Interview du Prince Murat

Faites part de l'actualité napoléonienne dont vous avez connaissance.
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Joker
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Interview du Prince Murat

Message par Joker »

Descendant direct du roi de Naples et cinq fois arrière-petit-neveu de Napoléon 1er, le prince Joachim Murat est un observateur de premier rang des commémorations liées au bicentenaire de la mort de l'Empereur. À quelques semaines du jour J, rencontre avec un "souverainiste assumé"
• CM — Vous étiez récemment en Russie pour assister aux obsèques de grognards napoléoniens et de soldats tsaristes tombés lors de la bataille de Viazma le 3 novembre 1812. Cet hommage symbolique était-il important à vos yeux ?
JM — Les autorités russes ont souhaité rendre hommage aux soldats tombés lors de la campagne de Russie. Le charnier avait été découvert par une équipe franco-russe d'archéologues quelques années plus tôt à proximité du champ de bataille. Parmi les 126 morts, la plupart étaient des Français qui appartenaient à la Grande Armée. Ils ont ainsi pu être enterrés avec les honneurs. Pour ma part, j'ai tout simplement exprimé mon immense émotion d'être présent à cette cérémonie, symbole du respect mutuel des parties. Tout en espérant que leur paix soit aussi celle de nos peuples et que leur fraternité soit aussi celle de nos nations. Cet événement était organisé grâce à la Fondation pour le développement des initiatives historiques franco-russes et la cérémonie réunissait une centaine de figurants en tenue d'époque, ainsi que les descendants du général Koutouzov et du maréchal d'Empire Joachim Murat. J'ai notamment été accueilli sur place par le grand-duc George de Russie. Évidemment, je ne pouvais qu'être ému par cet hommage très symbolique en terre russe.
• CM — Quel regard portez-vous sur la relative discrétion concernant l'éventuelle commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon en France qui fait d'ailleurs polémique dans la classe politique, dont les membres s'écharpent régulièrement sur l'histoire de France ?
JM — Napoléon demeure très populaire parmi les Français. Et pourtant l'Empereur est, en effet, mal vu par une partie des responsables politiques de gauche comme de droite, qui craignent plus que tout de se voir reprocher l'hommage qu'ils rendraient au "fossoyeur de la République", ce qui est une absurdité dans les termes. Pour ma part, j'ai beaucoup voyagé de par mes différentes activités professionnelles, de l'Afrique à l'Asie du Sud-Est en passant par le fin fond des forêts équatoriales et même le Kosovo pendant mon service militaire, ce qui m'a permis de me rendre compte de son rayonnement universel. L'histoire de Napoléon, c'est avant tout celle d'un homme qui rencontre un peuple. Après dix années de guerre civile, il parvient à canaliser les problèmes du pays et part pour quinze ans de conquêtes ! Hormis César et Alexandre le Grand, je ne vois pas d'autre exemple de personnage ayant autant marqué l'histoire. C'est l'homme providentiel au sens du génie qui a rétabli la France et les Français dans une union qui fit de notre pays, à l'époque, la première des nations. Il faut aussi remettre l'arrivée de Bonaparte dans son contexte historique. C'était l'époque où la France diffusait ses idées dans le monde, le siècle des Lumières... Et surtout, il est à l'origine de nombreuses réformes dans l'éducation, la justice, la finance et le système administratif. On lui doit d'innombrables réalisations : Code civil, corps préfectoral, lycée, gendarmerie, Légion d'honneur, Banque de France... Il est important de se rappeler que la France a été le phare et l'énergie du monde sous le règne napoléonien. Il ne faut pas cracher sur l'Empire comme cela a été fait par le passé. Car c'est cracher sur le peuple. Alors bien sûr, tous les Français ne sont pas fans de Napoléon, mais quand on attaque ou quand on dénigre cette période de l'histoire de France, ce n'est pas une attitude responsable à mes yeux. Ce bicentenaire, c'est le bon moment pour célébrer Bonaparte et se rappeler de lui, de son dynamisme, de son énergie. Pour moi, Napoléon devrait être sur la liste des médicaments remboursés par la Sécurité sociale, car c'est sans doute le meilleur des antidépresseurs !
• CM — Selon vous, la mémoire de Napoléon est-elle suffisamment saluée par les médias et la classe politique ?
JM — Je trouve que l'audiovisuel public manque cruellement de contenu de qualité alors qu'il pourrait devenir une caisse de résonance en cette année du bicentenaire. Malgré la Covid, des rassemblements sont envisageables dans le respect des règles sanitaires et je ne doute pas que des initiatives locales fleurissent ici ou là. Mais surtout, mon souhait serait que le président Macron célèbre véritablement l'Empereur et assimile Napoléon à l'image de la France. Ce bicentenaire est le dernier moment important pour célébrer l'Empereur. Il est couplé avec le retour des cendres du général Gudin, un général important mort pendant la campagne de Russie. Des funérailles aux Invalides seraient prévues le 5 mai 2021. J'espère que la France s'en servira comme outil diplomatique.
• CM — Par le passé, les décisions de certains présidents de la République vous ont laissé un goût amer...
JM — Effectivement. Je garde le souvenir amer de Jacques Chirac qui avait interdit de commémorer le bicentenaire de la victoire napoléonienne à la bataille d'Austerlitz en 2005 ! J'avais aussi été écœuré de voir Trafalgar célébré par une partie des dirigeants français. Au contraire, j'avais préféré l'attitude de François Hollande qui, lui, avait refusé de se rendre à Waterloo. Je pense que cela avait été une bonne décision de ne pas célébrer la défaite de la France. Il faut retrouver un équilibre entre la République et l'histoire de France pour se concentrer sur cet incroyable projet commun. Il faut cesser de patauger dans la repentance et ne pas céder aux manipulations d'indigénistes et de néostaliniens dont le seul objectif est de diviser les Français. En 2019, pour les 250 ans de la naissance de Napoléon, nous n'étions fort heureusement pas dans la censure chiraquienne et Emmanuel Macron a permis des célébrations réussies auxquelles j'ai pu participer aux côtés de mon cousin le prince Jean-Christophe Napoléon.
• CM — Vous portez le titre de prince de Pontecorvo et vous êtes prince héritier du trône de Naples. Comment vivez-vous cet héritage napoléonien ?
JM — La maison Murat est une famille royale en Italie et princière en France. Je porte le même nom que mon père qui est le 8e prince Murat. Car tous les fils aînés de la famille portent le prénom de Joachim, en mémoire à leur ancêtre, roi de Naples. Donc j'essaye tout d'abord d'être digne de porter le nom de mes ancêtres. Je me considère comme un souverainiste assumé qui se revendique gaullo-bonapartiste. Mais aujourd'hui, aucune formation politique officielle ne correspond à cette description même si j'éprouve une affection particulière et une proximité dans certaines idées d'hommes politiques français comme Philippe Seguin ou d'intellectuels comme Régis Debray. Ensuite, à mes yeux, l'épopée napoléonienne est à part dans l'histoire. C'est l'héritage d'une leçon d'énergie et de volonté. Quand on a la chance d'être un héritier de Napoléon, on a une leçon de ce qu'il est possible d'accomplir, on hérite de cette formidable énergie. L'Empire nous apprend que tout est possible. Durant cette période, la méritocratie fonctionnait à plein régime. Un fils de marchand ou un simple berger pouvait accéder à une place de premier rang. Il ne faut pas l'oublier.
• CM — Quelle image avez-vous de votre ancêtre qui fut le beau-frère de Napoléon ?
JM — Murat, c'est le rêve américain survitaminé. Car c'est un fils du peuple qui devient un meneur d'hommes de la Grande Armée. Il était probablement le seul, après Napoléon, que l'ensemble de l'armée était prêt à suivre. Quand Fouché et Talleyrand reçoivent le rapport erroné de la mort de Napoléon, ils en viennent à la conclusion que seul Murat était à même de prendre la suite. Mais quand Napoléon l'apprend, il pique une colère en disant que cela aurait été à l'un de ses frères de prendre la suite et précipite la mésentente avec Murat. Le roi de Naples était aussi un précurseur car il était favorable à une Europe fédérale. Mais sa vie fut un peu une tragédie grecque. Son dieu, c'était Napoléon mais ce dernier ne l'entend pas. Il y a toujours eu une grande incompréhension entre les deux personnages. Pourtant, il reviendra à ses côtés et participe avec Pauline au retour de Napoléon pour les Cent jours... ce qui prouve sa fidélité à toute épreuve. Dans les tableaux de cette époque, il a souvent une place centrale aux côtés de Napoléon. La Fondation Napoléon a d'ailleurs démontré qu'accuser Murat de trahison n'a pas de sens. Son rôle dans l'épopée napoléonienne a été central. Je voudrais aussi rappeler qu'il avait passé plusieurs semaines dans la cité impériale où il s'était réfugié pour fuir la "terreur blanche". Il avait d'ailleurs une vision de l'île dont il prônait l'autonomie et évoquait même un royaume de Corse...
• CM — Il vous arrive de passer par la Corse. Quels sont vos liens avec l'île ?
JM — J'ai eu le plaisir de faire découvrir le sud de l'île à ma fille l'été dernier. Sinon, mes liens amicaux se trouvent plutôt dans la région de Patrimonio où vit la famille Arena. J'entretiens aussi des contacts réguliers avec des associations historiques sur place. J'espère y revenir bientôt pour l'organisation d'événements, de conférences en lien avec l'Empire.

Propos recueillis par Laurent Casasoprana - Corse Matin

« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées
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Cyril Drouet
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Cyril Drouet »

Joachim Murat a écrit : 16 avr. 2021, 20:18 L'Empire nous apprend que tout est possible. Durant cette période, la méritocratie fonctionnait à plein régime. Un fils de marchand ou un simple berger pouvait accéder à une place de premier rang. Il ne faut pas l'oublier.
Cela aurait été bien de nous lister tous les pauvres bergers ayant accédé à une place de premier rang sous l'Empire...
Non à la légende noire, certes ; mais rejetons pareillement la dorée. Les deux font autant de mal.

On a parlé de la "méritocratie" napoléonienne ici :
viewtopic.php?t=153

Joachim Murat a écrit : 16 avr. 2021, 20:18 ce qui prouve sa fidélité à toute épreuve. Dans les tableaux de cette époque, il a souvent une place centrale aux côtés de Napoléon. La Fondation Napoléon a d'ailleurs démontré qu'accuser Murat de trahison n'a pas de sens.
Quelques mots de l'Empereur sur la question :

« Murat m’a deux fois trahi et ruiné. […]
Murat m’a fait plus de mal qu’aucun autre homme au monde. […]
Il n’a jamais songé que sa défection de la première heure me serait si funeste ; sinon il ne se serait pas joint aux alliés.
On ne le plaindra pas : c’était un traître.»
(O'Meara, Napoléon dans l'exil)

« Je puis bien assurer que c’est lui qui est la cause que nous sommes ici ! […]
Il avait intrigué avec Fouché avant mon second mariage. Je suis sûr qu’à Leipzig il me trahissait déjà. »
(Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène)

« Il était dans la destinée de Murat de nous faire du mal. Il nous avait perdus en nous abandonnant, et il nous perdit en prenant trop chaudement notre parti. […]
J’ai été trahi par Murat, que de soldat j’avais fait roi, qui était l’époux de ma sœur. […]
Il est une des grandes causes que nous sommes ici. […] »
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)

« Sans Murat, je ne serais pas ici. […]
La conduite de Murat à mon égard a été infâme. Il ne sait pas lui-même jusqu’à quel point il m’a fait du tort.
Dans la campagne de Russie, voyant [Cataneo, écuyer de Murat] démonté, je dis à Caulaincourt de lui donner un cheval. Il n’osa pas me remercier. Par là, je pouvais juger des sentiments personnels de Murat : sa haine et sa jalousie folle contre moi. […]
C’est, je crois, un mauvais homme : il s’est conduit de manière à le prouver, lorsque je réfléchis avec quelle bassesse il me flattait et m’a ensuite trahi. […]
Ce qui m’a porté le dernier coup, c’est d’avoir fait Murat roi de Naples. »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)
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Bernard
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Bernard »

Je réagis comme vous sur ces mots :
Joachim Murat a écrit : 16 avr. 2021, 20:18 ce qui prouve sa fidélité à toute épreuve. Dans les tableaux de cette époque, il a souvent une place centrale aux côtés de Napoléon. La Fondation Napoléon a d'ailleurs démontré qu'accuser Murat de trahison n'a pas de sens.
Murat n'est pas un modèle de vertu. Très bon cavalier certes, quoiqu'un peu démonstratif, notamment lors de ses démonstrations face aux cosaques dans les environs de Moscou en 1812, c'est un impulsif qui ne pense qu'à lui-même. Lorsque Napoléon quitte l'armée à la fin de la campagne de Russie, il sait bien qu'il ne peut pas faire confiance à Murat mais il sait aussi qu'il ne peut pas faire autrement que de lui transmettre le commandement. On a vu ce qu'il en a fait. A quoi lui servirait-il de briller en l'absence de l'Empereur alors qu'il y a tant à faire en son royaume ! La fin de Murat témoigne aussi de cette inconscience ou de cette témérité. Quelqu'un de réfléchi se serait-il ainsi jeté dans la gueule du loup ? Son descendant, prince d'opérette car les titres n'ont plus court de nos jours, est optimiste et à tout le moins indulgent envers son célèbre aïeul. On va dire qu'il a le sens de la famille...
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Cyril Drouet
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Cyril Drouet »

Bernard a écrit : 17 avr. 2021, 11:45 La fin de Murat témoigne aussi de cette inconscience ou de cette témérité. Quelqu'un de réfléchi se serait-il ainsi jeté dans la gueule du loup ?
Sur ce point, là encore, Napoléon n'y est pas allé avec le dos de la cuillère :

« Il avait attaqué les troupes de l’Empereur [d’Autriche, en 1815] comme un imbécile, sans raison ; et comme un fou, il s’était engagé sans jugement dans une expédition sans plan et si mal combinée qu’il ne put jamais rassembler même sa propre garde. […]
Murat a entrepris une expédition da coglione al fondo, en voulant envahir Naples avec deux cents Corses alors que ce royaume était occupé par vingt mille Autrichiens ; et il a fini sa vie comme un fou. »
(O'Meara, Napoléon dans l'exil)

« [A propos du débarquement de 1815], Sa Majesté […] me dit qu’il faut que Murat ait été fou. […] On ne peut concevoir cette bêtise de Joachim de descendre en Calabre avec trente Corses ! […] Il a fait la plus grande folie que l’on puisse commettre. […]
La tête lui a tourné. Il était très ambitieux. […]
C’est une pauvre tête, qui se forge des chimères et se croit un grand homme ! »
(Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène)

"[Le succès de son débarquement de 1815] était purement chimérique au moment où et de la manière dont il l’a entrepris. »
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)

« Descendre en Calabre avec cinquante hommes était l’action d’un fou »
(Marchand, Mémoires)
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Bruno Roy-Henry »

Excellent cavalier, excellent meneur d'hommes, brillant général de cavalerie, hercule de l'alcôve, à ce qu'on dit. Il a été mis en valeur par son beau-frère. En dehors de cela (mais c'est énorme), il n'avait guère de mérites... Et pas du tout la tête politique.
Pour sa trahison, il convient d'être indulgent : c'est son épouse la propre soeur de l'empereur, qui a tout mené...
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Cyril Drouet
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Cyril Drouet »

Bruno Roy-Henry a écrit : 17 avr. 2021, 13:55 Excellent cavalier, excellent meneur d'hommes, brillant général de cavalerie
« Murat était le meilleur officier de cavalerie du monde. […] Il n’y avait pas, je crois, deux officiers au monde tels que Murat pour la cavalerie, et Drouot pour l’artillerie. […]
Il n’était brave que devant l’ennemi ; là il était probablement l’homme le plus brave du monde. […]
Les Cosaques mêmes l’admiraient à cause de sa bravoure extraordinaire. […]
C’était un paladin, un vrai don Quichotte sur le champ de bataille. […]
Murat et Ney étaient les hommes les plus braves que j’aie jamais vus. »
(O'Meara, Napoléon dans l'exil)

« Murat [était] incomparable sur un champ de bataille. […]
Murat, lui aussi, était bien brave. »
(Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène)

« Il était impossible à Murat et à Ney de n’être pas braves. […]
Jamais à la tête de l’armée d’une cavalerie on ne vit quelqu’un de plus déterminé, de plus brave, d’aussi brillant. […]
Murat avait un très grand courage. […] Il était difficile, impossible même, d’être plus brave que Murat et Lannes. […]
Le roi de Naples était vraiment sublime au feu, le meilleur officier de cavalerie au monde. Au combat c’était un “césar” »
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)

« Murat, Lannes et Ney étaient les trois plus braves de l’armée. »
(Bertrand, Cahiers de Sainte-Hélène)
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Cyril Drouet »

Bruno Roy-Henry a écrit : 17 avr. 2021, 13:55 En dehors de cela (mais c'est énorme), il n'avait guère de mérites... Et pas du tout la tête politique.
« Je l’élevai là où il était. […] Sans moi il n’était rien. […]
Laissé à lui-même, c’était un imbécile sans jugement. Je ne peux concevoir comment un homme si brave put être si lâche. […]
Au cabinet c’était un homme sans jugement ni décision. […]
Il était comme un homme qui regarde avec étonnement les décors changeants de l’opéra, sans jamais penser aux machines par derrière, qui actionne tout. […]
Cet imbécile de Murat me perdit environ douze ou treize cents hommes par le sot débarquement qu’il fit en Sicile. […]
[Caroline était] douée de beaucoup plus de fermeté et de talent que son mari pour le cabinet. »
(O'Meara, Napoléon dans l'exil)

« [Murat] n’a commis que des bêtises. […] »
Murat s’entendait mieux que Ney à conduire une campagne, et encore, c’était un bien pauvre général. Il faisait toujours la guerre sans carte. […]
Combien de fautes Murat n’a-t-il pas commises pour pouvoir établir son quartier général dans un château où il eût des femmes ! »
(Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène)

« On n’avait pas moins de tête que [Ney et Murat], [Murat] surtout. […]
Oudinot, Murat, Ney n’avaient que de la bravoure personnelle. […]
Murat, mon ouvrage, le mari de ma sœur, celui qui me doit tout, qui n’eût été rien, qui n’existe, qui n’est connu que par moi. […]
Murat avait fort peu d’esprit. […] Murat n’était demeuré que brave. […]
Au combat c’était un “césar”, mais, hors de là, presqu’une femme »
(Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène)

« Murat était sans esprit, quoiqu’il eût quelque instruction. […]
Murat étant grand amiral voulait influer sur la marine. Il ne comprenait pas que je ne voulais pas faire de cela qu’un titre. »
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Cyril Drouet »

Bruno Roy-Henry a écrit : 17 avr. 2021, 13:55 hercule de l'alcôve, à ce qu'on dit.
"Le roi Murat était, à ce qu'il paraît, un homme prolixe (en amour). Il affolait la Reine en venant, la nuit, à l'heure où il était agité de quelque besoin pressant, et il n'y avait pas moyen de reculer. Après les premières enfilades, c'était pour elle un vrai supplice et qui lui inspirait du dégoût. Murat était sans conduite et par cette raison je ne voulais pas que Caroline l'épousât. Je le lui ai dit plusieurs fois : vous verrez un jour ce que c'est que de coucher avec un homme sans conduite, lorsque sans chemise, vous vous trouverez seule avec lui et que l'homme sera nu. Elle a reconnu la sagesse de ce conseil depuis."
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Re: Interview du Prince Murat

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Joachim Murat a écrit : 16 avr. 2021, 20:18 Pour moi, Napoléon devrait être sur la liste des médicaments remboursés par la Sécurité sociale, car c'est sans doute le meilleur des antidépresseurs !
Sans titre 11.jpg
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Re: Interview du Prince Murat

Message par Cyril Drouet »

Joachim Murat a écrit : 16 avr. 2021, 20:18 Quand Fouché et Talleyrand reçoivent le rapport erroné de la mort de Napoléon, ils en viennent à la conclusion que seul Murat était à même de prendre la suite.
Un " rapport erroné de la mort de Napoléon" ? Voilà qui interroge.
Que Talleyrand et Fouché aient envisagé un mauvais sort à l'Empereur en Espagne, je veux bien l'entendre ; mais je n'ai pas le souvenir du rapport évoqué par M. Murat.
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