Les deux premiers valets de chambre de Napoléon

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Joker
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Les deux premiers valets de chambre de Napoléon

Message par Joker »

L’Histoire doit beaucoup à ces deux hommes, qui furent parmi les plus proches de l’Empereur Napoléon 1er. Leurs « Mémoires » sont pleines d’anecdotes, parfois intimes concernant la famille impériale. Profondément dévoués, ils furent même souvent les confidents de l’Empereur, des deux Impératrices et de leurs enfants.

« CONSTANT »
Louis-Constant Wairy naquit à Péruwelz (Belgique) en 1778. Il entra au service de Joséphine Bonaparte le 21 avril 1799. Ce jeune homme était apprécié pour sa gaîté, son affabilité, sa discrétion et son intelligence. Plus qu’un valet, il était un collaborateur fidèle très apprécié de ses maîtres. Constant accompagna l’empereur dans ses campagnes de 1805 à 1813. Il était alors le premier d’entre les serviteurs de l’Empereur.
Toutefois, entre le 16 et le 19 avril 1814, il suivit la grande majorité des notables qui se rallièrent à celui qui restaura la royauté sous le nom de Louis XVIII…
Constant Wairy fut poussé à témoigner contre son maître (au sujet des infidélités de celui-ci), ce qu’il fit à grand peine, afin de conserver sa propriété près de Fontainebleau. Il partit ensuite à Bellefontaine, commune de Samois (Seine-et-Marne). Par honte et chagrin d’avoir témoigné contre son maître, il refusa de reprendre du service après le retour de Napoléon (ce que celui-ci regretta beaucoup).
En 1816, après le pillage de sa maison et l’abattage de ses moutons par les troupes d’occupation autrichiennes, Constant Wairy vendit sa propriété, vécut d’une pension, et partit s’installer à Elbeuf (Seine-Maritime), rue Saint-Étienne. En effet, son beau-frère, Jean-Pierre Charvet, vivait ici et dirigeait une fabrique de draps. Naguère, Napoléon avait arrangé en 1805 le mariage de Constant Wairy avec la fille du concierge du château de Saint-Cloud, Louise Charvet (1791-1861), qui fut employée en juin 1813 à la lingerie de l’Empereur.
Constant investit alors ses économies dans l’industrie de son beau-frère mais ne fit que peu de bénéfices. Jean-Pierre Charvet, ruiné, partit pour l’Angleterre en 1825.
Constant Wairy vint alors habiter à Pont-de-l’Arche (Eure) où il disparaît des archives pendant quelques années.
Retrouvé en 1830, il donnait des leçons à l’acteur Gobert qui jouait le rôle de l’empereur dans « les pièces napoléoniennes » qui faisaient recette dans un théâtre des faubourgs parisiens. Comme le note Maurice Dernelle dans son ouvrage :
- « Ainsi, sans faire de bruit et dans la coulisse, si l’on peut dire, Constant contribue pour une part à l’éclosion du culte napoléonien. »
Il habitait toujours à Pont-de-l’Arche quand Pierre-François Ladvocat (1791-1854) lui proposa d’éditer ses mémoires. Il serait retourné à Pérulwelz suite au décès de sa sœur le 24 octobre 1832 mais rien ne l’atteste.
Ravalant son orgueil, il écrivit au roi Louis-Philippe le 29 septembre 1832 pour obtenir un emploi. En vain. Il écrit ensuite au député républicain avancé Jacques-Charles Dupont de l’Eure (1767-1855) pour le poste de concierge du château de Saint-Cloud. En vain. En 1838, il s’installa à Breteuil-sur-Iton (Eure) et obtint sa nouvelle maison grâce à l’appui de Jacques Dupont de l’Eure avec qui il resta en contact. Sa femme fut nommée directrice de la poste de Breteuil. Il y mourut le 27 juin 1845.
Agréable, courtois, plein d’anecdotes, mémoire vive… le voisinage regretta sa disparition.

LOUIS, COMTE MARCHAND ET DE l’EMPIRE
Louis-Joseph-Narcisse Marchand naît à Paris le 28 mars 1791. Sa mère était première berceuse du roi de Rome. L’Empereur lui versa la somme nécessaire pour lui acheter un remplaçant afin de le garder auprès de lui au lieu d’être enrôlé dans son Armée.
Il entre au service de la Maison impériale comme garçon d'appartement en 1811 ; L'Empereur apprécia rapidement ses qualités de service et de dévouement.
Après la première abdication, il reste fidèle à son Empereur, le suit à l'île d'Elbe et est promu premier valet à la place de Constant qui avait refusé de l’y suivre.
De même, son dévouement l'amène, après la bataille de Waterloo (à laquelle il assista), à partager à Sainte-Hélène l'exil de l'Empereur déchu. Napoléon trouve en lui un serviteur aussi attentionné qu'il l'avait été dans les heures de gloire. Il s'occupe de la toilette, des vêtements et de la nourriture de son maître, mais lui sert également d'infirmier, de lecteur, de copiste, à l'occasion de secrétaire ... dans ses moments de loisir, ce serviteur fidèle mettait en ordre des notes pour un journal des choses mémorables dont il avait été témoin à l'île d'Elbe, ou pendant les Cent Jours, et y ajoutait des remarques sur celles qui se passaient à Sainte-Hélène.
Dès que l’Empereur déchu fut atteint de la maladie qui allait l’emporter et qu'il se fut couché sur son lit de fer, Marchand s'assit à ses côtés, et ne le quitta qu'après qu'il eut rendu le dernier soupir.
Napoléon, sur son lit de mort, lui décerna le titre de comte, eu égard à son exemplaire dévouement, et le nomma exécuteur testamentaire.
L'Empereur lui donna par testament 400.000 francs, à prendre sur l'argent qu'il avait déposé à Paris, un collier en diamants d'une valeur de 200.000 francs, 50.000 francs comptant, plus une part dans le mobilier, et le tiers de la bibliothèque de Sainte-Hélène, legs d'autant plus précieux que beaucoup des ouvrages de cette bibliothèque sont chargés de notes autographes de Napoléon.
Revenu à Paris le 24 mai 1822, Napoléon, mourant, ayant dit :
- « les soins qu'il m'a donnés sont ceux d'un ami, je désire qu'il épouse la fille d'un soldat ou d'un officier de ma vieille garde. »,
Il accomplit religieusement ce souhait. En effet, il se retira près d'Auxerre, où il trouva le bonheur au sein de la famille de l'un de nos anciens généraux les plus distingués, le général Michel-Sylvestre Brayer (1769-1840), dont il épousa la fille, Mathilde (1805-1881), le 15 novembre 1823.
En 1840, Marchand participe à l'expédition du retour des cendres impériales avec le Prince de Joinville (1818-1900) (fils du roi Louis-Philippe), les généraux Henri Gatien Bertrand (1773-1844) et Gaspard Gourgaud (1783-1852), Emmanuel de Las Cases fils (1800-1854), et Louis-Etienne Saint-Denis (1788-1856), surnommé « le mameluck Ali » …
Sa longévité lui permet de connaître le Second Empire (Napoléon III lui confirmant son titre de comte) et même la Troisième République, puisqu'il s'éteignit à Trouville le 19 juin 1876, dernier survivant de ceux ayant côtoyé l'Aigle ...
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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