Citations - Maximes et pensées

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Cyril
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Cyril »

il y a plusieurs sites qui font la même chose....le tout est justement de savoir ce qui est vrai ou pas ;)
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Demi-solde
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Demi-solde »

C-J de Beauvau a écrit :
09 avr. 2018, 15:06
Voici 146 citations dites de(" Napoléon Bonaparte ")selon ce site Proverbes-francais.fr !
http://www.proverbes-francais.fr/citati ... bonaparte/

Pour les sources primaires il y a un ou des spécialistes :)

Il est vrai que la seule source présente sur ce site...
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821)
(...)
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821)
(...)
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées (1769-1821)
... est un peu vague, et fait immanquablement penser aux contestées « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène »...




Une des citations les plus emblématiques de Napoléon a déjà été plusieurs fois abordée sur ce forum :

Image

« L'Histoire est un mensonge que personne ne conteste » est une "citation" dont on ne trouve aucune source ; il s'agit certainement d'une déformation de propos rapportés dans le Mémorial :

« Il faut en convenir, me disait aujourd'hui l'Empereur, les véritables vérités, mon cher, sont bien difficiles à obtenir pour l'Histoire. Heureusement que la plupart du temps elles sont bien plutôt un objet de curiosité que de réelle importance. Il est tant de vérités !... Celle de Fouché, par exemple, et autres intrigants de son espèce; celle même de beaucoup d'honnêtes gens différeront parfois beaucoup de la mienne. Cette vérité historique, tant implorée, à laquelle chacun s'empresse d'en appeler, n'est trop souvent qu'un mot : elle est impossible au moment même des évènements, dans la chaleur des passions croisées; et si, plus tard, on demeure d'accord, c'est que les intéressés, les contradicteurs ne sont plus. Mais qu'est alors cette vérité historique, la plupart du temps ? Une fable convenue, ainsi qu'on l'a dit fort ingénieusement. »

Emmanuel de Las Cases, « Mémorial de Sainte-Hélène », mercredi 20 novembre 1816


Jean Tulard himself cite cette "fable convenue" dans au moins un texte :

« (...) C’est dire le peu d’intérêt attaché par Napoléon à l’histoire. Du moins en apparence. Pour lui, la vérité historique n’existe pas. Elle n’est le plus souvent, dit-il, qu’un mot. Je le cite : "Elle est impossible au moment même des évènements, dans la chaleur des passions, et si, plus tard, on trouve un accord, c’est que les intéressés et les contradicteurs ne sont plus. Qu’est alors la vérité historique ? Une fable convenue."

Et de souligner (...)

Revenons à Napoléon qui n’aimait pas les auteurs de mémoires tout en dictant les siens à Sainte-Hélène : "On me supposera des projets que je n’eus jamais. On se demandera si je visais à la monarchie universelle ou non. On raisonnera longuement pour savoir si mon autorité absolue et mes actes arbitraires dérivaient de mon caractère ou de mes calculs, si mes guerres constantes vinrent de mon goût ou si je n’y fus conduit qu’à mon corps défendant. Il en sortira", conclut l’Empereur, "la fable convenue qu’on appellera mon histoire."

Ainsi, si l’on en croit Napoléon, tout ce qui s’écrit sur lui ne peut être que faux, au mieux, convenu. (...) »


M. Jean Tulard, président de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, « Peut-on faire confiance aux historiens ? », séance solennelle du 7 novembre 2005


A noter que Jean Tulard se permet, semble-t-il, deux approximations à ce sujet :

Tulard : « Qu’est alors la vérité historique ? Une fable convenue. »
Las Cases : « Mais qu'est alors cette vérité historique, la plupart du temps ? Une fable convenue, ainsi qu'on l'a dit fort ingénieusement

Tulard : « la fable convenue qu’on appellera mon histoire. »
Las Cases : « et de là encore la fable convenue que l'on appellera l'histoire. »

Ces deux approximations ne sont pas anodines puisqu'elles peuvent laisser à penser que la « fable convenue » est l’œuvre de Napoléon. Le texte originel montre qu'a priori, il n'en est rien ; dans la bouche de Napoléon et sous la plume de Las Cases, « on » n'est pas Lui, et l'Empereur n'est pas l'auteur de ce qui se rapproche le plus de cette "citation".


« L'histoire est une fable convenue » est une citation attribuée à cette époque à... Bernard Le Bouyer de Fontenelle, et ce dans différents livres publié en 1809, publié en 1818, publié en 1823, voire publié en 1831.


On trouve la même citation sous la plume de Voltaire, qui écrit dans une lettre :

« J'ai toujours pensé comme vous, monsieur, qu'il faut se défier de toutes les histoires anciennes. Fontenelle, le seul homme du siècle de Louis XIV, qui fut à la fois poète, philosophe et savant, disait qu'elles étaient des fables convenues (...) »

Voltaire, « Lettre à M. Horace Walpole », Ferney, le 15 juillet 1768, publiée en 1785 et en 1817.


En remontant l'histoire de cette citation, on en arrive enfin à Helvétius :

« Les historiens ne rapportent que les motifs apparents, ils ignorent les véritables ; & c'est, à cet égard, qu'on peut, d'après M. de Fontenelle, assurer que l'histoire n'est qu'une fable convenue. »

Claude-Adrien Helvétius, « De l'esprit », 1758


Helvétius puis Voltaire firent de Fontenelle l'auteur de l'adage « l'histoire n'est qu'une fable convenue. » L'a-t-il réellement écrit ou prononcé ? Mystère. Ce qui existe encore de nos jours et s’en rapproche le plus est :

« A quel dessein nous l’auroit-on donné pour faux ? Quel auroit été cet amour des hommes pour des faussetés manifestes & ridicules, & pourquoi ne dureroit-il plus ? Car les Fables des Grecs n’étoient pas comme nos Romans qu’on nous donne pour ce qu’ils sont, & non pas pour des Histoires ; il n’y a point d’autres Histoires anciennes que les Fables. »

Bernard le Bouyer de Fontenelle, « De l'origine des fables », 1724, réédité notamment en 1818


Il conviendrait de faire des recherches pour les « 146 citations dites de(" Napoléon Bonaparte ") » évoquées par C-J de Beauvau, et pour toutes les autres que l'on trouve répétées de ci, de là, et qui n'ont souvent pour seule légitimité que d'avoir déjà été précédemment attribuées à Napoléon... sans preuve.


Finalement, les citations de Napoléon sans source primaire, c'est comme l'Histoire, ce sont des mensonges que tout le monde reprend et que personne ne conteste... ;)


Cordialement
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Demi-solde
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Demi-solde »

Napoléon fait partie, avec Churchill ou encore Oscar Wilde, du panthéon des auteurs de citations... plus ou moins vérifiées ; si les saillies originelles de Churchill ont presque toujours laissé une trace audio ou écrite, les "citations" de Napoléon sont souvent plus difficiles à tracer...

Accessoirement, on peut également s'interroger sur les citations qui semblent tout droit sorties de la direction de la communication d'une chambre d'agriculture ou de quelque société viticole...

ImageImage


Surtout lorsque cette même citation est attribuée à Winston Churchill par l'International Churchill Society et par le National Churchill Museum...

Image

https://store.nationalchurchillmuseum.o ... rt-womens/

https://winstonchurchill.org/resources/ ... champagne/


Cordialement
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par L'âne »

Voici ce que j'ai pu trouver dans "Le Manuscrit original retrouvé" à propos de la phrase relative à l'histoire :

"Il [Las Cases] donne encore une opinion de l'Empereur sur le rôle de l'historien que nous nous devons de citer au moins partiellement ici : « Les véritables vérités, mon cher, sont bien difficiles à obtenir pour l'Histoire [...]. Il est tant de vérités ! [...]. Cette vérité historique, tant implorée, à laquelle chacun s'empresse d'en appeler, n'est trop souvent qu'un mot : elle est impossible, au moment même des événements, dans la chaleur des passions croisées ; et si, plus tard, on demeure d'accord, c'est que les intéressés, les contradicteurs ne sont plus. Mais qu'est alors cette vérité historique, la plupart du temps ? Une fable convenue, ainsi qu'on l'a dit fort ingénument. Dans toutes ces affaires, il est deux portions essentielles fort distinctes : les faits matériels et les intentions morales. Les faits matériels sembleraient devoir être incontroversables (?); et pourtant, voyez s'il est deux relations qui se ressemblent : il en est qui demeurent des procès éternels. Quant aux intentions morales, le moyen de s'y retrouver, en supposant même de la bonne foi dans les narrateurs ? Et que sera-t-il s'ils sont mus par la mauvaise foi, l'intérêt et la passion ? J'ai donné un ordre ; mais qui a pu lire le fond de ma pensée; ma véritable intention ? Et pourtant chacun va saisir cet ordre, le mesurer à son échelle, le plier à son plan, à son système individuel [...]. J'ai vu me disputer, à moi, la pensée de ma bataille, me disputer l'intention de mes ordres, et prononcer contre moi. N'est-ce pas le démenti de la créature vis-à-vis de celui qui l'a créée ? N'importe; mon contradicteur, mon opposant aura ses partisans. Aussi, est-ce ce qui m'a détourné d'écrire mes Mémoires particuliers, d'émettre mes sentiments personnels [...]. Aussi, j'ai pensé ne devoir dicter à vous autres ici que sur les acres publics. Je sais bien encore que ces relations mêmes peuvent être combattues ; car quel est l'homme ici-bas, quels que soient son bon droit et la force et la puissance de ce bon droit, que la partie adverse n'attaque et ne démente. Mais aux yeux du sage, de l'impartial, du réfléchi, du raisonnable, ma voix, après tout, vaudra bien celle d'un autre, et je redoute peu la décision finale. »"
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Joker »

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« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Cyril Drouet »

Depuis maintenant quelques années, un ouvrage (au titre tronqué) est très régulièrement (plusieurs fois par jour parfois en vérité) cité sur le forum : « Maximes et pensées ». Je fais ici clairement référence à la citation que Joker, dans sa signature donnée à chacun de ses messages, prête, guillemets à l’appui, à Napoléon en nous orientant vers le livre susdit.
Il a déjà été dit par le passé ce que l’on pouvait penser d’un tel ouvrage. Les remarques ayant été rapides (et tristement sans le moindre effet), je pense qu’il convient d’y revenir de manière plus approfondies et précises. Et de grâce, que l’on ne me fasse pas une nouvelle fois et à dessein, le faux procès de m’en prendre à Joker dans une imaginaire querelle de personnes ; ce qui m’intéresse ici est seulement le livre dont il est question, et qui, par la force des choses, est, fort malheureusement, le plus cité sur le forum.

Mais dans un premier temps, encore faut-il s’entendre sur le livre en question.
Si l’on ne s’en tient qu’au titre, deux écrits peuvent en effet ici être pointés du doigt.


Le premier est sorti en 1820 à Londres et à Paris sous les titres respectifs de « A Manuscript Found in the Portfolio of Las Casas, Containing Maxims and observations of Napoleon, collected during the last two years of his residence at St. Helena » et « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène. Manuscrit trouvé dans les papiers de Las Casas, traduit de l’anglais »

L’édition anglaise proposait cette préface traduite ici dans l’édition française :
« On sait que lors des traitements inhumains dont M. de Las Casas fut l'objet de la part du ministère Britannique et du gouverneur de Sainte-Hélène, une quantité considérable de papiers furent saisis à Longwood avant sa déportation au cap de Bonne-Espérance. Une partie de ceux qui avaient échappé à la surveillance et qu'il avait apportés en Europe, furent retenus illégalement par les ministres, sans qu'il en ait été fait aucun examen ni inventaire; après les avoir emballés on les envoya à lord Sidmouth, et Las cases, de sa personne , fut déporté de nouveau d'Angleterre dans les Pays-Bas. Nous avons de fortes raisons de croire que la pièce que nous publions doit le jour à l'infidélité d'un agent de l'inquisition ministérielle. Il a été soustrait, dit-on, plusieurs papiers de cette collection précieuse, et entre autres le manuscrit que nous publions. Peut-être le voleur en a-t-il été frustré par un autre larron ; et ce qu'il y a de certain, c'est que nous le tenons d'une personne qui n'a point voulu se faire connaître et que nous en avons payé la valeur.
L'écriture était très mauvaise, le papier sale et usé ; nous avons eu beaucoup de peine à en déchiffrer le contenu à cause des ratures et des nombreuses abréviations dont il était surchargé. Il paraît que c'était un journal comprenant un espace de dix-huit mois, sans ordre ni date, tenu par M. de Las Casas, des sentences, bons mots et maximes qu'il recueillait journellement dans ses conversations avec le Prisonnier, qu'il notait littéralement comme il les avait entendus pendant ses rapports avec lui à Sainte-Hélène. Nous avons eu occasion de vérifier ensuite que le manuscrit était réellement de la main de ce fidèle serviteur.
Nous le donnons au public tel qu'il nous est parvenu et tel qu'il a été soustrait aux autorités anglaises, sans aucun commentaire, car le texte a quelquefois tant de force, de vigueur, de précision, qu'il n'en permet aucun; quant au style, aux principes, au caractère, au ton, aux expressions de cet écrit, ils sont de nature à convaincre les plus incrédules de son authenticité. »

Selon Vial (« Napoléon à Sainte-Hélène, l’encre de l’exil » ; malheureusement l’auteur ne donne pas ses sources), l’ouvrage fut envoyé à Sainte-Hélène par Henry Goulburn, sous-secrétaire britannique aux colonies, et parvint à destination, en mars 1821.
C’est vraisemblablement ce livre (mais sans assurance au regard du caractère imprécis du désaveu) que Napoléon désavoua dans son testament :
« Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le titre de Maximes, Sentences, que l’on s’est plu à publier depuis six ans : car ne sont pas les règles qui ont dirigé ma vie. »

Dans la même lignée, Montholon et Bertrand écrivirent cette lettre (relayée ensuite dans d’autres journaux européens), le 2 octobre 1821, à l'éditeur du journal anglais The Courrier :
« Plusieurs ouvrages sous le titre de: Manuscrits venus de Ste Hélène , des Pensées, Maximes, Sentences, Mémoires secrets, Napoléon peint par lui-même, Chagrins domestiques , Vers, etc. , ont été publiés ou annoncés, comme étant de l'empereur Napoléon. Ils ne sont pas de lui ; ses manuscrits n'ont été communiqués à personne.
Nous démentons également les Mémoires annoncés sous notre nom. »


Comme ces démentis restent imprécis (mais je ne vois pas quel autre écrit portant de titre de « Maximes » pourrait être ici dénoncé), penchons-nous donc sur ce qu’on peut lire dans l’ouvrage en question.
Et il faut bien se rendre à l’évidence : les citations attribuées à l’Empereur dans « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène » sont loin d’être inédites, puisqu’un bon nombre est inspiré ou directement tiré d’une autre publication, elle fort célèbre, sortie trois ans plus tôt : « Manuscript transmitted from St Helena, by an unkown channel » dans sa version anglaise, ou « Manuscrit venu de Sainte-Hélène d’une manière inconnue » dans sa version française.
Voici quelques exemples de reprises :

« Toute transaction avec le crime devient un crime de la part du trône. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 107. Toute transaction avec le crime devient un crime de la part du trône. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« Pichegru fut trouvé étranglé dans son lit. On ne manqua pas de dire que c'était par mes ordres. Je fus totalement étranger à cet événement. Je ne sais pas même pourquoi j'aurais soustrait ce criminel à son jugement; il ne valait pas mieux que les autres, et j'avais un tribunal pour le juger, et des soldats pour le fusiller. Je n'ai jamais rien fait d'inutile dans ma vie. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 108. J'ai toujours été surpris qu'on m'ait imputé le meurtre de Pichegru; il ne valait pas mieux que les autres conspirateurs. J'avais un tribunal pour le juger et des soldats pour le fusiller. Je n'ai jamais rien fait d'inutile en ma vie. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« Les Français aiment de la grandeur jusqu'à son apparence. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 112. Les Français aiment de la grandeur jusqu'à l'apparence. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« Le système continental devait servir encore à désigner clairement nos amis d’avec nos ennemis. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 113. Le premier avantage que je retirai du système continental fut de distinguer mes amis de mes ennemis. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« [A Elbe] je passai en revue cette petite troupe, à laquelle je destinais une si grande entreprise. Ces soldats étaient mal vêtus […] mais ils avaient des cœurs intrépides. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 125. Quand je débarquai à Cannes, […] mes grognards étaient mal vêtus, mais ils avaient des cours intrépides. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« L'armée d'Italie était au rebut, parce qu'on ne l'avait destinée à rien. Je pensai à la mettre en mouvement pour attaquer l'Autriche sur le point où elle avait plus de sécurité; c'est-à-dire en Italie. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 156. L'armée d'Italie était au rebut quand le Directoire m'en donna le commandement : elle n'avait ni pain ni vêtements ; je lui fis voir les plaines du Milanais, j'ordonnai la charge, et l'Italie fut conquise. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« La flotte mit à la voile. J'étais obligé de détruire, en passant, cette gentilhommière de Malte, parce qu'elle ne servait qu'aux Anglais. Je craignais que quelque vieux levain de gloire ne portât ces chevaliers à se défendre et à me retarder : ils se rendirent, par bonheur, plus honteusement que je ne m'en étais flatté. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 161. Quand j'ai proposé l'expédition d'Egypte, je n'avais pas envie de détrôner le grand turc. En passant je détruisis la gentilhommerie de Malte en vingt-quatre heures, quoiqu'elle eût résisté à toutes les forces de l'empire ottoman. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« J'ai rendu le crédit à l'état en ne faisant pas usage de crédit. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 189. En finance, la meilleure manière d'obtenir du crédit est de n'en pas faire usage ; le système des impôts les corrobore, celui des emprunts les perd. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« Le sort du monde appartenait au hasard. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 190. Le hasard conduit le monde. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« [La charte] était excellente, parce qu'elles le sont toutes quand on les fait marcher […]Au lieu de se réunir dans les seules mains qui en étaient responsables , le roi la laissa s'éparpiller dans tout le parti qui portait son nom. Au lieu d'être l'unique chef de l'état, il se laissa constituer en chef de parti. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 229. Les chartes ne sont bonnes que quand on les fait marcher; il ne faut pas que le chef de l'état devienne un chef de parti. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« J'aurais dû […] changer [mes préfets] à temps pour n'avoir en première ligne que des hommes intrépides : si tant est qu'on en trouve dans ceux qui ont à perdre. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 248. On ne trouve pas de gens intrépides dans ceux qui ont à perdre. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)


« [Louis XVIII] ne se posait donc que des pierres d'attente dans l'édifice du gouvernement. » (Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue)
« 259. Je ne vois que des pierres d'attente posées dans le gouvernement de la France. » (Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène)

Un faux copié sur un faux…
De tous les ouvrages apocryphes relatifs à l’Empereur, le « Manuscrit venu de Sainte-Hélène, d'une manière inconnue », est en effet l’un des plus célèbres.
Sorti en 1817, il suscita un vif intérêt en Europe. Assez vite pourtant, des doutes germèrent relativement à son authenticité. Ceux-ci furent balayés quand vint le désaveu impérial. Napoléon reçut en effet l’ouvrage à Sainte-Hélène début septembre 1817. Il s’y intéressa grandement et décida aussitôt de le commenter. Outre le testament dans lequel l’exilé désavouait le Manuscrit (désaveu relayé par Bertrand et Montholon dans la presse européenne), les notes impériales une fois connues du grand public achevèrent de discréditer l’ouvrage. Celles-ci furent en effet publiées par O’Meara dès 1820, dans « Raisons dictées en réponse à la question, si l'ouvrage intitulé "Manuscrit venu de Sainte-Hélène » est l’ouvrage de Napoléon ou non ? », puis par Gourgaud en 1821 dans « Le manuscrit de Sainte-Hélène, publié pour la première fois avec des notes de Napoléon », ou en 1823 par Montholon dans "Mémoires pour servir à l'histoire de France, sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène, par les généraux qui ont partagé sa captivité, et publiés sur les manuscrits entièrement corrigés de la main de Napoléon".

Malgré de tels désaveux, le Manuscrit venu de Sainte-Hélène connu bien d’autres éditions, où le lecteur n’était d’ailleurs pas toujours informé du caractère non authentique d’un tel écrit. Ce fut le cas également pour « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène » qui, à nouveau publié en 1845, connut la même préface mensongère de l’édition de 1820.
Tous ne furent pas dupes, ainsi, avant même les démentis célèbres, La Renommée dans son numéro du 9 janvier 1820, écrivait :
« Parmi les 469 maximes que renferme cette brochure, n'en fût-il qu'un très petit nombre qui appartînt à celui auquel on les prête, cela suffirait encore pour exciter vivement la curiosité. Ce qui ajoute au piquant de l'ouvrage, c'est que beaucoup de ces pensées détachées renferment des noms propres et des personnalités : excellent moyen de succès, puisqu'il flatte la malignité humaine. Il en est un plus grand nombre qui, par le fond et les expressions, semblent présenter un caractère apocryphe; d'autres sont copiées du manuscrit de Sainte Hélène, et d'autres écrites où on les a déjà rencontrées. »
Le même journal, le 1er février suivant renchérissait :
« Nous sommes autorisés aujourd’hui, et même requis, de faire connaître que ce prétendu manuscrit n’a jamais été trouvé ni pu se trouver dans les papiers auxquels l’éditeur fait allusion, ce que chaque lecteur, du reste, aurait deviné sans peine. De plus, en faisant connaître que cette production est entièrement étrangère aux papiers dont on voudrait les faire dériver, nous sommes priés de saisir cette occasion pour répondre, une fois pour tout, aux supercheries de cette nature qui ont eu déjà lieu plusieurs fois, et pourraient se répéter encore, en déclarant qu’il n’est jamais venu de cette source ou n’en sortira jamais rien qu’avec la signature authentique de l’auteur. »

Plus tard, en 1863, la « Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jour » (tome 37) classait très clairement « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène » parmi les « œuvres apocryphes », fruit du travail d’écrivains « mus par de pieuses considérations que corroborait en eux l’espoir d’une bonne spéculation de librairie, et [croyant] surprendre un public enthousiaste en faisant de Napoléon un personnage orné d’agréments de leur invention »

Plus près de nous, à l’occasion de la réédition des Mémoires de Napoléon, Lentz, dans chacun des trois tomes de la série, place logiquement « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène » parmi les « faux mémoriaux ».



Maintenant que l’on sait ce qu’il faut penser de « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène », passons comme dit plus haut au second ouvrage : « Maximes et pensées de Napoléon », lui bien plus célèbre ; car il faut bien l’avouer, quand on tronque (je ne sais pourquoi) le titre comme le fait Joker en un « Maximes et pensées », on pense immanquablement à « Maximes et pensées de Napoléon » bien plus connu que son presque homonyme depuis que son véritable auteur a été démasqué.

Publié en 1838 à l’initiative de Gaudy, on pouvait y lire cette préface pleine de promesses :
« L'auteur de ce travail doit avouer que son seul mérite consiste dans la
patience avec laquelle il a, pendant quelques années, dépouillé les livres publiés sur Napoléon, la collection du Moniteur, et les moindres écrits où la parole de ce grand souverain a été constatée. Un autre mérite est d'avoir senti l'importance de l'œuvre qui allait en résulter, et qui est à Napoléon ce que l'Evangile est à Jésus-Christ. En effet, ce livre, qui sera pour beaucoup de gens un trésor, eût perdu de sa valeur si l'on eût indistinctement publié toutes les pensées de Napoléon. La Rochefoucauld n'a certes pas donné la totalité des maximes que lui ont suggérées les événements et ses méditations ; il a choisi, étudié, pesé, comparé celles qu'il nous a livrées; tandis que Napoléon n'a jamais songé à formuler un corps de doctrine. Le sous-lieutenant a parlé sans connaître le premier Consul, l'Empereur a souvent pensé sans prévoir Sainte-Hélène. Aussi n'était-ce pas une tâche ordinaire que de dégager l'homme de chaque circonstance et de saisir sa vraie pensée à travers les contradictions dans lesquelles l'ont entraîné les hasards de sa vie.
Il n'y avait pas à hésiter dans ce choix: Napoléon est une des plus violentes volontés connues dans les Annales des dominations humaines : il ne pouvait donc y avoir de curieux en lui que les lois par lesquelles il a construit et maintenu son pouvoir. Cependant, comme de son point de départ au point d'arrivée, et de son trône à son tombeau, il a deux fois et en deux sens différents, parcouru tout l'état social, qu'il a su tout voir et a tout observé; chaque fois qu'un mot de lui, quelque étranger qu'il fût à la politique, nous a paru éclairer à fond certains passages de la vie humaine, nous ne l'avons pas omis : ainsi chacun y trouvera quelque chose à son usage, le grand comme le petit, car cette pensée aiguë autant qu'une épée a sondé toutes les profondeurs. Le terroriste de 93 et le général en chef ont été absorbés par l'Empereur, le gouvernant a souvent démenti le gouverné ; mais les paroles que les diverses crises lui ont arrachées et qui se heurtent, accusent admirablement la grande lutte à laquelle il fut condamné. Aussi, souvent une seule phrase de ce recueil peint-elle certaines phases de sa vie et plusieurs portions de l'histoire contemporaine, beaucoup mieux que ne l'ont fait jusqu'ici les historiens. Le livre de l'homme qui pense après coup peut-il jamais valoir le cri de l'homme atteint au coeur ? Quelle
poésie que la douleur de Napoléon ? Il a fallu néanmoins élaguer plusieurs pensées qui lui étaient communes avec des grands hommes ses prédécesseurs en politique, et d'autres auxquelles son nom n'enlevait pas leur vulgarité. Néanmoins nous avons donné celles que l'Empereur a répétées assez souvent pour leur imprimer le cachet des circonstances : n'expliquent-elles pas dès lors son génie , ses opinions, ou sa domination ?
Aux yeux des masses, ce livre sera comme une apparition : l'âme de l'Empereur passera devant elles ; mais pour quelques esprits choisis, il sera son histoire sous une forme algébrique : on y verra l'homme abstrait, l'Idée au lieu
du Fait. Ne sera-ce pas une des choses les plus singulières dans la destinée de cet homme, qu'après avoir si vigoureusement lutté contre les manifestations de la pensée, il en arrive lui-même à n'être plus qu'un livre. Ce recueil d'axiomes sera surtout le code des pouvoirs menacés : nul mieux que Napoléon n'a eu l'instinct du péril en fait de gouvernement. On lui rendra cette justice qu'il a été franc, et n'a reculé devant aucune conséquence : il a glorifié l'Action et condamné la Pensée. Tel est en deux mots l'esprit de ce testament politique. Aussi beaucoup de ces maximes paraîtront-elles machiavéliques, cruelles, fausses, et seront-elles blâmées par beaucoup de ceux qui les tiendront en eux-mêmes pour justes et de bonne application. Il n'est pas inutile de faire observer que Napoléon ne s'est jamais contredit dans sa haine contre les avocats , les idéalistes et les républicains. Son opinion à leur égard équivaut à proscrire la discussion publique en fait de gouvernement.
Nous n'avons pas à prendre ici parti pour ou contre l'expérience que ce
grand homme a léguée à la France , il n'appartient à personne de défendre ou d'accuser Napoléon, il suffit de le faire comparaître devant tous ; sa pensée est toute une législation qui sera réprouvée ou adoptée, mais qui devait être mise au jour sous sa formule la plus succincte ; personne n'oubliera qu'elle contient les secrets du plus grand organisateur des temps modernes ; si elle est en opposition directe avec l'esprit de la France actuelle, cette vigoureuse contradiction était un motif de plus pour la publier. Napoléon a regardé le gouvernement
responsable comme impossible et la liberté de la presse comme incompatible
avec l'existence du pouvoir : quelle flatterie pour les rois et les ministres qui résoudront un problème qu'il proclame insoluble ? »

Bien des promesses donc ; mais il faudra déchanter…
Quand on se penche sur le titre, l’on n’est pas sans penser à celui de l’ouvrage sorti en 1820 et que nous avons largement commenté plus haut. Quoi de plus normal d’ailleurs puisqu’une cinquantaine de « citations » du « Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène » sont reprises dans « Maximes et pensées de Napoléon », dont notamment la 51e maxime : « L'usage nous condamne à bien des folies; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave » (c’est la signature que l’on voit avec Joker si souvent et avec constance attribuée à Napoléon) devenant avec Gaudy la numéro 374 : « L'usage nous condamne à bien des folies, et la plus grande est de s'en rendre esclave ».

« Maximes et pensées du prisonnier de Sainte-Hélène » étant un faux inspiré d’un autre faux ; de tels recopiages sentent bigrement l’imposture. Et c’en est une.
L’auteur de « Maximes et pensées de Napoléon » n’est en effet pas Gaudy mais Balzac lui-même.
Celui-ci écrivit en effet cette lettre à Mme Hanska le 10 octobre 1838 :
« Depuis sept ans environ, toutes les fois que je lisais un livre où il était question de Napoléon, et que je trouvais une pensée frappante et neuve dite par lui, je la mettais aussitôt sur un livre de cuisine qui ne quittait pas mon bureau, et qui était sur ce petit livre que vous connaissez, qui vous appartiendra, hélas ! peut-être bientôt, et où je mets mes sujets et mes idées premières. Dans un jour de détresse (qui était ces jours passés), étant sans argent, j'ai regardé combien il y en avait. Il y en avait cinq cents, et, de là, le plus beau livre de l'époque, Maximes et pensées de Napoléon. J'ai vendu ce travail à un ancien bonnetier qui est un gros bonnet de son arrondissement, et qui veut avoir la croix de la Légion d'honneur, et qui l'aura, en dédiant ce livre à Louis-Philippe. Le livre va paraître. Procurez-vous-le. Vous aurez une des plus belles choses de ce temps-ci : la pensée, l'âme de ce grand homme, saisie après bien des recherches, par votre moujik, Honoré de Balzac. Rien ne m'a fait rire comme l'idée de faire avoir la croix à une espèce d'épicier qui peut se recommander à votre Grâce par son titre d'administrateur d'un bureau de charité. Napoléon m'aura rapporté quatre mille francs et le bonnetier peut en gagner cent mille, j'ai une si grande défiance de moi-même, que je n'ai pas voulu exploiter cette idée. Au bonnetier la gloire et le profit. Vous reconnaîtrez la main de votre esclave dans la dédicace à Louis-Philippe. Que l'ombre de Napoléon me pardonne. »

Balzac dans les livres qu’il a compulsés pour, comme il le dit, produire son « Maximes et pensées de Napoléon » a forcément du, au regard des reprises, lire et trouver à son goût « Maximes et pensées de Napoléon » ; ce qui n’est guère gage de qualité, ou tout du moins, d’authenticité…
Et sur ce point, le jugement de Frédéric Masson (Petites histoires) est sans appel :
« La plupart [des maximes] déroutaient singulièrement et demeuraient le loup collé au visage. Ce n'était ni le tour, ni la façon, ni la frappe de Napoléon ; c'était du pastiche, parfois assez bien fabriqué, mais tout de même sentant le moderne.
[…]
Un mélange surprenant de concetti et de truismes, de pensées qu'on avait prétendu rendre ingénieuses et profondes par un choc de mots, d'aphorismes qu'on s'était imaginé rendre décisifs par l'affirmation inutile de lieux communs.
[…]
Il faudrait citer beaucoup de ces cinq cent vingt-cinq pensées : on n'en trouverait point dix qui figurent dans les oeuvres ou dans la correspondance de Napoléon, mais on en trouverait infiniment qui signifieraient au propre quelle idée le romancier avait voulu se faire du héros »

Plus près de nous, Tulard (Le Monde selon Napoléon : Maximes, pensées, réflexions, confidences et prophéties) écrit ceci :
« S’imposait un nouveau recueil formé de pensées authentiques et non inventées, comme en forgea Balzac dans un prétendu choix signé Gaudy jeune, un bonnetier qui voulait la légion d’honneur. »

Dernièrement, en 2011, les « Maximes et pensées de Napoléon » ont été republiées. Dès la préface, le lecteur n’y est plus trompé :
« Balzac poursuit son engagement bonapartiste avec ses Maximes et pensées de Napoléon, parues en 1838, dont il dit souhaiter qu’elles deviennent « à Napoléon ce que l’Evangile est à Jésus-Christ ».
Ces 525 maximes furent pourtant publiées sous le nom de Jean Louis Gaudy (jeune).
[…]
En réalité, la main de Balzac, inspirée par Napoléon, est partout. Balzac a certes compilé, mais aussi pris la liberté d’adapter ou même d’inventer certaines maximes dans le but de donner ou de redonner à la pensée de Napoléon la « hardiesse impériale » qui était la sienne. Et peut-être aussi de défendre ses propres convictions politiques. »





« Maximes et pensées », que ce soient celles, selon l’ouvrage auquel l’on fait référence, du « prisonnier de Sainte-Hélène » ou de « Napoléon », offrent donc aux lecteurs un recueil de citations faussement attribuées à l’Empereur.
Et comme cet ouvrage est malheureusement celui le plus cité sur le forum, il était indispensable de s’étendre quelque peu sur l’affaire afin de ne pas (de ne plus ?) désorienter les lecteurs.
Après, à chacun de se faire son opinion…


Je terminerai par ces deux maximes (respectivement la 469e chez l’auteur anonyme de 1820 et la 262e chez Balzac) :
« Un livre curieux serait celui où l’on ne trouverait pas de mensonges. » / « Un livre curieux serait celui où il n'y aurait pas de mensonges »

Comme un aveu…
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Bernard
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Bernard »

Cyril Drouet a écrit :
27 déc. 2020, 11:26
« Maximes et pensées », que ce soient celles, selon l’ouvrage auquel l’on fait référence, du « prisonnier de Sainte-Hélène » ou de « Napoléon », offrent donc aux lecteurs un recueil de citations faussement attribuées à l’Empereur. Et comme cet ouvrage est malheureusement celui le plus cité sur le forum, il était indispensable de s’étendre quelque peu sur l’affaire afin de ne pas (de ne plus ?) désorienter les lecteurs.
Intéressant développement. Je suis, pour ma part, toujours curieux du contexte dans lequel sont nées ces petites phrases parce qu'il permet de mieux les comprendre et surtout d'éviter les contresens. A l'usage, j'ai relevé que, vraies ou fausses, ces pensées et maximes sont généralement mensongères ou inexactes. Elles sont en effet très souvent nuancées ou même contredites par ce qui précède ou ce qui suit. Rapportées par d'autres, même avec les meilleures intentions du monde, elles sont de surcroît régulièrement déformées, incomplètes ou interprétées. Pas simple dans ces conditions de s'y référer !
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Cyril Drouet
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Cyril Drouet »

Pas simple en effet (tant sur les faits que sur les citations), même après un travail de longue haleine.
Sourcer, contextualiser, croiser les sources...
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Raoul Jacques
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Raoul Jacques »

Messieurs bien le bonjour

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En moment donné il faut arrêter les enfantillages, et mettre fin à ses perpétuelles chamailleries.

Avec mes salutations respectueuses Napoléoniennes. :salut:

Raoul Jacques ;)
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Cyril Drouet
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Re: Citations - Maximes et pensées

Message par Cyril Drouet »

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