La mortalité des maréchaux

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C-J de Beauvau
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La mortalité des maréchaux

Message par C-J de Beauvau »

Dans quelles circonstances et de quoi les maréchaux de l’Empire meurent-ils ? A priori, comme les guerres sont incessantes de 1804, année de la première promotion, et 1815, année de la dernière, on peut supposer que les maréchaux ont de forts risques de mourir au feu. Sont-ils réellement exposés ?

Le mot qui revient le plus souvent, pour les qualifier, est « bravoure », qualité que l’on peut aisément associer à certains surnoms. Lannes est ainsi « le Rolland de l’armée d’Italie » ou « l’Achille de la Grande Armée ». Ney est « le Lion rouge », « le Brave des braves », « l’Infatigable ». Oudinot est « le Bayard de l’armée française » ou bien encore « le Sauveur de l’armée » 

Dans son classement des maréchaux, A. Pigeard place en tête, pour le critère « bravoure », Bessières, Davout, Lannes, Masséna, Murat, Ney et Oudinot 

Cette liste correspond-elle à celle des maréchaux blessés ?
A. Un critère d’évaluation des risques : les blessures par faits de guerre

Une fois nommés, les maréchaux ne sont pas exposés dans les mêmes proportions au cours des guerres de l’Empire, ne serait-ce que parce qu’ils ne sont pas engagés dans les mêmes combats et que le temps de présence au feu n’est pas identique pour tous. Parmi les maréchaux honoraires, Kellermann et Lefebvre ont participé aux campagnes de l’Empire, ce qui n’est pas le cas de Pérignon et Sérurier, mais ceux-ci ont couru des risques avant leur nomination. D’une façon générale, on peut affirmer que les maréchaux de l’Empire, tout comme les généraux et les autres officiers, vont au feu à la tête de leurs troupes. Ils peuvent donc être exposés à une mort violente, aussi bien par la nature des missions qui leur sont confiées que par les risques qu’ils prennent personnellement. Ces risques, encourus volontairement ou non, peuvent être mesurés concrètement à partir des blessures reçues au cours des combats.
i. L’exemple de l’Empereur

Pour Napoléon, les blessures reçues sont un critère d’évaluation de la valeur militaire : « Vous devez partir du principe qu’il faut avoir, pour me garder, quatre quartiers de noblesse, c’est-à-dire quatre blessures reçues au combat 
» On ne s’étonnera donc pas de compter Napoléon parmi les blessés, car il donnera toujours l’exemple, ne combattant pas de Paris, par personnes interposées : « Ce n’est pas des Tuileries qu’on peut diriger une armée », déclare-t-il à Chaptal 
Jean-Antoine CHAPTAL, Mes souvenirs sur Napoléon, Paris :…
. La discrétion est de mise sur ses blessures. Selon Las Cases, « l’Empereur répétait qu’il avait été très souvent exposé dans ses batailles ; mais on le taisait avec le plus grand soin. Il avait recommandé une fois pour toutes le silence le plus absolu sur toutes les circonstances de cette nature 
LAS CASES, Mémorial de Sainte-Hélène, Paris : Ernest Bourdin,…
. »
On lui connaît plusieurs blessures. Alors qu’il n’est encore que chef de bataillon, il est blessé d’un coup de baïonnette à la cuisse à l’assaut du fort Mulgrave le 17 décembre 1793, lors du siège de Toulon ; les chirurgiens évoquent un moment l’amputation ! Napoléon est blessé sans gravité le 15 novembre 1796 au pont d’Arcole, le 14 janvier 1797 à Rivoli, le 21 mai 1809 à Essling, le 6 juillet 1809 à Wagram, le 15 septembre à Moscou (brûlure au cuir chevelu), le 20 mars 1814 à Arcis-sur-Aube. L’alerte est plus chaude au cours du siège de Ratisbonne, le 23 avril 1809, où il est touché au talon droit (ou à une autre partie du pied, les témoignages divergent sur la localisation exacte).

L’Empereur a de la chance, car s’il n’est pas sérieusement blessé, cela ne veut pas dire qu’il ne s’expose pas. À plusieurs reprises, des patrouilles ennemies sont sur le point de l’enlever ou de le tuer : à Borghetto en 1796, à Austerlitz en 1805, à Maloïaroslavets en 1812. Grâce à… sa plaque de la Légion d’honneur, Napoléon évite la lance d’un cosaque à Brienne en 1814, pendant la campagne de France.

La chance de Napoléon est d’autant plus manifeste que plusieurs de ses collaborateurs vont mourir près de lui, tels Muiron et Elliott en 1796 à Arcole et Cervoni en 1809 à Eckmühl. Le 22 mai 1813, à Markersdorf près de Görlitz, pendant la campagne d’Allemagne, le même boulet emporte Duroc, grand maréchal du palais, et Kirgener de Planta, commandant le génie et gendre du maréchal Lannes. En 1815 à Waterloo, Desvaux de Saint-Maurice, commandant l’artillerie de la Garde, meurt aux côtés de l’Empereur.

Lorsque les boulets n’atteignent pas les collaborateurs immédiats de l’Empereur, ce sont ses montures qui sont touchées. Napoléon estime lui-même que dix-huit ou dix-neuf chevaux ont été tués sous lui… L’Empereur échappe aussi à quelques accidents ou attentats (une noyade dans la vase à Marengo en 1800, le passage du Saint-Bernard, la machine infernale de la rue Saint-Nicaise, une tentative d’assassinat au château de Schönbrunn en 1809).

À Waterloo où, selon Victor Hugo, il y a bien un tombeau anglais et un tombeau allemand, « il n’y a point de tombeau français. Pour la France, toute cette plaine est un sépulcre ». Le miracle continue : entre la Belle-Alliance et la Haie-Sainte, « les boulets ricochaient sur le pavé de la chaussée autour de Napoléon. Comme à Brienne, il avait sur sa tête le sifflement des balles et des biscayens [30]

. »Ainsi, Napoléon est réellement exposé au feu, tout comme ceux que l’on appelle familièrement les « emplumés » et les « grosses épaulettes ».
ii. Les maréchaux blessés

On ne compte ici, évidemment, que les blessures sérieuses, celles relatées dans les biographies ou dans le Bulletin de la Grande Armée, et non les simples égratignures. Ces blessures sont nombreuses, dues à un coup de sabre ou de lance, ou bien encore causées par un boulet ou un biscaïen. Bien entendu, le risque de blessures dépend directement de la durée de la période au cours de laquelle les maréchaux sont exposés sur les champs de bataille.

Nous décomptons bien entendu les blessures reçues après l’accession au maréchalat, mais aussi celles reçues précédemment au cours des guerres de la Révolution et du début de l’Empire, cela pour deux raisons. D’une part, les maréchaux étaient presque tous soldats en 1789 
[31]D’après Georges Six, Lannes entre au 2e bataillon du Gers en…
. D’autre part, comme nous l’avons mentionné plus haut, Napoléon jugeait ses soldats notamment eu égard au nombre des blessures reçues.

Le décompte des blessures peut être effectué selon deux approches complémentaires : d’une part à partir du nombre de maréchaux blessés, d’autre part en calculant le nombre de blessures reçues par chacun.

Les maréchaux ne sont pas moins épargnés que l’Empereur pendant les guerres de la Révolution et celles de l’Empire. Pas moins de vingt et un maréchaux sur vingt-six, autrement dit quatre sur cinq, versent leur sang sur les champs de bataille, beaucoup d’entre eux à plusieurs reprises. Le nombre total de blessures est de 95, mais elles sont inégalement partagées, si l’on examine le nombre de blessures reçues par chaque maréchal.
Blessures reçues au cours des combats

Augereau, général de division à l’armée des Pyrénées-Orientales, est blessé en 1794 à Saint Laurent de La Mouga (aujourd’hui Saint Laurent de Cerdans, haute vallée du Tech). Il a beaucoup de chance en 1806, pendant la campagne de Pologne, car son cheval est tué par un boulet à Golymin. En 1807, Augereau est sérieusement blessé au bras à Eylau ; bien que soigné efficacement par Larrey, il est obligé de rentrer en France.

Bernadotte est blessé grièvement en Prusse orientale à Spanden le 5 juin 1807, mais il est vainqueur des Russes.

Berthier ne sera pas seulement un remarquable chef d’état-major. En 1798, il prendra Rome et annoncera la naissance de la République romaine. Il aura l’occasion de manifester son courage : on le verra au pont de Lodi, il recevra une blessure à Marengo, et il aura un cheval tué sous lui à Wagram. En 1814, lors de la campagne de France, il sera blessé à Brienne d’un coup de lance à la tête.

Bessières, réputé pour son courage, cavalier intrépide, aura de la chance, en sortant indemne de bien des charges. Mais en 1809, à Wagram, il est blessé alors que son cheval a été fauché par un boulet. Il attendra 1813 pour mourir au combat.

Davout est de bien des batailles de la Révolution et de l’Empire. Chose remarquable, il ne connaît jamais la défaite. Il est de l’expédition d’Égypte et des grandes batailles en Europe de l’est. À Borodino-La Moskova, il est commotionné par un boulet au point de perdre connaissance, et il a beaucoup de chance car son cheval est tué sous lui.

Gouvion-Saint-Cyr méritera son bâton de maréchal en 1812 après une grave blessure à Polotsk le 18 août 1812, alors qu’il commande le 6e corps de la Grande Armée.

Quant au marquis de Grouchy, il reçoit la bagatelle de quatorze blessures à Novi (15 août 1799) où il tombe aux mains des Autrichiens. Sous l’Empire, il est blessé à Friedland. Au cours de la campagne de Russie, alors qu’il commande le 3e corps de cavalerie, il est blessé à la bataille de La Moskova. Il sera grièvement blessé en 1814, au cours de la campagne de France, à Craonne, ce qui l’obligera à quitter l’armée provisoirement.

Jourdan gagnera ses étoiles de divisionnaire après des blessures reçues pour la défense de la République en 1793 à Hondschoote, où un biscaïen lui transperce la poitrine, ainsi qu’à Wattignies. Il n’aura pas l’occasion de s’exposer aux blessures sous l’Empire, car Napoléon ne lui donnera pas de commandements militaires.

Lannes sera le premier des maréchaux à mourir sur un champ de bataille. Il sert à l’armée des Pyrénées contre les Espagnols de 1793 à 1795, et une balle lui traverse le bras à Banyuls (Pyrénées-Orientales). Pendant la campagne d’Italie, il est blessé deux fois à Bassano le 8 septembre 1796 et à Governolo le 15 septembre. Le 15 novembre suivant, à Arcole, il reçoit trois blessures, dont une en se portant au secours de Bonaparte. Il suit ce dernier en Égypte, prend part à tous les combats, est blessé à la tête en menant un assaut à Saint-Jean-d’Acre le 8 mai 1799, assez grièvement puisque dans un premier temps, ses soldats le croient mort 
Selon Marbot, « le général Lannes ayant eu dans cette affaire… Il est promu général de division à cette occasion. Il est à nouveau blessé au siège du fort d’Aboukir (27 juillet 1799), où il reçoit une balle dans la jambe. Il est soigné par le chirurgien en chef de la Garde impériale Larrey qui, selon ses propres termes, aura « le bonheur de lui porter des secours efficaces pour d’autres blessures qu’il avait reçues en Syrie et en Égypte » 
D. J. LARREY, Mémoires de chirurgie militaire et campagnes,…
. Lannes est aussi blessé à Montebello le 9 juin 1800, ce qui lui vaut son titre de duc. Il a de la chance à Austerlitz (2 décembre 1805), car deux aides de camp sont tués à ses côtés. Il est encore chanceux à Iéna (14 octobre 1806), où un boulet cause des dégâts matériels à son uniforme. Il est également blessé en Pologne à la bataille de Pultusk (26 décembre 1806) tout en étant vainqueur des Russes.
Lefebvre est présent dans toutes les batailles importantes dans le Nord et sur le Rhin de 1793 à 1799 ; il est blessé à Pfullendorf (21 mars 1799).

Macdonald est blessé mais victorieux à Modène (12 juin 1799) puis battu à La Trébie (du nom de la rivière Trebbia) les 17 et 19 juin suivants. Dix ans plus tard, alors qu’il est à l’armée d’Italie avec le prince Eugène, il est blessé à la bataille de La Piave (8 mai 1809) au cours de la marche sur Vienne pour rejoindre la Grande Armée qui mène la campagne d’Autriche.

Marmont sera blessé en 1807 en Croatie. Il sera grièvement blessé à un bras en Espagne à la bataille des Arapiles par un boulet (22 juillet 1812). Cette blessure le tiendra éloigné des combats jusqu’en 1813, où il reprendra du service pour la campagne d’Allemagne ; il sera blessé à la bataille de Leipzig.

Mortier sera chanceux à l’armée du Nord, lors de la bataille de Quiévrain (Belgique), avec un cheval tué sous lui, mais il sera blessé le 15 octobre 1793 à Dourlers (département du Nord, arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe), puis en Espagne à Ocaña, le 19 novembre 1809.

Murat sera blessé au cours de la campagne d’Italie en 1797 lors de la marche sur Mantoue. Au cours de la campagne d’Égypte, à la bataille d’Aboukir, le 25 juillet 1799, une balle lui traverse la mâchoire de part en part ; il sera également blessé en Syrie. À Austerlitz, des dragons russes sont près de l’enlever, mais son heure n’est pas encore venue. Il sera toujours à la pointe du danger, conduisant des charges impressionnantes à la tête de ses cavaliers.

Ney est blessé en 1794 au cours du siège de Mayence. En 1799, il reçoit d’autres blessures à Winterthur et à Mannheim. On le retrouve pendant la campagne de Russie, où il est blessé au cou par une balle lors de la prise de Smolensk le 17 août 1812. Il se couvre de gloire en organisant la retraite, paye de sa personne et son courage fait merveille sur le moral des troupes ; il demeure dans la place de Vilna, à l’annonce de l’arrivée des Cosaques, dans la nuit du 9 au 10 décembre 1812, alors que Murat, auquel Napoléon a laissé le commandement de la Grande Armée, s’en éloigne précipitamment. Ney fait passer le Niémen sur la glace à toutes les troupes et il est le dernier à quitter le territoire russe, le 14 décembre 1812. Son sang coulera encore en 1813 à Lützen et lors de la bataille de Leipzig. Malgré des charges héroïques – mais tactiquement contestables – à Waterloo (d’aucuns se demanderont s’il ne veut pas en finir avec l’existence), il échappera à la mort, malgré quatre chevaux tués sous lui. Paradoxalement, ce sont des balles françaises qui auront raison de lui.

Pérignon sera grièvement blessé à la tête en Catalogne en 1793, après avoir vaincu les Espagnols à Rosas. Pendant la campagne d’Italie, il sera grièvement blessé et capturé à Novi (15 août 1799).

Le prince Poniatowski sera blessé en 1812 à la bataille de La Bérézina. Le 12 octobre 1813, il est atteint d’un coup de lance, ce qui ne l’empêche pas d’être présent le 16 pour la grande bataille de Leipzig. Le 19 octobre, il reçoit deux nouvelles blessures, peu avant de trouver la mort par noyade en essayant de franchir la rivière Elster.

Le maréchal Soult, bon stratège ayant la confiance de Napoléon, a la réputation de prendre peu de risques, restant à distance du front ; l’Empereur dira de lui : « C’est un excellent ministre de la Guerre ou major général : il sait beaucoup mieux disposer une armée que commander en chef. » Mais Masséna, alors qu’il commande l’armée d’Helvétie, estimera que Soult « s’est conduit avec un sang-froid et un courage admirables ». Toujours sous les ordres de Masséna, Soult sera blessé au cours du siège de Gênes, en mai 1800, une balle lui brisant le genou.

Suchet, présent notamment à Lodi, Rivoli, Castiglione, Bassano et Arcole, est blessé à deux reprises (1796-1797) alors qu’il n’est pas encore général.

Victor sera grièvement blessé au ventre, pendant le siège de Toulon (prise de la redoute anglaise dite Petit Gibraltar le 17 décembre 1793), où sa conduite lui vaudra d’être nommé général de brigade. Il sera blessé en Italie à La Trébie en juin 1799, bataille au cours de laquelle Macdonald est battu par le général russe Souvorov. Le sang de Victor coulera encore à Friedland. Il sera, comme son collègue Grouchy, blessé à Craonne en 1814, au cours de la campagne de France.

C’est à Oudinot, général de brigade à 28 ans, que revient le record des blessures. En 1808, alors qu’il est gouverneur d’Erfurt, il organise l’entrevue entre les deux empereurs. Napoléon le présente au tsar Alexandre Ier comme « le Bayard de l’armée française ». Oudinot tiendra lui-même la comptabilité de ses blessures, non sans quelque coquetterie. On peut, avec le général Marbot, se demander si le nombre élevé de blessures ne cache pas en réalité un manque d’organisation ou une certaine inconscience. Au début de la campagne de Russie, une première rencontre a lieu avec les troupes de Wittgenstein, au moment où Marbot, qui commande un régiment [34]
Marbot n’est encore que chef d’escadrons, mais il commande le…
, vient de passer sous le commandement d’Oudinot. « Ce début confirma la haute opinion que j’avais de son courage, mais il m’en donna une plus faible de ses talents militaires. » Les récits qui suivent montrent à de nombreuses reprises l’impéritie d’Oudinot ; il nie l’évidence, n’écoute pas son chef d’état-major, ne tient pas compte des rapports de ses aides de camp ; « cette incrédulité fut sur le point de nous devenir fatale »

Pendant les guerres de la Révolution, Oudinot est blessé à la tête le 17 décembre 1793 à Haguenau ; l’année suivante, il reçoit six blessures à Neckerau et il est même laissé pour mort. Il est blessé à de multiples reprises alors qu’il sert dans l’armée de Moselle. Combattant avec l’armée d’Helvétie, chef d’état-major de Masséna, il est blessé à Zurich en septembre 1799.


Oudinot est ensuite de toutes les guerres de l’Empire, hormis les campagnes d’Espagne et du Portugal. Il a notamment une cuisse transpercée le 8 octobre 1805 à Hollabrunn (nord-ouest de Vienne), une jambe cassée près de Dantzig en mai 1807, ce qui ne l’empêchera pas de se battre à Friedland. Il est blessé à Essling, puis à Wagram. Au cours de la campagne de Russie, il est grièvement blessé à Polotsk (18 août 1812), ce qui l’oblige à se retirer en Lituanie. Il sera indisponible pendant deux mois. Encore convalescent, il reprend le commandement de ses troupes pour la retraite et il est à nouveau gravement touché au passage de la Berezina, où il est remplacé par Ney. Au cours de la campagne de France, il échappe de peu à la mort à Brienne (29 janvier 1814), les deux cuisses éraflées par un boulet, puis à Arcis-sur-Aube (20 mars), lorsqu’une balle s’écrase sur sa plaque de grand aigle de la Légion d’honneur…

Le nombre de blessures reçues par Oudinot est vraisemblablement de trente-deux 
Dictionnaire encyclopédique des armées de terre et de mer,…

Le rapprochement de la liste « bravoure » établie par Alain Pigeard avec le nombre de blessures reçues aboutit à une concordance en ce qui concerne Oudinot et Lannes, respectivement premier avec trente-deux blessures et troisième avec onze blessures reçues. Ney ne compte que cinq blessures et Murat trois blessures seulement. Les deux autres maréchaux les plus braves, Bessières et Davout, ne peuvent faire valoir qu’une blessure.

Une approche synthétique des maréchaux, selon le nombre de blessures reçues, aboutit à un nombre moyen de blessures, calculé sur l’ensemble de l’effectif, de 3,7. Ce chiffre est tiré vers le haut car, comme l’énumération précédente le montre, quelques maréchaux ont reçu un grand nombre de blessures ; pour cette raison, la médiane n’est que de deux blessures. Si l’on considère uniquement les maréchaux blessés, soit vingt et un, le nombre moyen de blessures est de 4,5, la médiane, évidemment, étant toujours de deux.

Si l’on regroupe les maréchaux selon le nombre de blessures reçues, il apparaît que quatre maréchaux sur cinq ont reçu au moins une blessure, les plus nombreux étant ceux qui ont reçu deux blessures.
NOMBRE DE BLESSURES REÇUES NOMBRE DE MARÉCHAUX

https://www.cairn.info/revue-napoleonic ... page-4.htm

:salut:

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