Charles-Joseph Jacqmin, dit Charles de Loupoigne

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Joker
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Charles-Joseph Jacqmin, dit Charles de Loupoigne

Message par Joker »

Charles-Joseph Jacqmin, dit Charles de Loupoigne entre à Genappe au cri de « Vive l’Empereur » (*) et arrache l’arbre de la Liberté.
Nous sommes dans la nuit du 3 dimanche au lundi 4 janvier 1796, une bande de 200 hommes armés envahit Genappe vers 11 heures du soir.
Sous le commandement de JACQMIN(1), elle place des sentinelles aux principaux accès, elle fait prisonnier le capitaine français MANGIN qui avec, avec quelques soldats, dirige une fonderie nationale, elle se saisit d’autres soldats placés aux barrières. (2) On sonne le tocsin, on vide les caisses publiques, on adresse des réquisitions aux villages voisins au nom de Charles de Loupoigne, commandant de l’armée belgique au nom de l’Empereur. Dans la matinée du 4, la bande emmenant ses prisonniers enfermés dans trois chariots, prend la route de Charleroi, où elle doit, dit le chef, trouver du renfort et se munir d’armes et de munitions.
En route, les insurgés sont ravitaillés par les soins de l’abbaye de Villers située à quelques kilomètres de là ; ils se rafraîchissent à Frasnes, où le tocsin les a annoncés. Rencontrant un convoi de 104 chevaux destinés à l’armée du Rhin, ils s’en emparent. Arrivés à Gosselies, vers 4 heures, et ne recevant aucune nouvelle de Charleroi, ils s’arrêtent. Le chef décide de camper sur place et ne prend aucune mesure de sécurité, parce qu’à deux reprises des cavaliers français, envoyés de Charleroi se sont présentés à l’entrée de Gosselies et ont tourné sans tenter de se frayer un passage. Encouragé par ses premiers succès, JACQMIN laisse passer la diligence qui de Charleroi se rend à Bruxelles. Il se borne à faire prisonnier deux ou trois voyageurs parmi lesquels CHAPEL, frère d’un administrateur du département de la Dyle. La surveillance, toutefois, était tellement insuffisante que CHAPEL put s’évader et gagner Bruxelles où il mit les autorités au courant des détails du soulèvement.
A Charleroi, où aucun mouvement local ne s’était produit, le commandant de la place sortit, vers midi, avec un peloton de cavalerie, sur la route de Gosselies, mais les éclaireurs revinrent parce qu’ils avaient trouvé le village rempli de mécontents. Une seconde tentative, dirigée par un officier, se heurta vers 4 heures et demie, à des hommes armés et rebroussa chemin sans engager le combat. Fort heureusement pour la République, vers 9 heures du soir, un révolutionnaire de Gosselies accourt à Charleroi pour prévenir le commandant de ce que les rebelles répandus dans les cabarets « sans insulter personne », mais dépourvus de toute garde, pouvaient être surpris et défaits presque à coup sûrs. Montant à cheval avec 50 cavaliers et emmenant une colonne d’infanterie, le commandant courut à Gosselies. Là, aucune lutte ne fut nécessaire. Après quelques coups de feu, les paysans dispersés, attablés dans les auberges ou endormis dans les fermes, disparurent grâces aux ténèbres. LECOCQ(3) et quelques autres insurgés furent sais et JACQMJN disparut. Les prisonniers français, au nombre de 24, furent libérés et les chevaux repris.
Pendant que s’accomplissaient ces opérations, une autre colonne , commandée par l’adjudant-général ROSTOLLANT, quittait Bruxelles à la nuit et après avoir traversé Genappe, où tout était rentré dans le calme, venait rejoindre, à Gosselies, les soldats de Charleroi.
Le surlendemain, 6 janvier, ROSTOLLANT, rapportait qu’il avait fait arrêter un grand nombre de suspects, parce que « la presque totalité des autorités constituées du canton » étaient complice de Loupoigne. Il avait fouillé en vain l’abbaye de Villers, sans trouver de preuves à charge des moines mais ajoutait-il : « c’est des cochons que nous retrouveront ». En peu de jours, 210 détenus du pays wallon encombrèrent les prisons de la capitale.
Le dénouement ne se fit guère attendre. Le 16 février, la Commission militaire condamnait Antoine LECOCQ à la peine de mort et 5 de ses complices à des peines moins fortes. Le condamné fut fusillé le 17 dans l’impasse qui à cette époque formait le commencement de la rue de la Régence, place Royale, et peu après, le 25, la même Commission condamna, par contumace, JACQMIN et dom de CHENTINNE(4) à la peine de mort et l’abbaye de Villers à payer 2,100 livres d’indemnité à la République et à supporter les frais d’une garde de 5 hommes placée à ses portes.

(*) Il s'agit de l'Empereur d'Autriche Leopold II.

Sources : Charles Jacqmin dit Charles de Loupoigne. Chef des partisans insurgés contre la France 1795-1799 ; Bon P. Verhaegen, Carnet de La Fourragère n°5-6 1926-1927, pges 3-18 et pges 10-29
(1) Né à Bruxelles le 14 mars 1761 et décédé à Loonbeek le 30 juillet 1799 . Il se marie deux fois. Il est nommer cadet au régiment autrichien Laudon Vert où il est chargé du recrutement dans les provinces de Brabant et de Flandre.
(2) Aux cris de « Vive l’Empereur ! », une bande d’hommes, jaillissant dans la forêt de Soignes sous le conduite de JACQMIN est entrée dans la ville de Genappe, a abattu l’arbre de la liberté qui se trouvait devant l’Auberge « Le Roy d’Espagne » et a foulé la cocarde tricolore avant de se retirer vers Gosselies.
(3) Oncle maternel de JACQMIN, habitant Villers, avait été econome de l’abbaye de Villers.
(4) Prieur de l’abbaye de Villers. Il fut caché par son frère à Charleroi. Amnistié. Il décède mort naturelle à Jauche le 6 novembre 1811.



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