NEY - Triste souvenir d'un certain 7 décembre 1815.

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Modérateur : Général Colbert

Neya

Re: Maréchaux : Ney

Message par Neya »

lannes-villars a écrit :
24 janv. 2018, 15:31
Après sa retraite du Portugal en 1809 et avoir dégagé Lugo, Soult et Ney s'echarpèrent et avaient sorti leurs épées quand Dumas intervint pour les séparer..... :shock: :shock:
Dans les mémoires de Levavasseur ou les autres(j'ai oublié le nom précise ) il a dit que c'est les états-majors de les deux maréchaux qui intervinrent et les séparèrent
Peyrusse

Re: Maréchaux : Ney

Message par Peyrusse »

"Dans les mémoires de Levavasseur ou les autres(j'ai oublié le nom précise ) il a dit que c'est les états-majors de les deux maréchaux qui intervinrent et les séparèrent".
-------------
Rien à ce sujet dans les "Souvenirs" d'Octave Levavasseur (Plon, 1914).
Peyrusse

Re: Maréchaux : NEY

Message par Peyrusse »

Est-ce bien le général Mathieu Dumas (1753-1837) auquel vous faites allusion dans votre message ? En tout cas, je viens de parcourir le tome III de ses mémoires (le seul volume concernant le Consulat et l'Empire) et je n'ai rien trouvé comme élement se rapportant à cet épisode.
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Re: Maréchaux : Ney

Message par L'âne »

Un excellent article : "De sang, de fer et d'honneur, le fléau des duels" signé Jérôme CROYET dans la revue Napoléon Ier N°89 août/septembre/octobre 2018

Duel.jpg
Combat singulier entre le chef d'escadron de dragons Duvivier et un chef d'escadron de hussards hongrois à la bataille de la Favorite (16 janvier 1797, au nord de l'Italie entre Français et Autrichiens).
Par Louis BOMBLED (extrait de l'ouvrage "Les héros du siècles, récits anecdotiques" par Dick de LONLAY, 1891)
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Re: Maréchaux : Ney

Message par L'âne »

Le tambour "ne portant point de fusil, n'ayant pour toute arme qu'un sabre, il s'en sert mieux que les autres soldats; il le caresse, il le polit, il le manie tant que [...] quand vient l'occasion de dégainer, la lame ne tient pas au fourreau"
(Elzéar Blaze, Souvenirs d'un officier de la Grande Armée, Arthème Fayard éditeur)

Tambours (L'uniforme et les armes des soldats du Premier Empire,T2, Liliane et Fred Funcken)

Tambour PE.jpg
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Cyril Drouet
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Re: Maréchaux : Ney

Message par Cyril Drouet »

C-J de Beauvau a écrit :
24 janv. 2018, 15:40
lannes-villars a écrit :
24 janv. 2018, 15:31
Après sa retraite du Portugal en 1809 et avoir dégagé Lugo, Soult et Ney s'echarpèrent et avaient sorti leurs épées quand Dumas intervint pour les séparer..... :shock: :shock:
J'évoquais des témoignages écrits , des mémoires etc En gros d’où tenez vous cela ?
Cordialement

Le capitaine anglais Boothby (Prisoner of France – The memoirs, diary, and correspondance of Charles Boothby, captain royal engineers during his last campaign) parle de cette entrevue orageuse et qui faillit finir en duel sans l’intervention du général Mathieu (et non Dumas).
Il faut cependant préciser que Boothby ne fut pas témoin des faits et les rapporte (de manière fort détaillée) suite selon lui à des informations transmises par un officier français dont il tait le nom.
A ma connaissance, Boothby est le seul à peindre une telle scène. Prudence donc…

Les autres mémorialistes ne cachent pas la tension et la violence qui régnèrent à Lugo, mais sont loin d’aller aussi loin que le capitaine anglais :

« Quand nous approchâmes de Lugo, cette ville était assiégée par une armée de milices et de paysans espagnols, qui se retirèrent précipitamment en apprenant notre arrivée; le général Fournier, du corps du maréchal Ney, commandait dans cette place, où nous entrâmes le 23.
Nous y fûmes d'abord assez bien reçus; mais le maréchal Ney étant arrivé peu de jours après, les choses changèrent de face, et on eût dit alors que nous n'étions plus un corps français; tout nous était refusé, et nos malades mouraient en foule dans les hôpitaux, faute de remèdes et d'aliments; car tout était réservé, par les ordres de Ney, pour son corps d'armée, et l'on peut bien dire qu'il nous traita de Turc à Maure. »
(Saint-Chamans, Mémoires)

« Ce même jour [22 mai 1809], notre avant-garde arriva devant Lugo, bloqué par 18 000 Galiciens, aux ordres du général Mahi. Le général Fournier, qui commandait dans cette place, n'avait plus aucun moyen de subsister: nous y fûmes reçus comme des libérateurs; on était d'autant plus étonné de nous voir, que les habitants avaient répandu le bruit que nous avions mis bas les armes en Portugal. Nous apprîmes, dans cette ville, les succès de nos armées d'Allemagne, près de Ratisbonne.
Les troupes de la garnison de Lugo faisaient partie du corps d'armée aux ordres du maréchal Ney, qui était en ce moment dans les Asturies, où il avait été faire une expédition; il rentra le 30 mai.
Les vainqueurs des Asturies ne nous reçurent pas comme le méritait le courage malheureux. Nous avions tout perdu, il est vrai, hors l'honneur : nos vêtements en lambeaux, nos pieds déchirés, nos visages hâves et décharnés attestaient nos longues souffrances. Des propos injurieux sur notre retraite occasionnèrent des rixes entre les soldats; des officiers s'en mêlèrent, et il y eût même plus que de l'aigreur dans l'entrevue des deux Maréchaux. »
(Naylies, Mémoires sur la guerre d'Espagne pendant les années 1808 – 1811)


« Peu de jours après, le restant de ce corps d’armée, ayant à sa tête le maréchal Ney, est rentré à Lugo de retour d’une expédition dans les Asturies, une fâcheuse mésintelligence a éclaté entre ces troupes et les nôtres ; les duels sont survenus, et peu s’en est fallu qu’oubliant que nous sommes les uns et les autres enfants de la France, il n’y ait eu un engagement général. Le non-succès de notre entreprise, la perte totale de notre matériel et l’état de délabrement de notre tenue et de nos individus ont servi de texte aux mauvaises plaisanteries, aux propos outrageants dont des scènes sanglantes ont été la suite. Les soldats seuls ont d’abord pris part aux rixes, puis elles ont gagné les officiers, et, s’il faut en croire certains bruits, les deux maréchaux, qui depuis longtemps ne s’aiment pas, ont eu eux-mêmes une entrevue fort orageuse. »
(Fantin des Odoards, Etapes d’un officier de la Grande Armée, 1800-1830)


« Dès le mois de février, lors de la poursuite de l'armée de sir John Moore, des sentiments de rivalité et de jalousie avaient déjà éclaté entre les soldats des maréchaux Soult et Ney qui eux-mêmes ne mettaient point, dans leurs relations journalières, l'harmonie nécessaire. Séparées du sixième corps depuis cette époque les troupes de l'armée du duc de Dalmatie, par suite des malheurs de la retraite, ne pouvait rentrer à Lugo que sous l'empire de quelques préventions fâcheuses. Il était presque certain que, sans égard pour les difficultés insurmontables de l'entreprise, on ne voudrait juger de leurs travaux que par les résultats définitifs, et que l'on pousserait même l'injustice assez loin, pour ne point leur tenir compte du haut courage qu'elles avaient déployé au milieu des événements les plus critiques, ni de l'attitude imposante qu'elles avaient eu, en conservant intact l'honneur de nos armes. Après la défaite de l'armée anglaise en Galice, les soldats du maréchal Soult s'étaient montrés triomphants et fiers de leurs succès; maintenant, ils paraissaient devant les vainqueurs des insurgés des Asturies, dans un état de dénuement et de misère. Leurs vêtements en lambeaux, leurs pieds ensanglantés, leurs visages tristes et pâles attestaient leurs souffrances et contrastaient avec la situation où on les avait vus à la Corogne et à Santiago. La perte de l'artillerie et des bagages, l'argent, dont plusieurs d'entre eux étaient possesseurs, donnèrent lieu d'abord à des plaisanteries, ensuite à des critiques amères et même à d'infâmes calomnies. Ces propos injurieux firent naître plusieurs rixes qui ne s'arrêtèrent pas aux soldats, et auxquelles quelques officiers prirent part.
[…]
L'entrevue des deux maréchaux Soult et Ney ne fut pas, dit-on, très-amicale. Il régna depuis lors, dans leurs rapports de service, une mésintelligence qui devait avoir dans la vallée du Tage des suites nuisibles aux succès de nos armes. »
(Illens, Souvenirs d'un militaire des armées françaises, dites de Portugal)
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Joker
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Maréchaux : NEY

Message par Joker »

7 décembre 1815 : Éxécution du Maréchal Ney

Figurant aujourd’hui encore parmi les maréchaux les plus célèbres de Napoléon, Michel Ney fait partie intégrante de l’épopée napoléonienne à travers ses actes de bravoure, sa réputation de meneur d’hommes et de « tête dure » mais aussi à travers ses revirements de 1814-1815 et sa tragique fin de Waterloo à l’avenue de l’Observatoire à Paris.

Surnommé « le Brave des braves », Ney commença sa carrière dans les armées de l’Ancien Régime peu de temps avant la Révolution.
Fils d’un tonnelier, il est né dans le Sarrelouis encore lorrain en 1769.

Intégrant l’armée du Rhin comme hussard en 1792, il est repéré par le général Kléber.
Général de brigade en 1796 puis de division en 1799, il se distingue à de nombreuses reprises à la tête d’actions intrépides.

Kléber parti en Égypte avec Bonaparte, Ney sert sous les ordres du général Moreau. C’est ensemble qu’ils remportent la bataille de Hohenlinden en 1800.

Bonaparte arrivé au pouvoir, Ney est envoyé pacifier le pays helvétique avec succès puis recevra le commandement du 6e corps de la future Grande Armée au camp de Boulogne. Il fait partie de la première promotion des maréchaux en 1804.

Dès lors, il sera de toutes les campagnes de l’Empire.
En 1805, son coup d’éclat se fait à Elchingen où il bat les Autrichiens, les obligeant à s’enfermer dans Ulm où Napoléon les force à la reddition.
À Iéna l’année suivante, sa charge est si vive qu’il doit être sauvé de l’encerclement par l’intervention de Lannes.

En 1808, c’est son arrivée tardive et inespérée sur le champ de bataille à Eylau qui permet la victoire après les charges de Murat et de la Garde. Il prend une part active également à la victoire de Friedland.

Ses actions en Espagne seront moins heureuses et surtout ternies par sa mésentente avec les autres maréchaux. Il ne supporte ni Soult ni Masséna avec lesquels il se dispute fréquemment, disputes qui auront des conséquences sur le champ de bataille. En 1811, les discordes sont si fortes que Ney quitte son commandement et rejoint Paris où il reçoit la colère de l’Empereur qui décide finalement de l’affecter au camp de Boulogne avec des nouvelles responsabilités.

C’est enfin en Russie que l’image de courage du maréchal Ney va définitivement se forger. Au cœur de l’action à La Moskowa, il est l’élément central de la bataille et fait beaucoup pour la victoire. Napoléon, désireux de récompenser son brave maréchal le fera Prince de la Moskowa.
Au court de la terrible retraite, Ney se surpasse. Commandant l’arrière-garde, il est coupé du gros de l’armée pendant plusieurs jours et doit faire face avec 6000 hommes à peine, non seulement aux terribles tempêtes de vent et de neige mais aussi au harcèlement des cosaques.
C’est pied à terre et fusil à la main que Ney marche aux côtés de ses hommes et jure de les ramener en France.
Après trois jours de courage incontesté, Ney réussit à rallier ses hommes à l’armée. Napoléon l’accueille en héros et avec émotion tant il désespérait de n’avoir définitivement perdu le maréchal Ney.

À la Bérézina, il fait encore preuve de bravoure en menant une charge décisive sur les Russes auxquels il fait 5000 prisonniers. Ney sauve les restes de l’armée en retraite.

Il est encore là en 1813, combattant à Lutzen et Bautzen mais ses indécisions empêchent des actions décisives. À Dennewitz, Ney est fermement bousculé par les Prussiens et perd la bataille. Marqué par l’événement, il demande à être relevé de son commandement mais Napoléon lui refuse.

Enfin en 1814, Ney est sur tous les fronts durant la campagne de France mais la fatigue l’emporte sur son courage. À Fontainebleau, il est de ceux qui pressent l’Empereur d’abdiquer. Après cela, Ney décide de rallier Louis XVIII, y voyant le parti de la paix.

Durant la première Restauration, Ney reçoit différents commandements mais ne trouve pas sa place dans la nouvelle aristocratie d’Ancien régime qui prend forme. Moqué par cette noblesse qui avait fui la France à la Révolution, il ne le supporte pas et se retire peu à peu.
Au retour de Napoléon en France en 1815, il y voit l’occasion de redorer son image et commet un égarement qui coûtera à son image.
Courant auprès du roi, il lui offre de lui ramener Napoléon à Paris dans une cage de fer... La suite de cet épisode fameux est connue, il se rallie à Napoléon à Auxerre après s’être rendu compte que l’armée était encore fidèle à ce dernier. Ney, retrouvant Napoléon, lui aurait demandé de ne plus jouer au tyran et de gouverner par la paix.

Mais la guerre reprend et Ney est de la partie. À Waterloo, toutes ses actions, bien qu’éclatantes, se révèleront inefficaces et désordonnées. Il tente de trouver la mort en se jetant dans la fournaise. Il est méconnaissable et, de retour à Paris, pris d’un sentiment de perdition, prononce un discours fataliste devant les députés qui sera dévastateur pour Napoléon.

Napoléon abdique définitivement et Louis XVIII revient. Ney fait alors partie de la liste des traitres aux yeux des royalistes.
Arrêté sur ordre du roi, Ney doit être traduit en Conseil de guerre mais, Pair de France, exige de se présenter devant la chambre des Pairs.
Ney ne recevra la défense que de deux de ses anciens compagnons d’armes ; Moncey qui écrit au roi pour refuser la présidence du conseil de guerre et dénonce la tenue d’un tel procès, et Davout qui viendra témoigner en faveur de Ney.
Sur les 128 voix réclamant la peine de mort, on retrouve les noms des maréchaux Sérurier, Kellermann, Pérignon, Marmont et enfin Victor avec qui Ney avait pourtant remporté la bataille de la Bérézina.

Le 7 décembre 1815 au matin, Ney est fusillé contre un mur de l’Observatoire à Paris.
Revêtu d’un simple costume de ville, il aurait lui-même donné le signal du feu au peloton. Il s’effondré face contre terre. Le Brave des braves est mort.

Il repose au cimetière du Père-Lachaise et l’on trouve sa statue avenue de l’Observatoire à Paris et Place de la République à Metz.
Ney, en dépit de ses revirements et ses folles actions, demeure parmi les plus courageux et les plus dévoués soldats de l’Empire. À ce titre, il est encore aujourd’hui l’un des plus appréciés et des plus célèbres. Aujourd’hui et demain encore, continuons de nous soutenir de celui qui fut « le Brave ».

« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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10 décembre 1769 : Naissance du Maréchal Ney

Message par Joker »

Figurant aujourd’hui encore parmi les maréchaux les plus célèbres de Napoléon, Michel Ney fait partie intégrante de l’épopée napoléonienne à travers ses actes de bravoure, sa réputation de meneur d’hommes et de « tête dure » mais aussi à travers ses revirements de 1814-1815 et sa tragique fin de Waterloo à l’avenue de l’Observatoire à Paris.

Surnommé « le Brave des braves », Ney commença sa carrière dans les armées de l’Ancien Régime peu de temps avant la Révolution.
Fils d’un tonnelier, il est né dans le Sarrelouis encore lorrain en 1769.

Intégrant l’armée du Rhin comme hussard en 1792, il est repéré par le général Kléber.
Général de brigade en 1796 puis de division en 1799, il se distingue à de nombreuses reprises à la tête d’actions intrépides.

Kléber parti en Égypte avec Bonaparte, Ney sert sous les ordres du général Moreau. C’est ensemble qu’ils remportent la bataille de Hohenlinden en 1800.

Bonaparte arrivé au pouvoir, Ney est envoyé pacifier le pays helvétique avec succès puis recevra le commandement du 6e corps de la future Grande Armée au camp de Boulogne. Il fait partie de la première promotion des maréchaux en 1804.

Dès lors, il sera de toutes les campagnes de l’Empire.
En 1805, son coup d’éclat se fait à Elchingen où il bat les Autrichiens, les obligeant à s’enfermer dans Ulm où Napoléon les force à la reddition.
À Iéna l’année suivante, sa charge est si vive qu’il doit être sauvé de l’encerclement par l’intervention de Lannes.

En 1808, c’est son arrivée tardive et inespérée sur le champ de bataille à Eylau qui permet la victoire après les charges de Murat et de la Garde. Il prend une part active également à la victoire de Friedland.

Ses actions en Espagne seront moins heureuses et surtout ternies par sa mésentente avec les autres maréchaux. Il ne supporte ni Soult ni Masséna avec lesquels il se dispute fréquemment, disputes qui auront des conséquences sur le champ de bataille. En 1811, les discordes sont si fortes que Ney quitte son commandement et rejoint Paris où il reçoit la colère de l’Empereur qui décide finalement de l’affecter au camp de Boulogne avec des nouvelles responsabilités.

C’est enfin en Russie que l’image de courage du maréchal Ney va définitivement se forger. Au cœur de l’action à La Moskowa, il est l’élément central de la bataille et fait beaucoup pour la victoire. Napoléon, désireux de récompenser son brave maréchal le fera Prince de la Moskowa.
Au court de la terrible retraite, Ney se surpasse. Commandant l’arrière-garde, il est coupé du gros de l’armée pendant plusieurs jours et doit faire face avec 6000 hommes à peine, non seulement aux terribles tempêtes de vent et de neige mais aussi au harcèlement des cosaques.
C’est pied à terre et fusil à la main que Ney marche aux côtés de ses hommes et jure de les ramener en France.
Après trois jours de courage incontesté, Ney réussit à rallier ses hommes à l’armée. Napoléon l’accueille en héros et avec émotion tant il désespérait de n’avoir définitivement perdu le maréchal Ney.

À la Bérézina, il fait encore preuve de bravoure en menant une charge décisive sur les Russes auxquels il fait 5000 prisonniers. Ney sauve les restes de l’armée en retraite.

Il est encore là en 1813, combattant à Lutzen et Bautzen mais ses indécisions empêchent des actions décisives. À Dennewitz, Ney est fermement bousculé par les Prussiens et perd la bataille. Marqué par l’événement, il demande à être relevé de son commandement mais Napoléon lui refuse.

Enfin en 1814, Ney est sur tous les fronts durant la campagne de France mais la fatigue l’emporte sur son courage. À Fontainebleau, il est de ceux qui pressent l’Empereur d’abdiquer. Après cela, Ney décide de rallier Louis XVIII, y voyant le parti de la paix.

Durant la première Restauration, Ney reçoit différents commandements mais ne trouve pas sa place dans la nouvelle aristocratique d’Ancien régime qui prend forme. Moqué par cette noblesse qui avait fuit la France à la Révolution, il ne le supporte pas et se retire peu à peu.
Au retour de Napoléon en France en 1815, il y voit l’occasion de redorer son image et commet un égarement qui coûtera à son image.
Courant auprès du roi, il lui offre de lui ramener Napoléon à Paris dans une cage de fer... La suite de cet épisode fameux est connue, il se rallie à Napoléon à Auxerre après s’être rendu compte que l’armée était encore fidèle à ce dernier. Ney, retrouvant Napoléon, lui aurait demandé de ne plus jouer au tyran et de gouverner par la paix.

Mais la guerre reprend et Ney est de la partie. À Waterloo, toutes ses actions, bien qu’éclatantes, se révèleront inefficaces et désordonnées. Il tente de trouver la mort en se jetant dans la fournaise. Il est méconnaissable et, de retour à Paris, pris d’un sentiment de perdition, prononce un discours fataliste devant les députés qui sera dévastateur pour Napoléon.

Napoléon abdique définitivement et Louis XVIII revient. Ney fait alors partie de la liste des traitres aux yeux des royalistes.
Arrêté sur ordre du roi, Ney doit être traduit en Conseil de guerre mais, Pair de France, exige de se présenter devant la chambre des Pairs.
Ney ne recevra la défense que de deux de ses anciens compagnons d’armes ; Moncey qui écrit au roi pour refuser la présidence du conseil de guerre et dénonce la tenue d’un tel procès, et Davout qui viendra témoigner en faveur de Ney.
Sur les 128 voix réclamant la peine de mort, on retrouve les noms des maréchaux Sérurier, Kellermann, Pérignon, Marmont et enfin Victor avec qui Ney avait pourtant remporté la bataille de la Bérézina.

Le 7 décembre 1815 au matin, Ney est fusillé contre un mur de l’Observatoire à Paris.
Revêtu d’un simple costume de ville, il aurait lui-même donné le signal du feu au peloton. Il s’effondré face contre terre. Le Brave des braves est mort.

Il repose au cimetière du Père-Lachaise et l’on trouve sa statue avenue de l’Observatoire à Paris et Place de la République à Metz.

Ney, en dépit de ses revirements et ses folles actions, demeure parmi les plus courageux et les plus dévoués soldats de l’Empire. À ce titre, il est encore aujourd’hui l’un des plus appréciés et des plus célèbres. Aujourd’hui et demain encore, continuons de nous soutenir de celui qui fut « le Brave ».

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NEY - Triste souvenir d'un certain 7 décembre 1815.

Message par Joker »

Après le maréchal Murat en octobre, le brave des braves, le rougeaud, l’Infatigable, Michel le Rouge, le Lion Rouget ou encore le Héros de la Retraite est fusillé par ses frères d'armes.
Il aurait préféré mourir à Waterloo, mais la mort ne voulait pas de lui.
Après avoir chargé et maintes fois frôlé la mort lors de la bataille de Waterloo en criant "Venez voir comment meurt un maréchal de France !", Michel Ney surnommé le "brave des braves" était fusillé par des soldats français suite à sa condamnation à mort pour "avoir attenté à la sûreté de l'État" par la chambre des pairs après le désistement du conseil de guerre.
Cette exécution fera encore longtemps débat...

Exécution du maréchal Ney, tableau d'Édouard Armand-Dumaresq


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Re: NEY - Triste souvenir d'un certain 7 décembre 1815.

Message par Joker »

Quel sort selon vous, fallait-il réserver au Maréchal Ney après avoir été reconnu coupable par la chambre des Pairs ?

Amnistie ?
Déportation ?
Bannissement ?
Condamnation à mort ?
Non coupable ?
Autre ?
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