La Principauté de Bénévent

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Joker
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La Principauté de Bénévent

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Un bon domaine pour un serviteur douteux 1806-1815

Après la paix de Presbourg signée en 1805 entre la France et l’Autriche, Napoléon songe à recréer dans le royaume d’Italie, dont il est le souverain, un certain nombre de principautés qu’il attribuerait à des collaborateurs.
En mai 1806, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838), alors ministre des Affaires extérieures, adresse deux rapports à Napoléon où il lui parle adroitement d’annexer les deux duchés de Bénévent et de Pontecorvo qui appartenaient auparavant à l’Eglise. Le 5 juin 1806, Napoléon décide de transférer à Talleyrand «la principauté de Bénévent avec le titre de prince et duc de Bénévent pour la posséder en toute propriété et souveraineté et comme fief immédiat à sa couronne».
L’ancien duché de Pontecorvo revient au maréchal Jean-Baptiste Bernadotte (1763-1844).
Le prince prend procession de son domaine.
Le 5 février à 21 heures, une division française, menée par le général Guillaume Philibert Duhesme (1766-1815), entra à Bénévent.
Dès le 16 juin, Talleyrand dépêche dans son nouveau domaine, qui comprend 40000 habitants dont 18000 pour la seule ville de Bénévent, Alexandre Dufresne de Saint-Léon (1752-1836), conseiller d’Etat honoraire; il lui donne des instructions précises et lui demande en particulier que, «dès les premiers moments, l’autorité papale ne se voie plus et qu’au bout de quelques semaines elle disparaisse complètement». De son côté, Joseph Bonaparte (1768-1844), alors roi de Naples, occupe la principauté avec un détachement militaire, en dépit des protestations du Saint-Siège.
A Paris, Gaspard Roux de La Rochelle (1762-1849) devient l’administrateur principal de la principauté; à Bénévent même, Dufresne de Saint-Léon est remplacé par Louis de Beer (1777-1823) qui conservera son poste jusqu’à la fin de l’Empire.
Celui-ci se heurte à de nombreuses difficultés: les nobles bénéventins refusent de collaborer avec la France; les impôts rentrent mal et le brigandage s’installe, devenant un véritable fléau. Sur les conseils de Talleyrand, des peines capitales sont prononcées et les sentences exécutées, mais l’ancien ministre est trop occupé pour visiter ses Etats.
Toutefois, Talleyrand ne néglige pas ses devoirs de souverain: il fait introduire, en 1807, le Code Napoléon et, en 1812, le Code d’instruction criminelle; il crée des écoles, un lycée de garçons, fonde une bibliothèque et se préoccupe de la restauration du célèbre arc de Trajan. Mais à la chute de l’Empire, Joachim Murat (1767-1815), qui, depuis longtemps, convoitait la principauté, profite des difficultés de Napoléon et de Talleyrand pour s’emparer du Bénévent et l’annexer à son royaume de Naples en 1814 malgré les protestations de Talleyrand et du gouverneur.
L’occupation de Bénévent par Murat entraîna la chute du prince de Talleyrand, puis la disparition de la Principauté.

Le 4 juin 1815, le congrès de Vienne décida la restitution du duché de Bénévent au Saint-Siège.


« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées