Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

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Modérateur : Général Colbert

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Marc Morillon
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Les dents du bonheur

Message par Marc Morillon »

Bonjour

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cet article provenant de la direction de la communication de la Défense.

Les « dents du bonheur » des soldats napoléoniens
par Carine Bobbera - Direction : DICoD


« Il a les dents du bonheur ! » Qui n’a jamais entendu cette expression décrivant une personne aux incisives du haut particulièrement écartées. Mais saviez-vous que cette expression a une origine militaire ?

Au cours des guerres napoléoniennes, la Grande Armée enrôlait un grand nombre de soldats, volontaires ou non… Pourtant lors du recrutement, ceux dont les deux dents de devant étaient écartées étaient réformés… Ils avaient donc le « bonheur » d’échapper à la guerre.

Une question de rapidité et de dextérité

Pour charger son arme sur le champ de bataille, le soldat était obligé d’utiliser ses dents. Contraint de tenir en permanence à deux mains son lourd fusil, il devait couper avec ses incisives l’emballage en papier des cartouches de poudre. Un exercice qui pouvait se révéler extrêmement difficile pour celui qui avait un écart conséquent entre les dents. Effectivement il devait alors poser son arme pour ouvrir sa recharge de poudre et donc perdre de précieuses minutes. C’est pourquoi les hommes aux dents écartées furent déclarés inaptes au combat.

Voilà comment en un sourire, certains hommes échappèrent aux terribles guerres napoléoniennes.

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la remonte
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Re: Les dents du bonheur

Message par la remonte »

c'est amusant comme beaucoup de choses pour devenir crédibles s'appuient sur la légende napoléonienne .
quand vous regardez la très british dentition de Terry Thomas ( Big Moustache ) , on ne voit pas en quoi cela pourrait l'empêcher de déchirer une cartouche en papier .
ceci dit il ya forcément un fond de vérité , ne serait ce que de ne pas avoir les dents nécessaires , tout comme d'index ! mutilations courantes à l'époque et souvent passibles du poteau d'exécution .
dans un autre domaine et toujours en lien à la geste napoléonienne qui donne plus de relief : l'équipage de Santo Huberto , le seul équipage de vénerie au Portugal dont l'existence relève de l'occupation anglaise .
En 1810 lors d'un laisser courre au renard un peu aventureux , la meute anglaise aux trousses du goupil traverse les lignes françaises !
Masséna : " je vous restitue les chiens si vous vous rendez "
Wellington qui manque de s'étrangler finit par avoir l'avantage militaire sur les Français et accepte leur reddition avec les honneurs pour avoir bien gardé et nourri ses chiens ; " Un Français qui aime tant les chiens ne peut pas être si mauvais ! "
quelle est la part de légende et de vérité ?
oui , Wellington chasse, tout comme Napoléon au début 1813 à Fontainebleau , non c'est Junot qui se rend avec armes et pillages et non Masséna mais ça ne pouvait être lors de la troisième invasion du Portugal .

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Joker
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Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Joker »

« Il a les dents du bonheur ! »
Qui n’a jamais entendu cette expression décrivant une personne aux incisives du haut particulièrement écartées.
Mais saviez-vous que cette expression a une origine militaire ?

Au cours des guerres napoléoniennes, la Grande Armée enrôlait un grand nombre de soldats, volontaires ou non…
Pourtant lors du recrutement, ceux dont les deux dents de devant étaient écartées étaient réformés… Ils avaient donc le « bonheur » d’échapper à la guerre.
Une question de rapidité et de dextérité.
Pour charger son arme sur le champ de bataille, le soldat était obligé d’utiliser ses dents. Contraint de tenir en permanence à deux mains son lourd fusil, il devait couper avec ses incisives l’emballage en papier des cartouches de poudre.
Un exercice qui pouvait se révéler extrêmement difficile pour celui qui avait un écart conséquent entre les dents.
Effectivement il devait alors poser son arme pour ouvrir sa recharge de poudre et donc perdre de précieuses minutes.
C’est pourquoi les hommes aux dents écartées furent déclarés inaptes au combat.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
Napoléon Bonaparte ; Maximes et pensées

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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Joker »

Navré de devoir signaler qu'il s'agit une légende.
Les campagnes napoléoniennes consommaient beaucoup d'hommes et les critères de recrutement ont été progressivement assouplis au fur et à mesure que le besoin de combler les vides s'est fait sentir.
En effet, avoir les incisives écartées n'a jamais empêché de déchirer une cartouche, cela n'empêchait donc pas le recrutement, contrairement à l'absence de dents, ce qui est bien évidemment tout autre chose.
« L'usage nous condamne à bien des folies ; la plus grande est celle de s'en faire l'esclave. »
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Demi-solde
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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Demi-solde »

Marc Morillon a écrit :
25 sept. 2019, 22:08
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cet article provenant de la direction de la communication de la Défense.

Les « dents du bonheur » des soldats napoléoniens
par Carine Bobbera - Direction : DICoD


« Il a les dents du bonheur ! » Qui n’a jamais entendu cette expression décrivant une personne aux incisives du haut particulièrement écartées. Mais saviez-vous que cette expression a une origine militaire ?

Au cours des guerres napoléoniennes, la Grande Armée enrôlait un grand nombre de soldats, volontaires ou non… Pourtant lors du recrutement, ceux dont les deux dents de devant étaient écartées étaient réformés… Ils avaient donc le « bonheur » d’échapper à la guerre.

Une question de rapidité et de dextérité

Pour charger son arme sur le champ de bataille, le soldat était obligé d’utiliser ses dents. Contraint de tenir en permanence à deux mains son lourd fusil, il devait couper avec ses incisives l’emballage en papier des cartouches de poudre. Un exercice qui pouvait se révéler extrêmement difficile pour celui qui avait un écart conséquent entre les dents. Effectivement il devait alors poser son arme pour ouvrir sa recharge de poudre et donc perdre de précieuses minutes. C’est pourquoi les hommes aux dents écartées furent déclarés inaptes au combat.

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SUJET FUSIONNÉ
Cordialement

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Cyril Drouet
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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Cyril Drouet »

Demi-solde a écrit :
27 avr. 2020, 20:32
Marc Morillon a écrit :
25 sept. 2019, 22:08
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cet article provenant de la direction de la communication de la Défense.

Les « dents du bonheur » des soldats napoléoniens
par Carine Bobbera - Direction : DICoD


« Il a les dents du bonheur ! » Qui n’a jamais entendu cette expression décrivant une personne aux incisives du haut particulièrement écartées. Mais saviez-vous que cette expression a une origine militaire ?

Au cours des guerres napoléoniennes, la Grande Armée enrôlait un grand nombre de soldats, volontaires ou non… Pourtant lors du recrutement, ceux dont les deux dents de devant étaient écartées étaient réformés… Ils avaient donc le « bonheur » d’échapper à la guerre.

Une question de rapidité et de dextérité

Pour charger son arme sur le champ de bataille, le soldat était obligé d’utiliser ses dents. Contraint de tenir en permanence à deux mains son lourd fusil, il devait couper avec ses incisives l’emballage en papier des cartouches de poudre. Un exercice qui pouvait se révéler extrêmement difficile pour celui qui avait un écart conséquent entre les dents. Effectivement il devait alors poser son arme pour ouvrir sa recharge de poudre et donc perdre de précieuses minutes. C’est pourquoi les hommes aux dents écartées furent déclarés inaptes au combat.

Voilà comment en un sourire, certains hommes échappèrent aux terribles guerres napoléoniennes.

SUJET FUSIONNÉ

Cordialement
Bien vu Demi-solde.
Quasi copie conforme...
Eh oui, les copiés-collés sur le Net sans le moindre souci de vérification sont une véritable plaie.


A ce sujet, sur les 556 cas de réforme de la classe 1807 en Maine-et-Loire, 5 le furent pour perte de dents.

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Saint Clair
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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Saint Clair »

Je ne comprends pas pourquoi on réforme systématiquement les édentés des incisives.
Il y a suffisamment de postes à pourvoir dans le train des équipages, l'artillerie voire la cavalerie dont l'arme de combat principale est le sabre. Alors, mythe ou réalité ?

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C-J de Beauvau
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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par C-J de Beauvau »

par la remonte » 26 sept. 2019
.... tout comme d'index ! mutilations courantes à l'époque et souvent passibles du poteau d'exécution .....
Ou comme le pouce , Pollex truncus, pouce coupé, utilisé par les hommes qui voulaient échapper au service militaire, sous l'empire romains, en se coupant un pouce et l’expression en français de poltron Il y a malgré tout d'autres versions

:salut:

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Cyril Drouet
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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Cyril Drouet »

Dominique Timmermans a écrit :
27 avr. 2020, 20:12
avoir les incisives écartées n'a jamais empêché de déchirer une cartouche, cela n'empêchait donc pas le recrutement, contrairement à l'absence de dents
A ce propos, quand les dents ne tombaient pas, certains pouvaient être tentés de les y aider si l’on en croit cette lettre du préfet de la Seine-Inférieure en 1813 :
"J'ai vu des jeunes gens qui se sont fait arracher toutes les dents pour ne point servir ; d'autres sont parvenus à les carier presque toutes en employant des acides ou en mangeant de l'encens."

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Cyril Drouet
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Re: Les dents du bonheur : légende ou réalité ?

Message par Cyril Drouet »

C-J de Beauvau a écrit :
28 avr. 2020, 06:25
par la remonte » 26 sept. 2019
.... tout comme d'index ! mutilations courantes à l'époque et souvent passibles du poteau d'exécution .....
Ou comme le pouce , Pollex truncus, pouce coupé, utilisé par les hommes qui voulaient échapper au service militaire, sous l'empire romains, en se coupant un pouce et l’expression en français de poltron Il y a malgré tout d'autres versions

:salut:
Pour rester dans le 1er Empire, on peut se rappeler à ce propos de l'affaire des mutilés de Bautzen.

Voici ce qu’en dit le principal intéressé, Larrey, dans ses "Mémoires de chirurgie militaire" :
« Pour diminuer aux yeux de Napoléon le nombre considérable de blessés qu'avaient donnés les batailles de Lutzen, Bautzen et Wurchen, quelques personnes accoutumées à voiler les vérités, lui firent entendre que beaucoup de ces blessés s'étaient mutilés volontairement pour se soustraire au service, et l'on rangeait dans cette classe tous ceux qui avaient les doigts tronqués ou les mains traversées par des balles. Sur ces assertions, on donna l'ordre de les réunir tous et de les enfermer dans le camp retranché établi pour la douane, à un quart de lieue de la ville, sur la grande route de Bautzen. Il y en avait près de trois mille.
Interrogé par le chef de l'armée lui-même sur la différence que présentaient les blessures résultant d'une cause mise en mouvement par l'individu blessé, d'avec celles qui sont l'effet d'une puissance étrangère, je répondis que, toutes choses égales d'ailleurs, nul médecin ne pouvait établir la moindre différence entre ces deux sortes de blessures. Mon opinion ne se trouvait pas d'accord avec celle de quelques-uns de mes collègues : elle ne prévalut point, et l'ordre de former un jury chirurgical, que je devais présider, me fut aussitôt intimé. Ce jury était chargé de désigner ceux de ces individus qu'il aurait reconnus coupables de ces délits, pour qu'ils fussent mis ensuite à la disposition du général, grand-prévôt de l'armée. Je ne transcrirai pas ici ce que m'écrivit à ce sujet cet officier genéral ; sa lettre contenait le détail des mesures à prendre pour la police du camp, pendant la durée de nos opérations. Pénétré de l'importance de la décision que j'étais appelé à donner dans ce cas remarquable de chirurgie légale, je persistai dans mon premier jugement ; les autres membres du jury partagèrent mon opinion; et, après avoir examiné avec soin tous les blessés, nous fîmes le rapport suivant :
«Le jury chirurgical […] s'est réuni, le 16 du même mois, à 5 heures du matin, au lieu désigné, à l'effet de procéder à la visite de 235O soldats, et de 282 ramenés des ambulances de retraite, ce qui faisait en tout 2632 militaires de toute arme, blessés aux mains et aux doigts.
[…]
Le jury déclare qu'il n'est point de signes certains qui fassent connaître la différence qui peut exister entre deux plaies d'armes à feu reçues même à brûle-pourpoint, et produites, l'une par l'effet de la volonté de l'individu, et l'autre par celui d'une puissance étrangère à sa volonté.
Le jury, en se résumant, proteste qu'il est physiquement impossible d'établir la moindre preuve qu'aucun des militaires visités par lui se soit mutilé volontairement, et il pense que la lecture des états circonstanciés, qu'il a fait dresser de tous les blessés soumis à sa visite, en expliquant les motifs du nombre si grand en apparence des mutilations, contribuera à dissiper l'opinion défavorable répandue sur le compte de ceux qui les ont éprouvées. »
[…]
Je présentai ce rapport au chef de l'armée, et lui déclarai que l'inculpation portée contre ces 2632 soldats était totalement fausse, et qu'il me paraissait équitable que tous les sujets fussent renvoyés à leurs corps respectifs, où, d'après nos indications sur leur invalidité, ils recevraient une destination ultérieure.
Le rapport fut accueilli, et mes propositions adoptées ; en conséquence, il fut établi un nouvel ordre du jour, pour que l'opération faite par le jury fût étendue à tous les blessés de l'armée, à l'effet de statuer sur leur invalidité. »



Las Cases a conté l’affaire dans le Mémorial :
« Après les batailles de Lutzen, Wurschen et Bautzen, Napoléon, victorieux, fit appeler le chirurgien Larrey pour connaître, suivant sa coutume, l'état et le nombre des blessés. Or, ils se trouvaient dans cet instant en proportion extraordinairement supérieure à d'autres temps et à d'autres actions. L'Empereur en fut surpris, et cherchait à en expliquer la cause. M. Larrey la trouvait, indépendamment des circonstances locales, dans la masse des soldats qui, voyant le feu pour la première fois, se trouvaient plus gauches dans leurs mouvements et moins adroits contre le péril. L'Empereur, peu satisfait et fort préoccupé de cette circonstance, questionna ailleurs ; et comme il se trouvait en ce moment bien des personnes fort lasses de la guerre, qui eussent désiré la paix à tout prix, et n'eussent été nullement fâchées d'y voir l'Empereur amené par force, soit calcul, soit conviction, il lui fut répondu que l'immensité des blessés ne devait point étonner ; que la grande partie l'était à la main, et que la blessure était de leur propre fait et pour n'a voir plus à se battre. Ce fut un coup de foudre pour l'Empereur ; il répéta ses informations, et reçut le même résultat ; il en était au désespoir. « S'il en était ainsi, s'écriait-il, malgré nos succès, notre position serait sans remède ; elle livrerait la France pieds et poings liés aux barbares. » Et cherchant dans son esprit comment arrêter une telle contagion, il fit mettre à l'écart tous les blessés d'une certaine nature, nomma une commission de chirurgiens présidée par Larrey, pour constater leurs blessures, résolu de sévir d'une manière exemplaire contre ceux qui auraient eu la lâcheté de se mutiler eux-mêmes. M. Larrey, toujours opposé à l'idée de mutilation volontaire qui, selon lui, compromettait l'honneur de l'armée et celui de la nation, se présenta devant l'Empereur pour renouveler ses observations. Napoléon, irrité de son obstination, qu’on avait eu soin de faire ressortir encore, lui dit d'un front sévère : «Monsieur,vous me ferez vos observations officiellement, allez remplir votre devoir.»
Le baron Larrey se mit aussitôt au travail, mais avec solennité; et poursuivant les plus petits détails, il avançait lentement, tandis que divers motifs rendaient bien des gens impatients ; on savait que l'Empereur l'était beaucoup. On ne manqua pas même d'aller jusqu'à faire observer à M. Larrey que sa position était des plus délicates, périlleuse même : il demeura sourd et imperturbable. Enfin, au bout de quelques jours, il se rendit auprès de l'Empereur, insistant pour remettre lui-même son travail en personne. « Eh bien, Monsieur, lui dit l'Empereur, persistez-vous toujours dans votre opinion ? — Je fais plus, Sire, je viens la prouver à Votre Majesté : cette brave jeunesse était indignement calomniée; je viens de passer beaucoup de temps à l'examen le plus rigoureux, et je n'ai pas trouvé un coupable ; il n'y a pas un de ces blessés qui n'ait son procès-verbal individuel ; des ballots me suivent. Votre Majesté peut en ordonner l'examen. » Cependant l'Empereur le considérait avec des regards sombres. « C'est bien, Monsieur, lui dit-il en saisissant son rapport avec une espèce de contraction ; je vais m'en occuper. Et il se mit à marcher à grands pas dans son appartement d'un air agité et combattu; puis, revenant bientôt à M. Larrey avec un visage tout à fait dégagé, il lui prend affectueusement la main, et lui dit d'une voix émue : « Adieu, monsieur Larrey, un souverain est bien heureux d'avoir affaire à un homme tel que vous ! On vous portera mes ordres. » Et M. Larrey reçut le soir même, de la part de Napoléon, son portrait enrichi de diamants, 6000 francs en or et une pension sur l'État de 3000 francs, sans exclusion, est-il dit au décret, de toute autre récompense méritée par ses grades, son ancienneté et ses services futurs.
Un pareil trait est précieux pour l'histoire, en ce qu'il fait connaître un homme de bien qui n'hésite pas à défendre la vérité contre un monarque prévenu, irrité; et en ce qu'il fait ressortir toute la grande âme de celui-ci, dans le bonheur, la reconnaissance qu'il témoigne de se voir détrompé. »


Larrey commenta ce passage en ces termes :
« M. de Las Cases a rendu, avec une exacte vérité, dans Mémorial de Sainte-Hélène, tout ce qui s’est passé à Dresde, en 1813, entre l’Empereur Napoléon et le baron Larrey, à l’occasion des mutilés des doigts. »

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