Revue gloire et Empire

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Modérateur : Général Colbert

L'ARCHEONAUTE

Message par L'ARCHEONAUTE » 02 avr. 2012, 21:00

Pour la couverture il s'agit d'une œuvre de Keith Rocco

Natalia

Gloire & Empire 51 : la bataille de Leipzig

Message par Natalia » 10 oct. 2013, 14:49

Et une belle contribution, Dominique ! Je suis sûre que les lecteurs apprécieront autant que moi. :croixhonneur:

Dominique T.

Gloire & Empire 65 Torres Vedras

Message par Dominique T. » 18 févr. 2016, 15:42

Au Portugal, ce diable de Wellington révèle sa vraie nature. Piètre tacticien, il préfère largement la défense, sur des lignes choisies et équipées à l'avance, à l'attaque qui nécessite autrement plus de savoir-faire et de brio. A Waterloo, cette prudence extrême montrera à la fois son intérêt - puisqu'il est indiscutablement le vainqueur de Napoléon - et ses limites - cette victoire n'étant obtenue que grâce à l'arrivée fort opportune des forces de Blücher.
L'indécise bataille de Bussaco, le 27 septembre 1810, témoigne déjà de cette logique. Retranchées derrière une crête protégée par des pentes escarpées et défendues de surcroît par les constructions existantes, les troupes anglo-portugaises subissent sans grands dommages plusieurs assauts français. Mais, alors qu'il est menacé d'être attaqué sur ses flancs, Wellington n'a surtout pas envie de connaître un désastre comme celui qu'avait subi le général Moore qui avait même perdu la vie lors de la bataille de La Corogne, le 16 janvier 1809. Il choisit prudemment de replier son armée derrière les lignes fortifiées de Torres Vedras.
Péniblement construit depuis novembre 1809 sur un terrain naturellement favorable, tout un ensemble de forts et de redoutes, organisé sur trois lignes distinctes, constitue un rempart formidable derrière lequel les troupes de Wellington peuvent attendre l'adversaire tout en se donnant la possibilité de se reposer et de se remettre en état. Pour fragiliser encore les Français, l'armée anglo-portugaise laisse, en avant des lignes, une large zone entièrement dévastée où ses ennemis ne trouveront aucune ressource. Ainsi, le piège est-il redoutable et particulièrement performant. La suite, qui est racontée dans ce numéro de Gloire & Empire, montre l'efficacité de ce dispositif qui amènera les Français à renoncer à reprendre Lisbonne comme ils en avaient reçu l'ordre.
Leur échec doit beaucoup aux hésitations de Masséna. Plutôt que de tenter d'arrêter immédiatement la retraite anglo-portugaise, les Français ont perdu du temps à Coimbra, laissant leurs ennemis prendre suffisamment d'avance pour se mettre à l'abri. A leur décharge, les troupes de Masséna, bien malmenées dans cette campagne, avaient elles aussi besoin de se reposer. Mais la sanction sera sévère et mènera à une retraite peu glorieuse.
Image

https://www.lelivrechezvous.fr/nos-revu ... -n-65.html

Joker

Message par Joker » 18 févr. 2016, 17:04

Cet épisode fait l'objet d'un long métrage portugais intitulé "Les lignes de Wellington" avec John Malkovitch dans le rôle principal et dont la seule qualité réside dans l'esthétisme.
Les informations fournies dans ce numéro de Gloire et Empire sont certainement de meilleure qualité pour qui souhaite en savoir davantage. :)

Dominique T.

Message par Dominique T. » 18 févr. 2016, 17:06

Pitié ! Pas encore ce film ! :lol:

Demi-solde

Message par Demi-solde » 21 févr. 2016, 12:31

Dominique T. a écrit :Au Portugal, ce diable de Wellington révèle sa vraie nature. Piètre tacticien, il préfère largement la défense, sur des lignes choisies et équipées à l'avance, à l'attaque qui nécessite autrement plus de savoir-faire et de brio. A Waterloo (...)
L'étonnant est qu'à Waterloo, quatre ans et demi plus tard, les Français ne tinrent aucun compte de la défaite de Buçaco, aucun RETEX selon l'expression actuelle ; Masséna est certes pré-retraité, Reynier et Junot sont décédés, mais Ney lui est au cœur des deux affrontements, à Buçaco comme à Waterloo. Pourtant, tout l'art de Wellesley est déjà présent en 1810 ; l'attente sur un point haut, l'essentiel des troupes à contre-pente à l'abri des regards et des boulets, et le long de la ligne quelques constructions existantes, maisons, fermes ou couvents, muées en redoutes passablement fortifiées. Face à cela, on retrouve en 1815 comme en 1810 la même stratégie française peu inspirée, à base d'assauts répétés dré dans l'pentu, encoublés par la végétation ou par la boue, héroïques certes mais voués à l'hécatombe. La Belgique est un plus plat pays que le Portugal, et le Mont Saint-Jean un relief moins escarpé que la crête de Buçaco, mais la similitude est frappante.

De plus, autre caractéristique wellingtonienne sous-estimée, le duc combattait pour vaincre ou pour retarder, mais il ne prenait jamais le risque de la défaite ; le temps jouait pour lui, en 1810 comme en 1815. Je connais très peu la bataille de Waterloo, mais si Wellington n'a pas retraité, s'il s'est entêté dans un combat scabreux, incertain, c'est qu'il devait avoir la certitude que Blücher arrivait ; il était probablement tenu informé en permanence de sa progression. En cas de doute, ou de défaillance prussienne, il aurait ordonné la retraite, comme lorsque Masséna entreprit de contourner la crête lusitanienne. La résistance, la constance, le flegme britannique en ce 18 juin prouvait l'imminence de l'irruption prussienne décisive. Napoléon espérait Grouchy, Wellington attendait Blücher.

Je suis souvent surpris que les Français n'aient jamais su s'adapter à Wellington, tacticien passablement ennuyeux mais par conséquent terriblement prévisible.

:salut:

Yves Martin

Semper fidelis...

Message par Yves Martin » 21 févr. 2016, 14:27

Mettez nous dans les botes d'un général anglais...vous disposez d'une bonne armée, solidement entrainée, fortement disciplinée et bien entrainée au tir, mais.......vos ressources humaines sont limitées car les îles britanniques ne sont pas extensibles et jusqu'au 19e siècle pas de chair à canon indienne, sud-africaine, canadienne ou australienne.
Donc, vous utilisez au mieux la défensive qui épuise votre ennemi et épargne vos forces. C'est marrant mais Henry V avait déjà compris cela à Azincourt...
Très bon travail de Natalia, comme toujours sur la guerre d'Espagne - il faudra qu'un jour elle rassemble tous ses travaux en un volume car ell est en train de nous donner L'Histoire de la guerre d'Espagne qui n'est jamais parue en Français.
Yves Martin

Henri André

/

Message par Henri André » 21 févr. 2016, 16:58

/

Demi-solde

Message par Demi-solde » 21 févr. 2016, 17:28

Yves Martin a écrit :Mettez nous dans les bottes d'un général anglais...vous disposez d'une bonne armée, solidement entrainée, fortement disciplinée et bien entrainée au tir, mais.......vos ressources humaines sont limitées car les îles britanniques ne sont pas extensibles et jusqu'au 19e siècle pas de chair à canon indienne, sud-africaine, canadienne ou australienne.
Donc, vous utilisez au mieux la défensive qui épuise votre ennemi et épargne vos forces.
Et "dans les bottes d'un général anglais", la côte n'est jamais un cul-de-sac et la mer est mon amie, pour le ravitaillement comme pour un éventuel rembarquement (voir La Corogne en 1809)...
Yves Martin a écrit :Très bon travail de Natalia, comme toujours sur la guerre d'Espagne - il faudra qu'un jour elle rassemble tous ses travaux en un volume car elle est en train de nous donner L'Histoire de la guerre d'Espagne qui n'est jamais parue en Français.
J'opine et je plussoie !!! :bravo2:

:salut:

O.Godeille

Message par O.Godeille » 27 mai 2016, 19:12

(J'interviens tardivement).

La tactique de Bussaco a été directement inspirée à Wellington par la raclée recue peu de temps avant à Roliça, où les 4.000 Français de Delaborde, retranchées sur une crête, fusillent les 16.000 Britanniques qui s'avancent comme à la parade.
Dans les batailles précédentes de Wellington, livrées en Inde et au Danemark, il n'y a aucune trace de cette tactique de retranchement.

De plus cette tactique de la défense en ligne n'était pas sans défaut: les troupes anglaises en longues lignes étaient très peu mobiles, et pouvaient être tournées. Ce que faillit réussir Massena à Fuentes de Onoro, ou Soult à Albuera.

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