15 Août

Faites part de l'actualité napoléonienne dont vous avez connaissance.
Prière d’indiquer les références dans l’intitulé du message.

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Demi-solde
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15 Août

Message par Demi-solde » 14 août 2018, 09:31

Demain, 15 août, on fête la Saint-Napoléon à Cordon (74) :

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Pour les uniformes, certains sont authentiques (mais pas 1er Empire), d'autres non :
Ces tenues, victimes du temps, des incendies, ne datent pas toutes de la même époque, certaines ayant été rajoutées au fil des campagnes.
4 Tenues expertisées par le musée de l’armée en octobre 1975 ont été déclarées authentiques : 1 probablement portée sous Charles Albert (1831-1849) et 3 sous Victor Emmanuel II (1849- 1860)
Aux premiers « grognards » se sont ajoutés un Zouave d’Afrique, un Bersaglieri, des soldats de Napoléon III, des infirmiers, et même en 1875, lors de la création de la compagnie pompière de Cordon, ceux-ci devront défiler le jour du 15 août en tenue avec les grenadiers.
https://www.cordon.fr/evenements/fete-de-la-miou.htm


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https://www.ledauphine.com/haute-savoie ... s-a-cordon


Cordialement

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Re: 15 Août

Message par Royal Scot's Guard » 14 août 2018, 10:25

Très intéressant merci...
Je connais la batterie-fanfare de Combloux ;) qui se dénomme aussi "L'Echo du Mont Blanc"...
:salut:
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15 Août à Ajaccio

Message par L'âne » 14 août 2018, 12:44

Il en est de même à Ajaccio du 13 au 15 août : Napoléon et son oncle, promenade au bord de mer…

https://www.corsenetinfos.corsica/Journ ... 34722.html

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Re: 15 Août

Message par Turos M. J. » 14 août 2018, 17:15

Merc pour ce lien. Grâce a Vous je visite la Corse.
...et Cordon aussi.

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Re: 15 Août

Message par Royal Scot's Guard » 15 août 2018, 09:47

En ce jour du 15 août, je ne dirais qu'une chose : VIVE L'EMPEREUR !
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Re: 15 Août

Message par Bruno » 16 août 2018, 14:55

Avec un jour de retard mais oui Vive l'Empereur.

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Re: 15 Août

Message par C-J de Beauvau » 16 août 2018, 20:33

Saint Napoléon, un saint pour la nation !

Outre la gloire militaire dont est auréolé le général de la Révolution et l’empereur jusqu’à la campagne de Russie, l’un élément fondateur de ce culte est la fête nationale pour laquelle il choisit la date du 15 août, jour de son anniversaire et de la signature du Concordat, symbole d’un retour à l’ordre civil et religieux. Ce jour devient la saint Napoléon, du nom d’un obscur martyr du IVe siècle, Santo Neopolis (ou Neapolis), exhumé fort opportunément par le cardinal Légat Giovanni Battista Caprara à la grande satisfaction de l’empereur.

Désormais, l’Empire aurait son saint ! Il en fit également une date fétiche pour marquer ses réalisations ou ses libéralités. La Saint-Napoléon fut fêtée le 15 août 1806, pour la première fois.
Et ce ne fut pas un hasard, si la première pierre de l’Arc de Triomphe à Paris, fut posée le 15 août 1806. Le 15 août 1809, Berthier sera fait prince de Wagram, Davout, prince d’Eckmühl, Fouché, duc d’Otrante et Masséna, prince d’Essling. C’est encore un 15 août (1810) que fut inaugurée la colonne de la Grande Armée, place Vendôme à Paris et promulgué, le Code civil, dans le grand-duché de Varsovie. Le 15 août 1811, à Bercy, on posa la première pierre de la halle aux vins et le 15 août 1813, le canal de l’Ourcq fut ouvert à la navigation.Le clergé catholique se fait fort bien à l’idée de fêter l’empereur le jour même de l’Assomption et on peut lire dans le Journal des curés des 15 et 16 août 1809 :
Cent peuples divers se sont réunis au pied des Autels pour célébrer la naissance de celui que l’univers admire, par qui le Dieu des destinées change et refait, agrandit ou resserre, détruit ou conserve les Etats et leurs barrières, et leurs Chefs et leurs Lois.

La Terre raconte la gloire de Napoléon comme les Cieux racontent celle du Seigneur !
Comme l’écrit Gérard Oberlé dans une de ses chroniques, les catéchismes imprimés en 1806 comportent, en complément du quatrième commandement :
Nous devons à Napoléon Ier, l’amour, le respect, l’obéissance, la fidélité et des prières pour son salut. Honorer et servir notre empereur c’est honorer et servir Dieu lui-même. Ceux qui manqueraient à leur devoir envers notre empereur résisteraient à l’ordre établi par Dieu et se rendraient dignes de damnation éternelle.

Les protestants ne sont pas en reste, comme en témoigne le Service solennel d’action de grâces, célébré par l’église réformée consistoriale du département de la Seine, dans le temple de la rue St-Thomas-du-Louvre, à Paris, le vendredi 15 août 1806, anniversaire de la naissance de S.M. l’Empereur et Roi.
Les francs-maçons quant à eux multiplient les loges placées sous le vocable de Napoléon et autres témoignages de dévotion impériale. C’est ainsi qu’ Auguste Mame, frère-maçon de la loge Saint-Napoléon de Gloire se fend d’un cantique d’une flagornerie finalement assez répandue à l’époque.

https://biblioweb.hypotheses.org/15441

Pour moi le 15 août est et restera la fête principale de la Vierge Marie !!! Mais c'est personnel bien évidemment

:P
:salut:
La guerre c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas
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Re: 15 Août

Message par L'âne » 17 août 2018, 02:41

Thierry LENTZ "100 Questions sur Napoléon" :
"Ses parents choisirent ce prénom en souvenir d’un de ses grands-oncles, mort en 1767. Sans être très fréquent, ce prénom était déjà connu en Corse sous les formes « Napoleone », « Napulione », voire « Lapulion ». On s’est bien sûr beaucoup penché sur son étymologie. La thèse qui retient la faveur des spécialistes est que « Napoléon » viendrait de l’italien nevoleone, lui-même issu de Neapolis (Naples) et leone (lion)."

Marc LEFRANÇOIS "Histoires insolites de Napoléon" :
"Inutile de la chercher dans le calendrier, puisqu'elle n'existe plus. Néanmoins, la Saint-Napoléon a bien été fêtée le 15 août, jour anniversaire de la naissance de l'Empereur et fête de l' Assomption. Par décret en date du 19 février 1806, cette journée est même décrétée fête nationale, Et pour rendre la chose encore plus officielle, les autorités françaises réclament de la papauté un saint qui permettrait d'inscrire cette fête dans le calendrier liturgique : ce sera Neopolis (nom aussitôt modernisé en Napoléon), saint martyr romain du me siècle fort promptement canonisé. Avec l'instauration de cette fête, l'ancien Premier Consul accède pratiquement au statut de saint, Napoléon étant désormais à la tête d'une sorte de « Saint Empire français». Un empire plus éphémère encore que cette fête qui ne sera plus célébrée après la chute de Napoléon III, en 1870."

Jacques-Olivier BOUDON "Napoléon et les cultes" :
"Parmi les offices solennels que doivent célébrer ces chanoines figure notamment le 15 août, « fête de saint Napoléon et anniversaire de la conclusion du Concordat » , termes repris très exactement de l'article premier du décret signé la veille, le 19 février 1806, qui fait officiellement du 15 août une fête nationale. En réalité, le Concordat n'a pas été conclu le 15 août. Mais, ce jour-là, le pape a approuvé le texte signé un mois plus tôt."

José CABANIS "Le sacre de Napoléon" :
"Telle fut la restauration solennelle de la religion chrétienne par Bonaparte. A vrai dire, il espérait détacher plus tard de Rome l'Église de France, « supprimer l'intermédiaire étranger » et que la « direction des ecclésiastiques » passe ainsi « entière entre les mains du gouvernement ». Il se procurait dès à présent une police d'une grande souplesse, et déguisée, insinuante, dans certains cas plus efficace que l'autre, trop brutale et trop visible. Le clergé prit place désormais dans ce qu'on appellera les forces de l'ordre : « N'ai-je pas mes gendarmes, mes préfets et mes prêtres ? Si l'on se soulève, je ferai pendre cinq ou six rebelles et le reste paiera. » L'Église se plia à ces exigences bon gré mal gré, mais s'y plia, inventant même la fable de saint Napoléon dont la fête fut fixée au 15 août. Les prédicateurs brodèrent à l'envi sur cette merveilleuse identité de l'Assomption de la Vierge et de la fête de l'Empereur : « Vierge sainte ! ce ne fut pas sans un témoignage spécial de votre amour pour les Français, et de votre influence toute-puissante auprès de votre Fils, qu'à la première de vos solennités devait être attachée la naissance du grand Napoléon. Dieu a voulu que votre sépulcre enfantât ce héros"

Jean ROBIQUET "La vie quotidienne au temps de Napoléon" :
[Julie Talma] : "« L' Almanach national fait rire aux larmes nos bons Parisiens, écrit la charmante femme à son ami Benjamin Constant. Ils y ont vu que ce pauvre diable de saint Roch joue de malheur depuis qu'il a été rayé du calendrier, et qu'on a mis à sa place saint Napoléon, saint plus jeune, plus heureux, plus aimable sans doute, et plus recomman- dable. Mais cette disgrâce du vieux saint paraît la plus drôle de chose. J'avoue que je n'y tenais pas, mais je regrette son chien. Vous savez comme je les aime.»"[Saint Roch est généralement représenté accompagné d'un chien]

C-J de Beauvau a écrit :
16 août 2018, 20:33
Pour moi le 15 août est et restera la fête principale de la Vierge Marie !!! Mais c'est personnel bien évidemment
Je vous rejoins cher C-J de Beauvau
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Re: 15 Août

Message par Cyril Drouet » 17 août 2018, 04:08

La première fête du 15 août de l’ère napoléonienne fut celle de l’année de l’année 1802.
A cet effet, le ministre de l’Intérieur Chaptal transmit le 4 août les instructions suivantes aux préfets :
« Je vous envoie, citoyen préfet, le sénatus-consulte qui proclame la volonté du peuple français. Vous le ferez publier solennellement dans toute l’étendue de votre département, le 15 août. Ce jour sera désormais consacré par de biens grands souvenirs. Il rappellera à nos derniers neveux l’époque mémorable du bonheur public, de la paix des consciences, et du plus grand acte de souveraineté qu’ait jamais exercé une nation.
Le 15 août est à la fois l’anniversaire de la naissance du premier consul, le jour de la signature du concordat, et l’époque où le peuple français voulant assurer et perpétuer son bonheur, en lie la durée à celle de la glorieuse carrière de Napoléon Bonaparte. Que de doux souvenirs pour exciter l’enthousiasme du peuple français ! quel concours puissant d’évènements et de circonstances pour réveiller dans tous les cœurs les sentiments généreux qui caractérisent une nation ! Des actes de bienfaisance peuvent célébrer cette grande journée ; et je vous invite, citoyen préfet, à la consacrer toute entière au bonheur, en unissant par le mariage des individus recommandables par leurs vertus. »

Ce 15 août, à Paris, des actes de bienfaisance, des concerts, des bals eurent lieu, un Te Deum fut chanté à Notre-Dame, et des feux d’artifices parachevèrent les réjouissances.
Les autorités se présentèrent logiquement au Tuileries.
Discours du président du Tribunat :
« Citoyen premier consul,
Le peuple français vient de vous donner un témoignage éclatant de sa reconnaissance ; il a vu par vous la victoire fixée près de ses drapeaux, la paix couronner le succès de ses armes ; le calme intérieur rétabli, les cités repeuplées, par l'indulgence, la liberté des consciences reconnue. Il a senti que la seule main qui en si peu de temps avait fait de si grandes choses pouvait en assurer la durée.
Son intérêt, celui de l'Europe entière s'unissaient à sa gratitude il vous à fait consul à vie. Par la sagesse de vos vues tout, à côté de vous et dans la république, assure cette stabilité que le tribunat avait désiré, et dont il avait posé la base en émettant son vœu.
Ce vœu est enfin accompli ; agréez général premier consul les félicitations du Tribunat ; elles se confondent en ce jour mémorable avec les acclamations des citoyens.
Veuillez être aussi convaincu que le plus vif désir de chacun de nous, est et sera toujours de contribuer à la stabilité du gouvernement, à sa gloire, au bonheur de la nation et du premier consul à vie qu'elle se donne. »

La religion ne fut pas oubliée et l’archevêque de Paris, au nom du clergé, tint ces mots face à Bonaparte :
« Général premier consul, les applaudissements, la joie et l'allégresse qui éclatent de toutes parts sont les témoignages les plus éloquents et les plus flatteurs de l'amour, de la confiance, du respect et de la soumission dont toute la nation est pénétrée pour vous. Elle sent le bonheur dont elle va jouir constamment sous un chef perpétuel qui couvert de gloire et de triomphes, vainqueur et pacificateur de l'Europe, s'occupera uniquement de la rendre de plus en plus heureuse et florissante en y rétablissant la religion, la justice et le bon ordre.
Le clergé pénétré de ces mêmes sentiments d'amour et de respect vient avec empressement vous en offrir l'hommage respectueux. Il n'oubliera jamais que c'est à votre piété et à votre protection qu'il doit son existence actuelle que c'est à votre zèle qu'il doit le rétablissement de notre sainte religion, l'exercice et la liberté de son culte et l'ouverture de nos temples antiques et respectables monuments de la piété de nos pères. Profondément touchés et reconnaissants de bienfaits si précieux nous allons faire retentir ces mêmes temples de cantiques d'allégresse d'actions de grâces de prières et de vœux pour votre précieuse conservation, et pour la continuation de gloire dont la divine Providence ne cesse de couronner vos jours. »

Les réjouissances furent similaires en 1803.
En 1804, il ne fut plus seulement question de l’anniversaire de la naissance de l’Empereur, mais aussi de la Saint-Napoléon. Si la fête eut lieu à Paris le 15 août, il fallut, au camp de la Tour d’Ordre, attendre le lendemain ; jour qui finalement resta bien plus dans les mémoires comme celui de la cérémonie de distribution des Légions d’Honneur.
L’année suivante, Napoléon était encore sur les bords de Manche. Le 15 août fut fêté à Paris, mais également auprès de l’Empereur : réception des autorités militaires, salves d’artillerie, illuminations et feux d’artifice tout le long de la côte, d’Ambleteuse au cap Gris Nez.

Puis vint l'année 1806 et les directives impériales du 12 février données à Portalis :
"On peut, en rappelant la nécessité de consacrer les époques solennelles et de diminuer cependant le nombre de fêtes qui distraient le peuple de ses travaux, proposer deux fêtes :
1° Pour le 15 août, celle de saint Napoléon, qui consacrerait à la fois l'époque de la naissance de l'Empereur et celle de la ratification du Concordat : à cette fête se joindraient les actions de grâce pour la prospérité de l'Empire; on chercherait à donner à la procession, qui continuerait à se faire ce jour là, un caractère propre á effacer les anciens souvenirs ;
2° Le premier dimanche qui suivra le jour correspondant au 11 frimaire, on célébrerait en même temps les succès de la Grande Armée et l'époque du couronnement ; dans les discours que ferait un membre du clergé, on parlerait particulièrement des citoyens de la commune qui seraient morts à la bataille d'Austerlitz."

Ordres qui prirent forme une semaine après avec le décret suivant :
« Art. 1er. La fête de saint Napoléon et celle du rétablissement de la religion catholique en France, seront célébrées dans toute l'étendue de l'empire, le 15 août de chaque année, jour de l'Assomption, et époque de la conclusion du Concordat.
Art. 2. Il y aura le dit jour une procession hors de l'église, dans toutes les communes où l'exercice extérieur du culte est autorisé; dans les autres, la procession aura lieu dans l'intérieur de l'église.
Art. 3. Il sera prononcé, avant la procession, et par un ministre du culte, un discours analogue à la circonstance, et il sera chanté, immédiatement après la rentrée de la procession, un Te Deum solennel.
Art. 4. Les autorités militaires, civiles et judiciaires assisteront à ces solennités,
Art .5. Le même jour 15 août, il sera célébré, dans tous les temples du culte réformé, un Te Deum solennel, en actions de grâces, pour l'anniversaire de la naissance de l'empereur. »
[la suite du décret concerne les célébrations de l’anniversaire du Sacre et d’Austerlitz] »

Ledit décret fut rendu suite au rapport formulé le même jour par Portalis :
« Sire,
Les solennités périodiques et nationales sont des monuments impérissables. Liées au cercle des saisons et des années, elles rattachent les grandes époques de la terre au cours inaltérable des cieux; elles sont de vivantes représentations des événements des temps anciens; elles les rendent contemporains de tous les âges, et la patrie emprunte de ces institutions l'activité de sa force et de sa puissance; elles ont sur les inscriptions mortes l'avantage du présent sur le passé.
Mais les cérémonies et les pompes civiles ne sont rien, si elles ne se rattachent aux pompes et aux cérémonies de la religion. La religion comble l'espace immense qui sépare le ciel de la terre; elle communique à toutes les pompes un sens mystérieux et sublime; elle imprime à ces cérémonies cette gravité imposante et ce caractère touchant qui commandent le recueillement et le respect; elle lie les actions passagères des hommes à cet ordre de choses éternel, la source unique de toutes les consolations célestes, et l'unique but de toutes espérances pieuses. Les arts eux-mêmes manquent d'éloquence, s'ils ne s'adressent à cet instinct moral et religieux, qui, dans l'homme, peut seul faire participer le cœur aux élans de l'imagination et aux conceptions de l'esprit.
Sire, deux grandes fêtes doivent être, au milieu de nous, les signes permanents des grandes choses opérées par votre génie. L'une rappellera l'union sainte de la paix et de la justice; la France réconciliée avec elle-même; le christianisme reprenant sa divine et salutaire influence; la morale recouvrant ses tribunaux; les tribunaux une puissance qu'ils ne tiennent que des lois; les lois une sanction céleste; un Code nouveau adapté aux progrès des idées et à la stabilité des principes; une organisation nouvelle de tout l'ordre social, rajeuni, quoique replacé sur ses antiques bases, vivifié par un nouvel esprit et par de nouvelles formes. En un mot, elle sera destinée à perpétuer le souvenir de notre régénération intérieure.
L'autre célébrera l'établissement de ce gouvernement vraiment national qui donne un père à la patrie, et qui, supprimant les convulsions intestines, communique à l'ordre politique la marche douce et paisible de l'ordre de la nature, cette splendeur qui rejaillit du trône sur les citoyens et les ennoblit aux yeux des nations étrangères. Cette mémorable victoire d'Austerlitz, qui a sauvé le Midi civilisé de l'Europe de la tyrannie du Nord encore barbare; ces événements accomplis en si peu de temps, une ligue insensée dissipée, des trônes élevés, une nouvelle balance de l'Europe établie, et le héros de la France, devenant le pacificateur de l'Allemagne, le restaurateur de l'Italie et le bienfaiteur de l'humanité; en un mot, elle sera destinée à perpétuer le souvenir de l'accroissement de prépondérance et de force que la France a acquis au dehors pour le bonheur du monde.
Mais, sire, le principe salutaire de l'économie du temps doit présider à l'institution des fêtes, dispensées avec épargne; elles impriment à l'amour du travail une nouvelle impulsion; elles renouvellent les forces et communiquent à l'industrie nationale une activité particulière, en fournissant à la médiocrité aisée l'occasion honnête d'étaler un luxe innocent.
Que le jour de l'Assomption soit consacré à la première de ces solennités; c'est celui de la naissance de Votre Majesté impériale et royale. Tous les bienfaits que la Providence destinait à la grande nation dans l'ordre éternel de ses décrets, tous les souvenirs glorieux, tous les souvenirs chers aux Français viennent s'y rattacher; que la célébration de la fête de saint Napoléon ait lieu dans ce grand jour. La fête patronale de Votre Majesté impériale et royale doit être celle de tout l'empire.
La seconde de nos solennités nationales sera célébrée le premier dimanche qui suivra le jour anniversaire du couronnement de Votre Majesté impériale et royale ; elle sera environnée de tout l'éclat de vos victoires et de toute la grandeur auquel le nom français est parvenu sous ses auspices.
J'ai l'honneur, en conséquence, de proposer à Votre Majesté impériale et royale le projet de décret suivant. »
" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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Re: 15 Août

Message par Cyril Drouet » 17 août 2018, 09:41

L'âne a écrit :
17 août 2018, 02:41
C-J de Beauvau a écrit :
16 août 2018, 20:33
Pour moi le 15 août est et restera la fête principale de la Vierge Marie !!! Mais c'est personnel bien évidemment
Je vous rejoins cher C-J de Beauvau
Le Journal des débats politiques et littéraires du 16 août 1814 publiait à propos des cérémonies de la veille :
« Cette journée doit être remarquée ; elle nous a rendu l’un de nos anciens usages : la religion est la mère de toutes les vertus, et les vertus seules peuvent rendre une nation heureuse. »

Le 5 août précédent, Louis XVIII avait écrit cette lettre aux grands-vicaires de Paris :
"Nous vous avons mandé, dans deux circonstances mémorables, de faire rendre de solennelles actions de grâce à l'Etre Suprême par qui règnent les Rois. Tous les jours, les marques signalées de sa protection se manifestent de plus en plus en faveur de notre personne et de notre Royaume. Nous nous plaisons à en attribuer la cause à la piété qui n'a cessé d'animer les Rois nos ancêtres, et particulièrement nos très augustes et très honorés aïeux Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, qui, par leurs déclarations, et lettres des 10 février 1638, 25 mai 1656, et 21 juillet 1738, ont consacré la France à perpétuité à la mère de Dieu, comme à sa patrone spéciale. A ces causes, voulant nous conformer à de si grands exemples, et unir notre intention à celle qui leur a dicté cet acte religieux, je vous fais cette lettre pour vous dire que ma volonté est que le matin du jour de l'Assomption de la très sainte Vierge, vous fassiez faire la lecture de la déclaration de Louis XIII, du 10 février 1638, dans notre église métropolitaine, et qu'après les vêpres du même jour, il soit fait une procession avec toute la splendeur qu'il se pourra, à laquelle assisteront les autorités civiles, judiciaires et militaires, d'après l'invitation que vous leur ferez dans les formes actuellement en usage ; ce que je veux être fait dans toutes les églises paroissiales et autres de mon Royaume, ainsi qu'il est particulièrement expliqué dans ladite déclaration, que je veux être observée exactement. Cette lettre n'étant à autre fin, je prie Dieu, MM. les vicaires-généraux, qu'il vous ait en sa sainte garde."

Onze ans plus tôt, Collinet (Les Sables et la guerre de Vendée - Manuscrit de Collinet 1788-1804) se souvenait du vœu de Louis XIII :
"Aujourd'hui, 27 thermidor, 15 août [1803], la grande procession fondée par Louis XIII a été supprimée par toute la France. Pour la première fois, on [a], en la place, prié pour le Premier Consul, exposé le Saint-Sacrement et chanté le Te Deum."

Le texte en question :
« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.
Dieu qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre État, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté que d'accidents qui nous pouvaient perdre!
Lorsque nous sommes entrés au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité : mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause, que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du diable ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables au repos de notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice. La rébellion de l'hérésie ayant aussi; formé un parti dans l'État qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil et a permis que nous ayons relevé ses saints autels en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques. Si nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes, qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs états dont ils avaient été dépouillés. Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins pour faire voir à toutes les nations que, comme sa providence a fondé cet État, sa bonté le conserve et sa puissance le défend.
Tant de grâces si évidentes font que, pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix qui nous viendra sans doute de la même main dont nous les avons reçues et que nous désirons avec ardeur, pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine, que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous révérons l'accomplissement des: mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du fils de Dieu en notre chair, nous consacrer à la grandeur de Dieu, par son fils rabaissé jusques à nous et à ce fils, par sa mère élevée jusqu'à lui, en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et tous nos sujets, pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession, et de toute la cour céleste, par son autorité et exemple ; nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de la porter, les rendront hosties agréables; et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ses bienfaits, elle le soit de nos actions- de grâces.
A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et, afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés en ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix; nous serons représenté aux pieds et du Fils et de la Mère comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.
Nous admonestons le sieur archevêque de Paris et néanmoins lui enjoignons que, tous les ans le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son église cathédrale et qu'après les vêpres dudit jour, il soit fait une procession en la dite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales les plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et des faubourgs, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris.
Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales et autres églises de leurs diocèses; entendant qu'à la dite cérémonie les cours de parlement et autres compagnies souveraines et les principaux officiers de la ville y soient présents.
Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons les dits archevêques et évêques, en ce cas, de lui dédier la principale chapelle des dites églises pour y être faite la dite cérémonie et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons été créés. Car tel est notre plaisir. »


" Grâce aux prisonniers. Bonchamps le veut. Bonchamps l'ordonne ! " (d'Autichamp)

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