24 avril 1828 : mort du général Charles Ruty

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Joker
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24 avril 1828 : mort du général Charles Ruty

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"Charles Etienne-François Ruty, lieutenant général d’artillerie, naquit à Besançon (Doubs), le 4 novembre 1774. Lorsqu’il eut terminé ses études, il entra à l’école d’artillerie de Châlons et en sortit avec le grade de sous-lieutenant le 6 octobre 1793. Admis le 6 octobre comme lieutenant en second dans le 2e régiment d’artillerie à l’armée du Nord, Ruty fut blessé à Comines d’un éclat d’obus à la jambe, dans un combat qu’il soutint pendant plusieurs heures contre une batterie de l’ennemi. Il passa ensuite à l’armée de Rhin-et-Moselle, où il obtint le grade de capitaine le 4 ventôse an II [22 février 1794].
Au siège de Kehl, dans une attaque de vive force faite par les Autrichiens contre un ouvrage avancé du camp retranché, il tint avec quelques canonniers de sa compagnie dans le saillant de cet ouvrage, fut atteint d’une balle qui lui traversa la mâchoire, et terrassé par la violence du coup, il ne dut la vie qu’à la bravoure d’un de ses sergents, qui l’emporta sur ses épaules et reçut un brevet d’honneur pour cette action.
Ruty suivit le général Bonaparte en Égypte, et partagea la gloire de ses compagnons d’armes. Nommé le 3 thermidor an VI [21 juillet 1798] chef de bataillon d’artillerie par le général en chef à la journée des Pyramides, il commanda l’artillerie de l’armée à Aboukir, et reçut un sabre d’honneur pour sa conduite distinguée dans le combat du 10 brumaire an VIII [1er novembre 1799] contre les Turcs, débarqués près de l’embouchure du Nil par la branche de Damiette.
Devenu chef de brigade commandant le 4e régiment d’artillerie à pied le 14 frimaire an X [5 décembre 1801], il fut investi, le 1er pluviôse [21 janvier 1802], des fonctions de directeur d’artillerie à Perpignan. En récompense de ses services, le chef de brigade Ruty obtint la décoration de membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII [11 décembre 1803], et celle d’officier de l’Ordre le 25 prairial [14 juin] suivant.
Le 20 fructidor an XIII [7 septembre 1805], il reçut l’ordre d’aller prendre la direction du parc d’artillerie du corps d’armée de Ney.
Il commanda aussi, le 7 thermidor an XIV [1806], celui du 6e corps de la grande armée, et fut envoyé à Vesel le 26 octobre 1806.
Un mois après son arrivée à cette destination, il rendit compte au ministre de la guerre de toutes les dispositions qu’il avait faites pour l’armement de cette place. Le ministre lui en témoigna toute sa satisfaction.
Promu général de brigade le 8 janvier 1807, il reçut la croix de commandeur de la Légion-d’Honneur, obtint le commandement de l’École de Toulouse en 1808, commanda l’artillerie du 7ee corps d’armée en Espagne, dirigea l’artillerie au siège de Ciudad-Rodrigo en 1810, et contribua en grande partie, par ses habiles manœuvres, à la prise de cette ville.
Il se signala aussi, vers le même temps, aux combats de Santa-Marta et de Villaba. Pendant cette même expédition d’Espagne, le général Ruty donna l’idée d’un nouveau genre d’obusiers que l’on employa avec beaucoup de succès dans la guerre des montagnes, et qui a été désigné depuis sous le nom d’obusiers Ruty.
L’importance des services qu’il avait rendus lui mérita le grade de lieutenant-général le 10 janvier 1813, et le fit appeler au commandement en chef de l’artillerie de la Grande Armée, le 17 novembre suivant.
Au mois d’avril 1814 il adhéra aux actes du Sénat, fut créé chevalier de Saint-Louis, comte, puis grand officier de la Légion-d’Honneur le 5 août de la même année. Au retour de l’île d’Elbe, il fit sa soumission à l’Empereur, qui l’envoya à l’armée du Nord en tant que commandant de l'artillerie.
Il est admis à la chambre des Pairs le 5 mars 1819.
Le général Ruty est mort le 24 avril 1828. il est inhumé au cimetière du père Lachaise. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Sud, 21e et 22e colonnes".

• Les obusiers Ruty :
Appelés aussi canons-obusiers, sont conçus à peu près simultanément par le général Ruty à Séville en 1811 et par le colonel de Villantroys à Liège en 1813. Ils ont une portée de plus de quatre kilomètres, ce qui, pour l’époque, est une remarquable performance.
Napoléon, à Sainte-Hélène, disait avoir utilisé ces matériels pour défendre la côte méditerranéenne, en particulier la rade d’Hyères dont le “mouillage, éloigné de 1 800 toises de la côte [était] par conséquent hors de portée des pièces sur affûts de côte ordinaire, des mortiers à la Gomer et de ceux de 10 pouces. L’ennemi a donc pu mouiller impunément dans cette rade sans y être inquiété, jusqu’au jour où l’on plaça aux batteries quelques pièces de 24 ou de 36 sur affûts à 45 degrés et des mortiers à la Villantroys, ou de ceux faits à Séville qui envoyaient des bombes à 2 500 et 3 000 toises. Alors les bateaux ennemis abandonnèrent la rade”.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées
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