Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Faites part de l'actualité napoléonienne dont vous avez connaissance.
Prière d’indiquer les références dans l’intitulé du message.

Modérateur : Joker

Le Briquet

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par Le Briquet » 04 janv. 2018, 18:54

Ce créneau est déjà bien tenu par un autre chantre de l'histoire napoléonienne, très engagé dans la vulgarisation: Dimitri Casali.
Mais je trouve que les jugements à l'emporte pièce sur l’Éducation Nationale tendent à en montrer une certaine méconnaissance du sujet, et du coup ne servent pas les dessein de ceux qui voudraient faire évoluer les choses.

William Turner

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par William Turner » 04 janv. 2018, 19:12

Joker a écrit :
04 janv. 2018, 18:46
cela explique et même justifie selon moi l'absence du sens de la mesure relevé par Turner.
Tout ce qui est excessif est insignifiant.
Pierre Branda n'a pas entièrement tort quand il soulève le problème d'une histoire mondialisée, dans la mesure où, même si l'idée peut paraître généreuse, elle est en partie contre-productive, les enseignants en histoire n'ayant pas reçu une formation adéquate pour donner de tels cours.
Mais le problème existait déjà auparavant, par exemple, en ce qui concerne la Préhistoire, sur laquelle il n'y a, en Belgique, aucun cours à l'université en section d'histoire, puisque les préhistoriens sont en fait des historiens de l'art/archéologues.

Le Briquet

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par Le Briquet » 04 janv. 2018, 19:27

William Turner a écrit :
04 janv. 2018, 19:12
Joker a écrit :
04 janv. 2018, 18:46
cela explique et même justifie selon moi l'absence du sens de la mesure relevé par Turner.
Tout ce qui est excessif est insignifiant.
Pierre Branda n'a pas entièrement tort quand il soulève le problème d'une histoire mondialisée, dans la mesure où, même si l'idée peut paraître généreuse, elle est en partie contre-productive, les enseignants en histoire n'ayant pas reçu une formation adéquate pour donner de tels cours.
Mais le problème existait déjà auparavant, par exemple, en ce qui concerne la Préhistoire, sur laquelle il n'y a, en Belgique, aucun cours à l'université en section d'histoire, puisque les préhistoriens sont en fait des historiens de l'art/archéologues.
La formation universitaire des professeurs d'Histoire varie beaucoup selon les époques et les endroits où ils ont étudié.
Pour les plus jeunes, l'histoire globale a fait partie de leur cursus. Elle est même indispensable pour passer le concours (CAPES).
Maintenant il est normal de varier les échelles en Histoire. Selon les sujets une vision plus ou moins large est indispensable, même pour comprendre l'Histoire de France. Celui qui voudrait comprendre l'Histoire de son pays en n'étudiant que les faits historiques de son pays ferait fausse route.

Pour la Préhistoire, c'est pareil en France, ça dépend des filières archéo.
Néanmoins, beaucoup d'étudiants se sont déjà formés eux même sur le sujet et de toute manière la base d'un étudiant est d'apprendre à apprendre. Donc n'importe quel professeur sérieux est en mesure d'avoir le niveau nécessaire pour enseigner la Préhistoire en Sixième...

William Turner

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par William Turner » 04 janv. 2018, 21:24

Le Briquet a écrit :
04 janv. 2018, 19:27
Pour les plus jeunes, l'histoire globale a fait partie de leur cursus.
Les cours magistraux sont certes une partie importante de la formation universitaire des étudiants en histoire. Mais tout aussi importante et peut-être même davantage (du moins, je le suppose, c'était le cas en Belgique à l'époque de mes études et il me semble que c'est toujours le cas de nos jours) est la partie des travaux pratiques. Or ces travaux pratiques se font principalement avec des sources (primaires, comme disent certains membres de ce forum, mais pour moi, ce qualificatif est inutile car les sources qui ne sont pas primaires ne sont pas des sources) et ces sources, pour l'essentiel, sont des sources écrites, disponibles soit dans les bibliothèques ou dans les archives, et concernent par conséquent principalement l'histoire de la ville, de la région ou du pays où se situe l'université et doivent être rédigées dans une langue qu'on est en mesure de comprendre. A moins donc que vous ne maîtrisiez autant de langues que Mithridate, il y aura toujours des archives sur lesquelles vous ne pourrez pas travailler.
Le Briquet a écrit :
04 janv. 2018, 19:27
Donc n'importe quel professeur sérieux est en mesure d'avoir le niveau nécessaire pour enseigner la Préhistoire en Sixième...
Ce n'est pas sans raison que j'ai mentionné la Préhistoire, car, pour obtenir l'agrégation, j'avais dû donner une leçon publique (exercice un peu étrange qui consiste à donner un cours devant l'ensemble des professeurs comme s'il s'agissait d'élèves de l'enseignement secondaire) sur le néolithique, alors que je n'avais eu aucun cours sur cette période pendant mes études. Ayant un ami qui, à l'époque, suivait les cours d'histoire de l'art et d'archéologie en parallèle avec ses études d'histoire, je m'étais adressé à lui pour savoir quelles étaient les dernières "tendances" sur cette question (il m'avait prêté du matériel lithique qui a fait forte impression sur mes "élèves" au moment de ma leçon). Cependant quand j'ai présenté les théories "révolutionnaires" de son professeur de préhistoire, certes encore jeune à l'époque, le professeur d'histoire d'antiquité les a quelque peu contestées. Ma connaissance de l'époque était toutefois trop superficielle (j'avais eu seulement quelques jours pour préparer cette leçon publique) pour apprécier de manière critique et rigoureuse la validité des théories que j'avais avancées.

Le Briquet

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par Le Briquet » 04 janv. 2018, 23:00

Je ne suis pas d'accord avec vous quand vous dites que les sources d'une bibliothèque universitaire sont très liées au lieu où elle se trouve. D'ailleurs les sujets d'étude des cours magistraux, et pas conséquents des travaux dirigés, étaient rarement en lien avec l'Histoire locale ou même nationale. L'Antiquité s'étudie généralement à l'échelle méditerranéenne (principalement les cultures grecque, romaine et mésopotamienne) et le Moyen âge à l'échelle de l'Occident chrétien (avec pour l'université où j'étais une certaine prépondérance du Saint-Empire romain germanique). Pour la nature des sources, ça passe en effet forcément par l'écrit, mais les sources sont variées: sources primaires (document de l'époque concernée, traduits ou non selon les cas, le niveau d'étude et les compétences linguistiques de l'étudiant), sources archéologiques (rapports de fouilles), sources secondaires (travaux d'historiens)...

Outre les CM et TD, je pense qu'il faut ajouter à la formation universitaire la préparation des mémoires de recherche, où l'étudiant est confronté sur deux ans au dépouillement de sources primaires, et la préparation des concours qui induit d'accumuler en peu de temps une somme conséquente de connaissances sur des sujets à la fois larges et pointus mais aussi sur l'historiographie.

Je me permets de donner deux définition de l'histoire globale, car dans la bouche des uns et des autres on la trouve parfois comme synonyme d'Histoire connectée et parfois comme synonyme d'Histoire totale. Or ce n'est pas la même chose:


L'Histoire connectée, appelée « World history » en anglais, est un concept historique qui se développe, surtout aux États-Unis, et plus récemment en France, depuis le début des années 1990. Se focalise sur l'étude et la compréhension des phénomènes transnationaux non seulement politiques mais aussi économiques, culturels, scientifiques... L'accent est mis sur les processus de divergences et de convergences qui existent entre les diverses régions du globe. Il s'agit fréquemment d'une réaction aux études historiques nationales et/ou locales et d'une tentative de privilégier une approche globale sur des thématiques comparatives entre les nations, les peuples et les continents.
L’« histoire globale » ou l’« histoire mondiale » a pour objectif de dépasser le compartimentage national des recherches historiques, pour saisir tous les phénomènes qui excèdent les frontières étatiques. L’histoire globale tire aussi la justification de sa remise en cause du cadre de l’État-nation du fait que celui-ci est une création relativement récente dont on peut bien évidemment interroger la pertinence pour délimiter des objets précédant son avènement politique. C’est dans cette critique radicale de l’européocentrisme que l’histoire globale et les histoires connectées diffèrent d’une tradition d’analyse historique déjà longue se plaçant dans une perspective globalisante.
Ce qui caractérise la world history c'est l'attention toute particulière portée aux aires culturelles non occidentales. L'un des effets les plus perceptibles de cette histoire globale est la remise en cause, partielle, des découpages historiques classiques (les notions de Moyen Âge et d'époque moderne ont-elles grande signification pour l'Inde, la Chine ou l'Océanie ?) ainsi que des grandes aires culturelles

Histoire globale, histoire totale : Paradigme des Annales, aller au delà de l’histoire politique, en attirant le regard sur les sphères économiques, sociales, psychologique, puis culturelles. La volonté d’ouvrir l’histoire aux autres sciences sociales procède alors également de ce désir de totalisation.

Le Briquet.

barthelemy

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par barthelemy » 05 janv. 2018, 00:28

Le défi d'un historien d'aujourd'hui....

Je connais le défi actuel d'un autre historien, consistant à faire porter un cercueil de 1200 kgs par douze hommes sur plusieurs mètres, et si possible le faire descendre dans une crypte en empruntant un escalier :D

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Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par L'âne » 05 janv. 2018, 00:53

William Turner a écrit :
04 janv. 2018, 21:24
Ma connaissance de l'époque était toutefois trop superficielle (j'avais eu seulement quelques jours pour préparer cette leçon publique) pour apprécier de manière critique et rigoureuse la validité des théories que j'avais avancées.
Rassurez-nous, ceci ne s'applique pas à la période qui nous intéresse ?
Aurea mediocritas

William Turner

Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par William Turner » 05 janv. 2018, 07:18

L'âne a écrit :
05 janv. 2018, 00:53
Rassurez-nous, ceci ne s'applique pas à la période qui nous intéresse ?
Vous avez vraiment besoin d'être rassuré sur ce point ?

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Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par Mathieu Dampierre » 05 janv. 2018, 10:38

William Turner a écrit :
05 janv. 2018, 07:18
L'âne a écrit :
05 janv. 2018, 00:53
Rassurez-nous, ceci ne s'applique pas à la période qui nous intéresse ?
Vous avez vraiment besoin d'être rassuré sur ce point ?
Cher " William" Le fait que vous ayez du mal a trouver des aspects positifs sur Napoleon Bonaparte dont la carriere militaire et de batisseur fut si exceptionnelle peut laisser penser que vous ne lisez pas toutes les categories d'ouvrages a son sujet.

Cdlt,
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Re: Le défi d'un historien d'aujourd'hui

Message par Joker » 05 janv. 2018, 18:33

Mathieu Dampierre a écrit :
05 janv. 2018, 10:38
Cher " William" Le fait que vous ayez du mal a trouver des aspects positifs sur Napoleon Bonaparte dont la carriere militaire et de batisseur fut si exceptionnelle peut laisser penser que vous ne lisez pas toutes les categories d'ouvrages a son sujet.
Sans doute est-ce également lié à une propension à l'hypercriticisme... :lol:
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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