Par 3 fois, Murat change le destin de Napoléon.

Espace dédié aux discussions relatives au Consulat et au 1er Empire.

Modérateur : Général Colbert

Courtebotte

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par Courtebotte »

Je vous conseille de lire le livre de Jean Tulard, intitulé "Murat".
Il est facilement disponible et offre une approche globale du personnage.
Drouet Cyril

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par Drouet Cyril »

Voici le décret ordonnant de le faire comparaître devant une commission militaire (en fait, un véritable arrêt de mort) :

"Art. 1 : Le général Murat sera traduit devant une commission militaire dont les membres seront nommés par notre ministre de la guerre.
Art. 2 : Il ne sera accordé au condamné qu'une demi-heure pour recevoir les secours de la religion."


Triste fin pour le centaure de la Grande Armée à la tête pleine de chimères...


Salutations respectueuses.
MAI 48

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par MAI 48 »

et le MURAT de Marcel DUPONT illustré par JOB édition Copernic1980

La Moscova , dès le petit jour, le voilà à cheval, allant reconnaître en avant de la ligne des tirailleurs le terrain sur lequel il aura à engager sa cavalerie. il galope en tous sens, s'offrant comme à plaisir, avec sa toque empanachée et sa pelisse voyante, aux coups de l'ennemi. Les cosaques le reconnaissent car il est devenu légendaire parmi eux. Ravis de sa bravoure, ils accourent ventre à terre, décrivent autour de lui une véritable fantasia en criant: <hourra!...hourra!... Mourat!... mais une crainte mêlée de respect les tient à distance. Lui s'amuse à les voir, leur sourit, les salue de sa cravache. sur le champ de bataille. Cet homme extraordinaire sait en imposer également à tous, amis et ennemis.
Drouet Cyril

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par Drouet Cyril »

Murat, lui aussi, a inspiré les caricaturistes anglais :
http://dl.lib.brown.edu/gifs/1048610699690270.gif
gdeana

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par gdeana »

:salut: Napoléon avait coutume de donner à son beau-frère le surnom de Franconi à cause des ses vêtements toujours un peu excentriques et hauts en couleurs !
C.Douville

Une belle victoire de Murat, Wertingen

Message par C.Douville »

Bonjour,

S'il y a bien une victoire Française dont on ne parle peu, c'est celle remportée par Murat à Wertingen. En manoeuvrant parfaitement, Murat réussit à écraser, voir même à anéantir, le détachement Autrichien du général Auffenberg. C'est d'autant plus intéressant que cette fois-ci la victoire est remportée uniquement par les sabres de la cavalerie Française.

Positionné près d'Ulm avec le gros de ses troupes Autrichiennes, Mack venait de se rendre compte que Napoléon avait réussi à positionner ses corps Français sur la rive droite du Danube. Dans la position où se Napoléon se trouvait, le généralissime Français menaçait les arrières du général Mack et lui coupait toutes communications avec Vienne et l'armée Russe. Désirant se frayer un passage par l'est et sous-estimant la force numérique des Français, Mack envoya un détachement de 5000 hommes aux ordres du général Auffenberg. Il aurait été bien entendu plus judicieux de faire effectuer ce mouvement à toute l'armée Autrichienne et non pas à un seul détachement.

La logique aurait voulu que le détachement Autrichien soit écrasé par des forces supérieures en nombre, ce ne sera pas le cas. Il sera bel et bien écrasé, mais par des forces égales en nombre, plus exactement par les quelques milliers de dragons Français que Murat va engager dans la bataille de Wertingen.

Une rivière séparait les troupes Françaises de Murat et les Autrichiens d'Auffenberg. Tandis que Murat se trouvait établi sur la rive droite de la rivière, les Autrichiens se trouvaient installés sur la rive gauche.

Murat commença par s'emparer d'un petit village de la rive droite où se trouvait encore installé quelques sections de fantassins Autrichiens. Une soixantaine de dragons Français posèrent pied à terre, chargèrent et débusquèrent les Autrichiens.

Sachant qu'en s'emparant de Wertingen, il pourrait prendre pied sur la rive droite de la rivière et menacer le flanc droit des Autrichiens, Murat se décida donc à attaquer le village. Les dragons Français attaquèrent à cheval, pénétrèrent dans la ville et commencèrent à repousser les premiers fantassins Autrichiens qu'ils trouvèrent sur leurs chemins. Se reprenant, les fantassins Autrichiens se réfugièrent dans les maisons, échappèrent ainsi aux sabres des dragons et commencèrent à faire, du haut des fenêtres, un feu soutenu. Gêné par cette mousqueterie, les dragons Français changèrent de tactique. Pendant que la première moitié resta à cheval s'en alla couper la retraite à l'ennemi en se portant vers la sortie de la ville, l'autre moitié des dragons Français attaqua directement les maisons dans lesquels se trouvaient retranchés les Autrichiens. Ces dragons Français posèrent pied à terre, foncèrent dans les maisons et en débusquèrent les Autrichiens à coups de crosses et de baïonnettes. Fuyant vers la sortie de la ville, les Autrichiens furent sabrés ou faits prisonniers par les dragons qui étaient restés à cheval. Maître de Wertingen, Murat menaçait désormais les Autrichiens par le flanc droit.

Pendant ce temps, afin de se porter sur les arrières des Autrichiens, des escadrons de dragons Français se portèrent vers le sud, traversèrent la rivière et vinrent combattre les cuirassiers Autrichiens chargés de la garde du passage. Au début indécis, le combat à cheval tourna finalement à l'avantage des dragons Français et les cuirassiers Autrichiens se replièrent loin en arrière.

Dans le même temps, les grenadiers d'élite d'Oudinot arrivèrent par le nord, débusquèrent une faible avant-garde Autrichienne et commencèrent à se porter sur le flanc gauche des Autrichiens.

Ainsi, suite aux succès Français, les Autrichiens se retrouvaient menacés à la fois sur leurs arrières et sur leurs deux flancs. Commençant à paniquer, les Autrichiens se formèrent en carrés et commencèrent à se replier par là où ils pourront. Les Français ne voulurent pas en rester là. Galopant dans une charge folle, les dragons Français sortirent de Wertingen, arrivèrent par le flanc droit, abordèrent l'ennemi et, suite à de âpres corps à corps, enfoncèrent les carrés Autrichiens. Mis en pleine déroute, les Autrichiens fuirent à perte de vue. Les poursuivant sans relâche, les dragons Français continuèrent à en sabrer et à en faire prisonniers.

Au soir, le bilan est à la fois terrible et éloquent. Alors que les Français n'ont perdu qu'une centaine d'hommes tués ou blessés sur les 5000 qu'ils ont engagé, les Autrichiens ont perdu les deux tiers des 5000 soldats formant le détachement d'Auffenberg. Des 5000 hommes du détachement Autrichien, seuls 1460 sont encore présents. Le reste, c'est-à-dire, 3500 hommes, sont soit tués, blessés, disparus ou prisonniers. Murat dira avoir fait 2200 prisonniers. Le général Autrichien Auffenberg, lui-même, a été fait prisonnier dans la mêlée.

Luttant pourtant à égalité numérique, Murat a réussi l'exploit d'anéantir un corps ennemi.

Au soir, Napoléon dira à Murat : "votre cavalerie s'est couverte de gloire".
Bessières

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par Bessières »

Bonsoir,

après l’affaire de Hollabrunn où Kutusof avait échappé à Murat en faisant accepter une fausse suspension d’armes.


Schönbrunn 25 brumaire 1805
à huit heures du matin

Au prince Murat,

Il m’est impossible de trouver des termes pour vous exprimer mon mécontentement. Vous ne commandez que mon avant-garde et vous n’avez le droit de faire d’armistice sans mon ordre. Vous me faites perdre le fruit d’une campagne. Rompez l’armistice sur le champ et marchez à l’ennemi. Vous lui ferez déclarer que le général qui a signé cette capitulation n’avait pas le droit de le faire, qu’il n’y a que l’Empereur de Russie qui ait ce droit. Toutes les fois cependant que l’Empereur de Russie ratifierait la dite convention, je la ratifierai ; mais ce ne qu’une ruse.


Dans la situation presente Il considère, à juste raison, Murat un :Ane:

:salut:
McDonald

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par McDonald »

La duchesse d'Abrantès (Mme Junot) a son avis sur la question :
La véritable cause du peu d'amitié de Napoléon pour Murat n'a pas d'autre raison que la conduite peu prudente que Murat a tenue lorsqu'il vint à Paris présenter les premiers drapeau de l'armée d'Italie, et surtout de celle qui suivit son retour au quartier-général. Ceux qui connaissent le caractère de Napoléon comme je puis le connaître, comprendront très-facilement que Murat se fit un tort immense auprès de son général, en se vantant à demi-voix du crédit qu'il pouvait avoir dans le Directoire, au ministère de la guerre, et cela par l'entremise de madame Bonaparte et de madame Tallien.
La Duchesse d'Abrantès raconte ensuite, sur une dizaine de pages dont je vous épargne les détails, qu'au cours d'un diner bien arrosé entre hussards de l'armée d'Italie, Murat se serait vanté d'avoir eut une liaison avec Joséphine Bonaparte lors de son séjour à Paris en mai 1796.
Quant à la vérité du fait, je crois qu'il y eut plus de légèreté peut-être de la part de Murat que de réalité. J'ai connu à cet égard l'opinion des personnes de la famille qui, peut-être, voyaient un peu la chose en mal en raison de leur inimitié pour Joséphine : elles excusaient Murat qui alors était fort jeune, mais elles n'étaient pas aussi indulgentes pour madame Bonaparte. Quant à Junot, que les Mémoires contemporains font, je ne sais pourquoi, entrer dans les affaires de Murat et de Napoléon, il ne croyait pas, lui, que le général eût raison d'être jaloux de Murat ; car c'est un fait réel qu'il l'a été : mais cette jalousie datait de l'Italie, et plus tard elle fut fortifiée et presque autorisée par la conduite de madame Bonaparte pour faire nommer Murat de l'expédition d'Égypte
Dominique T.

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par Dominique T. »

Bessières a écrit :Bonsoir,
après l’affaire de Hollabrunn où Kutusof avait échappé à Murat en faisant accepter une fausse suspension d’armes.
:salut:
L'affaire d'Hollabrunn était la réponse du berger Kutusov à la bergère Murat après sa ruse très ingénieuse -vous voyez que je peux dire du bien de Murat !- du pont de Vienne, quelques semaines plus tôt.
Dominique T.

Re: Maréchaux : Joachim MURAT, roi de Naples

Message par Dominique T. »

McDonald a écrit :La duchesse d'Abrantès (Mme Junot) a son avis sur la question :
Mme d'Abrantès a des avis sur tout, c'est normal, c'est son fond de commerce...
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