Les internés de Charenton, 1800-1854

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C-J de Beauvau
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Les internés de Charenton, 1800-1854

Message par C-J de Beauvau »

Les internés de Charenton, 1800-1854

500 NOTES ET DOCUMENTS LES INTERNES DE CHARENTON 1800-1854 Un peu d'histoire...
La maison de Charenton fut fondée, en 1641, grâce à une donation* ]) de Sébastien Leblanc aux frères de la Charité. En contrepartie, ces derniers devaient employer ladite maison pour fonder 5 lits (en 1662, 2 lits sont rajoutés). A la Révolution, il y en aura 16 destinés aux malades indigents du pays, sous le nom d'Hôpital de la Charité de Notre-Dame de la Paix. La première destination de l'établissement était de recevoir et de secourir les pauvres mais, dès le début du XVIIIe siècle, les frères vont accueillir deux nouveaux types de population : des correctionnaires (individus que l'on voulait écarter de la vie publique) et des aliénés. En 1786, le nombre de ces derniers s'élevait à 82 individus dont 1 furieux, 77 imbéciles et 4 épileptiques. La Révolution va mettre un terme à l'activité des frères : le 12 Messidor an III (30 juin 1795), le comité des secours publics ordonnait la fermeture de l'établissement. La maison fut utilisée comme prison pour les militaires du camp de Vincennes. Seul l'hôpital des pauvres du canton continua à remplir sa fonction d'assistance. Deux ans après, par arrêté du 27 Prairial an V (15 juin 1797), le Directoire exécutif, sur rapport du Ministre de l'Intérieur Chaptal, décide la réouverture de l'établissement. Il s'agissait de soulager l'effectif de l'Hôtel-Dieu et, au-delà, de remédier aux conditions désastreuses dans lesquelles étaient reçus les aliénés laïcs. Sous la tutelle du Ministre de l'Intérieur, Charenton devenait le seul établissement en France à soigner les insensés des deux sexes. De nombreuses figures importantes de la médecine aliéniste vont se succéder et, notamment, celle de Jean-Etienne Esquirol qui sera médecin-chef de Charenton de 1825 à 1840, année de sa mort; il peut être considéré, avec Pinel, comme un des pères de la psychiatrie moderne. Grâce à eux et à leur travail, la folie sera désormais considérée comme une maladie mentale curable. Cette nouvelle conception de la folie permettra aux aliénistes de mettre fin non seulement aux traitements les plus barbares qui présidaient jusqu'alors, mais encore de progresser dans le savoir psychiatrique : élaboration d'une nosographie détaillée ; action non plus seulement sur le corps mais aussi sur l'esprit avec l'introduction du traitement moral; amélioration du cadre de vie des malades «une maison d'aliénés est un instrument de guérison; entre les mains d'un médecin habile c'est l'agent thérapeutique le plus puissant contre les maladies mentales». L'asile devenait l'institution thérapeutique par excellence. Cette théorie n'allait pas survivre à la première moitié du XIXe siècle, les nouveaux aliénistes s'engageant dans une politique d'ouverture des asiles, condamnèrent les idées de leurs précurseurs.


...De 1793 à 1814, de nombreux enfants de parents français naquirent hors des frontières surtout dans les classes aisées. Professions Elles sont presque toujours indiquées pour les hommes. Pour les femmes mariées, celle qui est donnée est le plus souvent celle du mari. En raison de leur grande variété, nous avons dû les regrouper en adoptant le classement de l'article de A. Blum et J. Houdaille sur les cartes de civisme des Parisiens en 1793. Les résultats figurent au tableau . Chez les hommes avant 1840, un tiers des internés sont des militaires (soldats ou officiers) ou des invalides. Dès 1800, l'asile s'est spécialisé dans le traitement des militaires. Cette proportion baisse un peu après 1840 mais atteint encore près du quart. Celle des propriétaires ou des membres des professions libérales change peu d'une période à l'autre. Les autres métiers sont assez dispersés. On note toutefois un assez grand nombre de commerçants probablement aisés. La distinction entre les autres branches d'activité est difficile. On a compté les bouchers et les boulangers dans les métiers de l'alimentation. Ils pourraient tout aussi bien être considérés comme commerçants. Dans l'ensemble, on garde l'impression que les internés civils sont d'un milieu aisé. Chez les femmes, les actives dans les métiers de l'habillement sont nombreuses. C'est le plus souvent l'activité qu'elles pratiquent elles-mêmes (couturière). Au contraire, les professions libérales sont celles du mari. La proportion des religieuses, sans être négligeable, est faible et tend à diminuer. Plus encore que chez les hommes, les propriétaires ou épouses de propriétaires sont nombreuses dans la période la plus récente. L'impression générale est que les internées appartenaient de plus en plus aux classes sociales favorisées.

...Les femmes classées parmi les militaires ne sont pas des cantinières rescapées des guerres de l'Empire mais plutôt des épouses d'officiers. Leur population diminue fortement. L'armée perdit, en effet, de son importance sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Les pensionnaires n'étaient d'ailleurs admis que contre une pension annuelle relativement importante, ce qui explique la prédominance des aliénés issus d'une classe sociale élevée ..
Anne-Marie Bernard, Jacques Houdaille
https://www.persee.fr/docAsPDF/pop_0032 ... 2_4162.pdf

:salut:
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