17 mars 1830 : mort de Gouvion Saint-Cyr

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Modérateur : Général Colbert

Soldat d'Empire

Desaix et Gouvion Saint-Cyr

Message par Soldat d'Empire »

Bonjour à tous,

Actuellement en train de lire l'ouvrage de Gonzague Saint Bris, Desaix le Sultan de Bonaparte, je suis assez surpris de voir le parallèle que fait l'auteur dans les chapitres avec Gouvion Saint Cyr. Si l'on en croit l'auteur, on a l'impression d'une grande ressemblance à plusieurs points de vue entre les deux hommes. Or je souhaiterai savoir si certains d'entre vous ont eu d'autres témoignages attestant ou réfutant les dires de cet écrivain, compte tenu que je ne connais que très peu Gouvion Saint Cyr :oops: .
Par avance merci à ceux qui répondront.
Amicalement, à bientôt. :salut:
Gouvy

Desaix et Gouvion Saint-Cyr

Message par Gouvy »

Les deux "spartiates" du Rhin se connaissaient et s'appréciaient beaucoup.
Une réelle fraternité d'armes régnait au sein de l'armée du Rhin de 1794 (période durant laquelle les deux hommes se lièrent) et la correspondance des deux hommes (citée par Christiane d'Ainval, biographe du Maréchal) est éloquente :
"Sois persuadé que je me ferai un vrai plaisir de faire ce qui te conviendra . Je me saignerai en cavalerie pour toi si on ne t'en envoie pas." lui écrit Desaix en juillet 1794.

Tactiquement les deux hommes étaient bien souvent d'avis différents mais complémentaires puisqu'on disait à l'armée du Rhin "Avec Desaix, on gagne les batailles, avec Saint Cyr, on est sur de ne pas les perdre." Politiquement aussi, les deux hommes sont de grands républicains.
Gouvion parle du départ de Desaix de l'Armée du Rhin :
"Il [Saint Cyr] sentit plus que personne la perte que l'armée allait faire si la guerre devait encore continuer ; la vive amitié qui avait d'abord régné entre eux, et la bonne intelligence qui lui avait succédé ensuite, et qui rien n'avait pu altérer, étaient d'autres causes de regret."
On peut citer la dernière lettre de Desaix à Saint Cyr, dont la réponse arrivera quelques heures après la mort de Desaix à Marengo :
"J'arrive, mon cher Saint-Cyr ; voici deux ans que je suis loin de toi. Je veux savoir comment tu te trouves, si tu es content, bien portant, si tu as la faveur. [...] J'ai su que tu as toujours fait à merveille partout ; je t'en félicite bien sincérement mon cher Saint Cyr, car personne au monde ne prend plus que moi part à tout ce qui te regarde. Je désire aller te rejoindre et servir encore près de toi. En attendant, je fais une triste quarantaine d'un mois et je languis dans le temps que tu obtiens des triomphes : laisse nous quelque chose à faire. Je t'embrasse et t'aime de toute mon âme."

Cordialement,
Modifié en dernier par Gouvy le 27 juin 2009, 14:05, modifié 1 fois.
GSC78

Desaix et Gouvion Saint-Cyr

Message par GSC78 »

Toute l'estime :? de St Cyr pour Desaix résumée dans ces quelques lignes de Christiane d'Ainval

"Viennet, rapportant un entretien qu'il eut un jour avec le maréchal (St Cyr), a caricaturé sans ménagement son esprit critique et dénigrant:
"En lui parlant de mon dialogue des morts intitulé : "Napoléon", je lui disais que j'avais mis dans la bouche de Kléber tous les reproches que nous étions en droit d'adresser à l'Empereur à l'égard de nos libertés: "Vous avez mal choisi votre interprète, m'a dit le maréchal. Kléber n'était qu'un soldat, la guerre était son unique affaire; et d'ailleurs l'ambition l'emportait dans son coeur sur le patriotisme". Je lui ai désigné Desaix: "Non, s'est-il écrié, Desaix n'avait que l'amour de la gloire. ...."
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Joker
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17 mars 1830 : mort de Gouvion Saint-Cyr

Message par Joker »

Gouvion-Saint-Cyr, le seul à avoir reçu le bâton de maréchal pendant la Campagne de Russie, homme d’une très grande honnêteté, aurait pu avoir une carrière d’homme d’État, si ses qualités militaires, son sens tactique et son aptitude à la guerre défensive, n’avaient pas prédominé.
En 1813, Napoléon a dit de lui: "je compte sur son zèle et ses talents militaires pour agir avec décision et vigueur". Et après la violation par les Alliés de l’acte de capitulation de Dresde: "Ce n’est pas pour m’ôter 20 à 25 000 soldats … que les alliés violent à notre égard le droit des gens; c’est pour retenir Saint-Cyr prisonnier, il est le premier de nous pour la guerre défensive. Moi je lui suis supérieur pour l’attaque."

• Lisons, de l’historien Charles Mullié, la "Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850":
Louis de Gouvion-Saint-Cyr, maréchal de France, est né à Toul (Meurthe), le 13 avril 1764, de parents pauvres. Volontaire en 1789, il franchit rapidement les premiers grades.
Adjudant-général en 1793, à l'armée de Moselle, général de brigade peu de temps après, et général de division à l'armée des Alpes le 16 juin 1794.
Au siège de Mayence, il commandait l'attaque du centre et s'y fit remarquer. Il fit, sous Masséna, la campagne de 1798, et fut destitué par le Directoire pour avoir signalé des déprédations de la part des représentants du peuple. Remis bientôt en activité, il commandait la droite à la bataille de Novi. Pendant la retraite qui suivit cette funeste journée, il contint l'ennemi par d'habiles manœuvres, et le battit à Pasturana.
Attaqué le 6 novembre 1799 devant Coni par des forces supérieures, il repoussa vigoureusement les assaillants. Chargé de l'aile droite de Championnet, il retarda l'investissement de Gênes, et opéra une admirable retraite sur le Var. Le premier Consul lui adressa à cette occasion un sabre d'honneur.

En 1800 il commanda provisoirement l'armée de Moreau, s'empara de Fribourg, et contribua au gain de la bataille de Hohenlinden.
L'année suivante il commanda en chef l'armée de Portugal, fut ambassadeur en Espagne après le traité de Badajoz, et chargé de diriger les opérations militaires de l'armée du général Leclerc.
L'Empereur le nomma en 1804, colonel général des cuirassiers, et, en 1805, commandant d'un corps chargé de couvrir le royaume de Naples et de protéger les côtes de l'Adriatique.
Appelé avec ses troupes pour le siège de Venise, il surprit à Castel Franco 7 900 Autrichiens et leur fit mettre bas les armes. En 1806 il occupa, sous les ordres de Masséna, les trois provinces des Pouilles.
Gouvion-Saint-Cyr fit la campagne de Prusse et de Pologne en 1807, et fut gouverneur de Varsovie. Il revint en Espagne après la paix de Tilsit, prit la ville de Rosas, Barcelone, et dirigea avec habileté les opérations de l'armée de Catalogne. Plus tard il battit le général Castre et força la place de Valls à se rendre.

En 1812, il commandait à la grande armée le 6e corps composé de Bavarois. Le maréchal Oudinot ayant été blessé à Polotzk le 17 août, Gouvion-Saint-Cyr dirigea en même temps les opérations des 6e et 10e corps; le 27 du même mois, Napoléon, qui l'avait précédemment nommé comte de l'Empire, lui conféra la dignité de maréchal. Sa brillante conduite pendant la retraite de Moscou justifia pleinement ce choix. Mais, blessé grièvement à la deuxième bataille de Polotzk, le 18 octobre, il dut se retirer sur les derrières de l'armée, et fut remplacé dans son commandement.
Après la rupture de l'armistice de 1813, l'empereur confia au maréchal le commandement du 14e corps à la tête duquel il se signala pendant la campagne de Saxe.
Renfermé dans Dresde, il signa, le 11 novembre, une capitulation qui fut honteusement violée: 16 000 Français furent faits prisonniers malgré les protestations de leur chef.
Gouvion-Saint-Cyr s'attacha au parti de la Restauration, accompagna Monsieur jusqu'à Lyon, en 1815, voulut organiser à Orléans des corps royalistes et suivit le roi à Gand.
En retour, Louis XVIII lui confia le portefeuille de la guerre qu'il conserva du 9 juillet 1815 au 24 septembre 1815.
Il refusa d'apposer sa signature au traité du 20 novembre 1815, et donna sa démission après avoir créé le corps royal et l'école d'application d'état-major.
Cependant le roi le nomma membre de son conseil privé, gouverneur de la 8e division avec le titre de marquis.
Il fut ministre de la marine en 1817, et de la guerre du 12 septembre 1817 au 19 novembre 1819. C'est sous son ministère que fut rendue la loi sur le recrutement.
Le maréchal Gouvion-Saint-Cyr est mort à Hyères (Var), le 17 mars 1830.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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Rigodon d'honneur
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Re: 17 mars 1830 : mort de Gouvion Saint-Cyr

Message par Rigodon d'honneur »

Joker a écrit : 16 mars 2021, 20:10 Gouvion-Saint-Cyr fit la campagne de Prusse et de Pologne en 1807, et fut gouverneur de Varsovie.
Grosse erreur de personne :? dans ce texte de Charles Mullié (tiré de la "Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850"), reprise dans ce post tiré du site du Cercle Napoléon : c'est le général de division Louis Jean-Baptiste GOUVION (1752-1823) qui devient gouverneur de Varsovie à la place de Lemarois le 15 décembre 1806 :roll: ...

À la même époque, Gouvion-Saint-Cyr est commandant en chef du 1er corps de réserve au camp de Boulogne.
:salut:
"Ils grognaient, et le suivaient toujours..."
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Rigodon d'honneur
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Re: 17 mars 1830 : mort de Gouvion Saint-Cyr

Message par Rigodon d'honneur »

En 1812, il commandait à la grande armée le 6e corps composé de Bavarois. Le maréchal Oudinot ayant été blessé à Polotzk le 17 août, Gouvion-Saint-Cyr dirigea en même temps les opérations des 6e et 10e corps
... et accessoirement, ce n'est pas le 10e corps que commandait Oudinot en 1812 :? , mais le 2e corps de la Grande Armée...
:salut:
"Ils grognaient, et le suivaient toujours..."
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