Dominique-Jean Larrey

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Joker

Message par Joker »

Cet échange tend à prouver qu'il ne faut jamais se laisser abattre.
Et ici, c'est bien d'humour qu'il s'agit... :)
Dorsenne

Message par Dorsenne »

Vous êtes trop fort, Bernard Coppens, je suis plein d'admiration devant une telle collection de dictionnaire (Je fais plus simple, c'est un Larousse, seul et unique dans ma petite bibliothèque), et , je l'admets, je n'ai pas pris la peine de le consulter afin de déterminer la profondeur de votre phrase....


Quand à la malveillance, c'est un bien beau mot, mais il n'en est nulle question ici, croyez-moi...

Cordialement,
Bastet

Message par Bastet »

"Petite pluie abat grand vent" joli proverbe :rose:
Richard

Message par Richard »

Bernard Coppens a écrit :Larrey a dû venir au Caillou (même si rien ne le prouve) et Percy serait resté à Ligny, où il restait bien du travail à abattre.
C'est toujours intéressant de voir les interprétations multiples que nous pouvons déceler, les un(e)s et les autres, derrière quelques mots...

Pour ma part, je trouve le choix de l'expression plutôt judicieux car, si elle interpelle (les derniers messages en sont la preuve), elle le fait car Ligny fut une véritable "boucherie" où les hommes se fusillaient presqu'à bout portant dans les rues, les maisons... certains d'entre nous y ont manifestement tout de suite pensé...

Peut-être était-ce aussi cela que Bernard Coppens voulait nous rappeler et le mot "abattre" de l'expression utilisée, outre le sens premier dans l'expression que Bernard nous a rappelé, ne manque pas de nous y faire penser.

Plutôt qu'un manque d'humour, n'est-ce pas davantage un hommage supplémentaire rendu au regard des souffrances exceptionnelles endurées par les "simples soldats" et leur officiers directs dans cette bataille...?! :salut:

Cordialement, :salut:
Abraca

Dominique Larrey, porté disparu.

Message par Abraca »

Je ne retranscrirais pas mieux que André Soubiran, in"Le baron Larrey, chirurgien de Napoléon", la capture de Larrey le jour de la bataille de Waterloo, et son sauvetage in extremis. Si certains d'entre vous ont une version du récit racontée dans ses Mémoires, ou dans d'autres ouvrages, je suis interessée...

"Ce 18 juin, tout se déroule pour Larrey, comme sur une image d'Epinal.
Voici la nuit; avec elle, l'Empereur voit tomber son dernier espoir. Tandis que la Garde Impériale refuse de se rendre, son chirurgien en chef, blessé lui-même, continue à donner des soins. L'ennemi se rapproche dangereusement.
Napoléon se rend compte du danger que court Larrey et lui envoie un aide de camp lui donnant l'ordre de prendre un chemin de traverse et de passer en hâte la frontière avec son ambulance pour ne pas être capturé.
La mort dans l'âme, le chirurgien en chef fait amener les chevaux et, prenant la tête du groupe, il entraine ses aides vers la France.
Les officiers de santé avaient à peine parcouru une lieue qu'ils sont interceptés pas des lanciers prussiens. Larrey leur décharge ses pistolets à bout portant, tire son sabre et dégage le groupe.
Mais son cheval s'effondre, frappé d'une balle au poitrail. Larrey est désarçonné et reçoit deux coups de sabre qui lui font perdre connaissance. Les lanciers, qui le croient mort, l'abandonnent pour se lancer à la poursuite des autres chirurgiens.
Sorti de sa syncope, Dominique cherche à s'orienter et se met à marcher. A l'aube, il atteint les bords de la Sambre au moment où les Prussiens, ivres de sang, exterminent avec une joie féroce tous les Français qui leur tombent sous la main. Blessés, soldats exténués et dormant au bord de la route, personne n'est épargné.
Larrey portait alors une redingote grise; il était de taille moyenne, trapu. Un détachement de lanciers l'enveloppe en poussant des cris de joie. Ces brutes croyaient avoir capturé l'Empereur.
Tout fiers de leur fait d'armes, les Prussiens conduisent Larrey à leur général, non sans l'avoir frappé, injurié, dépouillé de sa montre et de ses bijoux, de la fameuse bague du Pacha, qu'il n'avait cessé de porter depuis la campagne d'Egypte, de l'épée donnée par Napoléon- et même de ses bottes.
En chaussettes, les mains liées, couvert de sang, il est conduit au général-commandant de l'avant-garde qui comprend mal le le mauvais allemand de Larrey et se méprend sur le nom de Bonaparte qu'on lit sur son sabre. Ennemi des responsabilités, ce Prusssien envoie son pitoyable captif à son supérieur, le général de division. Celui-ci connaît Napoléon; aussi est-il profondémént déçu quand il s'aperçoit de la grossière erreur de ses subordonnés. Il n'en ordonne pas moins que le prisonnier soit fusillé sur-le-champ."
Abraca

De la ressemblance de Napoléon et Larrey...???

Message par Abraca »

Toute sa vie, Larrey porta les cheveux longs. Il a noté dans ses Mémoires: "Toutes les fois que je fais couper mes cheveux, quoiqu'avec la précaution de leur laisser plus de deux pouces de longueur, j'éprouve de nombreuses indispositions et je ne rentre dans la parfaite intégrité de mes fonctions morales et physiques que lorsque mes cheveux sont revenus à leur longueur ordinaire."

"Dieu- ou le hasard, selon les convictions de chacun- voulut que le chirurgien-major, chargé de bander les yeux de Larrey, déjà amené devant le peloton d'exécution, ait suivi ses cours de chirurgie à Berlin. Reconnaissant le Herr Professor Larrey sous les souillures et le sang de son visage, il court prévenir le général du crime qu'il va commettre.
Le général ne comprend pas très bien les embarras que l'on fait autour d'un officier qui n'est pas combattant, mais, craignant les ennuis ultérieurs, il fait conduire le prisonnier au Grand Prévôt des armées coalisées, le général von Bülow. Celui-ci reconnaît le chirurgien et l'emmène à Blücher, dont Larrey, naguère, a soigné le fils grièvement blessé et tombé entre les mains des Français.
Le feld-maréchal traita son hôte involontaire avec de grands égards et le fit conduire à Louvain sous la sauvegarde d'un de ses aides de camp.
Mais la suite de l'histoire n'est pas moins curieuse.
L'aide de camp prussien, arrivant à Louvain, se fit délivrer par les autorités municipales un billet de logement pour un blessé français dont il ne jugea pas à propos de donner le nom.
On logea Larrey chez une pauvre femme. Mais ne voulant pas être une charge pour son hôtesse, Dominique lui donna un peu d'argent afin d'appeler un médecin qui panserait ses blessures. Un jeune chirurgien se présenta et, regardant son client, l'identifia aussitôt.
"Mais vous êtes le baron Larrey!"
Abraca

Dominique Larrey porté disparu, suite et fin.

Message par Abraca »

"En courant, le jeune praticien alla trouver le bourgmestre pour lui rendre compte que le plus grand chirurgien français était logé dans un taudis indigne. On fit aussitôt conduire Larrey en voiture chez un riche bourgeois de la ville où il fut soigné comme son état l'exigeait.
A Paris, le bruit de la mort du chirurgien en chef de la Garde avait couru: Elisabeth, Isaure, Hippolyte, le pleuraient.
Mais Blücher avait promis à son prisonnier de faire parvenir de ses nouvelles à Madame Larrey aussitôt que cela serait en son pouvoir. Dès son arrivée à Saint-Denis, le feld-maréchal tint parole.
Le 29 juin, à six heures du soir, un parlementaire prusien se présentait aux avant-postes français, priant qu'on informât Mme Larrey que son mari, remis en liberté, se trouvait en bonne santé à Louvain."


http://img50.imageshack.us/img50/7797/drlarrey.jpg


Je vous invite à nous faire partager des situations plus ou moins similaires où le destin, la chance, se mêle de déjouer la mort. En temps de guerre, les récitspleins d'horreur et funestes sont courants, et pourtant, il y a aussi de histoires incroyables et qui valent la peine d'être soulignées!
cyr-phuong jacobin94

Dominique LARREY à la Bérézina

Message par cyr-phuong jacobin94 »

Chère Abraca,

[aligner]Je ne puis rebondir mieux à propos du baron Larrey, et du drame évité de justesse à Waterloo, que rappeler une autre période de sa vie, qui eût pu se terminer tragiquement. Nous sommes au passage de la Bérézina, 28 novembre 1812, alors que le 3° corps de Victor affronte les forces russes de Witgenstein sur la rive gauche. La foule des traînards, à ce moment, devenait un obstacle pour le passage des soldats "encore constitués en régiments" et des voitures. Voici ce que dit un témoin :
...Un moment après arrive le docteur Larrey à moitié étouffé, entouré de quelques soldats qui l'ont tiré de la foule et l'ont ramené sur leurs bras. Il était allé chercher sur l'autre rive une caisse d'instruments de chirurgie que le nombre croissant de nos blessés ne rendait que trop nécessaire. peu s'en fallût qu'il ne devînt victime de son dévouement.
Eugène Labaume, Relation de la campagne de Russie ( page 402 ), cité par Emile Marco de Saint-Hilaire dans "Napoléon en Russie".[/aligner]

Encore un bel exemple de dévouement à toute épreuve, qui fait de Larrey un pur héros de l'épopée, au même titre que les combattants !!
cyr-phuong jacobin94

Message par cyr-phuong jacobin94 »

[aligner]
Mais Blücher avait promis à son prisonnier de faire parvenir de ses nouvelles à Madame Larrey aussitôt que cela serait en son pouvoir. Dès son arrivée à Saint-Denis, le feld-maréchal tint parole.
Merci, chère Abraca, de rappeler ce point, qui nous évitera des jugements à l'emporte-pièce sur le feld-maréchal Blücher, un peu trop souvent présenté par ses mauvais côtés de croquemitaine brutal :) Il savait aussi montrer de la reconnaissance, et faire preuve d'humanité.[/aligner]
:fleur3:
Lepic34

Message par Lepic34 »

:salut:
Abraca a écrit : Si certains d'entre vous ont une version du récit racontée dans ses Mémoires, ou dans d'autres ouvrages, je suis interessée...
Dans la bataille de Waterloo de Jean-Claude Damamme :
"Près de la Sambre, à la pointe du jour.
Un homme vêtu d'une redingote grise, accompagné d'un petit groupe de cavaliers, sans autres armes que des épées de fonction, se dirige vers la frontière.
Au moment où il parvient à proximité de la Sambre, et s'apprête à monter dans une barque pour franchir le fleuve, le petit groupe de cavaliers est assailli par un corps de uhlans, les lanciers prussiens. Ils sont désarmés, brutalisés, dépouillés de leurs vêtements. Les officiers prussiens vident les poches et se répartissent entre eux les napoléons, seule forme sous laquelle ils supportent l'Empereur.
L'homme à la redingote grise, qui a reçu des coups de sabre sur la tête, est conduit avec ses compagnons auprès d'un général prussien qui attend ces prisonniers avec impatience : on lui a annoncé que ses hommes venaient de prendre Napoléon. Las! l'information est fausse.
Furieux de cette déconvenue, le prussien donne l'ordre d'exécuter le prisonnier qui a le tort de ressembler au personnage détester. Un peloton d'exécution se forme. L'homme à la redingote grise a déjà les mains liées derrière le dos, lorsqu'un chirurgien major prussien vient à passer :
<<Qu'alliez vous faire? C'est le chirurgien français Dominique Larrey! il a soigné le fils de notre feld-maréchal gravement blessé et fait prisonnier au cours de la campagne d'Autriche. S'il est encore en vie, c'est grâce à cet homme que vous vous apprêtiez à faire fusiller.>>
Promptement débarrassé de ses liens, Larrey, la tête ensanglantée, pieds nus, est conduit auprès de Blücher, qui le fait soigner, le retient à déjeuner, le leste, non de napoléons, mais de frédérics en or et le fait conduire en voiture de poste à Louvain, comme prisonnier sur parole".
:salut:
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