NEY - Triste souvenir d'un certain 7 décembre 1815.

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C-J de Beauvau
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Re: 7 décembre 1815...

Message par C-J de Beauvau »

Cyril Drouet a écrit :
07 déc. 2017, 18:32
C-J de Beauvau a écrit :
07 déc. 2017, 18:04
Une autre victime de la terreur blanche et coïncidence , bien que fusillé Le 22 août 1815
À Sainte-Hélène c'est par Gourgaud, qui l'avait lu dans les journaux reçus, que Napoléon apprend la mort de Charles de La Bédoyère. C'était le 7 décembre 1815 : jour où est fusillé le maréchal Ney, avenue de l'Observatoire.
Le 30 novembre précédent, il avait été averti par Bertrand de la condamnation à mort.

Plus tôt, le 26 octobre, Gourgaud dit ceci dans son Journal :
"Sa Majesté parle en mal de Ney et de La Bédoyère : « On ne doit jamais manquer à sa parole et je méprise les traîtres »"
Condamnation , mais pas l'exécution et la mort que j'évoquais plus avant !
Pour le reste de votre texte, je ne connais pas votre dessein, mais je sais que Napoléon a dans son testament pourvu la famille de La Bédoyère d'une somme élevée d'argent, donc pas retenu comme traitre,à sa personne pour le moins!
Dans son testament, en date du 15 avril 1815, l'Empereur léguait 100 000 francs aux enfants de La Bédoyère. Dans son codicille (daté du 24 avril 1821) il ajoutait la somme de 50 000 francs aux mêmes
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Cyril Drouet
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Re: 7 décembre 1815...

Message par Cyril Drouet »

C-J de Beauvau a écrit :
07 déc. 2017, 18:47
Condamnation , mais pas l'exécution et la mort que j'évoquais plus avant !
Oui, je pensais avoir été clair.
C-J de Beauvau a écrit :
07 déc. 2017, 18:47
Pour le reste de votre texte, je ne connais pas votre dessein
Juste celui de retranscrire ce que Gourgaud rapporte comme parole impériale à la date du 26 octobre 1815. 8-)
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Cyril Drouet
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Re: 7 décembre 1815...

Message par Cyril Drouet »

Quelques conseils impériaux (toujours chez Gourgaud) :
"C'est par la terreur seulement que les Bourbons pourront se maintenir en France ; s'ils faiblissent, ils sont perdus. Plus ils en feront contre les Français et mieux ils agiront. Pendre, exiler, chasser, voilà ce qu'ils doivent faire. En 1814, ils n'avaient agi qu'à l'eau de rose, aussi ils ont été culbutés. La nation française n'a pas de caractère, elle ne fait tout que par mode. Aujourd'hui ils sont d'un parti et demain d'un autre, en disant qu'ils ont toujours été de ce dernier. Quand à Vienne, à Berlin, je voyais les bourgeois monter la garde à l'arsenal dont nous allions nous emparer, je m'indignais. Je ne me doutais pas alors que je verrais des Français faire de même envers des Anglais et des Russes et que l'Institut viendrait en corps féliciter l'empereur Alexandre.
Les Bourbons devraient envoyer à Saint-Domingue 100 000 vieux soldats et les faire périr par le climat et les noirs, se débarrasser ainsi des uns et des autres."
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Cyril Drouet
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Re: 7 décembre 1815...

Message par Cyril Drouet »

Dans le même genre :
"Suivant lui, ce que les Bourbons ont de mieux à faire, c'est de profiter du séjour des étrangers pour opérer une Saint-Barthélemy de tous les révolutionnaires."
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C-J de Beauvau
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Re: 7 décembre 1815...

Message par C-J de Beauvau »

Tout cela me fait penser à du dépit et de l'aigreur , et non à une pensée rationnelle
Les Bourbons devraient envoyer à Saint-Domingue 100 000 vieux soldats et les faire périr par le climat et les noirs, se débarrasser ainsi des uns et des autres."
Quelle horreur méprisante
Peyrusse

A propos du maréchal Ney...

Message par Peyrusse »

Extrait du témoignage d'Octave LEVAVASSEUR, son aide-de-camp:

« L'arrestation de Ney venait de nous jeter tous dans la stupeur; son procès s'instruisait au milieu d'une réaction affreuse. Le maréchal avait été arrêté, le 3 août [1815], au château de Bessonies, par un capitaine, un lieutenant et quatorze gendarmes. Il était resté jusqu'au 15 dans la maison de ville, et était arrivé le 19 à la Conciergerie. J'attendais l'issue du procès. C'est dans un de mes voyages à Paris, que je fus admis auprès du maréchal, à la Conciergerie. Quel triste spectacle! Cependant, le prince de la Moskowa était toujours ferme; aucun abattement ne se montrait sur sa physionomie. Il me dit: « Je connais mon sort: je sais que je vais mourir; je ne crains pas la mort! Ils veulent me faire juger par un conseil de guerre. Mais je suis pair de France et je ne veux pas être traité comme un tambour ! » Le langage que j'avais tenu, le 14 mars, au maréchal me mettait vis-à-vis de cet illustre guerrier, auquel je portais l'affection d'un fils, dans la position la plus pénible: sa situation était une cruelle justification de mes paroles ! Le général Gründler, rapporteur du conseil de guerre chargé de juger le maréchal, m'avait fait venir. A sa question si j'étais parent ou allié du maréchal Ney, j'avais répondu que celui-ci m'avait tenu lieu de père depuis la perte du mien et qu'en conséquence je ne déposerais qu'autant que le prince de la Moskowa le jugerait convenable. Bien des fois depuis, je me suis reproché cette démarche, car, dans ma conviction, j'aurais défendu mon maréchal, peut-être avec quelque succès. Je connaissais l'amour ardent qui l'enflammait pour la patrie et le fanatisme dont il faisait preuve pour elle. Quoi qu'il en soit, combien on doit regretter que le maréchal, par un faux sentiment d'honneur, ait décliné une juridiction militaire. Jugé par ses véritables pairs, tous soldats, et, pour la plupart, ses compagnons de gloire, sa précieuse vie n'aurait couru aucun danger. Le conseil de guerre était ainsi composé: Juges:les maréchaux Jourdan, Masséna, Augereau et Mortier; les lieutenants-généraux Villatte, Claparède et Gazan. Commissaire du roi: Joinville, ordonnateur de la 1ère division. Rapporteur: Gründler, maréchal de camp; greffier: Boudin. Le conseil de guerre se déclara incompétent, et le maréchal ne tarda pas à être renvoyé devant la Chambre des pairs.

On connait les détails de ce procès célèbre qui affligea toute la France: Bourmont y montra une lâche animosité, mais Clouet fit voir qu'il se souvenait des bontés que le maréchal avait toujours eues pour lui. Ce fut un moment lamentable que celui où le prince de la Moskowa fut obligé d'expliquer, à ceux qui auraient dû baisser les yeux devant lui, la catastrophe du 14 mars. « Je ne pouvais, dit le maréchal, arrêter l'eau de la mer avec ma main; la digue a été renversée devant moi; j'ai préféré ma patrie à tout. » Écoutons un instant Berryer développant ce beau sentiment. « J'ai justifié, dit-il, le maréchal Ney de tout reproche de préméditation: l'intention qui l'a toujours dirigé est devenue évidente; elle offre une nouvelle preuve de l'attachement qu'il portait à son pays. Les formes du gouvernement ont changé bien des fois pendant la vie militaire du maréchal Ney; elles l'ont toujours trouvé attaché uniquement au bien public, au bonheur et à la gloire de son pays Lors de la première invasion de notre territoire, c'est lui qui, voyant que Bonaparte avait follement compromis les intérêts de la France, pressa le premier son abdication. C'est le même désir de sauver sa patrie qui, à Lons-le-Saulnier, lorsque la défection la plus complète l'entourait de toutes parts, lorsque le plus fatal enthousiasme égarait tous les esprits et exaltait toutes les têtes, lorsque tout le monde était dans la persuasion que tout gouvernement royal avait disparu, c'est le même amour pour la patrie qui fut la règle de sa conduite. C'est encore son amour pour son pays qui, après la défaite de Waterloo, engagea le maréchal, en présence des représentants les plus distingués de la nation, à leur dévoiler la vérité tout entière . Ainsi, à toutes les époques de sa vie, le maréchal Ney n'a connu qu'une souveraine au monde: la France. Le désir ardent d'empêcher que le sein de la patrie fût déchiré, voilà l'unique motif de la conduite du maréchal! » Et, plus loin, M. Dupin dit: « Le traité du 20 novembre 1815, qui trace une nouvelle démarcation du territoire de la France, a laissé sur sa droite Sarrelouis, lieu de naissance du maréchal Ney. Le maréchal n'est plus soumis au roi de France. » Ney bondit et s'écria: « Je suis Français, et je mourrai Français. Je fais comme Moreau: j'en appelle à l'Europe entière et à la postérité ! » On sait que la capitulation de Paris garantissait le maréchal contre toutes poursuites. « La déclaration de l'article 12, dit Ney, était tellement protectrice, que c'est sur elle que j'avais compté. Sans cela, croit-on que je n'aurais pas préféré périr le sabre à la main? C'est en contradiction de cette capitulation que j'ai été arrêté et sur sa foi que je suis resté en France. » Mais le sort du maréchal était fixé: il fallait aux Alliés une victime en réparation du mal que leur avait fait la France; et cette victime, offerte en expiation, c'était la plus pure des illustrations de nos armées . Le duc de Wellington, sollicité par la maréchale Ney, avait répondu « que Sa Majesté, le roi de France, n'avait pas ratifié la convention du 3 juillet; que la stipulation, écrite en l'article 12, n'exprimait qu'une renonciation des hautes puissances, pour leur compte, à rechercher qui que ce fût en France, pour raison de sa conduite ou de ses opinions politiques; qu'elles n'avaient donc à s'immiscer en rien dans les actes du gouvernement du roi. » Ces paroles étaient indignes de Wellington. Le roi n'était bien entré dans Paris qu'en vertu de cette même capitulation. Wellington n'avait pu remettre la capitale à Louis XVIII qu'aux charges, clauses et conditions qu'il avait souscrites lui-même: le roi, en violant la capitulation sous ses yeux, le rendait responsable de ce grand crime. N'est-il pas honteux de penser que le procureur-général Bellart et la Chambre des pairs se soient opposés à ce que les défenseurs pussent plaider les moyens tirés de ces circonstances? Le prince de la Moskowa mort, ma carrière militaire était finie: le glorieux nom de Ney planait sur moi et me désignait à la proscription.»
---------------------------------
(« Souvenirs militaires » d’Octave LEVAVASSEUR, Plon, 1914, pp.315-320)

Peyrusse

Maréchaux : NEY

Message par Peyrusse »

« Je suis l'arrière-garde de la Grande-Armée… »


A l’issue de la campagne de Russie, le général Mathieu Dumas, intendant de la Grande-Armée, fait une rencontre inattendue..
--------------
« Nous étions enfin hors de cette terre maudite, le territoire de Russie. Les Cosaques ne nous poursuivaient plus avec autant d'ardeur; à mesure que nous avancions sur le territoire prussien, nous trouvions de meilleurs gîtes et des ressources. Le premier endroit où nous pûmes respirer, fut Wilkoviski , et ensuite Gumbinen, où je descendis dans la maison d'un médecin, que j'avais occupée à mon premier passage. On venait de nous y servir à déjeuner d'excellent café, lorsque je vis entrer un homme vêtu d'une redingote brune; il portait une longue barbe; son visage était noirci et semblait brûlé; ses yeux étaient rouges et brillants. « Enfin me voilà ! » dit-il; « Eh quoi ! Général Dumas, vous ne me reconnaissez pas ?» — « Non ; qui êtes-vous donc ? » — « Je suis l'arrière-garde de la Grande-Armée, le maréchal Ney. J'ai tiré le dernier coup de fusil sur le pont de Kowno; j'ai jeté dans le Niémen la dernière de nos armes, et je suis venu jusqu'ici à travers les bois. » Je laisse à penser avec quel empressement respectueux nous accueillîmes le héros de la retraite de Russie. II prit son quartier dans cette maison, et nous partîmes pour nous rendre par Insterbourg et Welhau à Königsberg. »
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(Lieutenant-général comte Mathieu DUMAS, « Souvenirs… », Tome III, Librairie de Charles Gosselin, 1839, pp.484-485)
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Peyrusse

Retour sur les lieux d'une exécution...

Message par Peyrusse »

« 11 décembre 1815. J’ai été voir la place où est mort le maréchal Ney. En sortant de la grande allée perpendiculaire au palais du Luxembourg, il y a un mur à gauche; c’est à une vingtaine de pas de la grille qu’il fut fusillé. J’ai vu la place où il est tombé; on en avait remué la terre afin de faire disparaître les traces de son sang. On voit dans le mur six traces de balles, dont une est au sommet; il paraît que celui qui l’a tirée tremblait bien fort: le maréchal était trop près du peloton pour qu’on ait pu le manquer, si on n’avait pas été ému. Je ne puis dire combien j’avais le cœur serré, en pensant que ce héros, l’honneur de son pays, qu’avaient respecté pendant vingt ans les balles ennemies, était tombé sous le plomb français.
Sur le mur, un peu au-dessus des trous de balle, on avait écrit : « Ici est mort l’Achille français ». On avait déjà effacé ces mots, mais pas assez bien pour qu’on ne pût pas les distinguer. J’ai cherché vainement dans le mur, pour y trouver une des balles. Mais je n’étais pas le premier qui avait eu cette idée, et je n’en ai découvert aucune. J’ai trouvé une trentaine de personnes venues pour la même cause. Toutes avaient l’air fort triste. Un vieux monsieur qui avait été témoin de ses derniers moments m’a assuré qu’il avait couru, de sa voiture, devant le peloton. Il avait une redingote bleue, un gilet, une culotte et des bas de soie noirs. Ses derniers moments ont été dignes de sa vie. Il est mort en disant : « Vive la France ! »
J’y suis retourné plusieurs fois ; on a maçonné le mur, afin de faire disparaître jusqu’aux moindres traces de sa mort. Tout ce qui pourrait rappeler le grand d’Elchingen a été soigneusement effacé. Je n’ai pas eu de peine à retrouver la place où il tomba, percé des balles françaises. Brave Ney ! Je t’ai vu de mes yeux chercher la mort dans les rangs de nos ennemis. Il semblait qu’elle craignait d’attenter çà une aussi glorieuse vie…

26 novembre 1816. Ce matin, j’allai au cimetière du Père-Lachaise pour y voir les tombeaux du maréchal Ney et de Labédoyère. On exhumait le premier, dont le cercueil de plomb était recouvert d’une bière en bois. J’ignore ce que vont devenir les restes de ce héros, l’Achille de son pays. Je suis resté longtemps à regarder la place où il était ; tous ses hauts faits me revenaient à la pensée. J’ai ramassé par terre une petite branche de sapin qui était plantée sur sa tombe et me suis éloigné. De là, je me suis rendu à l’endroit où repose Labédoyère. Un petit enclos et une croix noire en bois sont les seules marques distinctives que l’on voit sur son tombeau. En m’approchant d’un peu près, j’ai distingué ces mots écrit avec la pointe d’un couteau : « Honneur au Brave ! » J’y ai gravé un « V » [pour « Vengeance »], et suis sorti du cimetière. »

(Extrait du « Journal d’un officier du 5ème hussards » (auteur anonyme), contenu dans l’ouvrage « Les Hommes de Napoléon. Témoignages, 1805-1815. Présenté par Christophe Bourachot », Omnibus, 2011, pp.897-898)
Neya

Re: Maréchaux : Ney

Message par Neya »

Après le duel, l'adversaire de jeune Ney ne put pas enseigner l'escrime et vécut dans la vie pauvre . Mais heureusement Ney qui devint riche quelques années plus tard le trouva et lui donna une vie confortable
Neya

Re: Maréchaux : Ney

Message par Neya »

C-J de Beauvau a écrit :
23 janv. 2018, 23:38
Neya a écrit :
23 janv. 2018, 18:20
Après le duel, l'adversaire de jeune Ney ne pus pas enseigner l'escrime et vécut dans la vie pauvre . Mais heureusement Ney qui devint riche quelques années plus tard le trouva et lui donna une vie confortable
Avez vous des sources primaires de ce fait ?
The bravest of the brave HILLIARD ATTERIDGE P6-7
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