Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Joséphine

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Joséphine »

Ne soyez pas choqués donc chers forumistes si je préfère m'amuser à dire que l'Empereur montait assez mal à cheval, plutot que de louer ses capacités de résistance extraordinaires lorsqu'il pouvait passer des journées entières à galopper sous la pluie. (Stéphane intilla) ...


Décidément, vous n'avez pas de chance , mon cher Stéphane ...

Car s'il est reconnu et prouvé que l'Empereur montait mal à cheval, sa résistance et son plaisir de se trouver sur ses montures est tout aussi bien reconnu et prouvé ...

Ainsi que l'écrivait Las Cases :

"Son corps est bien loin d'être de fer, c'est seulement son moral. On connaît ses prodigieuses fatigues au dehors, ses perpétuels travaux au-dedans. Jamais aucun souverain n'a égalé ses fatigues corporelles...
Ce qu'on cite de plus fort est la course de Valladolid à Burgos, à franc étrier (trente cinq lieues d'Espagne en cinq heures et demie, soit plus de sept lieues à l'heure).
A cause du danger des guérillas, l'Empereur était parti avec une nombreuse suite ; à chaque pas, il resta du monde en route ...... Napoléon arriva presque seul "...
On cite aussi la course de Vienne au Semmering (une vingtaine de lieues) où il alla déjeuner à cheval, et revînt aussitôt après...





:salut:
SCHNAPS

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par SCHNAPS »

Bonjour "voisin" stephane intilla !
l'un des avantages de cette rubrique sur ce forum que j'apprécie comme vous sans doute, c'est la régularité avec laquelle des "idées reçues" sont confirmées, puis "battues en brèche", puis contredites "pièces à l'appui", chacun(e) étayant son avis des citations prises à meilleure souce que l'autre.

Vous verrez vous vous y ferez, de plus ces joutes historiques sont à l'image de la passion qui anime les forumiens intervenants, elles ne blessent que qui veut s'y blesser ou blesser (moralement ) autrui... :)

Non non vous ne "jouez pas avec le feu", d'autres que vous ont été moins éclairés :lol: . Continuez !
Bien à vous voisin haguenovien !
:salut:
Bergisel

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Bergisel »

Stéphane Intilla :
L'empereur savait parfaitrement manier l'art de la propagande, il gérait son image comme une rock-star et j'aime me remémorer une anecdote à propos de cette si célèbre et si louée capacité intellctuelle de travail:

Il y a propagande et propagande : la bonne et la mauvaise. CQFD

Ne dit on pas : "menteur comme un bulletin de la Grande Armée". Le but recherché étant d'exercer une déception (intoxicatio) de l'adversaire.

Je classe ça dans la "bonne" propagande et dans cette discipline Napoléon est passé maître dans l'art, même s'il ne l'a pas inventé (rendons justement à César.... ce qui lui revient !)

Quand nous parlons de l'extraordinaire capacité intellectuelle de l'Empereur , ceci ne signifie pas que l'Empereur y passait ses nuits ... il avait tout loisir certainement pour pratiquer ce genre de gag. La bougie faisait certainement aussi partie du registre déception. Pour faire croire que. C'est habile mais on est dans un autre registre.

Quand je parle de capacité intellectuelle que je qualifie d'imposante... j'évalue aussi la capacité d'auto-organisation .... ça va de pair ! :)

:salut:
Saint Clair

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Saint Clair »

[aligner]Le titre est pour le moins racoleur, je n'en disconviens pas, mais il ne pose pas moins une vraie question qui devrait réunir sur ce forum, historiens, ce que je ne suis pas, psychologues, ce que je ne suis pas, philosophes ou médecins, ce que je ne suis pas plus, ou tout simplement, et plus largement, les spécialistes de Napoléon disposant d'une documentation appropriée (ce que je n'ai pas).

Acquise ou innée, je ne reviendrai pas sur ce vieux débat qui, pourtant,, aujourd'hui, tend à s'orienter davantage vers l'intelligence acquise car il est démontré que tout peut se faire jusqu'à l'adolescence, et même encore un peu après. "Il est très facile", comme le dit fort justement le généticien Albert Jacquard, "de ne pas devenir intelligent en s'assoupissant dans la passivité des réponses appprises, en renonçant à l'effort de formuler ses propres questions."

Napoléon Bonaparte manifestait-il des signes de précocité dans le "domaine" de l'intelligence ?
Rien ne le laisse supposer à l'époque où, placé dans une école mixte tenue par des soeurs, on nous dit que, en classe comme chez lui d'ailleurs, il est turbulent et batailleur en permanence. A la maison, sa mère le réprimandait sans cesse tandis que son frère Joseph, pourtant son aîné, calme et docile, se faisait mordre et battre par Napoléon qui était bruyant, désordonné et indiscipliné. A cet âge de l'enfance, on le disait également distrait et négligé.
Certes, il manifestait des facilités évidentes pour l'étude, plus particulièrement pour l'histoire, la géographie et l'arithmétique qu'il apprenait avec aisance.
Adolescent, par contre, éloigné de sa famille, on le dit taciturne et timide, il adresse peu la parole à ces jeunes qui l'entourent et se réfugie plus souvent dans sa chambre où il s'adonne à sa passion : la lecture. Il n'a que seize ans et vient d'obtenir son brevet de lieutenant, 42e sur 58 promus.
On le dit doué pour le métier des armes et, là aussi, toujours appliqué aux cours de mathématiques et de géographie où son maître l'initie à l'art de dresser plans et cartes.

Nulle part, ne transparaît alors ce concept d'intelligence, telle qu'on l'entend communément aujourd'hui et qui est le propre des êtres d'exception (non pas que les autres n'en soient point doté, mais il n'y a pas beaucoup d'égalité dans ce domaine). Cela étant dit, rien n'est fait à ce stade; la mère d'Einstein, impuissante devant la dyslexie de son fils, mauvais élève à l'école, espérait qu'il serait un jour menuisier.

C'est plus tard, je pense, qu'apparaît et s'affirme cette notion au regard des coups d'éclat militaires qui feront de Bonaparte d'abord, puis de Napoléon, un génie de la tactique. Il a l'intelligence des audacieux ou peut-être l'audace de son intelligence.
Son oeuvre, autant civile que militaire, le fait-elle plus intelligent que ses contemporains ? Son omnipotence avisée en bien des domaines tendrait à militer en faveur d'une réponse positive. Mais je ne détiens pas le savoir suffisant pour être formel quant à ce propos.
Sa vivacité d'esprit le disputait à ses innombrables connaissances et le plaçait, intellectuellement, au-dessus de tous ses maréchaux et généraux. C'est un sentiment que j'éprouve là plutôt qu'une affirmation gratuite. Je vous laisse le soin de commenter la formule.
Il alliera, durant le Consulat et l'Empire, intelligence cognitive, intelligence intuitive, intelligence politique (de polis = la cité), intelligence des armes à une intelligence que l'on pourrait qualifier de "pure" si tant est que l'on puisse qualifier cette intelligence là. C'est d'autant plus difficile que je ne maîtrise pas ce vocabulaire qui relève plutôt de la psychologie, de la sociologie ou de la science.

Si personne, bien au contraire, ne doute d'une intelligence supérieure, comment pourrait-on la quantifier ? Des moyens modernes, fiables à 70% (c'est peu et c'est beaucoup à la fois) permettent, aujourd'hui, de mesurer un niveau ou un degré d'intelligence chez l'homme. C'est cette notion de quotient intellectuel qui classe les individus entre le faible d'esprit, insuffisant mental, soit 5% d'une population donnée et le surdoué qui atteint 145 de Q.I. 70% de la population se situerait entre 80 et 115 de Q.I.

Einstein étant à 160 de Q.I., peut-on supposer que l'Empereur aurait pu égaler, voire dépasser ce génie des temps modernes ?

Si je pose le principe que, seules les personnes ayant un Q.I. supérieur à 120 ont le droit de répondre à cette question, alors, il faut, préalablement, que vous me donniez le nombre qui suit l'année 1806 (en réalité, rien d'historique dans la réponse, c'est purement mathématique) dans cette suite logique :[/aligner]

1 2 6 42 1806 ?... :fou:

C'est juste pour vous divertir un peu avant de revenir au fond du sujet... :roll:
Drouet Cyril

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Drouet Cyril »

"Bonaparte était un homme d'un génie immense."
(Benjamin Constant, Principes de politique)

"Ce qu'il ignorait, il le prEssentait et le devinait pour ainsi dire. Il avait une taille prodigieuse pour apprendre, juger, discuter, retenir dans sa tête et sans confusion une infinité d'objets.
[...]
Il n'était pas parfait, ce n'était pas un Dieu, mais dans sa tête et dans son air il y avait une part immense de la perfection compatible avec la nature humaine."
(Thibaudeau, Mémoires)

"Son génie était inconcevable. Rien n'égalait son énergie, son imagination, son esprit, sa capacité de travail, sa facilité à produire."
(Lord Holland, Souvenirs diplomatiques)

"Ce puissant génie [...] avec une rapidité inimaginable à qui n'en a pas été témoin, il arrivait à des conséquences d'une haute justesse.
[...]
Sa supériorité gisait toute entière dans la faculté de trouver des idées nouvelles, avec une promptitude incroyable, de les juger avec une raison parfaite et de les mettre à exécution avec une force de volonté qui n'eut jamais d'égale."
(Stendhal, Mémoires sur Napoléon)

"Un génie tout personnel, sans commune mesure avec le reste des hommes. Doué d'un esprit vaste et audacieux, pouvant en même temps concevoir les plus magnifiques desseins et embrasser d'un seul coup tous les moyens de les mettre en oeuvre, ainsi que les détails les plus minutieux pour les mener à bien"
(Henry, Events of a Military Life)

"Ses idées se développaient sous sa dictée avec une abondance et une netteté qui faisaient voir que son attention était fortement attachée à l'objet de son travail ; elles sortaient de sa tête comme Minerve sortit toute armée du cerveau de Jupiter."
(Méneval, Souvenirs historiques)

"L'esprit de l'Empereur est la partie de lui-même la plus singulièrement remarquable. Il serait difficile, je pense, d'en avoir un plus étendu.
[...]
La capacité de sa tête semble immense par le nombre de choses qui peuvent y entrer et s'y classer facilement, sans qu'il se fatigue."
(Mme de Rémusat, Mémoires)

"Doué par la nature de la faculté de tout savoir ou de tout deviner"
(Fleury de Chaboulon, Les Cent Jours)[/aligner]
Abraca

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Abraca »

"Il n'a que seize ans et il vient d'obtenir son brevet de lieutenant, 42° sur 58 promus".

Il a fait deux années en une, et il est le seul dont le français n'est pas la langue maternelle.

Intelligence, oui, mais aussi courage, volonté, persévérance, orgueil...dans une certaine solitude morale, et malgré l'hostilité à son égard.
Route Napoleon

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Route Napoleon »

Tout à fait d'accord avec ce message d'Abraca :
volonté, persévérance, orgueil
Je ne suis pas persuadé qu'il ait eu la science infuse.
Venant de faire le tryptique Brienne, Valence, Auxonne,
je crois volontiers qu'il se soit formé tout seul, en autodidacte
et en particulier, à Valence, chez son voisin, le libraire Marc Aurel.

Plutôt démuni, même pas propriétaire d'un cheval, le jeune Napoleone marchait beaucoup, un livre à la main, comme son maître à penser d'alors, Jean-Jacques Rousseau...
Route Napoleon

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Route Napoleon »

Voir l'état dans lequel est la France en 1799, le casting d'après Brumaire et les réalisations du Consulat...
Saint Clair

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Saint Clair »

Nous voici tout à fait au coeur du sujet et permettez-moi de vous dire que je ne suis pas loin de partager l'analyse de Route Napoléon à propos d'une intelligence qui s'est forgée au cours des années.
Certes, l'inné n'est pas en lui chose ingrate, il bénéficie, dès la naissance,, d'un capital important de ce côté là. Mais ce caractère quelque peu renfermé qui le caractérise durant ses années d'études l'amène à s'attacher aux livres plutôt qu'aux hommes. Son intelligence sera aussi cognitive, au point qu'il dépassera, notamment dans le domaine des armes, ceux qui sont arrivés à la force du sabre et qui seront ses seconds, obligés.
La science des choses, à mon avis, se doublera d'une prescience qui l'amèneront à briller en tout.
Sur le plan civil comme sur le plan militaire, il n'aura pas d'équivalent en Europe à cette époque. Du moins, je n'en vois pas.

Abraca, comme pour le dédouaner d'un classement peu flatteur à la sortie de l'école militaire, avance un éloignement familial peu enclin au développement psychologique et affectif d'un enfant. Je retiens l'argument, mais pour dire qu'il n'était pas seul dans ce cas. Nombre de cadets ne voyaient plus les leurs durant plusieurs années en raison d'éloignements géographiques peu propices aux regroupements familiaux. A leur différence sans doute, le jeune Bonaparte vient de perdre son père (décédé le 24 février 1785) et se retrouve soutien de famille avec une solde qui ne peut suffire à le faire vivre sur le même pied que ses condisciples. Cette détresse morale confine à la solitude et, partant, pour lui tout au moins, à l'épanouissement intellectuel que lui procure la lecture.
Saint Clair

Re: Napoléon : Instuction, jeunesse, capacités intellectuelles, mathématiques et géométrie

Message par Saint Clair »

Pour compléter les citations qui précèdent, j'ai retrouvé dans les Mémoires du maréchal Marmont ceci :
"Si son intelligence était précisément ce qu'elle avait toujours été - la plus vaste, la plus profonde et la plus productive qu'il y ait jamais eu - il n'y avait, en revanche, ni volonté ni résolution, et il y avait une instabilité qui ressemblait à de la faiblesse."
On ne comprend bien cette formule qu'en sachant qu'elle fait référence à une période difficile de la campagne de Russie, à des moments où les décisions prises par l'Empereur n'ont pas toujours été couronnées de succès.

Pour terminer, je fais appel à Victor Hugo : "La raison, c'est l'intelligence en exercice; l'imagination, c'est l'intelligence en érection."
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