Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

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Brumaire

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par Brumaire »

Si je ne m'abuse, les Autrichiens furent d'ailleurs les premiers à retourner le raisonnement en leur faveur lorsqu'il fallut remettre en cause le mariage honteux d'une Archiduchesse d'Autriche avec "ce général Buonaparte"!! :shock:
pilayrou

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par pilayrou »

Bonjour;

Qui donc a surnommé Joséphine Melle Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie, veuve Beauharnais ? :roll:
Drouet Cyril

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par Drouet Cyril »

Si je ne m'abuse, c'est Bonaparte.
SéBA.

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par SéBA. »

Oui, je me rappele bien, que c'est lui, qui lui a redonner une nouvelle "identité" :)
le garde

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par le garde »

Napoléon et Alexandre de Beauharnais
l'appelaient Joséphine et ses amants
l'appelaient Rose.

Salutations :salut:
Joséphine

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par Joséphine »

Napoléon avait la manie de modifier tous les prénoms (nous avons des exemples aussi parmi ses soeurs) ...

Concernant Marie-Josèphe-Rose de la Pagerie, il a choisi le prénom qui correspondait à celui de l'un de ses frères, et l'a féminisé. :)



:salut:
la rose

Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par la rose »

cela je l'ignorais (pauvre p'tit inculte que j'suis) c'est que c'est frappant Joseph pour Josephine, morte couillou :shock:

:salut: de la rose.
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Joker
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Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par Joker »

Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie est née aux Trois-Ilets sur le domaine de la Petite Guinée face à Fort de France, à la Martinique le 23 juin 1763. Ses parents, Joseph et Rose-Claire des Vergers de Sannois, sont tous deux issus de familles installées aux îles au commencement du XVIIIe siècle. Rose reçut une éducation sommaire dans un couvent de Fort-Royal, aujourd’hui Fort-de-France.

Elle a 16 ans, lorsqu’elle quitte son île en 1779 pour épouser, le 13 décembre, dans l’église de Noisy-le-Grand, le vicomte Alexandre de Beauharnais, fils d’un ancien gouverneur de la Martinique. Le couple n’était guère assorti et Alexandre ne savait pas résister au moindre jupon. Son fils Eugène naît le 3 septembre 1781 ; il deviendra vice-roi d’Italie et sa fille Hortense le 10 avril 1783 ; elle deviendra reine de Hollande.

Rose a 21 ans lorsque les époux se séparent en 1784, à la suite d’un procès dont les torts sont pour le mari. Elle retourne à la Martinique en 1788 et revient à Paris à la fin de l’année 1790. Son ex-mari avait été élu aux Etats Généraux ; il fut deux fois président de l’Assemblée constituante, et commandant en chef de l’armée du Rhin.

La Terreur coûta la vie à Alexandre et sa liberté à Rose. Le 21 avril 1794, on l’avait sortie de son lit, rue Saint-Dominique, pour la conduire à la sinistre prison des Carmes dans l’ancien couvent du même nom de la rue Vaugirard. Le 9 Thermidor, lui rendit sa liberté le 6 août, mettant fin à sa liaison avec le général Lazare Hoche, lui aussi incarcéré au même endroit. C’est à cette époque qu’elle fit la connaissance de Teresa Cabarrus, épouse Tallien. Avec Teresa, et une de leurs amies Fortunée Hamelin, elle arpenta en véritable cocotte l’époque du Directoire. Son univers n’était alors que frivolités et relations mondaines c’est ainsi qu’elle fut l’égérie des salons de Barras. Dépourvue de toute ambition, elle se contentait de dépenser à pleine main un argent qu’elle ne possédait pas. Sa fortune personnelle était assez considérable, mais composée de domaines en Martinique et à cette époque ils constituaient des revenus très incertains, et sa mère ne pouvait guère l’aider sans se mettre dans la gêne, Robespierre était passé par là avec son : « ...Périssent les colonies plutôt que de servir l’intérêt des colons... »

Passionnée par les toilettes et grisée par la joie de se produire, Rose comme plus tard Joséphine n’avait jamais su compter. Ce fut dans les salons parisiens qu’elle va faire la connaissance d’un jeune général, protégé de Barras, qui le 12 vendémiaire, (4 octobre 1795) a sauvé la Convention d’une tentative de renversement menée par les royalistes : Napoléon Bonaparte.

En 1795, Rose possède une éducation acquise avant la Révolution, une tradition de distinction et de bonnes manières. Elle dégage une sensation de gentillesse et de charité qui en font une personne souvent sollicitée pour obtenir son aide.

La mode pour Joséphine comme pour ses amies était un retour à la sensualité, au charme que les froufrous de l’Ancien Régime avaient étouffé. Libre, découvert, très découvert, le corps avait une importance aussi grande que le visage et on se devait de l’entretenir avec soin, de le garder mince et souple, parfaitement épilé, parfumé. Pieds et mains exigeaient les soins quotidiens d’un spécialiste, qui, débordés, couraient d’un bout à l’autre de Paris, du matin au soir. A l’heure du thé, les dames se réunissaient chez l’une ou chez l’autre, accompagnées qui d’un mari, qui d’un amant, qui d’un soupirant, parfois les trois à la fois, ne dit-on pas : « Plus on est de fous, plus on rit ».

Elle est de taille moyenne, sa chevelure brune tombe en anglaises des deux côtés du visage ainsi que sur le front. Son visage est oblong et n’exprime pas ce qu’on pourrait appeler une beauté parfaite. Ses lèvres sont bien dessinées, son nez fin et long, ses yeux sont de couleur verte, sa voix agréable et douce. Elle est extrêmement sensuelle. Bonaparte succombera immédiatement aux charmes, de celle qu’il n’appellera plus que Joséphine. Elle lui cède rapidement et dès le lendemain, il entame une relation épistolaire des plus enflammées : « …Je me réveille plein de toi. Ton portrait et le souvenir de l’enivrante soirée d’hier n’ont point laissé de repos à mes sens. Tu pars à midi, je te verrai à trois heures. En attendant, mio dolce amor, reçois un millier de baisers, mais ne m’en donne pas, car ils brûlent mon sang… »

A l’amour passionné et naïf de Bonaparte, Joséphine répondait par des coquetteries et d’habiles calculs réfléchis.

Le contrat de mariage fut passé le 8 mars 1796, le futur époux dit ne posséder « …aucun immeuble, ni aucun bien mobilier autre que sa garde-robe et ses équipages de guerre… » Le mariage eut lieu le lendemain à la mairie d’Antin. Bonaparte n’arriva qu’à 22 h, on l’attendait depuis 20 h. Sur l’acte d’état civil il se dit né le 5 février 1768 et Joséphine se dit née en 1767 ; l’un se vieillissait d’un an et demi, l’autre se rajeunissait de 4 ans. C’était une forme de rapprochement sympathique, mais illégal. Ce qui n’empêchera pas un commissaire-priseur parisien de vendre en octobre 2014, un duplicata de ce contrat de mariage, non signé, puisque duplicata, pour la somme de 437 500 €

Durant la campagne d’Italie, ce sont des lettres brûlantes qui parviendront à Joséphine : « …Chaque instant m’éloigne de toi. Tu es l’objet perpétuel de ma pensée ; mon imagination s’épuise à chercher ce que tu fais…Mon unique Joséphine, loin de toi, le monde est un désert où je reste isolé. Tu m’as ôté plus que mon âme ; tu es l’unique pensée de ma vie… » ; « …je n’ai pas passé un jour sans t’aimer. Je n’ai pas passé une nuit sans te serrer dans mes bras…Si je m’éloigne de toi avec la vitesse du torrent du Rhône, c’est pour te revoir plus vite… » Bien entendu, Joséphine est bien trop occupée pour répondre à son fougueux mari. Le capitaine Hippolyte Charles le remplace. Mme de Rémusat écrira dans ses Mémoires que dans les lettres de Bonaparte à Joséphine : « …il y règne un ton si passionné, on y trouve des sentiments si forts, des expressions si animées et en même temps si poétiques, un amour si à part de tous les amours, qu’il n’y a point de femme qui ne mit de prix à avoir reçu de pareilles lettres… »

Une de ces lettres d’amour de Napoléon à Joséphine, a été vendue aux enchères le 20 décembre 2017, pour la somme de 280 000 €.

A la tête de son armée, au milieu de tous les combats, naïf, sans comprendre qu’elle le trompe, il l’attend ; elle traîne, elle s’invente une grossesse, met dans son lit les aides de camp qu’il lui envoie pour la convaincre de venir en Italie. Finalement, le Directoire devant la menace de Bonaparte de plaquer son armée pour rejoindre sa femme, oblige Joséphine à prendre place dans une voiture et à se rendre à Milan ; comme consolation on lui avait permis d’emmener avec elle son petit carlin et son amant. A Milan Bonaparte va traiter Joséphine en reine.

C’est pendant la campagne d’Egypte qu’il apprendra par Junot, son infortune conjugale. Il est furieux, il veut divorcer : « …j’exterminerai cette race de freluquets et de blondins ! Quant à elle, le divorce…un divorce public, éclatant… » Et à cet instant, il prend une maîtresse ; la très jolie Marguerite Pauline Bellile appelée Bellilote par les soldats. Napoléon fut très certainement amoureux d’elle ; elle lui aurait donné un enfant que sa fortune était faite. La politique le rattrapa et il la quitta sans trop se soucier d’elle.

Rentré à Paris, Bonaparte ne pourra résister aux charmes de Joséphine et les choses rentreront dans l’ordre ; mais désormais son amour fou est éteint.

Les années du Consulat furent pour Joséphine des années heureuses ; Bonaparte lui a pardonné, mais sa passion est éteinte, désormais, il aura des maîtresses. Futée, elle obtient de se marier religieusement le 30 novembre 1804, soit 48 h avant le sacre, en faisant révéler au Pape que les futurs souverains n’étaient pas passés par l’Eglise. Le Pape se montra intransigeant et c’est le cardinal Fesch, l’oncle de l’Empereur qui célébra le mariage religieux. Le surlendemain, épouse légale, elle est impératrice.

Elle n’eut jamais la prétention d’être un personnage de l’État ; elle continua d’être bonne, compatissante, secourable. A plus de 40 ans, elle avait toujours un grand charme ; la bouche fort petite cachait avec habileté de mauvaises dents ; le teint, un peu foncé, se dissimulait habilement à l’aide des fards ; la taille était toujours gracieuse ; la démarche aisée et nonchalante.

La grande passion de Joséphine était la parure, ce qui l’entraînait dans des dépenses excessives, qui mettaient Napoléon en rage, tant son souci de l’économie couvrait tous les domaines.

Lors du couronnement, il exige qu’elle soit couronnée en même temps que lui, malgré la terrible opposition de sa famille. Il réalisait ainsi la prophétie qu’une vieille mulâtresse des îles avait dit un jour à Joséphine alors qu’elle était enfant : « …tu seras plus que reine… » Mais peu de temps après, durant le mois de décembre, il décide ne plus vivre bourgeoisement avec sa femme et applique les règles des anciens souverains : chacun ses appartements. Elle n’est plus seulement Mme Bonaparte ; elle est également l’Impératrice des Français.

Puis, ce sera la séparation par l’éloignement. L’Europe est grande et l’Empereur en est le maître. Ils communiqueront régulièrement par courriers. En 4 ans, de 1805 à 1809, il sera absent 25 mois.

Le couple impérial n’a pas toujours été un ménage modèle. Les caprices de Joséphine, au début de son mariage ne sont que trop connus. Bonaparte de son côté a noué et nouera toujours d’assez nombreuses intrigues ; mais elles tiendront toujours une place secondaire dans sa vie, car il a la fibre conjugale. Il est né pour faire un mari.

Mais que d’ennemis autour de Joséphine. Ses beaux-frères et belles-sœurs n’ont jamais désarmé à son égard. Sa belle-mère, Madame Mère n’avait cessé de l’appeler la dévergondée. Pourtant, elle n’était plus la femme frivole du Directoire ; elle s’était résignée au rôle d’épouse docile et presque indulgente. Mais, elle ne donna pas d’enfant à l’Empereur et la question du divorce devait être abordée. L’Empereur eut beaucoup de mal, tant son affection pour elle était grande. Il l’aimait véritablement, il considérait ses enfants comme ses propres enfants. Il haïssait l’idée du divorce et s’affligeait de devoir y recourir, mais la raison d’État devait l’emporter. Il lui fallait consolider ses établissements, son système, la grandeur, le repos, la prospérité de la France. Il savait que s’il venait à mourir le problème de sa succession serait vif. Ses frères sont des hommes, alors qu’ils auraient dû être des héros, ne sont que des chefs de faction ; ses maréchaux voudront se partager sa dépouille ; l’Europe regarderait le trône comme vacant. Non ! Sa décision est prise, il faut à la France un chef héréditaire, né de son sang, un autre Napoléon. Même si son cœur est brisé, il doit divorcer.

Le 14 décembre 1809, le conseil privé arrêta le texte des actes du divorce. Le lendemain, Joséphine quittait les Tuileries à 14 h, pour se rendre à la Malmaison.

Ironie de l’histoire, la femme qui n’a pas su donner un héritier à Napoléon va, par l’intermédiaire de son fils Eugène marié à Auguste de Bavière et père de sept enfants, peupler de sa descendance toutes les cours d’Europe du Nord. Une de ses petites-filles, également prénommée Joséphine, se marie au fils de Bernadotte et devient reine de Suède. Sa lignée s’est retrouvée au fil du temps, au Danemark, en Norvège, au Luxembourg, chez les souverains des Hellènes et des Belges, entretenant ainsi, sans le savoir, sa mémoire. Lors de son mariage en juin 1810, Victoria de Suède portait le diadème aux camées qui autrefois orna le front de la fille de la Martinique.

A Sainte-Hélène, Napoléon dira d’elle : « …Elle était la grâce personnifiée. Elle ne faisait rien sans une grâce et une délicatesse particulières ; je ne l’ai jamais vue manquer d’élégance dans aucune de ses manières pendant tout le temps que nous avons vécu ensemble… »

Elle pouvait bien avoir de la grâce Joséphine, car lorsqu’en 1809, on fit l’inventaire de sa garde-robe, on ne dénombre pas moins de 676 robes d’hiver, 230 robes d’été, 60 cachemires, une vingtaine de manteaux de fourrure ; 500 chemises garnies de Valenciennes et de Malines, près de 300 châles, et seulement 2 pantalons ; en 1813, Marie Louise possédait quant à elle 2 douzaines de caleçons et 22 pantalons de coton, prouvant ainsi que les jeunes filles n’étaient pas élevées de la même manière à Vienne que sous les cocotiers.

Après le divorce, elle conserva le titre d’Impératrice-Reine avec une liste civile de 2 millions de francs, qui sera rapidement portée à 3. L’Empereur ne cessera de la couvrir de cadeaux. Après son abdication de 1814, il partit pour l’île d’Elbe sans l’avoir revue. Les souverains étrangers vinrent lui rendre visite ; Alexandre, en particulier, lui promit sa protection. Elle n’eut point à en profiter ; elle mourut à la Malmaison, le 29 mai 1814, à la veille d’avoir 51 ans accomplis. Ses enfants lui firent construire un beau tombeau dans l’église voisine de Rueil.

La grande victoire de Joséphine fut d’avoir marqué dans l’Histoire sa place parmi les couples les plus célèbres. Joséphine et Napoléon resteront au Panthéon des couples mythiques ; à moins que les minorités autant agissantes qu’ignorantes, n’en décident autrement, laissant désarmés des gouvernements lâches et peureux.


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Joker
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Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par Joker »

L'impératrice avait transformé son domaine de Malmaison en véritable arche de Noé. Avec un grand singe en principale attraction…
On connaît son goût pour le pouvoir, la mode et le luxe... Mais on oublie que l'impératrice avait surtout une véritable passion pour la nature et les animaux exotiques, comme le rappelle Marie Petitot dans un ouvrage fort documenté : Royales Passions (éditions Tallandier).
À l'image des anciens suzerains qui avaient tous une ménagerie près de leur palais, Joséphine a tenu à se constituer un zoo privatif dans le parc de son domaine de Malmaison. Acheté sous le Directoire, le château n'a cessé de s'agrandir au fur et à mesure que le couple Bonaparte grimpait les marches du pouvoir …
Extension des bâtiments, aménagement du parc, l'épouse du Premier Consul s'occupe de tout en témoignant d'un véritable engouement pour la faune et la flore des contrées lointaines, comme si la créole n'était jamais parvenue à faire le deuil de son île natale, la Martinique. « Ce que souhaite par-dessus tout Joséphine, c'est de reproduire certaines espèces exotiques ramenées des expéditions lancées aux quatre coins du monde par Napoléon, explique l'auteur. Chaque cargaison rapporte son lot de bêtes insolites et des animaux domesticables arrivent dans le parc de Malmaison. » On construit des enclos spécifiques où se prélassent des gnous, des kangourous, des gazelles d’Egypte, des lémuriens de Madagascar et même des lamas péruviens qui embrassent parfois Sa Majesté sur la joue…

À table avec un singe
Un jour, le gouverneur de la Martinique expédie une femelle orang-outan, vite adoubée par l'impératrice, qui n'hésite pas à l'exhiber à ses côtés, d'autant qu'elle multiplie grimaces et facéties. « Lorsque quelqu'un s'approchait de la chaise où elle était assise, c'était une curieuse chose que de la voir ramener sur ses cuisses les pans de sa longue redingote, prendre pour saluer un maintien plein de décence et de modestie, écrit dans ses « Mémoires » Marie-Jeanne Avrillion (1774-1853), première femme de chambre de l'impératrice. Elle mangeait à table, et se servait fort adroitement du couteau et de la fourchette, surtout pour découper des navets, mets dont elle était folle. Quand elle avait dîné, une de ses grandes joies était de se couvrir le visage avec sa serviette, puis de l'ôter en faisant mille grimaces risibles. »
La voilà qui attrape une maladie intestinale, on la couche dans un lit, avec une chemise et une camisole. Elle reçoit ainsi les visiteurs, la couverture jusqu'au menton, tendant sa main aux personnes qu'elle reconnaît, telle une archiduchesse. Elle raffole des tisanes sucrées en tenant la tasse avec ses mains, boit à petites gorgées « en témoignant une satisfaction inexprimable », avant de se recoucher tranquillement.
Mais le climat parisien finit par lui être fatal et, malgré tous les soins, la pauvre bête dépérit lentement.

Vautour, autruche et casoars
Joséphine se lance également dans des expériences, en relation étroite avec les savants du Jardin des plantes. Elle leur offre un jour un zèbre femelle pour qu'on l'accouple avec un âne de Toscane… Les scientifiques lui feront parvenir un tableau du « métis » ainsi créé, en guise de souvenir. Partout, les animaux sont les maîtres, dans le parc comme dans les salons du château, égayés notamment par les oiseaux exotiques. Elle emplit ses volières avec des hoccos de Guyane, des promérops à longue queue, des aras à ailes vertes, des casoars, des perruches... Dans le parc, on peut croiser une autruche, des faisans dorés de Chine, un vautour indien et des cygnes noirs d’Australie, qui s'acclimatent parfaitement dans l'étang parisien.
La cohabitation avec cette ménagerie éclectique n'est pas toujours de tout repos !
L'un des cacatoès amuse son monde en donnant du :
- Madame Bonaparte ! à tout bout de champ.
Un perroquet insolent agace même l'Empereur avec ses :
- Bonaparte ! Bonaparte ! tout aussi intempestifs, notamment pendant l'heure des conseils. « Un jour, l'Empereur s'informa sur l'indiscret oiseau assez hardi pour l'appeler si familièrement », rapporte mademoiselle Avrillion.
On décide d'éloigner le volatile lorsque le maître du monde reçoit ses ministres…

Napoléon n'en reste pas là.
Dès l'année 1805, effrayé par les dépenses croissantes de la Malmaison, il demande à son épouse de réduire les frais et de renvoyer ses animaux.
Joséphine obtempère et en place une grande partie au Muséum d'histoire naturelle, même si, après son divorce, elle continuera de s'occuper de son parc et de ses bêtes.
À sa mort, on recense encore un lémurien, un kangourou et un lama dans le zoo de luxe qui faisait sa fierté.
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Turos M. J.
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Re: Marie-Josèphe-Rose Tascher de la Pagerie dite Joséphine, impératrice des Français

Message par Turos M. J. »

...très intéressant. Comme toujours, je vous remercie pour les informations. J'ai lu - malheureusement je ne me souviens plus où - que l'impératrice Joséphine aimait beaucoup les carlins et les canaris.
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