La vie de Napoléon par Stendhal et Chateaubriand

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Prière d'indiquer le titre de l'ouvrage et le nom de l'auteur dans l’intitulé du message.

Modérateur : Général Colbert

Bastet

Re: Stendhal

Message par Bastet » 21 avr. 2017, 20:53

:lol:
L'Anti Napoléon de Jean Tulard, « Napoléon a-t-il existé ? » n.12 p.24 " En fait en assimilant Napoléon à un mythe solaire Pérès entendait s’en prendre à l’académicien Dupuy, auteur d’un ouvrage sur l’origine des cultes, dont Pérès dénonçait "les rapprochements astronomiques et mythologiques moyens par lesquels ce malheureux auteur cherche à rendre douteux ce que nous avons de plus authentique et de plus respectable "
"Jean-Baptiste Pérès, né à Valence d'Agen en 1752, et mort en 1840, fut professeur de mathématiques et de physique chez les Oratoriens de Lyon, puis magistrat à Agen où il termina sa vie conservateur de la bibliothèque municipale.
Ce qui a fait sa renommée, c’est un opuscule, paru anonymement en 1827, Comme quoi Napoléon n’a jamais existé. Grand erratum. Source d’un nombre infini d’errata à corriger dans l’histoire du XIXe siècle. Son intention était de ridiculiser les thèses mythistes de Charles-François Dupuis qui prétendent établir l’inexistence de Jésus de Nazareth, en montrant qu’il suffisait d’appliquer leurs méthodes pour « prouver » l’inexistence de Napoléon." ( Wikipedia)
:salut:

Bastet

Re: Stendhal

Message par Bastet » 24 avr. 2017, 17:41

La destinée posthume de Napoléon ne peut que susciter l'étonnement.... déjà de son vivant ceux qui l'ont approché ont subi l'attrait fascinant qui se dégageait de sa personnalité, l'aimant ou le détestant
Napoléon est le personnage historique le plus porté à l'écran, celui dont le nom est le plus connu dans le monde. Napoléon n'a pas seulement dominé et transformé l'Europe, il a ébranlé le monde : Le Blocus continental conduira les États-Unis à entrer en guerre contre l'Angleterre en 1812....
Napoléon est le héros historique qui a le plus fait rêver .... Peut-on imaginer un destin plus fabuleux ? Lui, l'égal d'Alexandre et de César, qui s'est installé en conquérant dans les plus grands palais d'Europe, Schönbrunn, Potsdam, ou le Kremlin, finira tristement mais toujours glorieux dans la modeste demeure de Longwood à Sainte-Hélène, semblable à Prométhée enchaîné sur son rocher .....
Une vie qu'eût, sans doute, aimé conter Plutarque... Stendhal avait déjà constaté que plus de livres avaient été publiés sur Napoléon qu'il ne s'était écoulé de jours depuis sa mort et encore aujourd'hui "  il ne passe pas un jour sans qu’on écrive sur Napoléon " ( Eric Anceau).
"Vivant il a marqué le monde, mort il le possède " écrit Chateaubriand, mais vivant ou mort, il n’a cessé de fasciner le monde alors comment ne pas comprendre que l’on puisse parler à son propos de mystique napoléonienne et de légende impériale.... " On ne se hausse pas de l’obscurité et de la pauvreté complètes à la plus éclatante vie qu’ait connue le monde sans être pour quelque chose dans la ferveur spirituelle que les âmes y puisent par le moyen de la haine ou de l’admiration" ( Elie Faure)..

Légende noire suintant la haine, légende dorée flamboyante d'admiration, sont l'une comme l'autre non-rationnelles comme leur terminologie est souvent hyperbolique....mais il ne peut y avoir de légende sans ces éléments irrationnels de haine ou d'amour qui échappent à tout tentative d'analyse . Stendhal est de ceux qui ont subi ce pouvoir de fascination l'aimant et le détestant tout à la fois.
:salut:

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"Vie de Napoléon" de Stendhal (Librairie Gründ - 1936)

Message par Espagne » 18 juil. 2017, 14:18

Bonjour.

Biographie par Henri Beyle, qui fit une carrière auprès de Napoléon, même si comme il le précise au début, ils ne s'adressèrent la parole que très rarement. L'objectif de Stendhal était de corriger les erreurs volontaires ou pas, les mensonges des premières œuvres consacrées à Napoléon, et également, d'attiser l'intérêt des historiens.
La quasi totalité du récit couvre l'enfance et les premières campagnes d'Italie, jusqu'à la bataille de la Favorite. L'auteur avait l'intention d'insérer les propres récits de Napoléon concernant toutes ces batailles, mais il ne le fit pas, et, expédia encore plus (une dizaine de pages tout au plus), la suite et l'Empire.

On apprends donc des choses, par un de ceux qui fut proche de Bonaparte, en particulier, la genèse du tableau sur Rivoli du peintre Biogi, visible à l'époque (en 1837) au château d'Arenenberg, chez Hortense.
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Peyrusse

Napoléon et Stendhal (I)

Message par Peyrusse » 19 juil. 2017, 12:49

« La présence de Napoléon est constante dans l’œuvre, les idées, la vie de Stendhal.

L’auteur est né en 1783, donc quelques années avant la Révolution, au sein d’une famille farouchement attachée aux privilèges de l’ancien régime, et à la royauté. Par mépris de la mentalité grenobloise et par révolte contre son entourage qui le tyrannise, Henri Beyle s’enthousiasme pour le jeune général Bonaparte et pour l’armée d’Italie, dont il voit passer des régiments dans sa ville natale et qu’il rejoindra de 1800 à 1802.

Plus tard, sa carrière militaire, qui coïncide avec sa « période ambitieuse », se situe entièrement sous le règne de Napoléon : services sous Napoléon de 1806 à 1814; il « tombe » avec lui en avril 1814: la chute de l’Empire fut aussi la chute de l’auditeur au Conseil d’Etat Beyle, qui, comme beaucoup de soldats de la Grande-Armée, perdit sa situation lors du retour de Louis XVIII.
Ainsi toute la jeunesse de Stendhal jusqu’à sa maturité-il est âgé de trente et un ans en 1814- a été placée sous le signe de Napoléon et s’est trouvée plus ou moins directement rattachée à ses succès et à ses échecs. Il existe donc un lien sentimental entre les deux hommes, dans la mesure où chez tout être humain les souvenirs portant sur les premières années de la vie sont l’objet d’une affection particulière, et souvent d’une idéalisation. »

(Marcel HEISLER, « Stendhal et Napoléon », Editions A.-G. Nizet, 1969, pp.9-10)

Peyrusse

Napoléon et Stendhal (II).

Message par Peyrusse » 19 juil. 2017, 12:54

L'auteur du "Rouge et le Noir" a-t-il connu l'Empereur ?

« Nous touchons là un des points les plus controversés de la vie de l’écrivain.

Il est vrai que les passages relatifs aux rapports personnels entre Stendhal et Napoléon contribuent, par leur caractère contradictoire, à entretenir l’embarras du lecteur ou du commentateur. Effectivement dans la « Vie de Henry Brulard », Stendhal affirme : « Napoléon ne parlait pas à des fous de mon espèce ».

Or, en 1832, dans les « Souvenirs d’égotisme » (Le Divan, p.102) une phrase s’inscrit en faux contre dette dernière affirmation : « D’un autre côté, il y a du plaisir à parler du général Foy, de Mme Pasta, de lord Byron, de Napoléon, de tous ces grands hommes ou du moins ces êtres si distingués que mon bonheur a été de connaître et qui ont daigné parler avec moi. »

En 1837, la préface aux « Mémoires sur Napoléon » (Editions Rencontre) nous fournit des précisions sur ces entretiens de l’écrivain et de l’Empereur:

« Ce grand homme m’a adressé la parole pour la première fois, à une revue au Kremlin. J’ai été honoré d’une longue conversation en Silésie, pendant la campagne de 1813. Enfin, il m’a donné de vive voix des instructions détaillées en décembre 1813 lors de ma mission à Grenoble, avec le sénateur comte de Saint-Vallier. Ainsi, je puis me moquer, en sûreté de conscience, de bien des mensonges. »

En réalité, il n’est pas sûr que tous ces entretiens aient réellement eu lieu; celui dont l’authenticité semble la plus certaine, concerne la campagne d’Allemagne en 1813, car Stendhal en donne connaissance à sa sœur [Pauline]

Nous lisons dans une lettre écrite de Glogau, le 9 juin 1813 : « Il y a huit jours que j’ai eu une longue conversation avec sa Majesté » (Correspondance, Le Divan, tome IV, p. 135).

En effet, au lendemain de la bataille de Bautzen, Beyle accompagnant le 24 mai 1813 les équipages du grand quartier-général, assista, à une échauffourée sur laquelle il fut écrire un rapport. C’est en cette circonstance que Napoléon aurait eu avec lui un entretien particulier.

Il n’est d’ailleurs pas d’une très grande nécessité d’ouvrir ou d’entretenir une polémique sur cette question. Nous jugeons nécessaire d’en parler, car Stendhal semblait y attacher une assez grande importance. Mais ce souci de l’auteur est-il véritablement justifié, A-t-on accordé, accorderons-nous plus de crédit ou d’intérêt à ses jugements sur Napoléon selon qu’il a connu l’ Empereur en personne ou qu’il ne lui a jamais parlé ? Le jugement de Mérimée dans sa réponse à la préface des « Mémoires sur napoléon » fournit une excellente conclusion à cette question : « Pourquoi parler d’abord de l’avantage d’avoir connu Napoléon, lorsque vous dites quelques pages plus bas que cette connaissance se réduit à l’avoir vu quatre fois ; que ces quatre fois il ne vous parla que trois fois, et de ces trois fois, une fois pour dire des bêtises ? Ne vaudrait-il pas mieux dire que vous avez vécu à sa cour, et que vous avez été dans l’intimité de ses ministres ? Cela est un titre maintenant, tandis qu’il n’y a pas un mauvais général de brigade qui n’ai eu de plus longues conversations que vous avec l’Empereur.»

(Maurice HEISLER, « Stendhal et Napoléon, Editions A.-G. Nizet, 1969 , pp.81-83

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Re: "Vie de Napoléon" de Stendhal (Librairie Gründ - 1936)

Message par Espagne » 19 juil. 2017, 13:21

Merci pour ces précisions Peyrusse, qui complètent agréablement mon compte rendu de lecture :)
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Stendhal

Message par Peyrusse » 13 août 2017, 10:59

Henri Beyle, l’écrivain Stendhal, est-il passé à l’île d’Elbe alors que l’Empereur y séjournait ? A-t-il rencontré le Grand Homme ?

Dans une lettre adressée à sa sœur Pauline et datée de Florence le 24 septembre 1814, Stendhal écrit les mots suivant, malheureusement restés incomplets si l’on en croit une déchirure de papier mentionnée par H. Martineau le publicateur de cette « Correspondance » :


« En [allant] à Livourne, j’ai vu… à l’île d’Elbe… a reçu 16 millions… Angleterre. Il économise… que ton serviteur. »

(STENDHAL, « Correspondance (1812-1816) », tome IV, Le Divan, 1934, p.314).

---------------------

Le même H. Martineau dans « Calendrier de Stendhal » (Le Divan, 1950, p. 149), ne mentionne ni le passage de Stendhal à Livourne, ni à l’île d’Elbe. Victor Del Litto, autre biographe honorable de Stendhal, mentionne que du 29 août au 13 octobre 1814, le futur écrivain part de Gênes en bateau pour Livourne. (« La Vie de Stendhal », Editions du Sud / Editions Albin Michel, 1965 , p.178). L’île d’Elbe n’est pas citée. Bien évidemment, j’ai consulté les témoignages de Marchand, Peyrusse, Ali, Pons (de l’Hérault); l’Itinéraire de MM. Garros et Tulard, l’étude de Godlewski sur le séjour elbois de l’Empereur, mais en vain...

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Re: Stendhal

Message par L'âne » 13 août 2017, 12:05

Même si Stendhal avait prétendu avoir rencontré Napoléon, il aurait fallu démêler le vrai du faux, comme pour Chateaubriand. Je crois avoir compris qu'il prenait certaines libertés avec les faits historiques, s'intéressant plus au mythe.
Aurea mediocritas

Peyrusse

Re: Stendhal

Message par Peyrusse » 17 août 2017, 13:28

« Nous touchons là un des points les plus controversés de la vie de l’écrivain. Il est vrai que les passages relatifs aux rapports personnels entre Stendhal et Napoléon contribuent, par leur caractère contradictoire, à entretenir l’embarras du lecteur ou du commentateur. Effectivement dans la « Vie de Henry Brulard », Stendhal affirme : « Napoléon ne parlait pas à des fous de mon espèce ».

Or, en 1832, dans les « Souvenirs d’égotisme » (Le Divan, p.102) une phrase s’inscrit en faux contre cette dernière affirmation : « D’un autre côté, il y a du plaisir à parler du général Foy, de Mme Pasta, de lord Byron, de Napoléon, de tous ces grands hommes ou du moins ces êtres si distingués que mon bonheur a été de connaître et qui ont daigné parler avec moi. »

En 1837, la préface aux « Mémoires sur Napoléon » (Editions Rencontre) nous fournit des précisions sur ces entretiens de l’écrivain et de l’Empereur:

« Ce grand homme m’a adressé la parole pour la première fois, à une revue au Kremlin. J’ai été honoré d’une longue conversation en Silésie, pendant la campagne de 1813. Enfin, il m’a donné de vive voix des instructions détaillées en décembre 1813 lors de ma mission à Grenoble, avec le sénateur comte de Saint-Vallier. Ainsi, je puis me moquer, en sûreté de conscience, de bien des mensonges. »

En réalité, il n’est pas sûr que tous ces entretiens aient réellement eu lieu; celui dont l’authenticité semble la plus certaine, concerne la campagne d’Allemagne en 1813, car Stendhal en donne connaissance à sa sœur [Pauline]

Nous lisons dans une lettre écrite de Glogau, le 9 juin 1813 : « Il y a huit jours que j’ai eu une longue conversation avec sa Majesté » (Correspondance, Le Divan, tome IV, p. 135).

En effet, au lendemain de la bataille de Bautzen, Beyle accompagnant le 24 mai 1813 les équipages du grand quartier-général, assista, à une échauffourée sur laquelle il fut écrire un rapport. C’est en cette circonstance que Napoléon aurait eu avec lui un entretien particulier.

Il n’est d’ailleurs pas d’une très grande nécessité d’ouvrir ou d’entretenir une polémique sur cette question. Nous jugeons nécessaire d’en parler, car Stendhal semblait y attacher une assez grande importance. Mais ce souci de l’auteur est-il véritablement justifié, A-t-on accordé, accorderons-nous plus de crédit ou d’intérêt à ses jugements sur Napoléon selon qu’il a connu l’ Empereur en personne ou qu’il ne lui a jamais parlé ? Le jugement de Mérimée dans sa réponse à la préface des « Mémoires sur napoléon » fournit une excellente conclusion à cette question : « Pourquoi parler d’abord de l’avantage d’avoir connu Napoléon, lorsque vous dites quelques pages plus bas que cette connaissance se réduit à l’avoir vu quatre fois ; que ces quatre fois il ne vous parla que trois fois, et de ces trois fois, une fois pour dire des bêtises ? Ne vaudrait-il pas mieux dire que vous avez vécu à sa cour, et que vous avez été dans l’intimité de ses ministres ? Cela est un titre maintenant, tandis qu’il n’y a pas un mauvais général de brigade qui n’ai eu de plus longues conversations que vous avec l’Empereur.» »

(Maurice HEISLER, « Stendhal et Napoléon, Editions A.-G. Nizet, 1969 , pp.81-83).

Bastet

Re: Stendhal

Message par Bastet » 10 nov. 2017, 15:31

Stendhal a critique, a admire Napoleon et pourtant il a toujours garde une relative independance quant à l'Empereur. Certes ses jugements sur Napoleon sont contradictoires mais louanges et critiques, admiration et detestation revelent une vraie continuite de pensee a l egard de l homme qui joua un si grand role dans sa vie soit l'intuition de la passion qui entrainait les energies sous l Empire dans une exaltation de la gloire et de l'ambition. Stendhal par dela critiques ou louanges, par dela le heros par dela le tyran, a discerne l inflexible énergie qui habitait Napoléon et qui devait le conduire et à la grandeur et à sa perte " S'il avait pu douter de soi , hesiter, demander des conseils sur l Espagne par exemple, a Moscou pour s en aller a temps, il n eut pu avoir cette volonte immuable qui ne peut venir que d une extreme confiance en soi " ( Portrait de Napoléon)
:salut:

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