SABRE DU GÉNÉRAL ÉTIENNE RADET (1762-1825)

Faites part de l'actualité napoléonienne dont vous avez connaissance.
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C-J de Beauvau
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SABRE DU GÉNÉRAL ÉTIENNE RADET (1762-1825)

Message par C-J de Beauvau »

A vendre au enchères le SABRE DU GÉNÉRAL ÉTIENNE RADET (1762-1825) OFFERT PAR LA VILLE DE SOLINGEN, CONSULAT. LE GÉNÉRAL QUI ARRÊTERA LE PAPE PIE VII


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Estimation : 20 000 - 30 000 €
Le général Radet est l’une des grandes figures de la Gendarmerie du Consulat et de l’Empire. Inspecteur général de la gendarmerie en 1800. Il est l’instigateur du décret d’organisation promulgué par Bonaparte le 12 thermidor an IX (31 juillet 1801). Il s’oppose au Premier Consul quand celui-ci souhaite créer une police secrète rattachée à la gendarmerie et est disgracié. Après un séjour en Corse, il est détaché en Italie, à Gênes, dans le royaume de Naples, puis en Toscane. Il y organise des compagnies de gendarmerie et y réprime le brigandage. Il participe le 6 juillet 1809 à l’enlèvement de Pie VII. Quatre ans plus tard, il est envoyé dans les départements septentrionaux de l’Empire, tels que la Hollande ou l’Allemagne du Nord, et reçoit pour mission d’y organiser une gendarmerie sur le modèle hexagonal. Pendant la période des Cent Jours, il se rallie à l’Empereur et redevient inspecteur général. Au retour des Bourbons, il rentre dans ses foyers. Le 4 janvier 1816, il est arrêté et écroué à Besançon. Il y demeure trois ans avant d’être remis en liberté en 1819. Quelques années plus tard, le 28 septembre 1825, Radet meurt des suites d’une maladie probablement contractée lors de ses trois ans de détention.
La carrière de cet officier de gendarmerie demeure liée à un épisode fameux de l’histoire de France : l’enlèvement du pape Pie VII à Rome.

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:salut:
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C-J de Beauvau
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Re: SABRE DU GÉNÉRAL ÉTIENNE RADET (1762-1825)

Message par C-J de Beauvau »

Chronologie de l’enlèvement du pape PIE VII

L’assaut du Quirinal

.............................Un détachement de trente hommes escalade les murs du jardin, près de la grande porte, pour garder les issues de la cour de la paneterie et les passages qui conduisent à la Sainte Chapelle.
Un autre détachement de vingt-cinq hommes garde la petite porte, pour garder les issues de la cour de la paneterie et les passages qui conduisent à la Sainte Chapelle.
Un autre détachement de vingt hommes garde la porte arrière dite « de Lavatojo ».
Le colonel Siry, avec un détachement de cinquante hommes, pénètre par la fenêtre d’une chambre vide des communs où loge le personnel de service.
Le général Radet fait placer les échelles destinées à lui permettre d’atteindre la toiture de la daterie pour pénétrer dans les appartements pontificaux ; mais coup sur coup, les deux échelles cassent, et les quarante hommes de son groupe sont au pied du mur sans autre ressource que d’utiliser la grande porte quand sera possible. Ce le fut assez vite par les soins du colonel Siry qui, ayant traversé la cour intérieure, parvient à la porte cochère du palais.
La jonction des deux détachements, renforcés de vingt des vingt-cinq hommes inutiles à la petite porte que l’on avait murée, portait l’effectif d’assaut à cent dix personnels. L’horloge du Quirinal sonne trois heures. Le général Radet pense qu’il s’agit du tocsin. Voyant qu’il n’en est rien, et après avoir dispersé un groupe d’ouvriers qui paraissaient vouloir se défendre, il monte aux appartements et pénètre dans l’antichambre des sanctifications, où les quarante hommes de la garde suisse, avec leur capitaine, sont rangés. Il les somme de « mettre bas les armes », ce qu’ils font sans résistance, ayant reçu l’ordre du Saint-Père de s’abstenir. Gardés à vue dans leur propre corps de garde, ils laissent la voie libre.
L’alerte avait pourtant été transmise aux occupants. Dans la cour, déjà, les ouvriers avaient crié « All’arme traditori », de même que les serviteurs, réveillés par le détachement du colonel Siry, s’étaient vite rendus compte de la situation. Le valet de chambre du cardinal Pacca vient en toute hâte prévenir son maître qui se lève précipitamment et court à la fenêtre. À la vue des gens armés qui, flambeaux à la main, courent vers les portes des appartements, et d’autres gendarmes qui franchissent le mur avec des échelles pour occuper la cour de la paneterie, le cardinal Pacca ordonne à son neveu, Jean Tibérino Pacca, d’aller réveiller le Saint-Père, comme il en était convenu. Vêtu de sa robe de chambre, il se rend lui-même auprès du pape. Le souverain pontife se lève, sans émoi apparent, revêt un aumusse et une étole et passe dans la chambre des audiences où il s’assoit.
Le cardinal Pacca y réunit quelques prélats, quelques officiers et d’autres employés de la secrétaire qui demeurent au palais.

Devant les portes fermées, et bien qu’il soit conduit par des familiers des lieux qu’il appelle hommes de confiance et que le cardinal Pacca appelle des « sujets rebelles » dans ses mémoires, le général Radet est contraint d’enfoncer les portes. Il sait, en effet, que, pour atteindre le cardinal Pacca qu’il a la mission d’arrêter, il lui faut traverser les appartements du pape. Selon les témoignages, les Français brisèrent les portes à coups de hache ou frappèrent à coups répétés demandant qu’on veuille bien ouvrir au nom de l’Empereur. Soudain, le bruit d’une clef qu’on introduit dans la serrure et qu’on tourne arrête les élans ; le pêne résonne et la porte s’ouvre. Le pape a ordonné qu’on ouvre « pour éviter un plus grand désordre et quelques accidents fâcheux ».

Arrestation du pape

Un prélat, jeune et grand, vêtu de noir, se présente au général Radet qui lui demande son nom :
- Pacca, répond-il.
- Son Éminence ?
- Non, son neveu.
- Conduisez-moi auprès du cardinal.
Le jeune homme s’incline et désigne, sans un mot, un corridor au bout duquel il y a une chambre éclairée et du monde debout. Le général se découvre et, chapeau à la main, pénètre le premier dans la pièce où il voit Sa Sainteté assise à son bureau, en habits pontificaux, entourée de grands dignitaires : à droite, le cardinal Desping, à gauche, le cardinal Pacca. Quelques officiers de gendarmerie suivent leur chef et rentrent à leur tour. Le général Radet se place en face du Saint-Père. Pendant quelques minutes, il y a un profond silence.
Le général, dans une lettre rédigée le 12 septembre 1814 à Paris, pour permettre à sa nombreuse famille, en toute intégrité, l’héritage le plus précieux pour un inspecteur général de gendarmerie, son honneur, écrivait pour justifier ce silence :

« Que tout autre se mette dans cette position et, à moins d’avoir perdu tout sentiment moral et humain, il jugera de l’état pénible de ma situation. Je n’avais pas encore d’ordre de m’emparer de la personne du pape ; un saint respect pour cette tête sacrée, doublement couronnée, remplissait tout mon être et toutes mes facultés intellectuelles ; me trouvant devant elle suivi d’une troupe armée, un mouvement oppressif et spontané se fit sentir de tous mes membres ; je n’avais pas prévu cet incident et je ne savais comment me tirer de là. Que faire ? Que dire ? par où commencer ? Voilà la difficulté de ma mission ».

Vieux soldat, bon diplomate, Radet se donne du temps. Il ordonne à la troupe de quitter la salle et de ranger dans la salle du trône en vue de patrouilles dans le palais pour y maintenir l’ordre. Et, subrepticement, il envoie en toute hâte le maréchal des logis de gendarmerie Cardini rendre compte au gouverneur et demander ses ordres. En attendant son retour, il fait ranger les officiers et les sous-officiers près de lui pour former une haie. « Ils entrent avec la plus grande honnêteté, le chapeau à la main, et s’inclinent devant le pape. « Au bout de cinq minutes, Cardini revient et transmet en secret l’ordre du général Miollis », d’arrêter le pape avec le cardinal Pacca et de les conduire incontinent hors de Rome ».
Pâle, mais maître de lui, Radet inspire profondément et s’avance respectueusement très près du pape, tenant son chapeau d’une main et l’autre main sur la poitrine. Il s’incline et dit au souverain pontife d’une voix tremblante :

« Autant il en coûte à mon cœur de remplir près de Sa sainteté une mission douloureusement sévère, autant mes serments et mes devoirs sacrés m’en imposent l’obligation ».

À ces mots, le pape se lève, regarde le général, et avec une dignité attendrissante, mais fermement, l’interroge en ces termes :

« Pourquoi venez-vous à cette heure troubler mon repos et ma demeure ? Que voulez-vous ? »

« Très saint-père, je viens au nom du Gouvernement, réitérer à Votre Sainteté de renoncer officiellement à sa souveraineté temporelle ».

Sans se déconcerter le pape dit alors :

« Je n’ai agi, dans tout ce que j’ai fait, qu’après avoir invoqué les lumières de l’Esprit saint. Si vous avez cru devoir exécuter les ordres de l’Empereur parce que vous lui avez prêté serment de fidélité et d’obéissance, vous comprendrez comment nous devons soutenir les droits au Saint-Siège auxquels nous sommes liés par tant de serments. Nous ne pouvons renoncer à ce qui ne nous appartient pas ; le domaine temporel appartient à l’église romaine et nous n’en sommes que les administrateurs. Vous me taillerez plutôt en pièces que de me faire rétracter ».

Le général Radet supplie le pape d’éviter toute révolte qui dégénérerait infailliblement en massacre, ce dont convient Pie VII qui se plaint « d’être loin de s’attendre à voir tant de maux à être traité avec autant de mépris et d’ingratitude par le chef d’une nation aimable, auquel il avait donné de si grandes preuves de son affection particulière ».

- Je sais que l’Empereur a beaucoup d’obligations à Sa Sainteté, dit le général Radet.

- Plus que vous ne croyez, reprit le pape d’un ton expressif.

Devant les marques de déférence et les protestations de révérence à l’endroit du souverain pontife, de la religion catholique et romaine, le pape dit au général Radet : « Au surplus, je lui pardonne à lui et à tous ».

Plus assuré par cette conversation d’une solennelle gravité, le général, pressé par le temps, déclare finalement au pape qu’il a l’ordre de l’emmener hors de Rome.

Le pape répond alors :

« Puisqu’il en est ainsi, je cède à la force, mais vous m’accorderez bien à moi et aux personnes qui doivent me suivre, deux heures pour faire nos préparatifs de voyage ».

Prié de dresser la liste de ses accompagnateurs, le pape s’assied alors à son bureau, rédige et tend le papier que Radet confie publiquement à l’officier de gendarmerie, nommé Defilippi, pour qu’il aille consulter le gouverneur. Dix minutes après, l’officier, de retour, rend réponse à haute voix :

« L’ordre de son Excellence le général est que le pape et le cardinal Pacca partent à l’instant avec le général Radet, les autres suivront après ».

Sans parler, le pape se lève, souffrant, et le général Radet s’avance pour le soutenir par les bras ; le cardinal Pacca est prié de se préparer au départ par un officier de gendarmerie présent qui l’accompagne, au travers de la chambre du pape, jusqu’à sa propre chambre pour s’habiller, car il était en simple soutane.
En soutenant le pape, la main du prélat se trouve par hasard dans celle du général Radet qui, ne pouvant résister au sentiment de vénération, baise pieusement cette main sainte ainsi que l’anneau pontifical. Dans cet élan, il invite secrètement le pape, avec lequel il est seul dans la chambre, à confier à qui il le voudrait secrets, ordres et choses précieuses s’il le désire. Le pape répond, et ce furent ses ultimes paroles au Quirinal :

« Quand on ne tient pas à la vie, on est loin de tenir aux biens de ce monde ».

Pendant ce temps, le cardinal Pacca, accompagné de deux officiers de gendarmerie, revêt ses habits, son rochet et son aumusse, pensant se rendre à la maison Doria, résidence du gouverneur Miollis. Quand il sort de sa chambre, le pape est parti sans qu’on laisse le temps à son valet de chambre de mettre dans une valise un peu de linge pour le voyage. Accompagné du colonel Coste, commandant la gendarmerie romaine, le cardinal rejoint dans les appartements, le pape qui, donnant le bras au général Radet, marche avec peine sur les portes brisées et les échelles renversées avant de traverser la grande cour. Arrivé à la grande porte, le pape s’arrête et bénit Rome. Il était quatre heures moins cinq minutes note le général Radet (on reconnaît là le gendarme), et la troupe reçoit la bénédiction du Saint-Père avec un saint respect. Il n’y a personne aux fenêtres ni sur la place.
Le spectacle est profond, d’un apparat militaire calme, immobile, caractérisé par l’audace et la vénération......................Lire sur ce site le texte en entier

https://www.force-publique.net/index.ph ... h=2&ti=221

Textes de l’aspirant Lepetit et du colonel Gosse



:salut:
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