Après Waterloo - le témoignage d'un pasteur baptiste

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Joker
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Après Waterloo - le témoignage d'un pasteur baptiste

Message par Joker »

Voici le rare témoignage d'un pasteur baptiste qui a visité le champ de bataille le 17 Juillet 1815 soit un mois quasiment jour pour jour après la bataille - coeurs sensibles s'abstenir.

Illustrations d'époque...

"Monsieur ,

Votre dernier numéro contient un article précieux, signé par T. F. sur le « Prix d'une victoire. ». Pour ajouter aux avis de cet écrivain pieux et compétent, je vous envoie un bref compte rendu d'une visite aux lieux mêmes où ce prix affreux fut payé.

Accompagné d'un ami de bonne intelligence, je suis arrivé à Bruxelles le 17 juillet et j'ai passé la journée à arpenter quelques uns des lieux les plus remarquables de cette ville dissipée.

Le lendemain matin, nous nous sommes rendus sur le champ de bataille.

À une distance d'un mile et demi de Bruxelles, la route monte vers une éminence importante, qui offre une belle vue sur la ville et les environs. Les champs étaient «blancs comme prêts pour la moisson» et offraient à profusion la générosité divine.

Peu de temps après, nous sommes entrés dans une immense forêt de hêtres, appelée « La Forêt de Soignes ». La route qui la traverse est morne d’aspect, et s’étire sur plus de sept milles de long, très grossièrement pavée et à peine assez large pour que deux voitures passent en toute sécurité.

Nous avons rapidement senti une effluve très désagréable, provenant des carcasses de chevaux lesquels, blessés pendant le combat, s'étaient réfugiés et étaient morts dans les bois. À certains endroits également, ils avaient mangé l’écorce des arbres, sur une hauteur de sept ou huit pieds.

De l'autre côté de la forêt, à environ douze ou treize miles de Bruxelles, se trouve Waterloo, en soi un village insignifiant, mais désormais destiné à devenir célèbre dans les pages de l’Histoire. Le sol sur lequel il se trouve est plat et bas.

Avançant un mile et demi sur la même route, nous sommes arrivés à un petit endroit, ressemblant à un hameau anglais, appelé Mont Saint Jean. Il se dresse à la limite nord du champ de bataille et, c’est par son nom, que la bataille est désignée dans tous les compte-rendus français.

À environ deux cents mètres de Mont St. Jean, cent trente pièces d’artillerie, capturées aux Français, sont placées sous la garde de la British Royal Artillery. L'un de ces soldats a été notre guide pour les différentes parties du champ de bataille. Du haut d’une hauteur attenante, la vue ressemble à celle de plusieurs grands champs communs anglais non fermés, séparés les uns des autres, uniquement par de fortes haies qui seraient les limites des paroisses respectives. On y cultive, ou plutôt avait cultivé, surtout, du seigle et de l'orge.

D'est en ouest, la vue s'étend sur une distance de douze ou quatorze milles et de cinq ou six du nord au sud. Il est facile pour toute personne qui a lu avec attention le rapport du duc de Wellington de voir immédiatement où se trouvaient les différentes armées.

Les positions des Britanniques sont une série d’élévations plutôt que des collines, tandis que celles de l'armée ennemie est sur un terrain bien plus élevé. L'ensemble offrait une scène de terrible dévastation, à la vue de laquelle les sentiments d'humanité, de patriotisme et, je l'espère, de piété, étaient trop puissants pour qu’ils soient retenus. Cela m'a obligé, plus d'une fois, de les cacher de mes compagnons.

Nous avons d'abord visité cette partie du champ de bataille désignée par Lord Wellington comme étant son «centre gauche». Sur ce terrain que les forces britanniques occupaient les tombes, ou plutôt les tumuli sont très nombreuses et cachent mal les corps de nos compatriotes qui y sont tombés. Ceux qui ont été employés au travail d'inhumation ont mal exécuté la tâche. Ils n’ont fait que creuser autour des corps qui gisaient et ont rejeté légèrement la terre sur eux. On pouvait, dans de nombreux cas, voir en partie les cadavres ou leurs vêtements.

Dans la descente de la colline en face du centre gauche, on trouve une haie touffue, où les Français semblent avoir opposé une résistance considérable à la charge finale de l'infanterie britannique. Les preuves du carnage qui a eu lieu ici sont pénibles au-delà de toute description. La terre semble imbibée sur une grande profondeur de sang humain; tandis que d'innombrables coiffures, vestes, fourchettes, ceintures, boîtes à cartouches, etc. jonchent le sol sur une grande étendue.

À environ 700 pieds en avant, à droite sur la route de Charleroi, se trouve la ferme, appelée par Lord Wellington La Haye Sainte tenue par un « bataillon léger de la légion » et qui du l’abandonner à l'ennemi; ayant épuisé toutes leurs munitions. Les Hanovriens, postés ici, semblent avoir prêté une certaine attention à la « grande préoccupation de l'Homme », car, dans le jardin et tout autour, j'ai vu un grand nombre de petits livres de dévotion, en allemand; tandis que le long de la ligne française, il y avait peu à voir; sauf des paquets de cartes éparpillés. J’ai éprouvé, je l'avoue, plus de plaisir à rassembler ces restes de livres de dévotion que partout ailleurs sur le champ de bataille. La Haye Sainte présente une triste mélancolique de désolation- ses murs, perforés dans toutes les directions par des boulets, et son puit profond engorgé de cadavres."








« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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la remonte
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Re: Après Waterloo - le témoignage d'un pasteur baptiste

Message par la remonte »

superbes gravures :salut:
Mauduit :
" il s'était arrêté ( Napoléon ) aux Quatre Bras . Des feux de bivouac éclairaient les maisons criblées de boulets , les arbres du Bois de Bossu aux branches hachées , les trois ou quatre mille cadavres d'hommes et de chevaux gisant çà et là aux abords des deux routes et du ruisseau où les soldats de Bachelu et les Ecossais de Picton avaient combattu si furieusement , l'avant veille , la plupart , détroussés , étaient nus , souillés de boue par les orages de ces deux jours , après lesquels la chaleur revenue accélérait la putréfaction "

on notera qu'en pleine bataille , les cadavres sont détroussés :shock: par qui ? et quel intérêt ? des effets militaires maculés de sang

est ce que Grouchy est repassé par Ligny ?

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Re: Après Waterloo - le témoignage d'un pasteur baptiste

Message par la remonte »

une réponse bien faite à ma question :

http://www.napoleon-grouchy-1815.com/la-retraite/

on voit que le temps perdu ne se rattrape pas non plus pour les Prussiens !

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Joker
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Re: Après Waterloo - le témoignage de Walter Scott

Message par Joker »

Quand Walter Scott visita le champ de bataille de Waterloo en septembre 1815, il écrivit : "Ce ne fut pas sans une vive émotion que je suivis Lacoste d’un lieu à l’autre, me faisant indiquer, avec autant de précision qu’il était possible, les postes occupés dans ce grand jour par le monarque déchu. Parvenu au dernier de tous, j’éprouvai le sentiment inexprimable d’un recueillement solennel, en réfléchissant que c’était de ce lieu même que cet homme, qui a si longtemps rempli le premier rang en Europe, avait vu ses espérances renversées et son pouvoir détruit."
Par la suite, le romancier exhuma de la terre "des brides, des vieux chapeaux, des lambeaux d’uniformes, des morceaux de cuir, des fragments de livres et de papiers". Ses pensées étaient sombres. En cette période de moissons, « le soc des charrues des fermiers heurtait à chaque pas le corps d’un héros mort pour sa patrie."
En souvenir de cette visite, Walter Scott conserva le livret d'un soldat au 2ème bataillon du 8ème de ligne : le sieur Mallet. Celui-ci contenait quelques recettes de bonnes soupes, une liste de devoirs et l’exposé de faits d’arme. « Le livret lui servait depuis l’année 1791 jusqu’au 18 juin 1815 : c’est ce jour probablement que se termina son compte, avec toutes ses espérances terrestres."

Extrait du livre "Decoster, le dernier guide de Napoléon" (éditions Jourdan)
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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