Hudson Lowe

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Cyril Drouet
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Re: Hudson Lowe

Message par Cyril Drouet »

Merci Demi-solde pour ces précisions éclairantes.

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Demi-solde
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Re: Hudson Lowe

Message par Demi-solde »

De rien, c'est un plaisir d'échanger, comme toujours. :)

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Porche d'entrée de la grotte de Balme en 1779

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Porche d'entrée de la grotte de Balme en 1940

Cordialement

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Cyril Drouet
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Re: Hudson Lowe

Message par Cyril Drouet »

Si je ne m'abuse, cette histoire est apparue pour la première fois dans le numéro du 12 février 1837 de la Gazette des tribunaux, sous la signature d'un certain J.M. et sous le titre de « Une rencontre dans la grotte de Balme ». La voici :

« En septembre 1833, je me rendais de Genève à la vallée de Chamouni. Vers la fin de la première journée, entre Cluse et Sallenches, on rencontrait la merveilleuse grotte de Balme, percée dans la montagne à 700 pieds au-dessus de l'Arve, qui arrose la vallée. Le gouvernement sarde, qui fait argent de toutes les curiosités de ce pays, a affermé l'exploitation de la grotte, ou, en d'autres termes, a concédé le monopole d'y guider les voyageurs, à une veuve savoisienne qui lui paie chaque année certaine redevance.
La fermière a dû faire, en outre, exécuter à ses frais des travaux considérables ayant pour but de substituer, dans le flanc du rocher, des rampes inclinées et faciles, à l'effrayante série d'échelles qu'il fallait jadis affronter, suspendu au-dessus de l'abîme, pour parvenir à l'orifice de la grotte.
Après avoir laissé ma monture dans la vallée, je me mis en devoir d'escalader la rude montée, sur les pas d'une jeune fille à l'accent et au caractère italiens, dont l'allure légère, la taille svelte et mignonne, le teint olivâtre, me rappelèrent la Fenella de Walter Scott. Je ne ferai pas ici la description de cette caverne merveilleuse, du gouffre effroyable qui, sous la forme d'un puits, s'ouvre sous vos pieds à trois ou quatre cents pas de l'entrée, et laisse entendre le bruit des eaux souterraines qui traversent ses profondeurs. Après avoir admiré toutes les beautés, toutes les bizarreries de nature qu'éclairait d'une lueur douteuse la torche de ma conductrice, je me disposai à redescendre, non sans avoir, sur son invitation, inscrit mon nom à la suite de ceux d'une foule d'honnêtes voyageurs jaloux de laisser pour la postérité une trace de leur passage. Je feuilletai machinalement le registre, lorsqu'un nom effacé d'une manière étrange, mais dont il était possible de deviner encore les lettres, m'arracha une exclamation qui fit rapprocher ma jeune compagne.
« Pourquoi, lui dis-je, ce nom semble-t-il avoir été lavé? »
Elle me regarda avec une expression d'intelligence extraordinaire, cherchant à lire ma pensée dans mes traits; puis :
« Vous êtes bien Français, n'est-ce pas ? » dit-elle. Sur ma réponse affirmative : « Eh bien, je vais vous conter l'histoire. »
Nous sortîmes de la grotte, et tout en regagnant la vallée, elle me fit le récit suivant, dans un langage vif et coloré qui trahissait son origine étrangère, et dont j'essaierais vainement de reproduire la forme naïve :
« Il y a quelques mois, une société composée de trois jeunes voyageurs se présenta pour visiter la grotte.Je fus chargée comme d'habitude de les conduire. Peu après arriva un autre curieux avec un domestique, ma maîtresse fut obligée de leur servir de guide. En revenant du fond de la caverne, nous avions bien rencontré les nouveaux venus, mais l'obscurité ne permettait guère de distinguer leur visage, et mes voyageurs, qui paraissaient très-gais, n'avaient fait attention à eux que pour rire de leur accent. Ils allaient sortir, lorsque je leur rappelai, comme à vous, qu'ils avaient oublié d'inscrire leurs noms en arrivant. L'un d'entre eux, à qui les autres semblaient témoigner une certaine déférence, quoiqu'il parût être du même âge, me répondit qu'ils n'avaient pas l'habitude de le faire ; puis il se mit à feuilleter le registre par curiosité, lisant tout haut quelques noms et faisant des réflexions plaisantes sur certaines inscriptions. Arrivé au dernier feuillet, il jette un cri de surprise en prononçant le nom que vous avez remarqué. Les autres s'approchent, et tous trois se regardent un moment avec une expression singulière. Tout à coup le premier, saisi comme par une idée subite, reprend vivement le livre, et après avoir regardé de nouveau le nom :
« Il est ici, s'écrie-t-il, » c'est lui que nous avons rencontré ! Mes amis, Dieu nous le livre pour lui faire expier enfin son infamie !
-Cherchons-le, » répondent les deux autres en s'élançant.
Je restais, moi, interdite, ne comprenant rien à tout cela, mais effrayée de leurs cris et de leurs gestes, et ayant le pressentiment de quelque malheur. Ils m'arrachent ma torche des mains et s'enfoncent dans la grotte, heurtant dans leur précipitation, et sans paraître y prendre garde, les stalactites et les rochers. Mais bientôt, craignant de s'égarer à travers les passages, ils reviennent vers moi qui les suivais de loin, toute tremblante; ils m'entraînent, me poussent devant eux en m'ordonnant de les guider. Nous parcourûmes ainsi plusieurs galeries sans rencontrer les voyageurs, que je devinais être l'objet de leurs recherches, et je commençais à espérer qu'ils étaient déjà sortis de la grotte, lorsqu'un bruit de voix assez rapproché vint me glacer l'âme. Les malheureux n'étaient séparés de nous que par l'angle d'un détour. A ce bruit, les trois jeunes gens s'élancent, en m'écartant, et, guidés par la lumière que portait ma maîtresse, ils se précipitent vers les étrangers. ... J'étais restée en arrière et n'entendis que confusément les premiers mots qui furent échangés ; quand j'arrivai près d'eux, celui qui paraissait le maître, saisi au collet et secoué avec fureur, demandait grâce, tandis que le domestique, tout effaré, intercédait à genoux pour lui.
« Dans le gouffre! dans le gouffre !» cria une voix ; et repoussant le domestique, qui s'attachait à leurs habits, ils entraînèrent l'étranger vers le puits qui est au fond de la grotte. Lui s'accrochait de ses mains crispées aux stalactites, cherchant à s'y cramponner, et poussant des cris lamentables. Ses habits étaient déchirés, son visage et ses mains couverts de sang ; quelquefois il tendait les bras vers ma maîtresse et moi, en implorant secours avec des gémissements que je ne puis me rappeler sans frissonner encore ; mais notre épouvante était si grande, que nous n'avions pas même la force de crier. On le tira ainsi jusqu'au gouffre malgré ses efforts : là il essaya encore d'attendrir ses ennemis par ses larmes et par des protestations qui semblaient redoubler leur colère :
« Infâme bourreau ! répétaientils, tu n'as pas eu pitié de ta victime ! Lâche : ne t'attends pas à de la pitié. »
Et ils le soulevaient, et déjà une moitié de son corps était au-dessus du gouffre. A ce moment ma maîtresse ne put se contenir ; elle se précipita entre eux, et saisissant avec force les pieds de l'étranger dont la voix semblait étouffée :
« Grâce ! grâce ! mes bons messieurs, cria-t-elle ; grâce au moins pour moi, vous allez me perdre, me faire enlever le gagne-pain de mes enfants ; grâce ! Grâce !»
La pauvre femme était toute en pleurs. Je m'étais mise à genoux aussi en criant grâce comme elle. Ils hésitèrent un instant, puis retirèrent à eux le corps, soit qu'ils fussent touchés de nos prières, soit qu'ils eussent voulu, ce que j'ai pensé depuis, effrayer seulement le malheureux.
« Eh bien ! soit, dirent-ils après s'être consultés un moment, nous te faisons grâce de la vie, mais il faut une expiation digne de ta lâcheté : viens!... »
Ils le ramenèrent alors à l'entrée de la grotte, pâle, tremblant, les yeux égarés et se soutenant à peine. Nous les suivions, presque dans le même état nous-mêmes, ne sachant ce qui allait se passer encore. Parvenus à l'ouverture, près de la table où est le registre, ils firent mettre l'étranger à genoux, malgré sa résistance. Il se croyait de nouveau près de ses derniers moments :
« Misérable, lui dirent-ils, nous te condamnons à ôter ton nom infâme de ce livre qu'il déshonore ; »
et comme il étendait la main pour prendre la plume sur l'écritoire :
« Non, non. pas ainsi, s'écria le premier des trois, c'est avec ta langue qu'il faut l'eflacer. »
Il essaya de se débattre, mais, effrayé par leurs menaces, et la tête baissée de force sur le feuillet, il finit par obéir !...
Puis ils le poussèrent honteusement hors de la grotte. »

« Et leurs noms, interrompis-je, n'avez-vous pu les connaître ?
-Non, répondit elle, ils partirent sans le donner ; seulement j'ai su que le même jour un jeune homme, qu'on appelait Louis Bonaparte, était descendu à l'hôtel de Sallenches avec deux amis...»

Le nom à demi effacé était celui de sir Hudson Lowe... »



Le récit a été ensuite repris à diverses reprises, avec parfois des versions différentes (l'article copié par M. Tertrais et recopié ici n'en est qu'un exemple) suivant l'imagination plus ou moins fertile des auteurs, l'affaire allant même jusqu'à être jouée au théâtre.

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Demi-solde
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Re: Hudson Lowe

Message par Demi-solde »

Oui... Même lieu, mêmes protagonistes ; on retrouve effectivement, là encore, la même anecdote dans un autre livre "Récits de Suisse et d'Italie", de Jules de Gères, dont la première édition date de 1854. Toutefois, quelques détails diffèrent...

Jules de Gères a écrit :En 1828, une femme, accompagnée d'un guide, gravit les rochers de Balme, et se fit conduire dans l'intérieur de la grotte. Parvenue à un bord du lac, elle admira les formes bizarres des stalactites, établissant par instinct des rapprochements entre ces sculptures naturelles et les souvenirs des lieux qu'elle avait habités. Soudain, elle crut saisir en tout point une ressemblance parfaite, et s'écria : « Mon Dieu !... mais voilà Sainte-Hélène !... je reconnais tout : voici le rocher, le saule pleureur, le tombeau ! » et tombant à genoux, ses yeux se remplirent de larmes. Puis se relevant, elle demanda un couteau, et grava sur le roc, au-dessous de cette page du hasard, cinq ou six vers à la mémoire de l'Empereur. Le dernier, qui contenait sa signature était ainsi conçu :

« La comtesse Bertrand, qui t'a suivi partout ! »

Un an après, le 27 juillet 1829, un homme parcourut la même voie. Il lut les vers fidèlement gardés par la pierre, et devenant sombre, il se mit à les gratter avec un caillou et à en faire lentement disparaître la trace. La gardienne de Balme, qui lui servait de guide, lui fit observer qu'il y avait de l'indélicatesse dans son procédé, et qu'à cette latitude sous terre, toutes les opinions étaient libres et respectables. Il n'en tint compte, et acheva son œuvre de destruction. Cela fait, il prit l'album des voyageurs y inscrivit longuement son nom et ses titres avec une amplification qui semblait témoigner d'une crainte incroyable de voir douter de son identité. Comme il allait sortir de la grotte, entrèrent trois jeunes gens, dont l'un d'eux, M.E.... de L.C., venait justement à Balme, par une bien singulière coïncidence, pour montrer aux deux autres les vers que la comtesse Bertrand avait sculptés l'année précédente. Ils se précipitèrent d'un bond au rocher de Sainte-Hélène, car il avait conservé ce nom, et grand fut leur désappointement quand ils virent l'inscription effacée. « Depuis quand ces vers ont-ils disparu ? » demanda M. de L.C. furieux. La gardienne répondit : « Il n'y a pas encore un quart d'heure qu'ils ont été grattés. » « Mais par qui ? s'écrièrent les jeunes gens exaspérés ; ce ne peut être que par vous ou par Monsieur, qui sort d'ici à l'instant même. » L'inconnu ne répondit pas. Alors ces messieurs le terrassèrent, le traînèrent violemment au bord d'un puits d'une profondeur vertigineuse, et l'y maintenant à genoux, le sommèrent d'avouer son action, sous la menace trop sérieuse de la précipiter immédiatement.
Aux tremblements de cet homme, à la contraction de ses traits horriblement pâlis, à la lâcheté de son aveu soudain, à la faiblesse de sa voix agonisante, à la honte enfin de ses paroles et de ses regards, M.E.... de L.C. reconnut Hudson Lowe, le geôlier de Sainte Hélène ! « Voilà dix ans que je cherche cet homme, dit M. de L.C. hors de lui ; l'infâme a manqué à tous les rendez vous que je lui avis donnés ; mais son heure est arrivée, je veux que tous les hommes de bien qui viendront à la grotte de Balme y contemplent le trou où je vais laisser tomber ce monstre ! A moi tous les vengeurs de la gloire insultée et ignominieusement étouffée par lui ! » Et sir Hudson Lowe fut enlevé et suspendu par les pieds au-dessus de l'abîme, sa tête plongeant dans l'obscurité du puits. Il passa trois minutes, trois siècles, dans cette horrible situation. Une oraison funèbre des plus véhémentes et des moins flatteuses retardait seule l'accomplissement du sacrifice. Mais peut-on penser qu'il fût sensible aux reproches sanglants et aux anathèmes, lorsqu'il se sentait attiré par le gouffre sans fond ? Quelle épouvantable expérience du centre de gravité ? Cependant, la gardienne, revenue à elle, s'était précipitée aux genoux des Français. Elle leur dit qu'Hudson Lowe ne serait point le seul puni, et que pourtant ni elle, ni ses enfants, n'étaient coupables ; que cette place de guide et de cicerone lui était déjà louée 800 fr. par le gouvernement sarde ; qu'elle avait la plus grande peine à gagner l'existence de sa famille, et que le meurtre affreux auquel elle allait assister sans pouvoir l'empêcher a ruinerait pour toujours ! La grotte serait certainement fermée par ordre supérieur, l'asile du gardien démoli, son industrie perdue, et sa vie désormais impossible ! Ces messieurs s'humanisèrent : Hudson Lowe fut retiré. Mais on le plaça à genoux, on lui fit demander pardon à Dieu, comme on lui avait fait dix minutes avant recommander son âme. On lui fit demander pardon aux hommes, au monde entier ; il répétait les formules qu'on lui dictait. Il déchira la page de l'album où ilavait écrit ses noms et ses titres, et la brûla à genoux. Enfin, il supporta sans mot dire toutes les expiations dont il était possible de l'accabler, et M. de L.C. termina en disant à ses compagnons : « A cet homme dont j'ai tenu la vie entre mes mains, à cet homme que j'aurais pu briser comme un verre en les ouvrant, je donne un cinquième et dernier rendez-vous, dans huit jours, sur la montagne de la Flaigère, à Chamouni. Mais vous verrez que le lâche ne viendra pas plus à celui-là qu'il ne s'est rendu aux autres ! » « Monsieur, m'a dit la personne de qui je tiens ces détails, imaginez-vous que je perdis une seconde fois la tête lorsqu'il fallut trouver un moyen de reconduire ce malheureux anglais au bas de la côte de Balme. Il ne pouvait faire un pas ses yeux et ses jambes avaient le vertige, ses lèvres décomposées ne s'entr'ouvraient qu'avec peine ; il fallut le porter. Arrivé chez moi, je lui fis prendre un bain de pieds, il but des cordiaux, et ce ne fut qu'avec les plus grands ménagements qu'il put se remettre en route le soir de cette mémorable journée. » Il est inutile d'ajouter que M.E.... de L.C. se rendit vainement sur la Flaigère : Hudson Lowe n'y parut point. N'est-il pas mort insolvable, il y a peu de mois ?


Cordialement

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Re: Hudson Lowe

Message par Cyril Drouet »

Valse des versions... :mrgreen:

Au burinage des mots de Mme Bertrand, certains ont préféré conter celui d'un stalactite en forme d'aigle.
Mais quel vilain ce Lowe... :lol:

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Re: Hudson Lowe

Message par Demi-solde »

Cyril Drouet a écrit :
04 mai 2020, 12:30
Valse des versions...
Des versions différentes d'une même anecdote, avec des dates à chaque fois différentes. A noter dans la version de Jules de Gères, une date très précise : le 27 juillet 1829.

Mais... Mais à cette date, Hudson Lowe ne pouvait absolument pas parcourir la grotte de Balme, puisqu'il était alors, en compagnie de son fils, en plein océan Atlantique, à bord du Zenobia du capitaine Joseph Douglas, navire de la British East India Company qui avait quitté Portmouth le 9 juillet 1829 à destination de Ceylan.


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Pavillon de la British East India Company de 1801 à 1874

Cordialement

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Re: Hudson Lowe

Message par Cyril Drouet »

A la suite du récit posté plus haut par Joker (une énième version de l'affaire...), le blogueur Jean Delisle (recopié par le très souvent cité ici Dominique Tertrais) tient une analyse surprenante :
Jean Delisle a écrit :
02 mai 2020, 18:43
Cette scène de la grotte de Balme est cocasse, elle donne surtout l'occasion de mesurer la popularité posthume de Napoléon y compris en Angleterre, ce que beaucoup de Français probablement ignorent.
Très franchement, j'ai beau relire la version du Dictionnaire du Duché de Savoie, je ne vois franchement pas où se situe ici une quelconque mesure de "la popularité posthume de Napoléon y compris en Angleterre". :roll:
Je m'étonne d'ailleurs qu'un tel conte puisse servir à mesurer quoi que ce soit... A part bien sûr la crédulité plus ou moins assumée des détracteurs de Lowe... :mrgreen:

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Re: Hudson Lowe

Message par Demi-solde »

Cyril Drouet a écrit :
04 mai 2020, 17:01
Très franchement, j'ai beau relire la version du Dictionnaire du Duché de Savoie, je ne vois franchement pas où se situe ici une quelconque mesure de "la popularité posthume de Napoléon y compris en Angleterre".
Effectivement, cette anecdote n'illustre aucunement la popularité posthume de Napoléon, que ce soit en France ou dans le royaume de Sardaigne, et encore moins en Angleterre. Elle n'exprime que le ressentiment de deux personnes directement impliquées, plutôt proches de l'Empereur, envers celui qui est considéré comme son indigne geôlier. Et comme, de plus, ce récit est douteux...

Cordialement

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Re: Hudson Lowe

Message par Demi-solde »

Jules de Gères a écrit :Comme il allait sortir de la grotte, entrèrent trois jeunes gens, dont l'un d'eux, M.E.... de L.C., venait justement à Balme, par une bien singulière coïncidence, pour montrer aux deux autres les vers que la comtesse Bertrand avait sculptés l'année précédente. Ils se précipitèrent d'un bond au rocher de Sainte-Hélène, car il avait conservé ce nom, et grand fut leur désappointement quand ils virent l'inscription effacée. « Depuis quand ces vers ont-ils disparu ? » demanda M. de L.C. furieux.
"La Marmite Bleue", "La Planche à Fakir", "Quai aux Fleurs"... La grotte de Balme regorge de noms poétiques, mais la topographie actuelle n'indique aucun "rocher de Sainte-Hélène", d'autant plus dans les quelques 770 mètres de galeries connues au XIXe siècle.

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Re: Hudson Lowe

Message par Cyril Drouet »

Dans le même ordre d'idée, on peut citer la pièce de Barbier et Carré, "Le Mémorial de Sainte-Hélène", représentée pour la première fois à Paris le 21 avril 1852.
La scène de la grotte de Balme clôture la pièce. Là encore le récit du mystérieux J.M. se voit grandement modifié.
Ici, le personnage traînant Lowe au bord du gouffre est le capitaine Blakeney, officier d'ordonnance à Longwood de juillet 1817 à septembre 1818. La scène est sensée pour les auteurs de la pièce se passer en 1826 ; le souci, c'est que Blakeney, à cette date, est mort depuis 4 ans...

Blakeney étant britannique, on peut donc assurément affirmer comme M. Delisle et M. Tertrais (et tous les "jaimeurs facebookesques") : "Cette scène de la grotte de Balme est cocasse, elle donne surtout l'occasion de mesurer la popularité posthume de Napoléon y compris en Angleterre, ce que beaucoup de Français probablement ignorent."
:mrgreen:

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