Le berceau du roi de Rome

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

McDonald

NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par McDonald »

Chouan Repenti a écrit : Il fut à son tour reconnu empereur, régnant sous le nom de Napoléon II, du 4 au 6 avril 1814
La première abdication de Napoléon en faveur de son fils, le 4 avril 1814, était conditionnelle : les alliés devaient reconnaître son fils et la régence de Marie-Louise. Techniquement, il ne s'agit même pas d'une abdication mais d'une déclaration d'intention d'abdiquer :

"Les puissances alliées ayant proclamé que l'empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l'empereur Napoléon, fidèle à son serment, déclare qu'il est prêt à descendre du trône, à quitter la France et même la vie pour le bien de la patrie, inséparable des droits de son fils, de ceux de la Régence de l'impératrice, et du maintien des lois de l'Empire.
Fait en notre palais de Fontainebleau le 4 avril 1814
Signé : Napoléon"

Le Tsar ayant refusé, elle est devenue nulle et non avenue. C'est pour cela que Napoléon a du abdiquer le 11 avril, cette fois sans condition. Napoléon II n'a donc pas régné à cette période là.

dracir

Message par dracir »

Un peu trop jeune pour prendre la suite de son illustre père , dommage que l'impératrice n'a pas gouverné en attendant un âge plus raisonnable de l'aiglon :salut:

McDonald

NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par McDonald »

dracir a écrit :dommage que l'impèratrice n'a pas gouverné en attendant un age plus raisonnable de l'aiglon
Je ne suis pas persuadé que le choix de Marie Louise comme Régente ait étéle choix le plus judicieux en 1814.

Une femme dans un monde d'homme, âgée de seulement 23 ans dans ce monde de cinquantenaires, française depuis moins de quatre ans dans un pays nationaliste, fille de celui qui a renversé son mari et ennemi de la nation depuis 25 ans, il lui aurait fallu gouverner seule sans la protection de son mari pendant au moins quinze longues années face à un Talleyrand, un Fouché, des comploteurs royalistes ou républicains ou même les frères de Napoléon. Et puis imagine-t-on l'empereur planter des tomates à Fontainebleau pendant que sa femme irait guerroyer à Naples punir ce traître de Murat ?

Le choix de Marie-Louise comme Régente répondait à l'unique objet de dissocier l'Autriche du restant de la coalition et l'on sait aujourd'hui que cette tentative était inutile, l'empereur d'Autriche étant certainement le plus légitimiste des souverains. Le choix de Marie-Louise était un choix diplomatique audacieux, mais un choix désastreux pour la politique intérieure et au bout du compte n'a même pas paru une solution crédible aux yeux des coalisés une fois Napoléon renversé.

MaréchalLannes94

Message par MaréchalLannes94 »

L'accouchement de Marie-Louise fut assez dur, avez-vous des détails ou des témoignages de personnes présentes :salut:
Merci

louis gaillard

NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)

Message par louis gaillard »

La mère était en grand danger de mort, et l'enfant a un instant été laissé pour mort, mais en faisant une petite recherche sur Internet vous pouvez trouver des infos...

"L’accouchement fut si difficile que les médecins s'étaient vus pris dans le dilemme de sauver soit la vie de la mère, soit celle de l’enfant. Désespéré, l’empereur opta pour celle de la mère et après un accouchement au forceps, l'enfant sembla mort. La joie fut alors immense lorsque le nouveau-né, déposé sans précaution sur le tapis, se mit soudain à donner des signes de vie."

Abraca

Enfance

Message par Abraca »

« C’est un vrai garçon à présent. Il a quitté les vêtements de fille, porte des culottes, des pantalons de casimir, des gilets de piqué, des vestes de drap et de velours, sur lesquelles on a cousu les petites croix de la Légion d’honneur et la Couronne. Pour l’amuser, l’Empereur lui a fait tailler un costume de mameluck. Il aime tout ce qui brille et bruit. Ses jouets favoris sont un grand cheval pommelé à selle de velours rouge, des drapeaux, des trompettes, des tambours.
Caroline lui a envoyé de Naples une petite calèche, attelée de deux moutons, dressés par Franconi, et qu’il conduit dans les allées des Tuileries, en faisant claquer son fouet."

Octave Aubry, LE ROI DE ROME.

A suivre...

Abraca

Education

Message par Abraca »

"Quelquefois, le matin, échappant à ses gouvernantes, il se faufilait jusqu'aux grands appartements et arrivait seul à la porte du cabinet de l'Empereur.
L'enfant, élevant vers l'huissier sa tête blonde et dorée, disait, faisant la grosse voix :
-Ouvrez, je veux voir papa.
-Sire, répondait l'huissier, je ne puis ouvrir à Votre Majesté.
-Pourquoi ? Je suis le petit roi !
-Mais Votre Majesté est toute seule....
Napoléon avait défendu qu'on laissât entrer chez lui son fils lorsqu'il n'était pas accompagné de Mme de Montesquiou. Il voulait ainsi lui donner "une haute idée de la puissance de sa gouvernante" et l'incliner à la docilité.
Le premier jour que le garçon du cabinet lui défendît la porte, les yeux de l'enfant s'emplirent de larmes. Mais il ne répliqua pas et attendit Mme de Montesquiou qui, s'étant mise à sa recherche, survint l'instant d'après. Aussitôt, saisissant la main de sa gouvernante, il regarda fièrement l'huisssier :
-Ouvrez maintenant, commanda-t-il. Le petit roi le veut !
L'huissier, souriant, salua, et, ouvrant la porte à deux battants, annonça :
-Sa Majesté, le Roi de Rome."

Toujours Octave Aubry.

louis gaillard

Message par louis gaillard »

Gravure de presse d'après D.Vierge publiée dans le Monde illustré : Woolwich - les officiers de l'artillerie anglaise déposent le cercueil du Prince impérial sur l'affût de canon qui doit le conduire à Chislehurst (1879)

http://www.proverbes.net/img/boutique/m ... -grand.jpg

louis gaillard

Message par louis gaillard »

Un parallèle avec l'image précédente ?
15 décembre 1940 : Le cercueil contenant les restes mortels du Roi de Rome est remis aux Autorités françaises dans la Cour de l'Hôtel des Invalides à Paris.

http://napoleon1er.perso.neuf.fr/Retour ... 2-1940.jpg

McDonald

Paris Match en 1811

Message par McDonald »

Les vœux de l'Empire sont comblés : le Roi de Rome a vu le jour dans le mois consacré, par le peuple de Mars, à ce Dieu de la guerre et de la victoire; à l'instant où la nature rajeunie célèbre le retour du printemps ; et dans cette ville devenue la capitale de l'Europe, qui, depuis un temps que l'on fait remonter à Charles VII, n'avait pu s'enorgueillir d'avoir vu naître dans ses murs le fils de son souverain.

Dès le 19, à huit heures du soir, S. M. avait ressenti les premières douleurs ; les princes et princesses de la famille, les grands dignitaires, les ministres, les grands officiers de l'Empire et de la Couronne, avertis par la dame d'honneur, se sont aussitôt rendus au Palais des Tuileries.

Depuis neuf heures jusqu'à six heures du matin, les douleurs se sont succédées avec des intervalles ; à six heures, elles se sont ralenties ; mais à huit elles ont repris avec plus de vivacité, sans interruption, et se sont terminées par la plus heureuse délivrance.

L'Empereur, qui pendant tout le travail, n'a pas cessé de prodiguer à l'Impératrice les soins les plus touchants, a montré à cet heureux instant la plus vive satisfaction, et sachant avec quelle impatience le peuple français attendait le moment où il pourrait partager sa joie, S. M. a donné l'ordre de faire tirer les salves de cent un coups de canon, qui devaient annoncer à la France ce grand événement.

Paris, en effet, en attendait l'annonce avec la plus vive impatience : l'amour de la patrie et du souverain, joint au sentiment de la piété la plus louable, avait attiré dans tous les temples une foule considérable de fidèles qui, au premier son du bourdon de la métropole, s'étaient réunis pour faire en commun la prière qui s'élevait de fous les cœurs. La nuit se passa dans l'attente. A dix heures du matin le premier coup de canon se fait entendre, toutes les fenêtres sont garnies ; dans les places publiques, les rues, les marchés, tout mouvement est interrompu, le passant s'arrête, tout reste suspendu, toutes les oreilles sont attentives; vieillards, femmes, enfants, tous écoutent en silence et comptent avec une égale anxiété. La joie inspirée, par le premier coup de canon, était un hommage rendu à l'Impératrice, délivrée des douleurs de l'enfantement. Le nombre de vingt-un coups devait désigner la naissance d'une princesse, et ils étaient entendus avec un vif intérêt; mais qui pourrait décrire le sentiment partagé dans la même seconde par six cent mille individus, et cette attente presque idéale, entre le signal qui annonçait un bienfait du ciel, et celui qui devait annoncer la marque la plus éclatante de sa faveur et de la protection spéciale dont il couvre cet Empire? Enfin le bruit si désiré se fait entendre : c'est un prince, s'écrient toutes les bouches à-la-fois, c'est un prince, vive l'Empereur ! vive Napoléon ! Les acclamations, les applaudissements, toute l'énergie, toute la vivacité, tout le désordre de la joie populaire éclatent partout en même temps ; les citoyens s'embrassent, des larmes coulent des yeux des vieillards, des femmes, des guerriers; à l'instant les ateliers sont désertés, les travaux abandonnés, les chaires restent muettes; on dit même que sur les bancs de Thérnis, l'organe du ministre public s'est tout-à-coup interrompu pour saluer un si beau jour, et que le cours de la justice a été suspendu pour suivre le mouvement de l'allégresse publique.

Laissons-la éclater aux Tuileries, sous les fenêtres de l'appartement de l'auguste mère, et dans tous les lieux publics consacrés aux réjouissances; suivons le récit officiel de ce qui s'est passé au palais impérial :

<< Dès que, l'enfant a été présenté à S. M. l'Empereur, la gouvernante l'a présenté à S. A. S. Mgr. la prince archichancelier de l'Empire, qui avait assisté à l'accouchement.

S. A. S. s'est rendue immédiatement dans le salon de l'Impératrice, où elle a fait dresser par S Exe. M. le comte Regnaud de Saint-Jean-d'Angely, secrétaire de l'état de la famille impériale, le procès-verbal de la naissance et l'acte civil, qui a été signé, comme témoins, par S. A. I. Mgr. le grand-duc de Wurtzbourg et S. A. . Mgr. le prince Eugène, vice-roi d'Italie. Ces formalités étant remplies, SAI. l'Empereur s'est rendu dans le salon et a apposé sa signature sur les registres, qui ont été signés aussi par S. A. I. Madame mère , S. M., .la reine d'Espagne, S. M. la reine Hortense, S. A-I. Mme la princesse Pauline, S. A. I. Mgr. le prince Borghèse, et S. A. I. Mgr. le prince vice-roi d'Italie.

Au même instant, le roi de Rome, suivi par le colonel-général de la garde de service, et précédé par les officiers de son service, a été porté par Mme la comtesse de Montesquiou, gouvernante des enfants de France, dans son appartement.

L'Empereur a reçu ensuite les félicitations des princes, princes grands-dignitaires , des ministres , des grands-officiers de la couronne et des grands-officiers de 1 Empire.

S. M. a envoyé à l'instant le premier page au Sénat, et le second au corps municipal, pour les informer de la naissance du roi de Rome.

Des pages ont été aussi envoyés au Sénat d'Italie et aux corps municipaux de Milan et de Rome, pour leur porter cette nouvelle.

S. Exc. M. le comte de Ségur, grand-maître des cérémonies, a envoyé chez les ambassadeurs, M. le baron du Hamel, maître des cérémonies, et chez les ministres étrangers, M. d'Argainarata, aide des cérémonies, pour leur annoncer cet événement.

S. Exe» M. le duc de Cadore, ministre des relations extérieures, a dépêché de suite des courriers extraordinaires aux ambassadeurs et ministres de l'Empereur dans les cours étrangères, pour leur faire part de l'accouchement de l'Impératrice.

Les lettres aux princes et princesses, parents de l'Empereur et de l'Impératrice, ont été écrites de la main de 'Empereur, et portées par des officiers de sa maison.

S. Exc. M- le comte de Montalivet, ministre de l'intérieur, a envoyé des courriers dans les départements pour les informer de la naissance du roi de Rome. LL. EExc. MM. le duc de Feltre et le comte Deçrès, ministres de la guerre et de la marine, ont envoyé' des ordres dans les villes de guerre et dans les ports pour que les mêmes salves d'artillerie soient tirées et que les flottes soient pavoisées.

S. A. S. Mgr. le prince de Neiifchàtel et de Wagram, major-général de l'armée, a envoyé dans tous les pays et places occupés par les armées françaises l'ordre de tirer les mêmes salves qu'à Paris.

Toute la nuit qui a précédé l'heureuse délivrance de l'Impératrice, les églises de Paris étaient remplies d'une foule immense de peuple qui élevait ses vœux au ciel pour le bonheur de LL. MM. Dès que les salves se firent entendre, on vit de toutes parts les habitants de Paris se mettre à leurs fenêtres , descendre à leurs portes, remplir les rues et compter les coups de canon avec une vive sollicitude, ils se communiquaient leurs émotions, et ont laissé enfin éclater une joie unanime, lorsqu'ils ont vu que toutes leurs espérances étaient remplies, et qu'ils avaient un gage de la perpétuité de leur bonheur.

Le soir, le roi de Rome a été ondoyé dans la chapelle du palais des Tuileries , par S. Em. Mgr. le cardinal grand-aumônier, et le TeDeum a été chanté en présence des personnes dont il a été fait mention ci-dessus. >>

Après cette cérémonie, de l'ordre de S. M., le roi de Rome a reçu les grands cordons de la Légion d'honneur et de la Couronne de fer.

Le soir Paris entier a été illuminé ; un magnifique feu d'artifice a été tiré sur la place de la Concorde; une foule de transparents contenant des emblèmes et des devises ingénieuses ont été les interprètes des sentiments du public; chaque théâtre a fait hommage d'un impromptu sûr d'avance d'exciter les transports des spectateurs. Toutefois Paris, dans ce beau jour, n'a pas fait seul éclater ces sentiments; le télégraphe qui, surpassant la fiction, est plus rapide que l'aile même de la Renommée, avait porté l'heureuse nouvelle à Turin, à Milan, à Amsterdam, à Strasbourg ; le canon retentissait sur le Pô, sur la Seine, sur le Rhin et sur l'Elbe presque à la même heure. En même temps une aéronaute intrépide [Mongolfière] se confiait à la direction du vent; de sa galerie s'échappaient les bulletins de l'heureuse naissance. Bientôt on apprendra sur quelle terre amie elle aura été portée ; il n'en est aucune où elle n'ait pu trouver les cœurs disposés à bénir sa venue, à moins que le caprice des vents ne la porte sur cette île jalouse qui frémira de rage en apprenant que le mot le plus ingénieux, mais aussi le plus ennemi que la haine ait pu inventer, se trouve aujourd'hui sans application.


Extrait du Journal Hebdomadaire Mercure de France, daté du samedi 23 mars 1811.

  • Sujets similaires
    Réponses
    Vues
    Dernier message
  • La cloche du roi de Rome
    par Joker » 12 avr. 2020, 20:06 » dans Monuments Napoléoniens
    1 Réponses
    72 Vues
    Dernier message par Royal Scot's Guard
    13 avr. 2020, 08:45
  • NAPOLÉON II (l'Aiglon, le Roi de Rome, le Duc de Reichstadt)
    par C-J de Beauvau » 05 déc. 2017, 08:04 » dans Salon Ier Empire
    40 Réponses
    3696 Vues
    Dernier message par Joker
    20 mars 2019, 19:00
  • Au berceau
    par Cyril Drouet » 19 sept. 2018, 09:51 » dans Napoléon à travers les Arts
    5 Réponses
    470 Vues
    Dernier message par Cyril Drouet
    20 sept. 2018, 17:07