La décimation

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Cyril Drouet
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La décimation

Message par Cyril Drouet » 25 nov. 2017, 15:37

« L’armée de Fabius s’était bornée à refuser de vaincre, celle d’Appius voulut être vaincue. À peine rangée en bataille, elle prend honteusement la fuite et regagne le camp. Elle ne s’arrêta qu’en voyant les Volsques se diriger contre les retranchements, après avoir fait un horrible massacre de l’arrière-garde. Alors ils se font une loi de combattre pour repousser l’ennemi hors des palissades ; mais il était évident qu’ils n’avaient voulu qu’empêcher la prise du camp. Du reste, ils se réjouissent de leur défaite et de leur déshonneur.
L’âme altière du consul n’en fut pas ébranlée : il voulait déployer plus de sévérité encore, et assemble l’armée ; mais les lieutenants et les tribuns accourent auprès de lui ; ils lui conseillent de ne pas mettre plus longtemps à l’épreuve une autorité qui tire toute sa force du consentement de ceux qui obéissent ; les soldats, disaient-ils, refusent généralement de se rendre à l’assemblée ; on entend même des voix demander qu’on lève le camp et qu’on sorte du territoire des Volsques ; on venait de voir l’ennemi vainqueur s’avancer jusqu’aux portes et jusqu’aux retranchements. On n’en était pas aux simples soupçons du mal, on en avait les preuves certaines sous les yeux.
Le consul cède enfin, puisque aussi bien les coupables n’y gagneront autre chose qu’un sursis ; il révoque l’ordre de s’assembler, et fait annoncer le départ pour le lendemain. Dès la pointe du jour, les trompettes donnèrent le signal. Au moment où l’armée se déployait hors du camp, les Volsques, comme appelés par le même signal, viennent tomber sur l’arrière-garde. Le désordre gagne les têtes de colonne ; les rangs, les corps, tout se confond ; on n’entend plus les commandements, on ne peut se former en bataille. Chacun ne songe qu’à fuir ; toute l’armée débandée s’échappe à travers des monceaux d’armes et de cadavres : et tel est son effroi, que l’ennemi se lassa de poursuivre avant qu’on cessât de fuir.
Enfin, le consul parvient à réunir les débris épars de ses troupes qu’il a vainement poursuivies pour les arrêter dans leur fuite, et va camper hors du territoire ennemi. Là, il assemble l’armée, s’emporte avec raison contre une armée qui a lâchement trahi la discipline militaire, abandonné les aigles, et demande à chaque soldat désarmé ce qu’il a fait de ses armes, à chaque porte-enseigne ce qu’il a fait de son étendard. Bien plus, les centurions et les duplicaires qui ont quitté les rangs sont battus de verges et frappés de la hache ; le reste de l’armée est décimé, et le sort désigne les victimes. »
(Tite Live, Histoire de Rome depuis sa fondation)



Sous l’Empire, on trouve trace de la décimation dans cette lettre écrite par Napoléon à Clarke, le 20 juillet 1811, après qu’une émeute ait touché le 60e de ligne :
« Autorisez le major qui commande ce régiment à faire grâce aux chefs de l’émeute, en leur déclarant qu’à la récidive, je ferai décimer le régiment. »

Le 24 novembre suivant, la décimation était également évoquée par l’Empereur dans la lettre qu’il écrivit à Decrès :
« Faites arrêter les marins de la canonnière qui se sont sauvés à terre, et présentez-moi un projet de décret pour les décimer et en faire fusiller un sur dix. »

J’ignore la suite la suite de cette affaire, mais on en retrouve un écho dans l’ordre du jour du 6 septembre 1813 :
« Tout soldat qui quitte ses drapeaux trahit le premier de ses devoirs. En conséquence, Sa Majesté ordonne :
Article 1er. Tout soldat qui quitte ses drapeaux sans cause légitime sera décimé. A cet effet, aussitôt que dix isolés seront réunis, les généraux commandant les corps d'armée les feront tirer au sort, et en feront fusiller un.
Article 2. Le major général est chargé de l'exécution du présent ordre.»

On trouve une évocation de cet ordre dans la lettre qu’écrivit Radet à Berthier le 18 septembre suivant :
« Comme il faut des exemples pour arrêter les fuyards et empêcher les mutilations volontaires, je puis faire exécuter prévôtalement l’ordre du jour du 6 septembre, si Votre Altesse veut bien prendre les ordres de Sa Majesté à cet égard et me les transmettre ; j'aurai ce soir assez de traîneurs malades pour que le sort puisse tomber sur un mutilé de chacun des 1er, 2e et 14e corps d'armée. »


En 1814, l’idée de la décimation fut reprise. Ainsi, Marmont écrivait le 6 février à Berthier:
« Rien n’est plus pressant que d’employer la sévérité et arrêter la désorganisation des troupes et l’éparpillement des soldats. Le général Pajol que j’ai vu ici m’a assuré qu’il avait vu plusieurs milliers d’isolés depuis quatre jours, et moi-même en rentrant ce matin d’une course que j’ai faite dans les environs j’en ai rencontré un nombre considérable s’en allant et appartenant au 2e corps de la Jeune Garde et à la cavalerie ; je les ai fait s’arrêter et rétrograder ; j’ai placé des gendarmes à la tête des défilés pour empêcher qu’aucun homme ne put s’éloigner de l’armée sans un motif légitime, et comme il y va du salut de l’État, je n’hésite pas à mettre à exécution l’ancien ordre du jour de S.M. qui prescrit de décimer les fuyards et demain matin je ferais fusiller deux en présence des troupes après les avoir fait tous tirer au sort. Il serait bien nécessaire qu’on fit de pareil exemple. » 

Le lendemain de cet écrit, tombait l’ordre du jour suivant signé de la main de l’Empereur :
« Art. 1er. Le major général adjoindra deux officiers du grade de colonel au général Radet, grand prévôt de l'armée.
Art. 2. Cette commission restera en permanence.
Art. 3. Tous les maraudeurs, tous les hommes isolés qui seront trouvés loin de leurs drapeaux, allant en avant, en arrière ou de côté sans raison légitime, seront arrêtés, réunis tous et décimés pour être traduits par-devant ladite commission, qui les fera passer par les armes, conformément à notre ordre du jour du... (laissé en blanc).
Art. 4. Il sera formé sur-le-champ cinq colonnes de gendarmerie, fortes de vingt gendarmes chacune, lesquelles se rendront l'une à Provins, une entre Nogent et Braye, une autre entre Nogent et Nangis. Elles arrêteront tous les isolés et les conduiront dans la prison la plus voisine pour être décimés et traduits par-devant la commission du grand prévôt.
Art. 5. Le présent ordre sera imprimé et lu à la tête de tous les corps. »

Le jour même, Berthier avertissait Gérard :
« Je vous envoie un ordre que I‘Empereur vient de donner relativement aux traînards et maraudeurs qui doivent être décimés. L'instruction de Sa Majesté est que par un ordre du jour vous fassiez sentir la nécessité de cette mesure. Les officiers sont compris dans cet ordre. Recommandez aux chefs de corps de faire comprendre aux officiers que, si dans l’ordre on n’a pas mis en termes positifs que les officiers délinquants seront également fusillés, c’est pour ne pas déshonorer le titre d’officier aux yeux des soldats, mais que le mot générique de soldat comprend tout le monde. »

Dans la même optique, Napoléon, le 9 février, prescrivait à Savary :
« Envoyez à Meaux et à la Ferté-sous-Jouarre des commissaires civils. Envoyez une vingtaine de gendarmes d'élite et une vingtaine de gendarmes de Paris pour arrêter les traînards et les décimer, c'est-à-dire en fusiller un sur dix, conformément à mon ordre du jour. Le ministre de la guerre donnera un commandant de gendarmerie et les officiers supérieurs nécessaires pour former cette commission. »
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Re: La décimation

Message par L'âne » 26 nov. 2017, 03:04

Cyril Drouet a écrit :
25 nov. 2017, 15:37
Dans la même optique, Napoléon, le 9 février, prescrivait à Savary :
« Envoyez à Meaux et à la Ferté-sous-Jouarre des commissaires civils. Envoyez une vingtaine de gendarmes d'élite et une vingtaine de gendarmes de Paris pour arrêter les traînards et les décimer, c'est-à-dire en fusiller un sur dix, conformément à mon ordre du jour. Le ministre de la guerre donnera un commandant de gendarmerie et les officiers supérieurs nécessaires pour former cette commission. »
Oui, effectivement, Jacques-Olivier BOUDON écrit dans son ouvrage "Napoléon et la Campagne de France, 1814" :

"Les autorités militaires luttent régulièrement contre la maraude sans jamais parvenir à l’enrayer. Mais dès lors que les combats se déroulent en France, la volonté de réprimer ces excès se manifeste avec plus de rigueur […] La lutte contre les traînards est donc renforcée, la répression étant particulièrement forte. Napoléon donne ainsi l’ordre au ministre de la Police Savary de les faire pourchasser et de procéder à une décimation parmi ceux qui auront été repris. « Plus de quarante mille depuis le passage du Rhin se sont débandés et aucune mesure n’a été prise29 », explique-t-il à son ministre de la Police, avant de préciser sa pensée concernant la décimation qu’il préconise : « Envoyez-y une vingtaine de gendarmes d’élite et une vingtaine de gendarmes de Paris pour arrêter les traînards et les décimer, c’est-à-dire en fusiller un sur dix, conformément à mon ordre du jour30. »"


29 Napoléon à Savary, 7 février 1814, Léonce de Brotonne, Lettres inédites, p. 530.
30 Napoléon à Savary, 9 février 1814, A. Chuquet, Inédits, p. 361.


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Re: La décimation

Message par Cyril Drouet » 26 nov. 2017, 08:07

Napoléon évoqua à Sainte-Hélène la décimation :

« La conduite du colonel Cavalier est injustifiable [le 17 mai 1801, il avait capitulé, lui et ses 500 hommes, face aux Anglais, près de Rahmanieh]. A son arrivée en France il eût dû être traduit devant un conseil de guerre. Les Romains eussent fait décimer son détachement. Ce fut l'envie de rentrer en France qui porta les soldats à capituler. Mais toute la faute appartient au commandant. Il connaissait les dispositions de ses soldats, il eût dû empêcher tout pourparler, recevoir les parlementaires à coups de fusil, continuer sa marche sur Alexandrie et sur le lac Natroun. Le colonel Cavalier était un brave homme et un officier très distingué, fort attaché au général en chef; sa conduite en cette occasion n'en est que plus blâmable. Les 600 chameaux qu'il remit furent d'une grande utilité à l'armée anglaise. Une loi nécessaire dans une armée française serait celle qui défendrait tout parlementage. Nos soldats sont si bons, si prêts à être amis , et nos officiers si faciles à tromper, que les étrangers les jouent perpétuellement. »
(Bertrand, Guerre d’orient – Campagnes d’Egypte et de Syrie)

« Les 300 Français qui avaient été faits prisonniers dans la citadelle [de Pavie] se délivrèrent eux-mêmes pendant ce tumulte et arrivèrent sur la place, désarmés, en mauvais état. Le premier mouvement du général fut de faire décimer cette garnison : « Lâches, leur dit-il, je vous avais confié un poste essentiel au salut de l'armée; vous l'avez abandonné à de misérables paysans, sans opposer la moindre résistance! »
Le capitaine commandant ce détachement fut arrêté. C'était un homme sans esprit, qui voulait se justifier sur un ordre du général Haquin. Celui-ci venait de Paris; il avait été arrêté par les insurgés comme il changeait de chevaux à la poste; ils lui avaient mis le pistolet sur la gorge, le menaçant de la mort s'il ne faisait rendre la citadelle; il persuada à la garnison du fort de se rendre. Mais, quelque coupable que fût le général Haquin, cela ne pouvait justifier le commandant du fort, qui n'était nullement sous ses ordres, et qui, y eût-il été, ne le devait plus reconnaître dès l'instant qu'il était prisonnier; aussi ce capitaine fut-il livré à un conseil de guerre et passé par les armes. »
(Montholon, Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon)


« Si les vingt-huit bataillons, troupe d'élite, qui posèrent les armes à Hœchstœdt, eussent été convaincus qu'ils entachaient leurs noms, flétrissaient leurs familles, encouraient la peine d'être décimés, ils se fussent battus; et, si leur obstination n'eût pas fait changer les destins de la journée, ils eussent certainement regagné l'aile gauche et fait leur retraite. Si l'infanterie bavaroise, qui avait défendu avec gloire le village d'Allerheim à la bataille de Nœrdlingen et avait repoussé les attaques du grand Condé, n'eût pu capituler avec Turenne qu'en attirant sur elle le déshonneur et le châtiment d'être décimée, elle n'eût pas même songé à quitter sa position; une heure plus tard, elle eût reconnu qu'elle n était pas coupée de Jean de Weerdt; les Bavarois auraient eu le champ de bataille et la victoire; Condé eut ramené peu d'hommes de son armée en deçà du Rhin. »
(Montholon, Précis des guerres de Frédéric II, Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon)


« Aucun souverain, aucun peuple, aucun général, ne peut avoir de garantie, s'il tolère que les officiers capitulent en plaine et posent les armes par le résultat d'un contrat favorable aux individus des corps qui le contractent, mais contraire à l'armée. Cette conduite doit être proscrite, déclarée infâme, et passible de la peine de mort. Les généraux, les officiers, doivent être décimés, un sur dix; les sous-officiers, un sur cinquante; les soldats, un sur mille. Celui ou ceux qui commandent de rendre les armes à l'ennemi, ceux qui obéissent, sont également traîtres et dignes de la peine capitale. »
(Montholon, Précis des guerres du maréchal Turenne, Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon)
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William Turner

Re: La décimation

Message par William Turner » 26 nov. 2017, 09:40

L'âne a écrit :
26 nov. 2017, 03:04
« Plus de quarante mille depuis le passage du Rhin se sont débandés et aucune mesure n’a été prise »
Donc, si les gendarmes avaient capturé les 40 000 débandés et appliqué la décimation, ça nous ferait 4 000 fusillés. A titre de comparaison, pendant la Première guerre mondiale, en France, 612 soldats ont été fusillés pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie.

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Demi-solde
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Re: La décimation

Message par Demi-solde » 26 nov. 2017, 11:03

« Envoyez-y une vingtaine de gendarmes d’élite et une vingtaine de gendarmes de Paris pour arrêter les traînards et les décimer, c’est-à-dire en fusiller un sur dix, conformément à mon ordre du jour. »

Napoléon à Savary, 9 février 1814, A. Chuquet, Inédits, p. 361.
La décimation a un point commun avec la Bérézina : son acception moderne s’est éloignée sensiblement de sa signification originelle.

Si le passage de la Bérézina fut un moment-clé, s’il coûta de nombreuses vies et de nombreuses souffrances, ce franchissement de coupure humide, en hiver, sous le feu de l'ennemi, ne fut pas aussi catastrophique qu’il aurait pu l’être et que ne le laisse supposer l’expression moderne. Ce ne fut ni une débandade complète ni un échec total.

De même, « décimer », de nos jours, avoisine l’extermination ; lorsqu’une armée, une population, une espèce sont décimées aujourd’hui, leur intégrité, leur survie sont menacées. Alors qu’à l’époque, il ne s’agissait "que" de prélever un dixième d’un groupe, laissant tout de même 90 % des individus vivants. Beaucoup d’espèces décimées se porteraient nettement mieux si seulement 10 % des individus avaient disparus...
Wikipedia a écrit :En Tanzanie, ou encore au Mozambique, ce sont la moitié des éléphants qui ont été décimés en l'espace de 5 ans.
Acception moderne : 50 % des individus sont morts.
Acception originelle : 10 % de la moitié des éléphants ont disparu, soit 5 %…

Cordialement

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Acception moderne en...1812

Message par L'âne » 10 déc. 2017, 11:03

COIGNET "Les cahiers du capitaine Coignet" :
« Une forêt incendiée longeait ma droite, et je m'aperçois qu'une partie de mes troupes prend à droite dans ce bois brûlé. Je pars au galop pour les faire rentrer sur la route. Quelle est ma surprise de voir ces soldats faire volte-face et tirer sur moi ! Je suis contraint de lâcher prise. C'est un rude complot des soldats de Joseph-Napoléon, tous espagnols. Dans ces cent trente-trois, pas un seul Français ne s'était mêlé avec ces brigands... Les déserteurs seront retrouvés et arrêtés. On placera devant eux une urne avec cent trente- trois billets blancs ou noirs. Celui qui tirait un billet blanc était mis d'un côté, et celui qui tirait un billet noir était mis de l'autre. Lorsque tout fût fini, le colonel leur annonça : – Vous avez volé, vous avez mis le feu, vous avez fait feu sur votre officier ; la loi vous condamne à la peine de mort ; vous allez subir votre peine... Je pourrais tous vous faire fusiller ; j'en épargne la moitié, que cela serve d'exemple ! Commandant, faites charger les armes par votre bataillon. Mon adjoint va commander le feu. On en fusilla soixante-deux – ceux qui avaient choisi les billets noirs – Dieu, quelle scène ! Je partis de suite, le cœur navré, voilà mon étrenne de lieutenant ! »
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Re: La décimation

Message par Bernard » 10 déc. 2017, 11:28

Mon cher L'âne, il faut préciser, pour bien comprendre cet incident dramatique, que :
1) Ces faits se passent durant la campagne de Russie, du côté de Vilna.
2) 15 000 soldats avaient été incorporés dans la Grande Armée en mars 1807 et envoyés dans le nord de l'Europe. Dans l'intervalle, l'Espagne ayant déclaré la guerre à la France, ces soldats étaient dans une position très ambiguë (officiellement ennemis de la France et pourtant servant dans les rangs de l'armée française). Ils se sont néanmoins bien battus (voir Traditions n° 14).
3) Les Anglais avaient tout fait pour les faire rapatrier. 8 000 d'entre eux ont pu retourner en Espagne avant la campagne de Russie avec le support de la marine anglaise. Les autres ont été incorporés dans les unités étrangères, notamment le régiment Joseph-Napoléon. Ce corps a été dissous le 25 novembre 1813 et les hommes désarmés.

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Re: La décimation

Message par L'âne » 10 déc. 2017, 11:36

Merci mon cher Bernard pour ces précisions qui effectivement sont indispensables à la bonne compréhension de ce tragique épisode.
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Re: La décimation

Message par Cyril Drouet » 14 févr. 2019, 17:07

Une "décimation" envisagée par Fouché, en pleine affaire Malet (celle de 1808) :

"Faites venir M. Fouché. Demandez-lui ce qu'il veut dire dans sa lettre. Pourquoi pense-t-il que je doive décimer le Sénat ? Ne connaît-il pas la constitution ? Ne sait-il pas que je n'ai à me plaindre de personne dans ce corps, qui n'a cessé de me donner des preuves de son attachement ? Est-ce folie, ou ironie de la part de ce ministre ?"
(Napoléon à Cambacérès, 13 juillet 1808)
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