Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Faites part de l'actualité napoléonienne dont vous avez connaissance.
Prière d’indiquer les références dans l’intitulé du message.

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Joker
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Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par Joker »

Proposée conjointement par le Souvenir napoléonien délégation Belgique et Wavre 1815, une fort intéressante conférence s'est déroulée hier soir à la Maison du Tourisme de Wavre.
Le sujet en était certes léger, mais il fut traité avec élégance et brio par un orateur d'une grande expertise.
Alain Pigeard est en effet venu nous narrer les nombreuses aventures sentimentales de la belle Pauline.
L'historien en a dénombré pas moins de 21 !
La remarquable beauté de celle qui fut successivement Pauline Bonaparte, puis Pauline Lefèvre (1797) et enfin Pauline Borghèse (1803) a défrayé la chronique de l'époque et de nombreux portraits en témoignent ainsi que la célèbre statue réalisée par Canova.
Frivole, dépensière et véritablement nymphomane, la duchesse de Guastalla était atteinte de la syphilis ainsi que d'un cancer de l'estomac qui allait l'emporter le 9 juin 1825 en sa résidence florentine.
Elle était aussi la sœur préférée de l'Empereur et elle lui resta fidèle jusqu'au bout.
Il est à noter qu'Alain Pigeard publiera une biographie à son sujet dont la sortie est prévue au printemps 2019.

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William Turner

Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par William Turner »

Joker a écrit : 18 mars 2018, 19:28 véritablement nymphomane
S'agit-il d'un diagnostic médical ou d'un jugement moral ?
barthelemy

Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par barthelemy »

Joker a écrit : 18 mars 2018, 19:28 Le sujet en était certes léger, mais il fut traité avec élégance et brio par un orateur d'une grande expertise.
Alain Pigeard est en effet venu nous narrer les nombreuses aventures sentimentales de la belle Pauline.
il faut dire que l'historien en question est, si j'ose dire, très introduit dans ce genre de sujet :D
Alain Pigeard a notamment déjà publié un Napoléon amoureux en 2007

Joker a écrit : 18 mars 2018, 19:28 Il est à noter qu'Alain Pigeard publiera une biographie à son sujet dont la sortie est prévue au printemps 2019.
Ne s'agirait-il pas du scoop que nous prépare la Fondation Napoléon en 2019 ? :lol:

:salut:
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Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par Royal Scot's Guard »

Merci Cher Joker pour ces infos...
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L'âne
 
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Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par L'âne »

Merci cher Joker.
Alain Pigeard a-t-il évoqué la liaisons de Pauline avec M. de Canouville et la "non" liaison avec M. de Septeuil et les malheureuses conséquences ?
Aurea mediocritas
Bastet

Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par Bastet »

Bonjour William Turner, je vois que nul n'a répondu à votre interrogation. Personnellement je dirai que ce n'est surtout pas un diagnostic médical :D mais que cela relève de l'ordre moral. :twisted:
Lorsqu’une femme multiplie les relations sexuelles éphémères on en arrive vite à dire qu’elle est nymphomane, ce qui ressemble fort à une insulte qui sous-entend évidemment un jugement puisque nul n'a de preuves scientifiques que la femme en question ici, Pauline Bonaparte, est une nymphomane . Ce terme surtout dans son abréviation , nympho, est une sorte de tentative d’infériorisation de la femme ou même permet la projection sur l’autre de ce qui perturbe, peut-être inconsciemment, le locuteur. :roll:
En fait , c’est un terme dont la signification première signifie comportement pathologique, une maladie quoi, et qui prend là une extension injurieuse adressée à une femme, ici Pauline Bonaparte, trop portée sur la relation sexuelle. :lol: Alors le terme, qui en langage médical exprime d’une pathologie douloureuse, prend un caractère de blâme qui censure et exclut, la réprobation morale induite est incontestable . La pathologie se confond alors avec le comportement d’une femme qui multiplie, par choix, les partenaires sexuels, ce qui est son droit, comportement qui suscite un jugement moral inversement les hommes peuvent multiplier les aventures sexuelles sans susciter quoique ce soit de réprobateur cela au contraire a un côté viril, :P , et finalement très banal. C'est que depuis toujours la morale en la matière, la sexualité, diffère entre une femme et un homme. Pour la femme on parlera d’ardeur excessive, de tempérament vicieux, etc. proche de la pathologie , pour expliquer ses multiples relations sexuelles mais jamais pour l'homme.
Donc au plan médical le terme de nymphomane n’a pas le même sens qu’au plan moral, il signifie pathologie qui appelle pour sortir de cette vie douloureuse une relation d’aide , par exemple, une psychanalyse pour se libérer de son addiction.
:salut:
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Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par Turos M. J. »

Chère Bastet.
Vous avez raison. Je pense que Paulina Borghese a mené une vie assez libre, mais être une nymphomane est un long chemin
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Joker
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Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par Joker »

William Turner a écrit : 18 mars 2018, 20:57
Joker a écrit : 18 mars 2018, 19:28 véritablement nymphomane
S'agit-il d'un diagnostic médical ou d'un jugement moral ?
Sans porter le moindre jugement personnel, je n'ai fait que reprendre le terme utilisé par Pigeard lui-même lors de sa conférence.
J'imagine que pour avoir étudié attentivement la vie de l'intéressée afin d'en faire une biographie, il sait de quoi il parle.
Mais libre à vous d'y voir tout autre chose.
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Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par Joker »

L'âne a écrit : 19 mars 2018, 12:43 Merci cher Joker.
Alain Pigeard a-t-il évoqué la liaisons de Pauline avec M. de Canouville et la "non" liaison avec M. de Septeuil et les malheureuses conséquences ?
Je confirme le fait que la relation de Pauline avec Canouville fut évoquée, mais assez brièvement dois-je dire.
Je n'ai par contre pas souvenance d'une mention de Septeuil.
Il faut dire qu'avec 21 amants officiellement recensés, il n'a pu que survoler succinctement les moins marquants d'entre eux. ;)
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William Turner

Re: Conférence : "Les amants de Pauline Bonaparte"

Message par William Turner »

Joker a écrit : 19 mars 2018, 18:45 J'imagine que pour avoir étudié attentivement la vie de l'intéressée afin d'en faire une biographie, il sait de quoi il parle.
Mais libre à vous d'y voir tout autre chose.
Je pensais que la spécialité de M. Pigeard était plutôt l'histoire militaire.
En ce qui concerne la nymphomanie, je ne suis sans doute pas le seul à y voir une terminologie un peu datée.
Voici à titre d'exemple un article sur le sujet paru dans Marie-Claire.
Mythe de la nymphomane, réalité sexiste ?

Reconnue comme une maladie au XIXe siècle, la nymphomanie relève davantage aujourd'hui de la blague grivoise. Quelle réalité se cache réellement derrière ce terme ? Notre point.

Selon l'historienne Carol Groneman, « la nymphomanie est une métaphore, une expression des fantasmes, des peurs et des angoisses associés à la sexualité féminine à travers les âges ». Lorsque le terme "nymphomane" apparait, c'est pour transmettre l'idée qu'un fort appétit sexuel chez la femme relève de la pathologie. On affirme alors que la nymphomanie est liée à un dysfonctionnement de l'utérus (le terme signifiant furie de l'utérus), provoquant des envies sexuelles alors considérées comme anormales, car "dépravées" selon les normes à l'époque imposées aux femmes.

« Ce terme vient de la mythologie greco-romaine, du grec « nymphê » qui signifie jeune fille, et « mania », que l'on peut traduire par folie, explique Marjorie Cambier*, sexothérapeute et psychologue clinicienne. Au siècle dernier la nymphomanie était considérée par les psychiatres comme une maladie psychique féminine grave et souvent mortelle. La « nymphe » était une divinité gréco-romaine représentée dans la majeure partie des cas sous la forme d’une jeune fille complètement nue. Le terme « manie » vient du grec et signifie tout simplement folie ».

Nymphomanie : du vibromasseur à l'excision

C'est le sexologue allemand Krafft Ebing qui définit pour la première fois le terme "nymphomane", au cours du XIXe siècle. « Ce mot avait une connotation très péjorative. Les médecins de cette époque partaient du principe que les femmes ayant un fort appétit sexuel étaient malades, et ont donc inventé ce terme. Le désir sexuel était considéré comme pathologique. Une femme digne de ce nom ne devait s'abaisser à la sexualité que pour faire des enfants » poursuit la sexologue. Résultat : les femmes qui multiplient les amants, se masturbent ou qui ont pour habitude des pratiques sexuelles qui ne correspondent pas aux "normes" de l'époque peuvent être diagnostiquées nymphomanes.

« Les femmes qui se masturbaient, qui avaient du plaisir ou parfois simplement du désir, un désir sexuel naturel, étaient considérées comme gravement malades, et c'est d'ailleurs à ce moment-là que les médecins ont commencé à parler d'hystérie, une maladie exclusivement féminine, dont le terme est étymologiquement lié à utérus » poursuit Marjorie Cambier.

Pour les "soigner", plusieurs techniques sont alors mises en place. « L'une d'elle consistait à masser les femmes au niveau de leur sexe pour qu'elles puissent lâcher toutes ces « mauvaises tensions ». C'est d'ailleurs comme ça qu'on été inventés les premiers vibromasseurs. Il "fallait" calmer les femmes, et les décharges orgasmiques qu'elles éprouvaient étaient vues comme des preuves à posteriori de leur pathologie ».

La sexualité féminine faisait peur

Si cette première solution tend à faire sourire (et à d'ailleurs inspiré la comédie britannique Oh My God de Tanya Wexler), d'autres "traitements" relèvent d'un tout autre registre et s'avèrent d'une violence extrême. En effet, « de nombreuses femmes se sont vues amputées de leur ovaires, de leurs utérus, mais également excisées » explique Marjorie Cambier, « tout ça parce que finalement, la sexualité féminine faisait peur. On enlevait les organes problématiques, au même titre que des psychiatres de l'époque victorienne pratiquaient la lobotomie pour vaincre les délires paranoïaques et autres maladies psychiques ».

Ce besoin de contrôler la sexualité féminine, une sexualité qu'on ne comprend pas, est symptomatique de l'époque. « Jusqu'au 19ème siècle, voire jusqu'à la seconde moitié du 20ème siècle, la sexualité était taboue. Elle n'était tolérée que dans sa perspective de procréation. Le corps était sale, objet du pêché » poursuit la sexologue. « Le sexe féminin était considéré comme répugnant, sale également. Freud parlait d'ailleurs de continent noir en évoquant la femme. Etant à l'intérieur du corps, on ne savait pas vraiment ce qui se passait dans le sexe féminin, et on ne voulait d'ailleurs pas le savoir. Le sexe féminin dégoûtait l'immense majorité des médecins ». Et d'ajouter : « il faut bien comprendre que, jusqu'aux recherches de Masters et Johnson dans les années 1970, les médecins partaient du principe que les femmes n'avaient pas de plaisir, pas de désir sexuel, rien. Une femme digne de ce nom n'éprouvait pas ces choses-là ».

Nymphomanie et addiction au sexe

Si le terme de nymphomane a depuis disparu du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, il relève aujourd'hui de la blague grivoise, pour parler de femmes dont la sexualité est considérée par notre société comme "excessive". Un jugement de valeur on ne peut plus subjectif : à partir de quel moment la recherche de la sexualité est-elle excessive ?

Plus que de nymphomanie, on parlera davantage aujourd'hui d'addiction ou de dépendance au sexe, de compulsion sexuelle ou d'hypersexualité, termes qui s'appliquent aussi bien aux hommes qu'aux femmes, et dont la définition actuelle n'a pas grand chose à voir avec celle de l'époque. On parle en effet aujourd'hui d'addiction lorsque celle-ci entraine une véritable souffrance psychologique chez la personne qui la vit. « Le corps médical s'accorde à dire qu'une femme souffre d'addiction au sexe quand sa recherche de sexe devient systématique, inadaptée, qu'elle prend tellement de place qu'elle a des répercussions sur sa vie sociale, professionnelle, et qu'elle en souffre psychologiquement. Elle cache ses troubles, elle en a souvent honte » vient conclure Marjorie Cambier.
Mais je pense avoir lu à peu près la même chose dans le livre de Jean Thuillier, La folie: histoire et dictionnaire, Paris, 1996.
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