ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Duc de Reichstadt

ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par Duc de Reichstadt »

Bonjour, :salut: dans le Mémorial journées du jeudi 19, vendredi 20 1815, Napoléon déclare pour défendre son oeuvre civile notament en ce qui concerne l'éducation de la jeunesse "Mon université, telle que je l'avais conçue, était un chef-d'oeuvre dans ses combinaisons, et devait en etre un dans ses résultats nationaux. Un méchant homme (Fontanes, grand maitre à l'université en 1808 note Las Cases)m'a tout gâté, et cela avec mauvaise intention, et par calcul sans doute, etc."

Qu'a donc fait ce Fontanes?

D'avance merci.
:salut:

stephane

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par stephane »

Dans le Dictionnaire Napoléon de Tulard (p 813)

voltigeur54

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par voltigeur54 »

Sur ce grand MaïÎre de l'Université.....Une anecdote, lors du vote sur la mort du Maréchal Ney, à la Chambre des pairs.Fontanes s'apprétait à voter la mort.Son voisin, le général Colaud , un ancien de l'Armée du Rhin qui avait eu sous ses ordres le capitaine Ney, se penche vers lui et lui murmure:"Ah Monsieur de Fontanes, ne votez pas la mort.Vous dormirez mieux ce soir!"
Et Fontanes vota la déportation.... :roll:

Drouet Cyril

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par Drouet Cyril »

Bonjour,

Quelques écrits de Fontanes sous la Révolution et le Consulat :


On lui doit une courageuse pétition contre la répression de Lyon (20 décembre 1793) :

« De nouveaux juges ont paru et se sont plaints que le sang ne coulât point avec assez d’abondance et de promptitude. En conséquence, ils ont créé une Commission révolutionnaire, composée de sept membres, chargée de se transporter dans les prisons et de juger, en un moment, le grand nombre des détenus qui les remplissent. A peine le jugement est-il prononcé, que ceux qu’il condamne sont exposés en masse au feu du canon chargé de mitraille. Ils tombent les uns sur les autres frappés par la foudre, et, souvent mutilés, ont le malheur de ne perdre, à la première décharge, que la moitié de leur vie. Les victimes qui respirent encore, après avoir subi ce supplice, sont achevées à coups de sabres et de mousquets. […]
Des suppliants ne deviendront point accusateurs : leur désespoir est au comble, mais le respect en retient les éclats ; ils n’apportent dans ce sanctuaire que des gémissements et non des murmures. »
Accusé, Fontanes vécut dès lors tel un proscrit.


Le 15 août 1797, dans le Mémorial, il adressa à Bonaparte une lettre pleine d’admiration, dont je retranscris ici les premières lignes :

« Tout a changé et tout doit changé encore, a dit un écrivain politique de ce siècle, à la tête un ouvrage fameux. Vous hâtez de plus en plus l’accomplissement de cette prophétie de Raynal. […]
Il me paraît que vous aimez mieux monter au Capitole, et cette place est plus digne de vous. Je crois bien que votre conduite n’est pas conforme aux règles d’une morale très sévère ; mais l’héroïsme a ses licences : et Voltaire ne manquerait pas de vous dire que vous faites votre métier illustre de brigand comme Alexandre et comme Charlemagne. Cela peut suffire à un guerrier de vingt-neuf ans. »

Lettre annonçant celle qu’il écrira au Premier Consul, quelques temps après le 18 brumaire :

« Si j’ai gémi quelques fois sur les excès de la Révolution, ce n’est point parce qu’elle m’a enlevé toute ma fortune et celle de ma famille, mais parce que j’aime passionnément la gloire de ma patrie. Cette gloire est déjà en sûreté, grâce à vos exploits militaires. Elle s’accroîtra encore par la justice que vous promettez de rendre à tous les opprimés. [Fontanes avait du s’exilé après le 18 fructidor]
[…] Je n’en dirai pas plus. L’histoire vous a suffisamment appris que les grands capitaines ont toujours défendu contre l’oppression et l’infortune, tous les amis des arts, et surtout les poètes, dont le cœur est sensible et la voix reconnaissante. »


Servant dès lors le pouvoir en place, Fontanes écrivit un « chant du 14 juillet 1800 ».

Il y rend hommage à Desaix :
« Tu meurs, brave Desaix ! tu meurs ! ah ! peux-tu croire
Que l’éclat de ton nom s’éteigne avec tes jours ?
L’Arabe en ses déserts s’entretient de ta gloire,
Et ses fils à leurs fils la rediront toujours.

Memphis en sa plaine stérile
Garde le bruit de tes combats :
Sur ces bords chantés par Virgile
L’Eridan pleure ton trépas ;
Ce fleuve enfin qui, dans les nues,
D’Alexandre a fui les regards,
A vu ses sources inconnues
Se couvrir de tes étendards. »

S’honore des victoires :
« Agrandis ton enceinte, ô temple de la guerre !
Orne-toi des tributs de vingt peuples domptés.
Que ces drapeaux ravis à trois parts de la terre
Sur tes murs belliqueux flottent de tous côtés ! »

Tout en y célébrant la paix :
« Etre immortel, qu’à ta lumière
La France marche désormais,
Et joigne à la vertu guerrière
Toutes les vertus de la paix. »

Salutations respectueuses.

Duc de Reichstadt

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par Duc de Reichstadt »

:salut: Merci pour toutes ces précisions, je retiens que c'était un opportuniste qui a retourné sa veste dès qu'il a senti le vent tourner. Que Napoléon lui reproche d'avoir négligé l'enseignement primaire et secondaire qui, dans l'esprit de l'Empereur, devait réunir les enfants des grandes familles de l'Empire afin qu'il reçoivent une formation identique conduisant à promouvoir l'idéal impérial, ainsi les grandes familles de la noblesse d'ancien régime auraient envié ce moyen d'acceder à la promotion sociale et celui d'etre associé au pouvoir.
Cela devait, apres l'idée de fusion de la noblesse d'empire avec celle d'ancien régime, conduire à une harmonie des nouvelles et des anciennes élites. Or, ce projet échoua, chacun continuant à s'unir dans son propre groupe social.
Ce projet brillant a manqué de temps à mon avis.
Excellente journée.
:salut:

gdeana

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par gdeana »

:salut: C’est Napoléon 1er qui, par le décret du 17 mars 1808 sur l’organisation de l’Université Impériale, créé en 1806 et chargé exclusivement de l’Enseignement et de l’Education publique dans tout l’Empire, précise qu’il y aura autant d’académies que de Cours d’Appel (27) et que chaque académie sera dirigée par un Recteur.

Joséphine

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par Joséphine »

"Avant la Révolution", il ne pouvait s'agir que de la vieille Sorbonne du Moyen-Age, reconstruite et restructurée au XVIIème siècle par Richelieu.

Comme chacun sait, elle ne résista pas à la Révolution ...

Napoléon qui fit de l'enseignement public l'une des pièces maîtresses du système qu'il allait instaurer en France, s'attacha plus particulièrement à l'enseignement supérieur.

Entre autres facultés, réapparurent, à travers toute la France, à compter de 1804, une douzaine d'écoles de Droit, dans lesquelles étaient enseignés essentiellement le droit romain ainsi que le nouveau Code Napoléonien.

C'est ainsi qu'en 1806, l'on dénombrait environ deux mille étudiants en Droit, dont les maîtres arboraient des robes noires et rouges.




:salut:

Drouet Cyril

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par Drouet Cyril »

Décret du 17 mars 1808 :

"Art. 16 : Les grades dans chaque facultés [théologie, sciences mathématiques et physiques, médecine, lettres, droit] seront au nombre de trois ; savoir le baccalauréat, la licence, le doctorat.

Art. 17 : Les grades seront conférés par les facultés, à la suite d'examens et d'actes publics.

Art. 18 : Les grades ne donneront pas le titre de membre de l'université, mais ils seront nécessaires pour l'obtenir."



Dans le diplome donné par La Bricole, Pierre-Victor Hallays est bachelier de lettres.


"Art. 19 : Pour être admis à subir l'examen du baccalauréat, dans la faculté des lettres, il faudra
1°. être âgé au moins de seize ans,
2°. répondre sur tout ce qu'on enseigne dans les hautes classes des lycées."

l'Empereur

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par l'Empereur »

Et le décret du 14 décembre 1810 nous dit concernant les robes : "les avocats porteront la chausse de leur grade de licencié ou de docteur", c'est à dire : leur épitoge à un, deux ou trois rangs d'hermine selon leur grade universitaire (un pour les bacheliers, deux les licenciés, trois pour les docteurs). L'usage a semble-t-il voulu que seul un rang soit porté par les licenciés, et non deux.
Un autre texte de 1812 nous parle du port de la chausse en fonction du grade universitaire.
En théorie, les avocats docteurs en droit auraient dû porter non seulement trois rangs d'hermine, mais en outre une chausse rouge, indiquant leur matière universitaire. Il ne semble pas que ce texte ait jamais trouvé application.
De nos jours, la chausse a trois rangs d'hermine ne se voit traditionnellement portée que dans les ressorts des cours d'appels de Chambéry et Grenoble.

LeBarde

Re: ENSEIGNEMENT : les Lycées, l'Université, le Baccalauréat

Message par LeBarde »

-Puisque l'on vient de découvrir les resultats ,les chiffres, etc, du bac, est ce que vous pouvez me dire le nombre de candidats s'étant présentés lors de la 1ére édition.Bac crée bien sur par notre "Patron" ? Allez faites travailler vos méninges :)
Vive LUI.

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