Le mémorial de sainte-hélène (le manuscrit original retrouvé)

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Cyril
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ou comment se sentir proche de l'Empereur

Message par Cyril » 25 janv. 2018, 08:10

L'Empereur, dans un de ses voyages en revenant de Lyon, avait devancé tout le monde sur la hauteur de Tarare. Il se mit à causer chemin faisant avec une vieille bonne femme à laquelle il demanda où elle courait. " Voir l'Empereur à son passage, dit-elle. - Et qu'est-ce que cela vous fait observa-t-il. Vous avez renversé Louis XVI et celui-là a pris sa place. Tyran pour tyran, y avez-vous gagné? - Oh Monsieur, lui dit la vieille, c'est bien différent. L'un était roi des nobles; celui-ci est celui du peuple. C'est le nôtre.
alors c'est pour moi se sentir proche de l'Empereur car j'habite actuellement sur la route entre Lyon et Tarare...va falloir que j'aille vérifier où passait exactement cette route à l'époque.
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Re: Le mémorial de sainte-hélène (le manuscrit original retrouvé)

Message par Cyril » 25 janv. 2018, 09:25

le sommeil était la suspension momentanée des facultés sur lesquelles notre volonté exerce son pouvoir; et la mort, la suspension durable, non seulement de ces mêmes facultés, mais encore de celles sur lesquelles notre volonté est sans pouvoir
L'Empereur a des idées très arrêtées sur la médecine...et j'adore sa définition du sommeil et de la mort ci-dessus.
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Re: Le mémorial de sainte-hélène (le manuscrit original retrouvé)

Message par Cyril » 26 janv. 2018, 08:00

Tout ce qui touche l'Empereur et le concerne m'est précieux, j'ai la persuasion qu'il est des milliers de personnes comme moi.
Vous avez toujours raisons monsieur de Las Cases
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Une lettre inédite du général Jomini et adressée au comte de Las Cases...

Message par Peyrusse » 27 janv. 2018, 22:43

Jomini s'adresse au comte de Las Cases, lequel dans son "Mémorial de Sainte-Hélène", ne l'épargne point. Il s'agit de six pages autographes datées de "Paris, 14 juillet 1823".
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« Monsieur le Comte Las Caze [Las Cases]. J’ai reçu le billet que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser. Je vous prie de croire que je ne demande pas autre chose que d’être jugé équitablement. Vous avez sous les yeux une partie des pièces du procès. Pour peu que vous soyez juste, vous conviendrez que j’ai été cruellement traité. Si j’avais été français l’amour de la patrie m’aurait fait, sans doute, passer sur ces mauvais traitements. Mais étant étranger et nommé aide de camp de l’Empereur de Russie dès 1810, et d’un caractère impétueux, il n’est pas difficile de concevoir que je me sois laissé aller à un sentiment de résistance. « J’ai été aveuglé par un sentiment honorable » ce sont les propres expressions dictées par Napoléon à Ste Hélène. J’ajouterai à ce que vous avez sous les yeux les 4 faits suivants.

1° C’est que la veille même de mon départ, je pris les plus grandes précautions pour la sûreté du corps de Ney. J’eus même une altercation avec le Maréchal à qui je reprochai de laisser son parc de 100 pierres dételées, à découvert pour ainsi dire aux avants-postes, et les chevaux cantonnés à 14 lieues. Je proposai de faire passer la Katzbach à la cavalerie légère du Général Beurmann pour couvrir nos camps et nos canons. Le maréchal s’y refusa parce que la Katzbach faisait la ligne de démarcation lors de l’armistice. Je lui observai que l’armistice étant dénoncé et la reprise des hostilités imminente, chacun pouvait pousser des reconnaissances sur le territoire précédemment neutralisé, afin d’observer son adversaire, sauf à ce que les troupes s’arrêtassent au point où elles rencontreraient l’ennemi pour ne commettre d’acte hostile qu’à l’expiration des dix jours. Ney persista malgré ces bonnes raisons, et je pris le parti de donner de mon chef sans mot dire l’ordre à Beurmann d’arriver avec sa brigade à Lignitz, de s’établir au delà de la Katzbach et de s’éclairer pour couvrir nos positions, voulant éviter à Ney une catastrophe inévitable si l’ennemi venait à se présenter. Voilà monsieur le Comte comment j’ai quitté des camarades que j’affectionnais et qui m’accablaient d’injustes vexations. Voilà comment j’ai vendu leurs plans !!

2° Je dinai le jour même de mon départ avec le Comte Langeron (…) occupant le territoire neutre que Ney n’avait pas voulu fouler. Je me récriai contre une violation (qui selon moi n’en était pas une dès qu’on n’attaquait pas), mais je me gardai bien de dire un mot à Langeron des risques que courrait Ney et ses canons. Voilà les renseignements que j’ai donné à l’ennemi !!

3° Après ma lettre à M. Cassaing et sa réponse imprimée avec les pièces que je vous ai adressées, il semble superflu de revenir sur la fable du plan de campagne que selon vous j’aurais communiqué. Napoléon lui même a démenti cette ridicule fiction, qui je le sais ne vient pas de vous. J’ajouterai seulement que l’Empereur Alexandre ne m’a jamais demandé de renseignements si ce n’est un jour à Laun dans un diner où assistaient les 3 souverains ; il me demanda si le corps de Ney était aussi fort qu’on le disait. J’observai à sa majesté que tous les sujets prussiens au milieu des quels ce corps cantonnait, lui avaient sans doute déjà donné des notions assez exactes pour ne pas avoir besoin de les exiger de moi. L’Empereur applaudit hautement à ma réponse et s’excusa en quelque sorte de m’avoir adressé ces questions sans y réfléchir.

4° Enfin Monsieur, il ne sera pas difficile de prouver que vous m’inculpez avec un peu de légèreté d’avoir profité de la connaissance de ce qui se passait à Dresde, pour donner des conseils lors de l’attaque de cette ville. Je suis parti le 14 août de Silésie,Napoléon était alors à Dresde, l’attaque eut lieu le 26. C’est à dire douze jours après. Napoléon était alors en Silésie sur la Katzbach.Mes avis selon vous étaient fondés sur ce que je savais si bien, donc sur la présence de Napoléon et de toute son armée dans la place. Vous ne me supposez pas si bête, ni si présomptueux, mais en admettant même que je le fusse à ce point, vous n’en aurez pas moins hasardé une accusation fausse, puisque ce que j’aurais pu savoir le 14 était faux le 26. Ainsi mes renseignements auraient fait faire de belles bévues. Loin de là je conseillai l’attaque dès notre arrivée le 25, parce qu’un courrier de Meuperg et un autre de Blucher nous informerais que Bonaparte marchait en Silésie ; ce sont les alliés qui me l’ont appris. Chacun savait aussi bien que moi que l’armée se composait de 13 corps, mais où étaient-ils, que voulaient-ils faire, c’est ce que Napoléon et Berthier seuls savaient, et encore cela variait-il d’une minute à l’autre. Quant à l’état de la place de Dresden en elle même, je n’y avais pas mis le pied depuis 1808, et les alliés qui l’avaient évacuée à la fin de mai 1813, en savaient plus que moi à ce sujet.

Vous conviendrez après toutes ces vérités que si vous êtes disposé à être juste comme vous l’annoncez et comme j’en suis convaincu, il y aura beaucoup à faire pour réparer le tort que vous m’avez fait. Rien de plus permis que de critiquer les combinaisons des hommes, et leurs actions sont le rapport du talent. Mais qui a le droit de supposer des intentions criminelles, d’inventer des faits faux pour déchirer à son gré des réputations ? Le billet que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire me prouve que vous partagez mes sentiments contre ces hommes pour qui la calomnie est un passe temps ou même un besoin. Vous avez été trompé par de faux rapports et par les bulletins mensongers d’un Prince gascon. Vous ferez l’aide d’un galant homme en réparant un tort involontaire.

Je ne désavouerai pas plus d’avoir conseillé l’attaque de Dresde aux alliés, que je ne désavoue d’avoir amené quatre mois avant les 3 corps de Ney à Bautzen, malgré les ordres de Napoléon. Dans l’un et l’autre cas j’ai rempli mon devoir ; et un russe raisonnable aurait mauvaise grâce de me reprocher d’avoir en cette occasion bien servi contre lui. Quoi qu’étranger il m’en a plus coûté de voir gronder la foudre sur mes anciens camarades, qu’il n’en coûtait à tant de français que j’ai vus dans les rangs alliés. Après la bataille de Leipzig j’ai demandé un congé pour ne pas assister à l’invasion de la France. Si je suis accouru plus tard jusqu’à Langres et Chaumont, c’était pour veiller aux intérêts de la pauvre Suisse et de mon canton en particulier, dont l’existence était compromise par les menées autrichiennes. Chacun d’ailleurs que je n’ai pris aucune part aux opérations. Vous pouvez juger d’après cet exposé si j’étais homme à communiquer des plans, démarche criminelle et odieuse, qui m’eut perdu dans l’opinion du souverain auquel je devais m’attacher pour le reste de ma vie. Pardonnez Monsieur ces longues digressions ; j’attends avec une juste impatience, l’accomplissement de vos promesses. Mais si vous êtes pénétré de l’injustice que vous m’avez faite, autant que je le serais à votre place, vous ne vous bornerez pas à une rectification que personne ne lira, vous jugerez encore qu’il serait qu’il serait convenable de faire un carton au Tome 6 pour détruire dans les exemplaires restant une imputation qui serait le malheur de ma vie si elle avait le moindre fondement. La rectification servira pour les exemplaires déjà vendus, le carton pour ceux à vendre et pour les éditions à venir. Général Jomini »
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Re: Une lettre inédite du général Jomini et adressée au comte de Las Cases...

Message par Bernard » 28 janv. 2018, 11:09

Peyrusse a écrit :
27 janv. 2018, 22:43
Jomini s'adresse au comte de Las Cases, lequel dans son "Mémorial de Sainte-Hélène", ne l'épargne point. Il s'agit de six pages autographes datées de "Paris, 14 juillet 1823".[/b]
Merci Peyrusse pour ce rappel que les affirmations de Las cases n'étaient pas toutes aussi vérifiées qu'elles auraient dû l'être ! Est-ce que les mêmes affirmations se retrouvent dans la version "native" du Mémorial ?

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Cyril
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Re: Une lettre inédite du général Jomini et adressée au comte de Las Cases...

Message par Cyril » 29 janv. 2018, 18:20

Bernard a écrit :
28 janv. 2018, 11:09
Peyrusse a écrit :
27 janv. 2018, 22:43
Jomini s'adresse au comte de Las Cases, lequel dans son "Mémorial de Sainte-Hélène", ne l'épargne point. Il s'agit de six pages autographes datées de "Paris, 14 juillet 1823".[/b]
Merci Peyrusse pour ce rappel que les affirmations de Las cases n'étaient pas toutes aussi vérifiées qu'elles auraient dû l'être !
C'est je trouve justement l'intérêt de la version originale....il n'y a pas de vérification, c'est du brut en provenance de l'Empereur (qui peut arranger l'Histoire) ou des pensées de Las Cases à l'époque.
Il y a de nombreuses notes de bas pages qui précisent que tel passage a été modifié ou même totalement enlevé suivant les versions. A chaque édition il y a eu des ajouts et des retraits. C'est très bien expliqué.

Jomini n'apparait pas dans l'index nominatif....et je ne me rappelle pas avoir vu son nom dans ce que j'ai déjà lu (un peu plus de la moitié)....j'y serais attentif.
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Re: Le mémorial de sainte-hélène (le manuscrit original retrouvé)

Message par Cyril » 07 févr. 2018, 12:40

je suis arrivé en juin 1816, ce qui est marquant c'est que pas un seul jour l'Empereur n'est pas souffrant.
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Barthelemy
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Re: Le mémorial de sainte-hélène (le manuscrit original retrouvé)

Message par Barthelemy » 07 févr. 2018, 14:31

Cyril a écrit :
07 févr. 2018, 12:40
je suis arrivé en juin 1816, ce qui est marquant c'est que pas un seul jour l'Empereur n'est pas souffrant.
Bonjour Cyril

La première année il tient encore la rampe... Mais ensuite l'arsenic à Cipriani commencera à faire son effet :D
en réserve de la République : fermé pour travaux
parle plus bas car l'on pourrait bien nous entendre
Fatalita ! arsenicatu ! (Cipriani Franceschi 1773-1818)

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le pouvoir des femmes...sur les tissus :)

Message par Cyril » 12 févr. 2018, 16:30

16 juin 1816
En Parlant mode, l'Empereur a dit qu'un moment il avait voulu proscrire l'usage du coton en France, pour soutenir les batistes et les linons de nos villes de Flandre.
L'Impératrice Joséphine s'était révoltée; elle avait poussé de hauts cris: il avait fallu y renoncer.
je me permets de copier wikipédia pour la batiste:
L'utilisation de la fibre de lin pour la fabrication de toile remonte en Europe du nord à l'époque néolithique: le tissage de la toile de lin est probablement antérieur à la conquête romaine dans le Cambrésis. Toutefois c'est prétendument1 au début du XIIIe siècle qu'un tisserand appelé Baptiste Cambray, originaire du village de Cantaing-sur-Escaut près de Cambrai, aurait mis au point un procédé de tissage qui permettait de réaliser une toile plus fine. On lui donna le nom de batiste (cambric en anglais). Cette version n'a cependant aucun fondement historique2,3,4,5.

Le succès des toiles du Cambrésis dépassa ses frontières. L'Italie et l'Espagne en étaient notamment de grands consommateurs. La toile s'exportait également vers la Flandre voisine et les Pays-Bas, l'Angleterre et la France. À la fin du XVIe siècle le roi Henri IV autorisait annuellement l'entrée en France de 10 000 « toilettes de Cambray ». Le commerce du textile se développant, d'autres villes se mirent à produire de la batiste, telles Valenciennes, Douai, Saint-Quentin ou encore Bapaume.

La toile de batiste se vendait vers 1748 à 2 sous l'aune.

Les effets de la mode, l'apparition de nouveaux tissus, notamment le coton, puis la mécanisation entrainèrent une baisse de fabrication. Sous le premier Empire, 350 000 pièces de batiste étaient fabriquées en Cambrésis. À partir de la Restauration, la production ne cessa de diminuer et en 1844 moins de 90 000 pièces furent fabriquées. Dès la fin du XIXe siècle, la fabrication de la batiste en Cambrésis avait pratiquement disparu et la Première Guerre mondiale porta le coup de grâce à cette activité.
une définition du Linon : Tissu très fin, en coton ou en lin. Le linon est un peu plus raide que la batiste.

nous apprenons tout les jours ;)
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