Un épisode marquant de la campagne de Russie

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Joker
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Un épisode marquant de la campagne de Russie

Message par Joker »

« Napoléon surpris par les cosaques au milieu de son armée le 24 octobre 1812, au matin de la bataille de Malojaroslawetz. »
Le comte de Ségur écrivit que :
"les cosaques poussèrent des clameurs avant d’attaquer et, s’ils n’avaient pas hurlé en attaquant comme ils le font tous pour s’étourdir sur le danger, l’Empereur ne leur eut peut-être pas échappé. Ce qui augmenta le péril, c’est qu’on prit d’abord ces clameurs pour des acclamations, et ces hourras pour des cris de « Vive l’Empereur ! »
Une fois lancés, ils s’approchèrent si rapidement que Rapp n’eut que le temps de dire à l’Empereur : « ce sont eux ! retournez ! ».
L’Empereur, soit qu’il vit mal, soit qu’il lui répugnât de fuir, s’obstina. Il allait être enveloppé, quand Rapp saisit la bride du cheval et le fit tourner en arrière en lui criant « il le faut ! ».
La fierté de l’Empereur ne put s’y décider ; il mit l’épée à la main, il fut imité par le Prince de Neufchatel et le grand écuyer, et, se plaçant sur le côté gauche de la route, ils attendirent la horde, dont ils ne s’étaient séparés que par quarante pas ; Rapp n’eut que le temps de retourner de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si vivement sa lance dans le poitrail de son cheval, qu’il le renversa ; les autres aides de camp et quelques cavaliers de la Garde dégagèrent Rapp. »

Source : "Histoire de la campagne de Russie pendant l'année 1812" par Emile Marco de Saint Hilaire.


« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées
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Cyril Drouet
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Re: Un épisode marquant de la campagne de Russie

Message par Cyril Drouet »

Quelques écrits de mémorialistes sur l’affaire :


« Nous avions à peine quitté les chaumières où nous avions passé la nuit, que nous aperçûmes une nuée de Cosaques ; ils sortaient d’un bois en avant sur la droite ; nous les primes pour de la cavalerie française.
Le duc de Vicence fut le premier qui les reconnut.
« Sire, ce sont les Cosaques.
– Cela n’est pas possible » répondit Napoléon.
Ils fondaient sur nous en criant à tue-tête. Je saisis son cheval par la bride ; je le tournai moi même.
« Mais ce sont les nôtres ?
– Ce sont les Cosaques ; hâtez-vous.
- Ce sont bien eux » dit Berthier.
« Sans aucun doute » ajouta Mouton.
Napoléon donna quelques ordres et s’éloigna : je m’avançais à la tête de l’escadron de service ; nous fumes culbutés ; mon cheval reçut un coup de lance de six pouces de profondeur ; il se renversa sur moi : nous fumes foulés aux pieds par ces barbares. Ils aperçurent heureusement à quelque distance un parc d’artillerie ; ils y coururent : le maréchal Bessières eut le temps d’arriver avec les grenadiers à cheval de la garde ; il les chargea et leur reprit les fourgons et les pièces qu’ils emmenaient. »
(Rapp, Mémoires)


« A peine était-il [Napoléon] parti, que nous entendîmes un grand bruit ; un moment nous crûmes que c’étaient des cris de « Vive l’Empereur ! » mais nous entendîmes crier : « Aux armes ! » C’étaient plus de 6 000 Cosaques commandés par Platoff [Platov], qui, à la faveur du brouillard et des ravins, étaient venus faire un hourrah. Aussitôt les escadrons de service de la Garde s’élancèrent dans la plaine ; nous les suivîmes, et, pour raccourcir notre chemin, nous traversâmes un ravin. Dans un instant nous fumes devant cette nuée de sauvages qui hurlaient comme des loups et qui se retirèrent. Nos escadrons finirent par les atteindre et leur reprendre tout ce qu’ils avaient enlevé de bagages, de caissons, en leur faisant essuyer beaucoup de pertes.
Lorsque nous entrâmes dans la plaine, nous vîmes l’Empereur presque au milieu des Cosaques, entouré des généraux et des officiers d’ordonnance, dont un venait d’être dangereusement blessé, par une fatale méprise : au moment où les escadrons entraient dans la plaine, plusieurs de ses officiers avaient été obligés, pour défendre l’Empereur, qui était au milieu d’eux et qui avait failli être pris, de faire le coup de sabre avec les Cosaques. Un des officiers d’ordonnance, après avoir tué un Cosaque et en avoir blessé plusieurs autres, perdit, dans la mêlée, son chapeau, et laissa tomber son sabre. Se trouvant sans armes, il courut sur un Cosaque, lui arracha sa lance et se défendit avec. Dans ce moment, il fut aperçu par un grenadier à cheval de la Garde, qui, à cause de sa capote verte et de sa lance, le prit pour un Cosaque, courut dessus et lui passa son sabre au travers du corps.
Le malheureux grenadier, désespéré en voyant sa méprise, veut se faire tuer ; il s’élance au milieu de l’ennemi, frappant à droite et à gauche ; tout fuit devant lui. Après en avoir tué plusieurs, n’ayant pu se faire tuer, il revint seul et couvert de sang demander des nouvelles de l’officier qu’il avait si malheureusement blessé. Celui-ci guérit et revint en France sur un traîneau.
Je me rappelle qu’un instant après cette échauffourée, l’Empereur, étant à causer avec le roi Murat, riait de ce qu’il avait failli être pris, car il s’en est fallu de bien peu. »
(Bourgogne, Mémoires)



« Dès que le soleil du 25 se montra à l'horizon, [Napoléon] monta à cheval et s'avança sur la route de Kalougha, qui n'était plus pour lui que celle de Malo-Iaroslavetz. Pour atteindre le pont de cette ville il fallait qu'il traversât la plaine, longue et large d'une demi-lieue, que la Louja embrasse de son contour : quelques officiers seulement suivaient l'Empereur. Les quatre escadrons de son escorte habituelle n'ayant pas été avertis, se hâtaient pour le rejoindre, mais ne l'avaient pas encore atteint. La route était couverte de caissons d'ambulance, d'artillerie et de voitures de luxe : c'était l'intérieur de l'armée, chacun marchait sans défiance.
On vit d'abord au loin, vers la droite, courir quelques pelotons, puis de grandes lignes noires s'avancer. Alors des clameurs s'élevèrent : déjà quelques femmes et quelques goujats revenaient sur leurs pas en courant, n'entendant plus rien, ne répondant à aucune question, l'air tout effaré, sans voix et sans haleine. En même temps la file des voitures s'arrêtait incertaine, le trouble s'y mettait; les uns voulaient continuer, d'autres retourner : elles se croisèrent, se culbutèrent; ce fut bientôt un tumulte, un désordre complet.
L'Empereur regardait et souriait, s'avançant toujours, et croyant à une terreur panique. Ses aides de camp soupçonnaient des Cosaks, mais ils les voyaient marcher si bien pelotonnés, qu'ils en doutaient encore; et si ces misérables n'eussent pas hurlé en attaquant, comme ils le font tous pour s'étourdir sur le danger, peut-être que Napoléon ne leur eût pas échappé. Ce qui augmenta le péril, c'est qu'on prit d'abord ces clameurs pour des acclamations, et ces hourra pour des cris de vive l'empereur. »
C'était Platof et six mille Cosaks qui, derrière notre avant-garde victorieuse, avaient tenté de traverser la rivière, la plaine basse et le grand chemin, en enlevant tout sur leur passage et dans cet instant même où l'empereur, tranquille au milieu de son armée et des replis d'une rivière ravineuse, s'avançait, en ne voulant pas croire à un projet si audacieux, ils l'exécutaient !
Une fois lancés, ils s'approchèrent si rapidement, que Rapp n'eut que le temps de dire à l'eEmpereur: « Ce sont eux, retournez ! » L'Empereur, soit qu'il vît mal, soit répugnance à fuir, s'obstina, et il allait être enveloppé quand Rapp saisit la bride de son cheval et le fit tourner en arrière en lui criant: « Il le faut ! » ;et réellement il convenait de fuir. La fierté de Napoléon ne put s'y décider. Il mit l'épée à la main, le prince de Neufchâtel et le grand-écuyer l'imitèrent, et se plaçant sur le côté gauche de la route, ils attendirent la horde. Quarante pas les en séparaient à peine. Rapp n'eut que le temps de se retourner et de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si violemment sa lance dans le poitrail de son cheval, qu'il le renversa, Les autres aides de camp et quelques cavaliers de la garde dégagèrent ce général. Cette action, le courage de Lecoulteux, les efforts d'une vingtaine d'officiers et de chasseurs, et surtout la soif de ces barbares pour le pillage, sauvèrent l'Empereur.
Pourtant ils n'avaient qu'à étendre la main pour le saisir ; car au même moment, la horde, en traversant la grande route, y culbuta tout, chevaux, hommes, voitures, blessant et tuant les uns et les entraînant dans les bois pour les dépouiller; puis, détournant les chevaux attelés aux canons, ils les emmenaient à travers champs. Mais ils n'eurent qu'une victoire d'un instant, un triomphe de surprise. La cavalerie de la garde accourut: à cette vue, ils lâchèrent prise, ils s'enfuirent, et ce torrent s'écoula en laissant, il est vrai, de fâcheuses traces, mais en abandonnant tout ce qu'il entraînait.
Cependant plusieurs de ces barbares s'étaient montrés audacieux jusqu'à l'insolence. On les avait vus se retirer à travers l'intervalle de nos escadrons, au pas, et en rechargeant tranquillement leurs armes. Ils comptaient sur la pesanteur de nos cavaliers d'élite et sur la légèreté de leurs chevaux, qu'ils pressent avec un fouet. Leur fuite s'était opérée sans désordre: ils avaient fait face plusieurs fois, sans attendre, il est vrai, jusqu'à la portée du feu, de sorte qu'ils avaient à peine laissé quelques blessés et pas un prisonnier. Enfin ils nous avaient attirés sur des ravins hérissés de broussailles, où leurs canons, qui les y attendaient, nous avaient arrêtés. Tout cela faisait réfléchir. Notre armée était usée, et la guerre renaissait toute neuve, et entière.
L'empereur, frappé d'étonnement qu'on eût osé l'attaquer, s'arrêta, jusqu'à ce que la plaine fût nettoyée »
(Ségur, Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l’année 1812)


« Le récit que fait M. de Ségur du hourra des cosaques sur l'Empereur, est plein d'inexactitudes. Dès que ce prince eut reconnu les cosaques , qui chargeaient les cantiniers sur la route , il passa sur la gauche , en disant : Allons, mes escadrons de service en avant. Mais les escadrons de service n'étaient pas montés à cheval en même temps que Napoléon. Trois pelotons d'escorte seulement avaient suivi, un de chasseurs, un de lanciers et un de dragons. Ces trois pelotons se portèrent rapidement en avant, et leur présence contint les cosaques. Il est faux qu'ils se soient approchés de l'empereur au point que l'un d'eux ait enfoncé sa lance dans le poitrail du cheval de Rapp. Il n'est pas plus vrai que ce général ait pris le cheval de Napoléon par la bride. Quelques officiers d'ordonnance et de l'état-major du prince de Neufchâtel, s'avancèrent avec les trois pelotons de service, en même temps que l'Empereur se retirait vers les escadrons de la Garde, que l'on voyait venir de loin.
Ce fut dans la mêlée que les chasseurs de la Garde et les Polonais eurent avec les cosaques , et au moment de l'arrivée des grenadiers à cheval, que M. Lecoulteux, ayant tué un chevalier russe et pris sa lance, fut blessé d'un coup de sabre au travers du corps par un grenadier à cheval de la Garde, qui le prit pour un cosaque, parce qu'une redingote verte couvrait son habit. Il est faux que les cosaques se soient montrés audacieux jusqu'à l'insolence. Il est faux qu'on les ait vus se retirer à travers les intervalles de nos escadrons, au pas, et en chargeant tranquillement leurs armes ; trois faibles pelotons avaient suffi pour les culbuter. Cela est si vrai qu'ils se hâtèrent de repasser à gué la Louja, que notre cavalerie traversa après eux en les poursuivant. Les officiers d'ordonnance Athalin, Lauriston, Chabrillant, Montaigu, Tintigniers, etc. étaient présents avec nous à cette affaire. Ils peuvent certifier ce que nous avançons, ainsi que M. Lecoulteux, qui fut si grièvement blessé. M. de Ségur était probablement à Gorodinia, et il aura fait ce récit, comme tant d'autres, sur des ouï-dire.
Il termine, en disant : Tout cela faisait réfléchir. Ce qui est bien plus propre à faire réfléchir, c'est la manière dont ce fait et tant d'autres sont présentés.
Comment l'auteur peut-il dire que l'Empereur....... « resta une demi-heure frappé d'étonnement, qu'on eût osé l'attaquer, et le lendemain d'une victoire, et qu'il eût été obligé de fuir ? » Qu'ya-t-il d'étonnant qu'un quartier-général soit attaqué à l'improviste par de la cavalerie légère ? La victoire de Wagram, certes, fut une belle victoire, et le soir, l'Empereur fut obligé, par un hourra de cavalerie, de se réfugier au milieu de sa Garde qu'il fit former en carré. On pourrait citer nombre d'exemples de pareilles échauffourées. »
(Gourgaud, Napoléon et la Grande Armée en Russie, ou examen critique de l'ouvrage de M. le compte Ph. De Ségur)


« Le 25, à huit heures du matin, au moment où le brouillard commençait à se dissiper, il monte à cheval pour reconnaître la position; mais à peine a-t-il fait quelques pas que les cris de hourra! hourra! sortent d'un bois voisin,et qu'un essaim de Cosaques, traverse la route à moins de vingt pas de l'Empereur, sabrant et renversant tout ce qui fait obstacle.
Soudain, et plus prompts que la parole, les deux escadrons de service (chasseurs et grenadiers de la garde), à la tête desquels s'est élancé le général Rapp, se mettent à la poursuite de cette bande désordonnée. C'est dans cette mêlée qu'Emmanuel Lecoulteux, aidede-camp du prince de Neuchâtel, s'étant armé d'une lance qu'il venait d'arracher à l'un des Cosáques, trompa l’æil d'un grenadier à cheval de la garde, qui, le poursuivant à son tour, le perça d'un coup de pointe : la lame, par miracle, passa sous la clavicule sans offenser l'artère.
(Denniée, Itinéraire de l'empereur Napoléon pendant la campagne de 1812)
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Cyril Drouet
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Re: Un épisode marquant de la campagne de Russie

Message par Cyril Drouet »

On peut également citer les Mémoires de Caulaincourt :
"L’Empereur se décidait cependant à partir, quand un aide de camp du vice-roi arriva pour lui annoncer que l’ennemi n’avait que des feux de cosaques, et que des soldats et des paysans qu’on venait d’arrêter confirmaient sa retraite. Ces détails déterminèrent l’Empereur à attendre mais, une demi-heure après, son impatience le fit partir. Le jour paraissait à peine et, à 500 toises du quartier général, nous nous trouvâmes un moment nez à nez avec les cosaques dont le gros de la troupe donna, en avant de nous, sur un parc et sur de l’artillerie qu’ils entendirent marcher. Ils en emmenèrent quelques pièces.
Il faisait encore si sombre que nous ne fûmes avertis que par leurs cris et nous étions mêlés avec quelques-uns d’entre eux avant de les avoir distingués. On était si loin, il faut l’avouer, de s’attendre à les trouver au milieu de nos bivouacs de la Garde, qu’on fit même peu d’attention aux premiers cris. Ce n’est que quand ils redoublèrent et furent poussés auprès de l’Empereur que le général Rapp, qui était en avant de lui, avec les comtes de Lauriston, de Lobau, Durosnel, les officiers d’ordonnance de service et l’avant-garde de piquet, revint sur l’Empereur en lui disant :
— Arrêtez, Sire, ce sont les cosaques !
— Prends les chasseurs du piquet, lui répondit-il, et porte-toi en avant.
Ceux-ci, au nombre de dix à douze, les seuls qui nous eussent encore joints, se portaient déjà d’eux-mêmes en avant, pour se réunir à ceux de l’avant-garde. L’obscurité était encore telle que l’on ne pouvait rien distinguer à vingt-cinq pas. Le bruit des coups qui s’échangeaient et les cris des combattants indiquaient seuls le lieu de la mêlée et qu’on était aux prises avec l’ennemi. Emmanuel Lecouteulx, aide de camp de service du prince de Neuchâtel, fut percé, de part en part, d’un coup de sabre dans la poitrine, par un cavalier de la Garde, qui le prit pour un Russe.
L’Empereur était seul avec le prince de Neuchâtel et moi. Nous avions tous trois l’épée à la main. La mêlée, qui était très proche et qui venait sur l’Empereur, le détermina à faire quelques pas pour se porter sur la crête de la montagne, afin de mieux distinguer. Dans ce moment, les derniers chasseurs du piquet nous rejoignaient et les escadrons de service, auxquels l’Empereur n’avait pas donné le temps de monter à cheval quand il partit, arrivaient successivement. Dirigés par les cris des combattants, les deux premiers escadrons qui arrivèrent culbutèrent les premiers cosaques. Les deux autres, qui étaient à peu de distance et à la tête desquels venait le duc d’Istrie, vinrent à temps pour soutenir les deux premiers qui étaient fort engagés et entourés d’une nuée d’ennemis. Le jour paraissait assez, alors, pour éclairer cette scène. La plaine, la route étaient couvertes de ces cosaques ; la Garde reprit l’artillerie et le petit nombre de canonniers que l’ennemi emmenait et força les cosaques à repasser la rivière, mais nous eûmes beaucoup de blessés.
Il est de fait que si l’Empereur fût parti, comme il le voulait, avant le jour, il se serait trouvé au milieu de cette nuée de cosaques avec son seul piquet et les huit généraux et officiers qui l’accompagnaient. Si les cosaques, qui vinrent sous notre nez et qui nous entourèrent un moment, avaient eu plus d’audace et fussent tombés en silence sur la route, au lieu de hurler et de ferrailler sur les bords du chemin, nous étions enlevés avant que les escadrons pussent nous secourir. Sans doute, nous aurions aussi chèrement vendu notre vie qu’on le peut avec une petite épée et dans l’obscurité où l’on ne sait sur qui l’on frappe mais, certainement, l’Empereur eût été tué ou pris, sans qu’on sût même où le chercher, dans une grande plaine couverte par-ci par-là de bouquets de bois à la faveur desquels les cosaques s’étaient cachés à une portée de fusil de la route et de la Garde."

Ou encore le 27e Bulletin :
« L'Empereur porta son quartier général le 24 au village de Chorodnia. A sept heures du matin six mille Cosaques qui s'étaient glissés dans les bois firent un hourra général sur les derrières de la position et enlevèrent six pièces de canon qui étaient parquées. Le duc d'Istrie se porta au galop avec toute la garde à cheval. Cette horde fut sabrée, ramenée et jetée dans la rivière ; on lui reprit l'artillerie qu'elle avait prise et plusieurs voitures qui lui appartenaient : six cents de ces Cosaques ont été tués, blessés ou pris; trente hommes de la garde ont été blessés et trois tués. Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui : l'intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions. Au commencement de la charge les officiers de Cosaques appelaient la garde, qu'ils reconnaissaient, muscadins de Paris. Le major des dragons Letort s'est fait remarquer. A huit heures l'ordre était rétabli. »
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