5 février 1849 : mort du général Durosnel

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Modérateur : Général Colbert

Jonathan

Une histoire d'amour sous l'Empire : le général Durosnel

Message par Jonathan »

Salut à tous : :salut:

Y a-t-il quelqu'un qui sait le nom de l'épouse du général Durosnel ? Ont-ils des enfants ?
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L'incendie de l'ambassade d'Autriche à Paris le 1er juillet 1810 - Mémoires du général Lejeune

« Enfin, arriva la fête préparée par le prince de Schwartzenberg [ambassadeur d'Autriche en France], pour célébrer l'auguste mariage, auquel il avait puissamment contribué. Son hôtel, situé dans la rue du Mont blanc (aujourd'hui rue de la Chaussée-d'Antin), était au milieu d'un fort beau jardin ; dans lequel on avait imité plusieurs des sites où la jeune Impératrice avait passé son enfance. Tous les artistes-danseurs de l'Opéra, dans les costumes autrichiens de ces localités, représentaient des scènes de ses premières années. Cette attention délicate rendit la première partie de la fête délicieuse pour l'Impératrice, qui en fut touchée.

Pour recevoir les douze à quinze cents invités, le prince avait fait construire une grande salle en planches, richement décorée de glaces, de fleurs, de peintures, de draperies, et d'un luminaire immense. Depuis plus d'une heure, le bal était en grande activité, et l'on dansait une écossaise, quoique la chaleur fût étouffante. L'lmpératrice, la reine de Naples, la reine de Westphalie, la princesse Borghèse, la princesse de Schwartzenberg, belle-soeur de l'ambassadeur, ses filles et cent autres dames, étaient très occupées de figurer à cette danse animée, lorsqu'une bougie d'un des lustres près de la porte du jardin vint à couler et mit le feu à la draperie. M. le colonel de Tropbriant s'élança d'un bond pour l'arracher. Ce mouvement brusque de la draperie étendit la flamme, et en moins de trois secondes, dans cette salle peinte à l'alcool pour la faire sécher plus promptement, et fort échauffée par le soleil de juillet, mais bien plus encore par la quantité considérable de bougies, la flamme s'étendit d'un bout à l'autre du plafond avec la rapidité de l'éclair et le bruit d'un roulement de tonnerre. Tous les assistants furent à l'instant même sous une voûte de feu.

Dès que l'Empereur eut jugé l'impossibilité de l'éteindre, il prit avec calme la main de l'Impératrice et la conduisit hors du jardin. Chacun imita son sang-froid, et personne ne jeta un cri; plusieurs danseurs même ne savaient encore à quoi attribuer l'augmentation de lumière et de chaleur, et chacun d'abord se dirigeait, sans courir, vers l'issue du jardin, croyant avoir le temps d' éviter le danger. Cependant, en quelques secondes, la chaleur devint insupportable ; on pressa le pas et l'on marcha sur les robes, ce qui occasionna un encombrement de personnes renversées sur les marches du jardin. Des lambeaux enflammés, tombés en même temps du plafond, brûlaient les épaules et la coiffure des dames; les hommes, même les plus forts, étaient entraînés dans la chute, et leurs vêtements prenaient feu.

Cette réunion de personnes embrasées était affreuse à voir. J'avais pu sortir facilement des premiers, en dirigeant la comtesse Sandizelle et Mme de Mathis, qui n'eurent aucun accident, et je revins à la porte du salon pour arracher des victimes au fléau qui les dévorait. Une des premières que je pus entraîner fut le malheureux prince Kourakin, ambassadeur de Russie, qui était dans un état horrible: une de ses mains dépouillée et ensanglantée s'appuya sur ma poitrine et y laissa toute son empreinte. Sous son corps glisaient plusieurs dames à demi-brûlées ; on les arrachait avec peine, du milieu des flammes, où les épées des hommes accrochaient les vêtements et gênaient la délivrance. De toute part, des cris déchirants de douleur et de désespoir étaient jetés par des mères appelant leurs filles, des maris leurs femmes. Le jardin, éclairé comme en plein jour, fut à l'instant même rempli de personnes se cherchant à grands cris, et fuyant le brasier pour éteindre leurs vêtements. Deux mères, la princesse de Schwartzenberg et la princesse de Layen, poussées par l'héroïsme de la tendresse maternelle, ne trouvant pas leurs filles dans le jardin, se précipitèrent sous les flammes pour les chercher dans le salon embrasé; la voûte s'écroula sur elles, et la princesse de Layen, seule, put en sortir pour mourir une heure après.

La princesse de Schwartzenberg, perdue pour tout le monde dans cet affreux moment, ne fut retrouvée et reconnue qu'à ses diamants dans les cendres de l'incendie ; son corps était si défiguré qu'on ne put la reconnaître qu'à ses parures. Son diadème s'était fondu par la chaleur et sa monture d'argent, en fondant, avait laissé sa trace en creux sur le crâne. Plusieurs dames moururent dans la même nuit, et d'autres longtemps après, dans des souffrances affreuses. Les hommes, un peu mieux garantis par leurs vêtements, eurent un peu moins à souffrir. Le prince Kourakin, l'un des plus maltraités, fut plus de six mois à se rétablir, et Mme la comtesse Durosnel ne s'en releva que plus d'un an après.

Dès que l'Empereur eut remis l'Impératrice dans sa voiture, il revint en toute hâte donner ses soins aux victimes du désastre, et il y resta jusqu'au jour, continuellement occupé à diriger les secours. ...

... Dix personnes étaient mortes des suites de l'incendie, et une centaine d'autres en furent très maltraitées. La désolation fut grande dans Paris lorsqu'on apprit cet événement ; et tous nos vieux officiers, qui avaient été désolés du mariage de l'Empereur avec la fille du plus constant ennemi de la France, ne manquèrent pas de comparer ce triste présage pour l'avenir, à la terrible soirée du mariage de Louis XVI, où trois mille personnes furent écrasées ou blessées sur la place Louis xv. »

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Selon les Mémoires de Constant ....

« Au nombre des personnes qui y échappèrent, après de longues souffrances, se trouvèrent le prince Kourakin et madame Durosnel, femme du général de ce nom.
Le prince Kourakin, toujours remarquable par l'éclat autant que par le goût singulier de sa toilette, s'était paré pour le bal, d'un habit d'étoffe d'or ; ce fut c qui sauva. Les flammèches et les brandons glissèrent sur son habit et sur le décoration dont il était couvert, comme une cuirasse. ...
Le général Durosnel, dont la femme s'était évanouie dans la salle du bal, s'élança au milieu des flammes et reparut aussitôt, ayant dans ses bras son précieux fardeau ; il ports ainsi madame Durosnel jusque dans une maison du boulevard, où il la déposa pour aller chercher une voiture dans laquelle il la fit transporter à son hôtel. Dans le trajet que fit le général, de l'hôtel de l'ambassadeur au boulevard, il vit à la lueur de l'incendie un voleur qui enlevait le peigne de sa femme évanouie dans ses bras. Ce peigne était enrichi de diamants et d'un très-grand prix.
Madame Durosnel avait pour son mari une tendresse égale à celle de son mari our elle. A la suite d'un combat sanglant de la seconde campagne de Pologne, le général Durosnel fut perdu pendant plusieurs jours, et l'on écrivit en France qu'on le croyait mort. La comtesse, désespérée, tomba malade de douleur, et fut sur le point de mourir. Quelque temps après, on apprit que le général, blessé grièvement, mais non mortellement, avait été retrouvé, et que sa guérison serait prompte. Lorsque madame Durosnel reçut cette heureuse nouvelle, sa joie alla jusqu'au délira ; elle fit faire dans la cour de son hôtel, un tas de ses habits de deuil et de ceux de ses gens, y mit le feu, et vit brûler ces lugubres vêtemens avec des transports et des éclats de gaité folle. »

[Trois ans après, quelques journées heureuses ...]

« Enfin cette journée de diners fut couronnée par un souper de près de deux cents couverts, que le général Henri Durosnel, gouverneur de Dresde, donna le soir même à la suite d'un bal magnifique dans l'hôtel de M. de Serra.
A notre retour de Mayence à Dresde, j'avais appris que la maison du général Durosnel était le lieu de rendez-vous de haute société, tant parmi les Saxons que parmi les Française. Pendant l'absence de Sa Majesté, le général, profitant de ses loisirs, donna des fêtes, et entre autres une aux actrices de la Comédie française. Je me rappelle même à ce sujet une anecdote comique que l'on me raconta alors. Sans manquer aux bienséances ni à la politesse, Baptiste cadet, me dit-on, contribua beaucoup à l'agrément de la soirée. Il s'y présenta sous le nom de milord Bristol, diplomate anglais, se rendant au congrès de Prague. Son déguisement était si vrai, son accent si naturel, et son flegme si imperturbable, que plusieurs personnes de la cour se Saxe y furent prises de la meilleure foi du monde. »

Bien amicalement,

- Jonathan
Joker

Re: Une histoire d'amour sous l'Empire : le général Durosnel

Message par Joker »

Merci Jonathan pour ce récit émouvant d'un fait divers dramatique sous l'Empire.
Le funeste présage relevé par certains dut fortement frapper les esprits de l'époque.
L'héroïsme dont firent preuve plusieurs personnes est quant à lui digne d'éloges.
Jonathan

Re: Une histoire d'amour sous l'Empire : le général Durosnel

Message par Jonathan »

Chers collègues : :salut:

Merci de vos sentiments aimables.

J'ai trouvé très peu de détails sur la famille du général Durosnel. J'ai recherché «Durosnel», «Henri-Durosnel», «Du Rosnel», etc., etc., etc.

Son père, Parisien comme le fils, était un employé de haut niveau au ministère de la guerre, responsable du bureau de états-major et la cavalerie, et lui même chevalier de la Légion d'Honneur. Je n'ai trouvé rien sur la mère, l'épouse ou les enfants du général. J'ai trouvé seulement quelques références au nom 1650-1735 à Rouen et après 1850 en Meurthe-et-Moselle , et ne sais pas si ces personnes sont liées au général.

En outre, je ne sais d'aucune biographie consacrée au général (bien sûr, il y sont quelques notices courtes dans les dictionnaires biographiques) et j'ai trouvé seulement une gravure dite pour être un portrait de lui (que vous voyez à gauche en tant que mon avatar).

A l'âge de 77 ans, le général comte Durosnel trouve sa mort le 5 février 1849, à «sa» ville, Paris. Je ne sais rein d'un mémorial ou de sa tombe.

J'ai pensé que l'échec était le mien, et j'avais espéré que certains des nos champions du forum pourraient avoir localisé plus d'information.

Voici sa blason, très à propos d'un chevalier de l'Empire :
Durosnel. De sinople au chevron d'or, accosté de deux fers à cheval d'argent, l'un en chef à sénestre et l'autre en pointe.

Encore mes remerciements.

Bien amicalement, toujours,

- Jonathan
Dorsenne

Re: Une histoire d'amour sous l'Empire : le général Durosnel

Message par Dorsenne »

Cher Jonathan,
Quand vous parlez de "Henri-Durosnel", Henri est-il son prénom? En ce qui me concerne, j'ai trouvé Jean Baptiste. :salut:
Jonathan

Re: Une histoire d'amour sous l'Empire : le général Durosnel

Message par Jonathan »

Cher Dorsenne : :salut:

Les prenoms du comte Durosnel :
Antoine-Jean-Auguste-Henri

Et de son père :
Jean-Baptiste-Simon-Barthelemy-Henri

Mais, on peut voir aussi, pour le père :
"Henry Durosnel" ou "Henri Durosnel" en tant qu'un NOM.

Bien amicalement,

- Jonathan
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Joker
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Un épisode marquant de la campagne de Russie

Message par Joker »

« Napoléon surpris par les cosaques au milieu de son armée le 24 octobre 1812, au matin de la bataille de Malojaroslawetz. »
Le comte de Ségur écrivit que :
"les cosaques poussèrent des clameurs avant d’attaquer et, s’ils n’avaient pas hurlé en attaquant comme ils le font tous pour s’étourdir sur le danger, l’Empereur ne leur eut peut-être pas échappé. Ce qui augmenta le péril, c’est qu’on prit d’abord ces clameurs pour des acclamations, et ces hourras pour des cris de « Vive l’Empereur ! »
Une fois lancés, ils s’approchèrent si rapidement que Rapp n’eut que le temps de dire à l’Empereur : « ce sont eux ! retournez ! ».
L’Empereur, soit qu’il vit mal, soit qu’il lui répugnât de fuir, s’obstina. Il allait être enveloppé, quand Rapp saisit la bride du cheval et le fit tourner en arrière en lui criant « il le faut ! ».
La fierté de l’Empereur ne put s’y décider ; il mit l’épée à la main, il fut imité par le Prince de Neufchatel et le grand écuyer, et, se plaçant sur le côté gauche de la route, ils attendirent la horde, dont ils ne s’étaient séparés que par quarante pas ; Rapp n’eut que le temps de retourner de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si vivement sa lance dans le poitrail de son cheval, qu’il le renversa ; les autres aides de camp et quelques cavaliers de la Garde dégagèrent Rapp. »

Source : "Histoire de la campagne de Russie pendant l'année 1812" par Emile Marco de Saint Hilaire.


« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées
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Cyril Drouet
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Re: Un épisode marquant de la campagne de Russie

Message par Cyril Drouet »

Quelques écrits de mémorialistes sur l’affaire :


« Nous avions à peine quitté les chaumières où nous avions passé la nuit, que nous aperçûmes une nuée de Cosaques ; ils sortaient d’un bois en avant sur la droite ; nous les primes pour de la cavalerie française.
Le duc de Vicence fut le premier qui les reconnut.
« Sire, ce sont les Cosaques.
– Cela n’est pas possible » répondit Napoléon.
Ils fondaient sur nous en criant à tue-tête. Je saisis son cheval par la bride ; je le tournai moi même.
« Mais ce sont les nôtres ?
– Ce sont les Cosaques ; hâtez-vous.
- Ce sont bien eux » dit Berthier.
« Sans aucun doute » ajouta Mouton.
Napoléon donna quelques ordres et s’éloigna : je m’avançais à la tête de l’escadron de service ; nous fumes culbutés ; mon cheval reçut un coup de lance de six pouces de profondeur ; il se renversa sur moi : nous fumes foulés aux pieds par ces barbares. Ils aperçurent heureusement à quelque distance un parc d’artillerie ; ils y coururent : le maréchal Bessières eut le temps d’arriver avec les grenadiers à cheval de la garde ; il les chargea et leur reprit les fourgons et les pièces qu’ils emmenaient. »
(Rapp, Mémoires)


« A peine était-il [Napoléon] parti, que nous entendîmes un grand bruit ; un moment nous crûmes que c’étaient des cris de « Vive l’Empereur ! » mais nous entendîmes crier : « Aux armes ! » C’étaient plus de 6 000 Cosaques commandés par Platoff [Platov], qui, à la faveur du brouillard et des ravins, étaient venus faire un hourrah. Aussitôt les escadrons de service de la Garde s’élancèrent dans la plaine ; nous les suivîmes, et, pour raccourcir notre chemin, nous traversâmes un ravin. Dans un instant nous fumes devant cette nuée de sauvages qui hurlaient comme des loups et qui se retirèrent. Nos escadrons finirent par les atteindre et leur reprendre tout ce qu’ils avaient enlevé de bagages, de caissons, en leur faisant essuyer beaucoup de pertes.
Lorsque nous entrâmes dans la plaine, nous vîmes l’Empereur presque au milieu des Cosaques, entouré des généraux et des officiers d’ordonnance, dont un venait d’être dangereusement blessé, par une fatale méprise : au moment où les escadrons entraient dans la plaine, plusieurs de ses officiers avaient été obligés, pour défendre l’Empereur, qui était au milieu d’eux et qui avait failli être pris, de faire le coup de sabre avec les Cosaques. Un des officiers d’ordonnance, après avoir tué un Cosaque et en avoir blessé plusieurs autres, perdit, dans la mêlée, son chapeau, et laissa tomber son sabre. Se trouvant sans armes, il courut sur un Cosaque, lui arracha sa lance et se défendit avec. Dans ce moment, il fut aperçu par un grenadier à cheval de la Garde, qui, à cause de sa capote verte et de sa lance, le prit pour un Cosaque, courut dessus et lui passa son sabre au travers du corps.
Le malheureux grenadier, désespéré en voyant sa méprise, veut se faire tuer ; il s’élance au milieu de l’ennemi, frappant à droite et à gauche ; tout fuit devant lui. Après en avoir tué plusieurs, n’ayant pu se faire tuer, il revint seul et couvert de sang demander des nouvelles de l’officier qu’il avait si malheureusement blessé. Celui-ci guérit et revint en France sur un traîneau.
Je me rappelle qu’un instant après cette échauffourée, l’Empereur, étant à causer avec le roi Murat, riait de ce qu’il avait failli être pris, car il s’en est fallu de bien peu. »
(Bourgogne, Mémoires)



« Dès que le soleil du 25 se montra à l'horizon, [Napoléon] monta à cheval et s'avança sur la route de Kalougha, qui n'était plus pour lui que celle de Malo-Iaroslavetz. Pour atteindre le pont de cette ville il fallait qu'il traversât la plaine, longue et large d'une demi-lieue, que la Louja embrasse de son contour : quelques officiers seulement suivaient l'Empereur. Les quatre escadrons de son escorte habituelle n'ayant pas été avertis, se hâtaient pour le rejoindre, mais ne l'avaient pas encore atteint. La route était couverte de caissons d'ambulance, d'artillerie et de voitures de luxe : c'était l'intérieur de l'armée, chacun marchait sans défiance.
On vit d'abord au loin, vers la droite, courir quelques pelotons, puis de grandes lignes noires s'avancer. Alors des clameurs s'élevèrent : déjà quelques femmes et quelques goujats revenaient sur leurs pas en courant, n'entendant plus rien, ne répondant à aucune question, l'air tout effaré, sans voix et sans haleine. En même temps la file des voitures s'arrêtait incertaine, le trouble s'y mettait; les uns voulaient continuer, d'autres retourner : elles se croisèrent, se culbutèrent; ce fut bientôt un tumulte, un désordre complet.
L'Empereur regardait et souriait, s'avançant toujours, et croyant à une terreur panique. Ses aides de camp soupçonnaient des Cosaks, mais ils les voyaient marcher si bien pelotonnés, qu'ils en doutaient encore; et si ces misérables n'eussent pas hurlé en attaquant, comme ils le font tous pour s'étourdir sur le danger, peut-être que Napoléon ne leur eût pas échappé. Ce qui augmenta le péril, c'est qu'on prit d'abord ces clameurs pour des acclamations, et ces hourra pour des cris de vive l'empereur. »
C'était Platof et six mille Cosaks qui, derrière notre avant-garde victorieuse, avaient tenté de traverser la rivière, la plaine basse et le grand chemin, en enlevant tout sur leur passage et dans cet instant même où l'empereur, tranquille au milieu de son armée et des replis d'une rivière ravineuse, s'avançait, en ne voulant pas croire à un projet si audacieux, ils l'exécutaient !
Une fois lancés, ils s'approchèrent si rapidement, que Rapp n'eut que le temps de dire à l'eEmpereur: « Ce sont eux, retournez ! » L'Empereur, soit qu'il vît mal, soit répugnance à fuir, s'obstina, et il allait être enveloppé quand Rapp saisit la bride de son cheval et le fit tourner en arrière en lui criant: « Il le faut ! » ;et réellement il convenait de fuir. La fierté de Napoléon ne put s'y décider. Il mit l'épée à la main, le prince de Neufchâtel et le grand-écuyer l'imitèrent, et se plaçant sur le côté gauche de la route, ils attendirent la horde. Quarante pas les en séparaient à peine. Rapp n'eut que le temps de se retourner et de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si violemment sa lance dans le poitrail de son cheval, qu'il le renversa, Les autres aides de camp et quelques cavaliers de la garde dégagèrent ce général. Cette action, le courage de Lecoulteux, les efforts d'une vingtaine d'officiers et de chasseurs, et surtout la soif de ces barbares pour le pillage, sauvèrent l'Empereur.
Pourtant ils n'avaient qu'à étendre la main pour le saisir ; car au même moment, la horde, en traversant la grande route, y culbuta tout, chevaux, hommes, voitures, blessant et tuant les uns et les entraînant dans les bois pour les dépouiller; puis, détournant les chevaux attelés aux canons, ils les emmenaient à travers champs. Mais ils n'eurent qu'une victoire d'un instant, un triomphe de surprise. La cavalerie de la garde accourut: à cette vue, ils lâchèrent prise, ils s'enfuirent, et ce torrent s'écoula en laissant, il est vrai, de fâcheuses traces, mais en abandonnant tout ce qu'il entraînait.
Cependant plusieurs de ces barbares s'étaient montrés audacieux jusqu'à l'insolence. On les avait vus se retirer à travers l'intervalle de nos escadrons, au pas, et en rechargeant tranquillement leurs armes. Ils comptaient sur la pesanteur de nos cavaliers d'élite et sur la légèreté de leurs chevaux, qu'ils pressent avec un fouet. Leur fuite s'était opérée sans désordre: ils avaient fait face plusieurs fois, sans attendre, il est vrai, jusqu'à la portée du feu, de sorte qu'ils avaient à peine laissé quelques blessés et pas un prisonnier. Enfin ils nous avaient attirés sur des ravins hérissés de broussailles, où leurs canons, qui les y attendaient, nous avaient arrêtés. Tout cela faisait réfléchir. Notre armée était usée, et la guerre renaissait toute neuve, et entière.
L'empereur, frappé d'étonnement qu'on eût osé l'attaquer, s'arrêta, jusqu'à ce que la plaine fût nettoyée »
(Ségur, Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l’année 1812)


« Le récit que fait M. de Ségur du hourra des cosaques sur l'Empereur, est plein d'inexactitudes. Dès que ce prince eut reconnu les cosaques , qui chargeaient les cantiniers sur la route , il passa sur la gauche , en disant : Allons, mes escadrons de service en avant. Mais les escadrons de service n'étaient pas montés à cheval en même temps que Napoléon. Trois pelotons d'escorte seulement avaient suivi, un de chasseurs, un de lanciers et un de dragons. Ces trois pelotons se portèrent rapidement en avant, et leur présence contint les cosaques. Il est faux qu'ils se soient approchés de l'empereur au point que l'un d'eux ait enfoncé sa lance dans le poitrail du cheval de Rapp. Il n'est pas plus vrai que ce général ait pris le cheval de Napoléon par la bride. Quelques officiers d'ordonnance et de l'état-major du prince de Neufchâtel, s'avancèrent avec les trois pelotons de service, en même temps que l'Empereur se retirait vers les escadrons de la Garde, que l'on voyait venir de loin.
Ce fut dans la mêlée que les chasseurs de la Garde et les Polonais eurent avec les cosaques , et au moment de l'arrivée des grenadiers à cheval, que M. Lecoulteux, ayant tué un chevalier russe et pris sa lance, fut blessé d'un coup de sabre au travers du corps par un grenadier à cheval de la Garde, qui le prit pour un cosaque, parce qu'une redingote verte couvrait son habit. Il est faux que les cosaques se soient montrés audacieux jusqu'à l'insolence. Il est faux qu'on les ait vus se retirer à travers les intervalles de nos escadrons, au pas, et en chargeant tranquillement leurs armes ; trois faibles pelotons avaient suffi pour les culbuter. Cela est si vrai qu'ils se hâtèrent de repasser à gué la Louja, que notre cavalerie traversa après eux en les poursuivant. Les officiers d'ordonnance Athalin, Lauriston, Chabrillant, Montaigu, Tintigniers, etc. étaient présents avec nous à cette affaire. Ils peuvent certifier ce que nous avançons, ainsi que M. Lecoulteux, qui fut si grièvement blessé. M. de Ségur était probablement à Gorodinia, et il aura fait ce récit, comme tant d'autres, sur des ouï-dire.
Il termine, en disant : Tout cela faisait réfléchir. Ce qui est bien plus propre à faire réfléchir, c'est la manière dont ce fait et tant d'autres sont présentés.
Comment l'auteur peut-il dire que l'Empereur....... « resta une demi-heure frappé d'étonnement, qu'on eût osé l'attaquer, et le lendemain d'une victoire, et qu'il eût été obligé de fuir ? » Qu'ya-t-il d'étonnant qu'un quartier-général soit attaqué à l'improviste par de la cavalerie légère ? La victoire de Wagram, certes, fut une belle victoire, et le soir, l'Empereur fut obligé, par un hourra de cavalerie, de se réfugier au milieu de sa Garde qu'il fit former en carré. On pourrait citer nombre d'exemples de pareilles échauffourées. »
(Gourgaud, Napoléon et la Grande Armée en Russie, ou examen critique de l'ouvrage de M. le compte Ph. De Ségur)


« Le 25, à huit heures du matin, au moment où le brouillard commençait à se dissiper, il monte à cheval pour reconnaître la position; mais à peine a-t-il fait quelques pas que les cris de hourra! hourra! sortent d'un bois voisin,et qu'un essaim de Cosaques, traverse la route à moins de vingt pas de l'Empereur, sabrant et renversant tout ce qui fait obstacle.
Soudain, et plus prompts que la parole, les deux escadrons de service (chasseurs et grenadiers de la garde), à la tête desquels s'est élancé le général Rapp, se mettent à la poursuite de cette bande désordonnée. C'est dans cette mêlée qu'Emmanuel Lecoulteux, aidede-camp du prince de Neuchâtel, s'étant armé d'une lance qu'il venait d'arracher à l'un des Cosáques, trompa l’æil d'un grenadier à cheval de la garde, qui, le poursuivant à son tour, le perça d'un coup de pointe : la lame, par miracle, passa sous la clavicule sans offenser l'artère.
(Denniée, Itinéraire de l'empereur Napoléon pendant la campagne de 1812)
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Cyril Drouet
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Re: Un épisode marquant de la campagne de Russie

Message par Cyril Drouet »

On peut également citer les Mémoires de Caulaincourt :
"L’Empereur se décidait cependant à partir, quand un aide de camp du vice-roi arriva pour lui annoncer que l’ennemi n’avait que des feux de cosaques, et que des soldats et des paysans qu’on venait d’arrêter confirmaient sa retraite. Ces détails déterminèrent l’Empereur à attendre mais, une demi-heure après, son impatience le fit partir. Le jour paraissait à peine et, à 500 toises du quartier général, nous nous trouvâmes un moment nez à nez avec les cosaques dont le gros de la troupe donna, en avant de nous, sur un parc et sur de l’artillerie qu’ils entendirent marcher. Ils en emmenèrent quelques pièces.
Il faisait encore si sombre que nous ne fûmes avertis que par leurs cris et nous étions mêlés avec quelques-uns d’entre eux avant de les avoir distingués. On était si loin, il faut l’avouer, de s’attendre à les trouver au milieu de nos bivouacs de la Garde, qu’on fit même peu d’attention aux premiers cris. Ce n’est que quand ils redoublèrent et furent poussés auprès de l’Empereur que le général Rapp, qui était en avant de lui, avec les comtes de Lauriston, de Lobau, Durosnel, les officiers d’ordonnance de service et l’avant-garde de piquet, revint sur l’Empereur en lui disant :
— Arrêtez, Sire, ce sont les cosaques !
— Prends les chasseurs du piquet, lui répondit-il, et porte-toi en avant.
Ceux-ci, au nombre de dix à douze, les seuls qui nous eussent encore joints, se portaient déjà d’eux-mêmes en avant, pour se réunir à ceux de l’avant-garde. L’obscurité était encore telle que l’on ne pouvait rien distinguer à vingt-cinq pas. Le bruit des coups qui s’échangeaient et les cris des combattants indiquaient seuls le lieu de la mêlée et qu’on était aux prises avec l’ennemi. Emmanuel Lecouteulx, aide de camp de service du prince de Neuchâtel, fut percé, de part en part, d’un coup de sabre dans la poitrine, par un cavalier de la Garde, qui le prit pour un Russe.
L’Empereur était seul avec le prince de Neuchâtel et moi. Nous avions tous trois l’épée à la main. La mêlée, qui était très proche et qui venait sur l’Empereur, le détermina à faire quelques pas pour se porter sur la crête de la montagne, afin de mieux distinguer. Dans ce moment, les derniers chasseurs du piquet nous rejoignaient et les escadrons de service, auxquels l’Empereur n’avait pas donné le temps de monter à cheval quand il partit, arrivaient successivement. Dirigés par les cris des combattants, les deux premiers escadrons qui arrivèrent culbutèrent les premiers cosaques. Les deux autres, qui étaient à peu de distance et à la tête desquels venait le duc d’Istrie, vinrent à temps pour soutenir les deux premiers qui étaient fort engagés et entourés d’une nuée d’ennemis. Le jour paraissait assez, alors, pour éclairer cette scène. La plaine, la route étaient couvertes de ces cosaques ; la Garde reprit l’artillerie et le petit nombre de canonniers que l’ennemi emmenait et força les cosaques à repasser la rivière, mais nous eûmes beaucoup de blessés.
Il est de fait que si l’Empereur fût parti, comme il le voulait, avant le jour, il se serait trouvé au milieu de cette nuée de cosaques avec son seul piquet et les huit généraux et officiers qui l’accompagnaient. Si les cosaques, qui vinrent sous notre nez et qui nous entourèrent un moment, avaient eu plus d’audace et fussent tombés en silence sur la route, au lieu de hurler et de ferrailler sur les bords du chemin, nous étions enlevés avant que les escadrons pussent nous secourir. Sans doute, nous aurions aussi chèrement vendu notre vie qu’on le peut avec une petite épée et dans l’obscurité où l’on ne sait sur qui l’on frappe mais, certainement, l’Empereur eût été tué ou pris, sans qu’on sût même où le chercher, dans une grande plaine couverte par-ci par-là de bouquets de bois à la faveur desquels les cosaques s’étaient cachés à une portée de fusil de la route et de la Garde."

Ou encore le 27e Bulletin :
« L'Empereur porta son quartier général le 24 au village de Chorodnia. A sept heures du matin six mille Cosaques qui s'étaient glissés dans les bois firent un hourra général sur les derrières de la position et enlevèrent six pièces de canon qui étaient parquées. Le duc d'Istrie se porta au galop avec toute la garde à cheval. Cette horde fut sabrée, ramenée et jetée dans la rivière ; on lui reprit l'artillerie qu'elle avait prise et plusieurs voitures qui lui appartenaient : six cents de ces Cosaques ont été tués, blessés ou pris; trente hommes de la garde ont été blessés et trois tués. Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui : l'intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions. Au commencement de la charge les officiers de Cosaques appelaient la garde, qu'ils reconnaissaient, muscadins de Paris. Le major des dragons Letort s'est fait remarquer. A huit heures l'ordre était rétabli. »
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Joker
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5 février 1849 : mort du général Durosnel

Message par Joker »

Antoine Jean Auguste Durosnel nait à Paris le 9 novembre 1771. Très vite, il se destine à la carrière militaire. Surnuméraire à la compagnie des gardes écossais en 1783. Lieutenant au 26e d’infanterie en janvier 1792, il sert à l’armée du Nord en 1792-1793 et est capitaine aide de camp d’Harville en avril 1792. À l’armée de Sambre-et-Meuse en 1794-1797. Il est chef d’escadron en octobre 1796, colonel au 16e régiment de chasseurs à cheval en juillet 1799, il combat en 1800 à l’armée du Rhin. À la bataille de Moesskirch, il enfonce et détruit une force triple de la sienne.
En 1805, Durosnel sert à la Grande Armée. Hohenlinden, combat d’Ems. Sa conduite à Austerlitz lui permet d’obtenir le grade de général de brigade le 24 décembre 1805. En 1806-1807, il se distingue à Iéna, où ses charges impétueuses dégagent l’Empereur un moment exposé. Golymin, Friedland. Au combat de Glottau, il défait complètement l’arrière-garde russe.
Commandant de la Légion-d’Honneur en mai 1807, puis chevalier de l’ordre du Lion de Bavière. Comte de l’Empire le 24 avril 1808, gouverneur de l’École militaire des Pages, écuyer de Napoléon en Espagne en octobre 1808, où il détruit une colonne anglaise avec 400 cavaliers de la Garde impériale, puis aide de camp de l’Empereur, commandant des gendarmes de la Garde en Allemagne en avril 1809.
Campagne d’Autriche. Durosnel est nommé général de division le 16 avril 1809. Il combat au passage de la Traünn, sur le pont d'Ebersberg, ainsi qu'à la bataille d'Essling, où il est blessé et fait prisonnier, ce qui le fait passer pour tué au moment de l’armistice. On écrit en France qu'on le croit mort. La comtesse, son épouse, désespérée, en tombe profondément malade de douleur.
Heureusement, quelque temps après, on apprend que le général a été retrouvé, blessé grièvement, mais pas mortellement, et que sa guérison sera prompte. Lorsque madame Durosnel reçoit cette heureuse nouvelle, sa joie va jusqu'au délire; elle fait entasser, dans la cour de son hôtel, en tas, ses habits de deuil et ceux de ses serviteurs, y met le feu, et voit brûler ces lugubres vêtements avec des transports et des éclats de gaité folle.
Le 1er juillet 1810, Durosnel et son épouse assistent aux festivités célébrant le mariage de l'Empereur et de Marie-Louise. Durant la réception donnée à l’ambassade d’Autriche, vers 23h30, une bougie d'un des lustres près de la porte du jardin coule et met le feu à une draperie. Les flammes s'étendent d'un bout à l'autre du plafond avec la rapidité de l'éclair et surmontent tous les invités d’une voûte de feu. Durosnel, dont la femme s'est évanouie dans la salle du bal, s'élance au milieu du brasier et en ressort, avec dans ses bras son précieux fardeau. Son épouse est grièvement brûlée, et en restera plus de deux ans malade. Une bonne centaine d’invités, dont Pauline d'Arenberg, princesse de Schwartzenberg, la princesse de la Leyen, le général Touzart, sa femme et de sa fille, sont du nombre des victimes.
Le général Durosnel est nommé grand officier de la Légion-d’Honneur en 1811, et reçoit peu après l’ordre de l’Éléphant du Danemark. Il fait la campagne de Russie comme aide-major général, commande les gendarmes de la Garde impériale et est chargé de surveiller toute la cavalerie. Après la prise de Dresde en mai 1813, il est nommé gouverneur de cette ville et y resta jusqu’à la capitulation, où il sera retenu prisonnier, le 11 novembre 1813.
Libéré à la première Restauration, le comte Durosnel est fait chevalier de Saint-Louis. Mais durant les Cent-Jours, aide de camp de l’Empereur , Pair de France, il commande en second la Garde nationale de Paris sous Masséna. Au retour des Bourbons, il est laissé en non-activité.
Après la révolution de Juillet, Durosnel est député de Meaux. En mai 1832, il reçoit la croix de grand officier et est confirmé Pair de France, et président du conseil général de Seine-et-Marne, aide-de-camp de Louis-Philippe.
Le 5 février 1849, le général de division Antoine Jean Auguste Durosnel meurt à Paris. Il est inhumé au Père-Lachaise. Son nom est gravé sur l’Arc de triomphe, pilier ouest, colonne 31.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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Rigodon d'honneur
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Re: 5 février 1849 : mort du général Durosnel

Message par Rigodon d'honneur »

(...) le général Touzart, sa femme et de sa fille, sont du nombre des victimes.
le général Antoine-Etienne Tousard, général de brigade du génie, décède à Hambourg le 15 septembre 1813 :? ... son épouse mourut par contre effectivement quelques jours après cet incendie dramatique de ses brûlures.
:salut:
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