse de coeur, sous l'emportement de la volonté...
Elle portait au doigt une bague contenant avec les chevaux de son amant, cette légende "Quand tu ne m'aimeras plus, je t'aimerais encore". Marie-Louise n'était que la femme d'apparat qui soutenait Sa Majesté Impériale et l'unissait aux grandes familles souveraines. Marie-Louise était la consécration de son ambition, l'autre la douce Polonaise, la consécration d'un amour plein de poésie.
Alors pourquoi réclamait-il, avec tant de force, la venue de Marie-Louise ? Pourquoi interrogeait-il si longuement Campbell, revenant d'Italie, sur les intentions de la Cour de Vienne ? Tant que l'Autriche lui refuserait sa femme et son fils, il avait tout à craindre pour sa liberté. Seul, on l'enlèverait, on le transporterait au milieu des mers, d'où il ne pourrait jamais revenir. Marie-Louise serait une sauvegarde. Il y avait bien encore, dans cette multiplication de lettres, quelque sourde colère contre celle qui l'abandonnait aussi vite et voyageait en Suisse, en compagnie d'un général Autrichien, que l'on disait déjà être son amant. Waleska ne pouvait lui avoir caché les caquets colportés dans les Cours d'Europe et sans lui révéler brutalement cette descente dans le libertinage d'une femme, qui portait le plus grand nom du monde, elle avait dû, par ses insinuations et ses réticences, lui faire comprendre qu'il était inutile de regretter la mère de son fils, qui déshonorait son nom..."

Gilbert Stenger, excellent écrivain, dont j'ai les 6 volumes sur le Consulat, est pris ici en flagrant délit d'erreur grossière.
Erreur habituelle en ces années, entre la guerre de 1870 et la Grande Guerre, durant lesquelles la haine de la Prusse et de l'Autriche il fallait rabaisser tout ce qui venait d'outre-Rhin. Erreur, car Marie Waleska vient à l'île D'Elbe le 1er septembre, tandis que Marie-Louise est en France, à Aix en Savoie où le général Neipperg n'est encore qu'un "surveillant". Aix en Savoie est en France en 1814 ce qui fait que l'Aiglon n'a pu venir. Louis XVIII refusant formellement. C'est Corvisart qui a imposé Aix en Savoie. François II avait suggéré les eaux de Baden, pour sa cure thermale, Napoléon les eaux de Lucques. Le casanier Corvisart avait brandi l'obligation médicale.
La descente dans le libertinage est une légende, propagée par Decaux et Castelot se référant aux mémoires de Faucigny-Lucinge, qui avait confondu avec la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme, la maîtresse Godoy...
Sous le second Empire, l'Inpératrice Eugénie, épouse du Napoléon III disait pis que pendre de sa tante Marie-Louise, qui n'était pas en reste à la Cour de Vienne où l'Empereur François-Jospeh l'appelait " Das schauderhafte Frauenzimmer - l'épouvantable personne"...

La venue de Marie Waleska à l'île d'Elbe est un bon exemple de la loi de Murphy citée plus haut.
Si elle avait été directement de Gênes à Naples, elle n'aurait pas fait de tort à Napoléon, et Marie-Louise ne serait pas tombée dans les bras de Neipperg...
Son séjour de trois jours a ameuté toute l'île. Les espions on fait circuler l'information. Toute l'Europe est mise au courant. Y compris Marie-Louise à Aix en Savoie, d'autant plus que Metternich veut les séparer et humilier Napoléon.

Marie Waleska, partie de Gênes se rendait à Naples où elle arrive le 15 septembre. Le roi Murat accepte de continuer le majorat de son fils Alexandre Waleski, qui a une rente sur le royaume de Naples. Marie Waleska restera à Naples jusqu'en mars, date à laquelle on y apprend le départ de Napoléon de l'île d'Elbe.

Route Napoleon

ENCORE MARIE WALESKA

Message par Route Napoleon »

:salut: Je viens de mettre la main sur ce livre

Image

Je voulais des détails sur le séjour de Marie Waleska à Naples, durant l'hiver 1814/1815, après être passée sur l'île d'Elbe.
Son passage sur l'ile d'Elbe est très bien détaillé, sauf un passage
" Elle savait que l'irrésistible Neipperg avait maintenant remplacé Napoléon dans le cour et les pensées de Marie-Louise...." C'est archi-faux ! D'abord Neipperg est absolument pas "irrésistible" c'est un fantasme de femme et l'auteure est Christine Sutherland...
Et nous savons que Marie Waleska est venue sur l'île les premiers jours de septembre 1814, alors que Marie-Louise est encore à Aix en Savoie, avec son groupe de Français dont Méneval. Neipperg elle s'en moque dans ses lettres à la maréchale Lannes, le traitant de militaire qui marche comme un militaire. Ce n'est que plus tard, lors du retour à Vienne, en passant pas la Suisse et après avoir appris la rencontre de Napoléon et de Marie Waleska, que Marie-Louise donne un coup de canif dans son contrat de mariage, s'étant trouvée seule avec Neipperg dans un chalet dans la montagne, sous un violent orage. Passade d'un moment la liaison n'interviendra que plus tard lorsqu'elle aura besoin de son aide pour garder le Duché de Parme que lui disputent Talleyrand et Metternich, rien de moins...

Christophe

Toujours Marie Walewska...

Message par Christophe »

[aligner]Christine Sutherland... Cet auteur est une romancière à l'eau-de-rose... :fleur3: Elle confond Neipperg (et son oeil borgne) avec Marlon Brando ! Concernant Marie Walewka je préfère la biographie du comte d'Ornano, publiée aux Editions Comtales, en 1947.
-------------------------
Visite de Marie Walewska à l'île d'Elbe. Rappel de ce passage des "Mémoires" de Guillaume Peyrusse: "22 septembre 1814. Un bâtiment parut en vue . Une chaloupe du port fut le reconnaître. Nous la vîmes se diriger avec le bâtiment hélé vers la baie de Marciana. Le départ de l’Empereur et celui du Grand-Maréchal ne nous laissèrent plus de doute. Nous nous réjouîmes et pour l’Empereur et pour nous tous de cette heureuse arrivée ; nous revenions des impressions peu favorables que nous causait l’indifférence de Sa Majesté l’Impératrice. Son entrée dans Porto-Ferrajo [Portoferraio] était annoncée. Les canonniers étaient à leurs pièces pour saluer par cent coups de canon cet heureux événement, mais ce fut un rêve ! Au bout de quatre jours, Sa Majesté rentra dans Porto-Ferrajo [Portoferraio] et le bâtiment fut en vue, sortant des eaux de Marciana. L’Empereur avait reçu la visite de la comtesse Walewska et du comte Walewski, son fils..."
----------
Note complémentaire du mameluck Ali:
« L’Empereur avait connu Mme Walewska à Varsovie, lors de la campagne de Pologne. Le jeune garçon était fils de cette dame et de l’Empereur. C’est celui qui est connu à Paris sous le nom de comte Walewski [Alexandre Walewski, 1810-1868]. Mme Walewska avait dû être, dans son jeune âge, une fort belle personne. Bien qu’ayant, lors de son voyage à l’île d’Elbe, la trentaine et peut-être quelque chose de plus [née en 1786, elle avait vingt-huit ans], elle était fort bien. (Ali, "Souvenirs...", Arléa, 2000, p.85). A propos de son fils, Ali précise (à la même page) que « le jeune Walewski était un gentil garçon, déjà grandelet [il avait quatre ans], la figure un peu pâle ; il avait quelque chose des traits de l’Empereur. Il en avait le sérieux».
[/aligner]

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