Les maréchaux de l'Empire

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D'Ambrosio

Re: Les maréchaux de l'Empire

Message par D'Ambrosio »

Je connais Jean Tulard, excellent, mais peu porté sur le militaire, d'ailleurs il était consultant pour la série TV sur Napoléon .
Il a été aussi mon Président aux Amis du Musée Murat et présent à l'inauguration de SN à Versailles.
Chacun son domaine...
J'ajoute pour terminer qu'il a fait la préface de mon livre :lol:

elax

Re: Les maréchaux de l'Empire

Message par elax »

J'aimerai bien lire votre livre D'Ambrosio.Si vous pouviez m'en donner le titre,je vous en serai très reconnaissant. :salut:

D'Ambrosio

Re: Les maréchaux de l'Empire

Message par D'Ambrosio »

Le livre c'est "Murat , les uniformes de la légende" chez les Ed. Napoléon. Mais je ne suis pas là pour la promo, ce sujet m'interesse vraime,t comme ceux que je regarde sur ce forum.
Avant tout, je suis un cavalier qui s'interesse à la cavalrie et à ses traditions. Cavalier moi même, ayant servi dans les chars , j'avoue que le hasard m'a bien aidé pour approcher Murat et notre cavalerie :lol:

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C-J de Beauvau
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La longévité des maréchaux du 1er Empire

Message par C-J de Beauvau »

Le maréchalat n’est pas un grade militaire mais une dignité civile. Pourtant, force est de constater que tous les maréchaux de l’Empire sont d’extraction militaire et qu’ils n’ont exercé que des fonctions militaires après leur accession au maréchalat, même si leurs missions ne se sont pas toujours déroulées sur les champs de bataille. Ils ne sont pas tous, au début de leur carrière, passés par les mêmes grades, notamment parce que pendant la Révolution, certains grades s’obtenaient par la voie de l’élection. En revanche, ils ont tous porté le grade de général de brigade, puis celui de général de division avant d’accéder au maréchalat.
A. Vingt-six élus en sept promotions

Général de division à 26 ans, Napoléon nommera vingt-six maréchaux de 1804 à 1815 
Le nombre vingt-six est-il attaché à la personne de Napoléon ?…

La première promotion, celle du 19 mai 1804, est de très loin la plus importante : elle comporte dix-huit maréchaux, soit plus des deux tiers.
Nombre de nominations par année
Évolution du nombre de maréchaux, période 1804-1815

Évolution du nombre de maréchaux, période 1804-1815
i. La grande promotion de 1804

La première promotion est de loin la plus importante puisqu’elle comporte dix-huit maréchaux, soit sept nominations sur dix pour la période 1804-1815. Tous sont des militaires, dont Napoléon souhaite reconnaître de manière tangible les mérites personnels. Cependant, si certains sont récompensés uniquement pour leur conduite au feu, d’autres le sont pour leur soutien au coup d’État du 18 brumaire. Napoléon accomplit donc également un acte à caractère politique. Les maréchaux seront une des assises de la nouvelle noblesse, tous étant titrés princes, ducs ou comtes, même lorsqu’ils possèdent déjà un titre de l’Ancien Régime, tels les marquis Pérignon et Grouchy.


Sont ainsi nommés, selon un ordre qu’il est très difficile de comprendre 
On a dit par exemple que l’ordre du tableau est celui de…
, Louis-Alexandre Berthier, Joachim Murat, Bon-Adrien Jeannot de Moncey, Jean-Baptiste Jourdan, André Masséna, Pierre Augereau, Jean-Baptiste Bernadotte, Jean-de-Dieu (dit Nicolas), Soult, Guillaume Brune, Jean Lannes, Edouard Mortier, Michel Ney, Louis Davout, Jean-Baptiste Bessières, soit quatorze maréchaux au titre de la première catégorie, alors que la nouvelle constitution autorise seize nominations.


La seconde catégorie comprend quatre maréchaux dits « honoraires » parce que, bien que généraux, ils sont déjà sénateurs : François Kellermann et Jean Sérurier (depuis 1799), François Lefebvre (depuis 1800) et Dominique Pérignon (depuis 1801). Il n’y aura plus de nominations de maréchaux honoraires.


Fouché classe les maréchaux de 1804 en trois catégories. Ceux dont la fidélité est récompensée : Berthier, Murat, Lannes, Bessières, Davout, Soult et Lefebvre. À la deuxième catégorie appartiennent Jourdan, Masséna, Bernadotte, Ney, Brune et Augereau, « plus républicains que monarchiques ». Quant à Pérignon, Sérurier, Kellermann, tous trois sénateurs, auxquels il ajoute Mortier, « ils n’étaient là que pour faire nombre et pour compléter les dix-huit colonnes de l’Empire, dont l’opinion ratifia le choix » 
Mémoires de Fouché
On notera que Fouché a laissé de côté le maréchal Moncey, pourtant troisième sur la liste des promus, alors qu’il aurait pu le classer dans le premier groupe, Moncey ayant été favorable au coup d’État du 18 brumaire.

La promotion de 1804 est donc le résultat d’un subtil dosage obéissant à des motivations complexes.
. Les promotions ultérieures

En revanche, les nominations suivantes seront directement liées à des faits d’armes, mais tous les hauts faits d’armes ne donnent pas lieu à nomination : malgré les victoires d’Austerlitz, Elchingen et Ulm en 1805, d’Iéna, Auerstaedt et Lübeck en 1806, Napoléon n’accorde le maréchalat à personne. Il en est de même en 1808, 1810 et 1814.

Les six promotions décidées de 1807 à 1815 viennent honorer huit généraux de division en activité.
La promotion de 1807 ne comprend que Claude Victor Perrin, dit Victor, héros des batailles de Montebello, Marengo, Iéna et surtout Friedland le 14 juin 1807, où il succède à Bernadotte, blessé quelques jours plus tôt à Spanden. Le 13 juillet 1807, Victor devient maréchal de l’Empire.

La promotion de 1809 est, elle aussi, la conséquence immédiate d’un fait d’armes : la victoire de Wagram, le 6 juillet 1809. Accèdent ainsi à la dignité de maréchal, le 12 juillet suivant, trois généraux de division : Louis Viesse de Marmont, Etienne Macdonald et Nicolas Oudinot.

Au moment de sa nomination, les mérites de Marmont sont, d’une part son rôle dans le coup d’État du 18 brumaire et, d’autre part, ses états de service de soldat ; il se fait remarquer en effet lors de la campagne d’Italie en tant que commandant de l’artillerie, et plus particulièrement à Marengo. Il se distingue également lors de la campagne d’Égypte et de la campagne d’Allemagne ; avant son accession au maréchalat, il est déjà honoré par le titre de duc de Raguse, ville de Dalmatie où il a combattu victorieusement les Russes et les Monténégrins.

Macdonald se fait remarquer lui aussi au cours de la campagne d’Italie, mais ses sympathies pour Moreau le tiennent un temps en disgrâce. C’est sa conduite sur le champ de bataille de Wagram qui lui vaut sa réhabilitation et le bâton de maréchal.

Quant à Oudinot, il prend une part décisive à la victoire de Friedland, mais c’est également celle de Wagram qui le fait accéder au maréchalat.

Le général Marbot, dans ses mémoires, émet quelques doutes sur la valeur réelle des promus de 1809 : « Le soir même de la bataille, l’Empereur, voulant récompenser les bons services de Macdonald, Oudinot et Marmont, remit à chacun d’eux le bâton de maréchal ; mais il n’était pas en son pouvoir de leur donner les talents de chef d’armée… » Marbot explique qu’il ne s’agit que de bons exécutants, même si leur courage est avéré. Et il en rajoute, ne pouvant s’empêcher de les comparer au maréchal Lannes, mort il y a un peu plus d’un mois, et auquel il est très attaché : « On prétendit dans l’armée que l’Empereur, ne pouvant remplacer Lannes, avait voulu en avoir la monnaie ; ce jugement était sévère, mais il faut reconnaître que ces trois maréchaux eurent une part souvent malheureuse dans les campagnes qui aboutirent à la chute de Napoléon et à la ruine du pays 

. »Marbot considère Marmont comme « une erreur de Napoléon, séduit par quelques succès d’école jadis obtenus. […] L’Empereur supposait à ce maréchal des talents militaires que sa conduite à la guerre ne justifia jamais 

. » Il faut dire que, succédant à Masséna dans le commandement de l’armée du Portugal, Marmont annonce imprudemment qu’il va battre Wellington ! On connaît la suite : Marmont est vaincu, blessé aux Arapiles, il perd plusieurs provinces… Napoléon apprend la bonne nouvelle alors qu’il est déjà empêtré dans la campagne de Russie – ses troupes ont été sérieusement malmenées à la bataille de La Moskova – et qu’il s’apprête à entrer dans Moscou.

En 1811, le seul élu est Louis Suchet. Après s’être distingué en Italie, notamment à Marengo, à Austerlitz, en Pologne, il entre en Espagne en 1808 et y reste jusqu’à la chute de l’Empire comme commandant en chef de l’armée d’Aragon. De nombreuses victoires en Catalogne lui valent le bâton de maréchal en 1811, du reste le seul octroyé pendant la campagne d’Espagne.

En 1812, Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, ancien de l’armée d’Italie, des campagnes de Prusse et d’Espagne accède enfin au maréchalat, après avoir connu au préalable quelques traversées du désert. Il aurait dû être de la promotion de 1804, mais l’Empereur saura le faire patienter, à cause de son caractère jugé trop indépendant (en 1803, en service à Naples, il avait intrigué pour que ses troupes ne signent pas les pétitions appelant à l’Empire). Les mérites de ce bon manœuvrier finiront par être reconnus. Gouvion-Saint-Cyr est de la campagne de Russie, qu’il commence avec le grade de général de division, commandant le 6e corps dont l’effectif est de 24 000… Bavarois. Il est placé sous les ordres d’Oudinot qui commande le 2e corps. Gouvion-Saint-Cyr est notamment vainqueur des Russes à Polotsk (aujourd’hui en Biélorussie) le 18 août 1812, remplaçant au pied levé Oudinot blessé, au moment où la bataille semble perdue : « Le maréchal Oudinot venait de laisser l’armée dans une situation très alarmante », nous dit Marbot, mais heureusement « Saint-Cyr prit d’une main habile et ferme les rênes du commandement, et en peu d’heures les choses changèrent totalement de face, tant est grande l’influence d’un homme capable qui sait inspirer la confiance 

. » Marbot ne tarira pas d’éloges. « Saint-Cyr était un des militaires les plus capables d’Europe. […] Je n’ai jamais connu quelqu’un qui dirigeât mieux ses troupes sur un champ de bataille 

. » Marbot ne cache pas, à côté d’incontestables talents militaires, le caractère étrange de Gouvion-Saint-Cyr, que ses hommes craignent et n’aiment pas. « L’Empereur avait une telle antipathie pour Saint-Cyr, que lors de la création des maréchaux, il ne le porta pas sur la liste des promotions, bien que le général eût de meilleurs services et beaucoup plus de talents que la plupart de ceux auxquels Napoléon donna le bâton de commandement 
» Mais finalement la victoire de Polotsk sera reconnue par l’Empereur comme un haut fait d’armes, puisqu’il enverra le bâton de maréchal à Gouvion-Saint-Cyr. Il sera honoré huit ans après ses collègues de la première promotion, mais il sera nommé maréchal au cours de la campagne de Russie, et pour toute l’année 1812, ce qui peut-être le consolera.


En 1813, la promotion comprendra également une seule nomination, le prince Joseph Poniatowski, de la famille royale de Pologne (il est le neveu du dernier roi de Pologne, Stanislas II Poniatowski). Il combat pour la France à partir de 1806, se distingue au cours de la campagne de Russie, à la tête d’un corps composé de Polonais, notamment à Smolensk et à la Moskova. Il est particulièrement en vue à la bataille de Leipzig, au cours de laquelle deux autres maréchaux, Marmont et Ney, sont blessés. Poniatowski y gagne son bâton de maréchal, qu’il n’aura pas l’occasion de porter, puisqu’il va mourir trois jours après avoir été nommé.

En 1814, Napoléon ne nomme aucun maréchal.

En 1815, il ne prononce qu’une seule nomination, pendant les Cent-Jours. Le marquis Emmanuel de Grouchy reçoit le bâton de maréchal le 15 avril, environ deux mois avant la défaite de Waterloo, qui le rendit tristement célèbre. Napoléon reconnaît d’une part les services rendus en Italie, à Hohenlinden, Eylau, Friedland, Wagram, La Moskova ; d’autre part, l’action de Grouchy au cours de la campagne de France en 1814 et en 1815 est récompensée, car il a fait prisonnier le duc d’Angoulême ; plutôt savoureux pour un aristocrate de l’Ancien Régime, un temps chassé de l’armée par un décret qui en excluait tous les nobles…
B. L’âge et la carrière des futurs maréchaux dans le grade de général

Sous l’Empire, il n’existe que deux grades parmi les officiers généraux : général de brigade (signe distinctif : deux étoiles) et général de division (trois étoiles), équivalant respectivement, sous l’Ancien Régime, aux grades de maréchal de camp et de lieutenant général, qui réapparaîtront au retour des Bourbons. Le commandement d’un corps d’armée ou d’une armée est confié à un général de division ou à un maréchal. Ces commandements ne sont que des fonctions temporaires, même si un général en chef porte sur ses épaulettes quatre étoiles d’argent et quelques autres signes distinctifs, tel le bicorne avec plumet blanc, alors que les autres généraux de division ou de brigade portent le plumet noir 
[13]Détail donné par Alain PIGEARD, Dictionnaire de la Grande…
. Le maréchal est doté d’un bâton de velours bleu, sur lequel trente-deux aigles ont remplacé les fleurs de lis de l’Ancien Régime. Il a les mêmes épaulettes que le général de division, sur lesquelles les trois étoiles sont remplacées par deux bâtons en croix 
Le détail de l’uniforme des maréchaux est fixé par les décrets…

Compte tenu de l’état de guerre permanent, l’expérience s’acquiert vite et les promotions sont rapides dans tous les grades, même pour les officiers généraux. Pour devenir maréchal sous l’Empire, le fait d’avoir été aide de camp de Napoléon ne donne pas d’avantage particulier. En effet, deux maréchaux seulement ont compté au nombre des trente-sept officiers ayant exercé cette fonction : Murat, nommé aide de camp le 29 février 1796 quelques jours après avoir accédé au grade de chef de brigade (colonel), et Marmont, en 1796 
La date de nomination de Marmont comme aide de camp est…

Les maréchaux ont deux points communs. Ils sont, tout d’abord, des soldats de la Révolution, voire de l’ancien Régime, tel Kellermann, déjà maréchal de camp (général de brigade) en 1788. Ils sont choisis par Napoléon, non parce qu’ils sont issus de l’École de Guerre ou de son équivalent, mais parce qu’ils ont fait l’école de la guerre.

Second point commun entre les maréchaux : ceux qui doivent leurs étoiles à Napoléon constituent l’exception. Si Bessières a été nommé général de brigade le 18 juillet 1800, tous les autres ont obtenu leurs premières étoiles avant le 9 novembre 1799, date d’instauration du Consulat. De même, trois maréchaux seulement ont reçu leur 3e étoile sous le Consulat : Davout et Marmont en 1800 puis Bessières en 1802 (Poniatowski a été nommé général de division en 1806, mais en Pologne).
i. Les généraux de brigade

De nombreux maréchaux ont accédé au grade de général de brigade en 1793 et avant (treize sur vingt-six), dont neuf au cours de la seule année 1793. L’abondance des nominations en 1793 n’est évidemment pas un hasard. C’est l’année de la Terreur, le départ de Danton du Comité de salut public et l’arrivée de Robespierre. Si, selon le mot fameux (mais apocryphe), « la République n’a pas besoin de savants », elle a certainement besoin de soldats. Le 23 août 1793, la Convention décrète la levée en masse, 750 000 hommes répartis en neuf armées, pour défendre les frontières ; ce sont les fameux soldats de l’an II.

Il faut de nouveaux généraux pour en assurer l’encadrement, d’autant que les généraux vaincus et ceux qui sont d’origine noble sont destitués ou guillotinés. Robespierre estime que, toutes les administrations publiques ayant été renouvelées, il est impensable de conserver « un corps de fonctionnaires armés, créé par le despotisme et dont la constitution était fondée sur les maximes les plus extravagantes de l’aristocratie 

Le général Marbot, dans ses mémoires, est sans complaisance, mais sans condescendance non plus lorsqu’il juge les généraux issus de la Révolution, car il les a côtoyés. Certains sont « de ces officiers créés par le hasard et par leur courage, et qui, tout en déployant une valeur très réelle devant l’ennemi, n’en étaient pas moins incapables par leur manque d’instruction d’occuper convenablement les postes élevés… » 
Ainsi, l’épuration à tous les niveaux de commandement permet des promotions accélérées, ce qui ne veut pas dire imméritées puisque l’on doit faire immédiatement ses preuves sur les champs de bataille, qui ne manquent pas. On peut commencer une carrière d’officier comme officier supérieur, avec le grade de chef de bataillon ou de lieutenant-colonel, car les procédures de désignation par élection ont cours dans les armées de la Révolution. Ainsi, l’heure des généraux de moins de 30 ans a sonné. C’est l’époque des Hoche, général de division à 25 ans, mort à 29 ans, et des Marceau, général de division à 25 ans, mort à 27 ans. C’est aussi celle de… Bonaparte, nommé général de brigade le 22 décembre 1793 à 24 ans 
La promotion de Napoléon Bonaparte est des plus rapides : nommé…

Compte tenu des besoins en hommes et en chefs dans les armées de la Révolution, les carrières vont vite, et particulièrement pour les futurs maréchaux. Beaucoup d’entre eux ont échappé à la Terreur et, dans une certaine mesure, ils lui doivent leur carrière de général.

Pour les motifs indiqués plus haut, notamment parce que les maréchaux ne commencent pas leur carrière au même grade ou « sautent » des grades, il est difficile de calculer le temps passé comme officier subalterne et officier supérieur. C’est pourquoi nous avons choisi de comparer seulement l’âge auquel les maréchaux accèdent au grade de général de brigade ou de maréchal de camp, grades considérés comme équivalents, et la durée de carrière en qualité d’officier général 
La date de nomination de Poniatowski au grade de général de brigade

L’âge atteint au moment de la nomination comme général de brigade est souvent assez bas, 32 ans et 3 mois en moyenne, l’âge médian étant de 30 ans et 24 ont moins de 40 ans. Fait remarquable, 11 ont moins de 30 ans. Le plus jeune a été nommé à 23 ans et deux mois et donc à un âge moins avancé que Napoléon : c’est Davout, que trente ans séparent du plus âgé, Kellermann.
Âge atteint lors de la nomination comme général de brigade

La structure par groupes d’âge quinquennaux comporte un groupe largement majoritaire, celui des 25-29 ans avec neuf généraux, c’est-à-dire plus du tiers des nominations. Deux autres groupes suivent de peu, celui des 30-34 ans avec sept généraux et celui des 35-39 ans avec six généraux. La tranche d’âge 40-49 ans ne comporte aucun général, et les plus âgés sont déjà quinquagénaires : Sérurier approche 51 ans, et Kellermann 53 ans, lorsqu’ils accèdent au grade de général de brigade.

Mais si les futurs maréchaux sont particulièrement jeunes lorsqu’ils sont nommés au grade de général de brigade, la performance est encore plus remarquable si on compare les nouveaux maréchaux aux généraux. Pour une tranche d’âge un peu différente, celle des générations 1750-1799 (les dates de naissance des maréchaux s’échelonnent de 1735 à 1774) ceux qui accèdent au grade de général ont en moyenne 44 ½ ans, ce qui signifie un écart de plus de douze ans en faveur des futurs maréchaux 

Les généraux de brigade obtiennent la troisième étoile dans un délai moyen de deux ans et huit mois, la durée médiane n’étant que de deux ans, car les écarts sont assez importants entre les promus. Huit généraux, soit près du tiers, accèdent au cours de la même année au grade de général de brigade puis à celui de général de division. Les groupes les plus importants sont ensuite ceux des généraux qui obtiennent leur troisième étoile dans un délai allant de deux ans à moins de trois ans.
Temps passé dans le grade de général de brigade
Le plus rapide est Lefebvre, nommé général de brigade le 2 décembre 1793 puis de général de division le 10 janvier 1794, à peine un mois plus tard ! Ne sont pas très loin Jourdan (à peine deux mois) puis Augereau, Gouvion-Saint-Cyr et Pérignon (environ trois mois). Il faut moins de quatre mois à Moncey et Bernadotte, et près de huit mois à Mortier pour obtenir leur troisième étoile.

Compte tenu de la valeur moyenne et de la valeur médiane des durées de carrières comme général de brigade, nous considérons comme carrières longues celles qui dépassent quatre ans. Il en est ainsi, tout d’abord, de Kellermann, Brune et Soult.

La situation de Davout est atypique car il demeure général de brigade pendant près de sept ans après avoir été le plus jeune nommé à ce grade. Il gagne sa deuxième étoile le 25 juillet 1793, à l’armée de l’Ouest, mais le 30 juillet suivant, il refuse la troisième. Les historiens sont partagés quant au motif du refus. Certains pensent que Davout s’estimait insuffisamment expérimenté pour mériter une promotion aussi rapide. Pour d’autres, il s’agissait de se conformer à un décret de la Convention excluant les nobles de l’armée. La première hypothèse semble plus défendable, car Davout, d’origine noble, avait déjà modifié l’orthographe de son nom, donnant ainsi un signe d’allégeance à la Révolution 
Avant la Révolution, le nom s’écrit d’Avout ou d’Avoust. Pour…
. Finalement, ce n’est qu’au retour de l’expédition d’Égypte qu’il sera promu général de division, le 3 juillet 1800.

Le record de durée dans le grade de général de brigade est détenu, de très loin, par Poniatowski. Nommé très jeune (26 ans) en 1789 alors qu’il est dans l’armée polonaise, il attendra 1806, soit plus de dix-sept ans, pour obtenir sa troisième étoile.
ii. Les généraux de division

Quel que soit le temps passé dans le grade de général de brigade, quel que soit leur âge, tous les futurs maréchaux passent obligatoirement par le grade de général de division. Il n’y a pas d’exception en 1804 et il n’y en aura pas ultérieurement.

Une fois obtenues les deux étoiles de général de brigade, la suite de la carrière est tout aussi rapide. Ceux qui se distinguent sur les champs de bataille sont promus sans tarder. Dès qu’ils accèdent au grade de général de division, la porte leur est ouverte pour commander des formations importantes, corps d’armée ou même armée.

La moyenne d’âge des généraux de division au moment de leur nomination dans ce grade est de 34 ans et onze mois, l’âge médian étant de 32 ans, car les deux généraux les plus âgés, Kellermann et Sérurier, tirent la moyenne vers le haut : ils étaient déjà respectivement doyen et vice-doyen d’âge en accédant au grade de général de brigade. Lorsqu’il obtient sa troisième étoile, Kellermann a 56 ans et sept mois, et Sérurier a 52 ans et six mois.

La structure par groupes d’âge quinquennaux montre que quatre généraux ont moins de 30 ans : Grouchy n’a pas encore 29 ans, Macdonald vient de les avoir et Suchet les a un peu dépassés. C’est Marmont qui détient le record, car il n’a pas encore 26 ans et deux mois lorsqu’il gagne sa troisième étoile ; à quelques jours près, il fait mieux que Napoléon. Le groupe le plus nombreux, qui comprend la moitié de l’effectif, se situe dans la tranche 30-34 ans, et vingt et un généraux sur vingt-six ont moins de 40 ans.
Âge atteint, lors de la nomination comme général de division, par groupes d’âges quinquennaux

La carrière des généraux de division dure en moyenne neuf ans et deux mois, la durée médiane étant de dix ans. Cette durée est certes courte, mais comme les guerres sont continuelles, l’expérience du commandement s’acquiert plus vite. Si l’on compare les durées de carrières en les regroupant par tranches de cinq ans, le groupe de loin le plus nombreux est celui des quatorze généraux dont la carrière de général de division dure de neuf à moins de treize ans.
Temps passé dans le grade de général de division

La carrière dans le grade de général de brigade, ainsi qu’on l’a rappelé ci-dessus, étant en moyenne de deux ans et huit mois, il faut donc douze ans environ (onze ans et dix mois) à partir du grade de général de brigade pour accéder au maréchalat, la durée médiane de la carrière dans le grade de général étant de onze ans.

L’examen des carrières individuelles montre des situations contrastées. Macdonald demeure dans le grade de général pendant près de seize ans, car il est nommé général de brigade en août 1793 alors qu’il n’a pas encore 28 ans. La carrière de Gouvion-Saint-Cyr, en tant que général, dure plus de dix-huit ans, car il n’accède au maréchalat qu’en 1812 alors qu’il a été nommé général de brigade en juin 1794 et général de division en septembre 1794 
Gouvion Saint-Cyr a toutefois connu antérieurement une… Grouchy était déjà maréchal de camp (général de brigade) en 1792 ; par voie de conséquence, sa carrière de général dure près de vingt-trois ans lorsqu’il reçoit le bâton de maréchal en 1815. La carrière la plus longue est celle de Poniatowski car, en 1813, il y a vingt-quatre ans qu’il a été nommé général de brigade. Pour ces quatre maréchaux, ce n’est pas un retard de carrière qui explique le temps passé dans le grade de général, mais tout simplement l’âge précoce auquel ils ont reçu le grade de général de brigade.
La situation de Kellermann est un peu différente, même s’il demeure dans le grade de général pendant seize ans, comme Macdonald. Kellermann est nommé général de brigade en mars 1788, alors que ses collègues cités ci-dessus – Macdonald, Grouchy, Gouvion-Saint-Cyr et Poniatowski – n’avaient pas encore ce grade. Il est nommé général de division sans trop attendre, en mars 1792. Mais ce n’est pas l’âge précoce lors de la nomination comme général de brigade qui explique la longue carrière de général : Kellermann est nommé général de brigade à 53 ans, alors que ses quatre collègues ont été nommés à 25 ans et dix mois (Grouchy), 26 ans et deux mois (Poniatowski), 27 ans et neuf mois (Macdonald) et 30 ans et deux mois (Gouvion-Saint-Cyr).

S’agissant des carrières les plus courtes, il ne faudra que cinq ans à Mortier, sept ans à Lannes, près de huit ans à Ney et huit à Murat pour parcourir le chemin allant du grade de général de brigade au maréchalat. Le record est détenu par Bessières, nommé général le 18 juillet 1800 à la suite de sa brillante conduite à la bataille de Marengo le mois précédent. Comme il fait partie de la première promotion des maréchaux en 1804, il ne reste dans le grade de général que trois ans et dix mois, dont un an et huit mois seulement comme général de division, ce qui est également un record.
C. L’entrée et la carrière dans le maréchalat
Quel est l’âge des maréchaux au moment de leur promotion ? Quelle est leur durée de vie dans le maréchalat ?
i. L’âge des nouveaux maréchaux
La question est de savoir si Napoléon s’est entouré de jeunes ou de vieux maréchaux. Pour y répondre précisément, il existe deux approches complémentaires. D’une part, on peut classer les maréchaux par groupes d’âge quinquennaux, sans tenir compte de la date de leur nomination. Cette classification est utilisable à n’importe quel moment de la carrière, quel que soit le grade. D’autre part, on peut calculer l’âge précis des maréchaux au moment de leur entrée dans le maréchalat. La seconde méthode est différente de la première car l’âge lors de l’entrée dans le maréchalat dépend de la date de la nomination qui, au cas particulier, s’échelonne sur douze années.

La première approche montre que les dates de naissance des maréchaux s’échelonnent sur cinq décennies : près de quarante ans séparent Kellermann, né en 1735, de Marmont, né en 1774. Les maréchaux honoraires figurent des groupes recouvrant les périodes les plus anciennes, avant 1760, et le plus « jeune » d’entre eux Lefebvre, né en 1755, a quand même vingt ans de moins que le doyen, Kellermann. Deux groupes quinquennaux sont largement majoritaires : six maréchaux sont nés au cours de la période 1760-1764 et neuf sont nés au cours de la période 1765-1769. Ainsi, quinze maréchaux sur vingt-six sont nés au cours d’une période de dix ans. Ceux qui sont nés à partir de 1770 constituent l’exception.

La seconde approche, qui consiste à calculer l’âge des maréchaux, non plus dans l’absolu mais au moment de leur nomination, montre en premier lieu que l’âge moyen d’accession au maréchalat est de peu supérieur à 44 ans, pour les vingt-six maréchaux. Les sexagénaires Kellermann et Sérurier tirent la moyenne vers le haut, ce qui fait que l’âge médian n’est que de 43 ans. Pour la promotion de 1804, de loin la plus nombreuse (sept maréchaux sur dix), la moyenne d’âge est identique à celle de l’ensemble, 44 ans, mais si on retire du calcul les quatre maréchaux honoraires, qui appartiennent aux groupes d’âge les plus anciens, l’âge moyen des promus de 1804 est de 40 ans et deux mois et leur âge médian de 39 ans.
Âge atteint lors de l'accession au maréchalat

Napoléon recrute selon un éventail très large, s’agissant de l’âge, qui varie du simple au double puisque le plus vieux, Kellermann, a près de 69 ans, alors que le plus jeune, Davout, vient d’avoir 34 ans !
Si l’on classe les maréchaux, au moment de leur nomination, par tranches d’âge homogènes (âges arrondis à l’année la plus proche), on peut distinguer quatre groupes. Le premier est constitué par les huit maréchaux qui ont de 30 à 39 ans : le plus jeune est Davout, 34 ans, puis viennent Marmont, qui n’a pas encore 35 ans, Soult, Lannes, Ney et Bessières 35 ans, Mortier, 36 ans et enfin Murat, 37 ans.

Les quadragénaires, au nombre de douze, soit près de la moitié, sont représentatifs de la moyenne. Figurent dans cette tranche d’âge, par âge croissant, Brune, Bernadotte et Suchet, qui ont plus de 41 ans, puis, pour les valeurs centrales, Jourdan, Oudinot, Victor, Macdonald, Masséna, Augereau, qui ont entre 42 et 46 ans. Gouvion-Saint-Cyr, Grouchy et Lefebvre figurent parmi les plus âgés car ils ont dépassé 48 ans.

Le groupe des quinquagénaires compte quatre maréchaux, étant observé que Moncey et Pérignon n’ont pas tout à fait 50 ans et que Poniatowski et Berthier ont moins de 51 ans.

Enfin viennent les sexagénaires : Sérurier, avec 61 ans et cinq mois, et le doyen Kellermann, presque septuagénaire (68 ans, onze mois et vingt et un jours). Ces âges ne peuvent surprendre si l’on se souvient que ces deux maréchaux ne sont pas que des produits de la Révolution mais qu’ils ont aussi été soldats dans l’armée du Roi.

Sérurier, entré dans le métier des armes à l’âge de 13 ans, a fait la guerre de Sept Ans, autrement dit il a déjà servi sous Louis XV 
À la suite d’un renversement des alliances, la France et…
. Il a combattu avec l’armée d’Italie et a soutenu Bonaparte le 18 brumaire. Il a été gouverneur de Venise et gouverneur des Invalides, et sera vice-président du Sénat. Toutefois, on ne le rencontrera pas sur les champs de bataille des armées impériales.

Kellermann est soldat dès l’âge de 15 ans. Tout comme Sérurier, il a fait la guerre de Sept Ans et il a acquis le grade de maréchal de camp en 1788. Il passe à la notoriété grâce à la bataille de Valmy. Il sera, comme Sérurier, sénateur (il présidera le sénat en 1804). Compte tenu de son âge, il ne se verra confier par Napoléon, sur le plan militaire, que des rôles secondaires, tel le commandement de troupes de réserve ou d’observation. Les sexagénaires, vraisemblablement choisis sur des considérations plus politiques que militaires, se trouvent donc dans une situation atypique.
Âge atteint, lors de l’accession au maréchalat, par groupes d’âges décennaux

Ainsi, que l’on considère l’année de naissance des maréchaux ou leur âge précis lors de leur nomination, on ne peut soutenir que Napoléon a nommé des jeunots au maréchalat. En effet, sur vingt-six maréchaux, quinze sont nés entre 1760 et 1769 et d’autres, plus anciens, ont même servi sous Louis XV. Il reste que dix-huit maréchaux, soit sept sur dix, ont plus de 40 ans lors de leur nomination, toutes promotions confondues. Napoléon a donc réservé le maréchalat à des hommes d’âge mûr, l’âge moyen atteint au moment de la nomination étant supérieur à 44 ans.
ii. La durée de vie après l’accession au maréchalat

Malgré un âge moyen relativement élevé au moment de leur nomination, les maréchaux ont une durée de vie plutôt inattendue pour l’époque et du fait de leur engagement dans les guerres de l’Empire. De la date de l’accès au maréchalat jusqu’à la date de décès, la durée de vie moyenne des maréchaux est en effet de vingt et un ans et sept mois, mais la durée médiane n’est que de seize ans à cause de valeurs extrêmes très éloignées. C’est ainsi que, pour les durées les plus brèves, on trouve Poniatowski, qui meurt trois jours après son entrée dans le maréchalat, et Lannes, qui meurt cinq ans plus tard. Pour les durées les plus longues, on trouve Marmont, mort quarante-trois ans et huit mois, et Soult, mort quarante-sept ans et six mois après l’accession au maréchalat. Fait remarquable, les quatre maréchaux honoraires, bien que d’âges différents au moment de leur nomination, ont une durée de vie voisine dans le maréchalat, de l’ordre de quinze ans.
Durée de vie après l'accession au maréchalat

Une approche complémentaire consiste à regrouper par tranches décennales les durées de vie après l’accession au maréchalat. La tranche 10-19 ans regroupe treize maréchaux, exactement la moitié. Les valeurs extrêmes de cette tranche sont de onze ans pour Berthier et dix-neuf ans pour Davout. La tranche suivante (valeurs supérieures à 20 ans et inférieures à 30) ne comporte que Jourdan, dont la durée de vie dans le maréchalat est de vingt-neuf ans et six mois. La tranche 30-39 ans comprend six maréchaux, avec pour valeurs extrêmes Macdonald, 31 ans et deux mois et Oudinot, 38 ans et deux mois. Le dernier groupe comprend les maréchaux dont la durée de vie après l’accession au maréchalat dépasse trente-neuf ans, les records de longévité étant détenus par Marmont, qui vit pendant près de quarante-deux ans et huit mois après avoir reçu le bâton de maréchal, et le doyen Soult, quarante-sept ans et six mois !

Les maréchaux ont donc une longévité particulièrement élevée. Il en résulte que, dans leur grande majorité, ils peuvent poursuivre leur carrière au service des Bourbons et des Orléans, après avoir servi sous Louis XVI – voire sous Louis XV –, fait les guerres de la Révolution, avant d’être distingués par Napoléon. Les maréchaux auront des occasions de trahir Napoléon et le seul fidèle sera Davout, ministre de la Guerre durant les Cent-Jours puis chassé de Paris par Louis XVIII. Mais celui-ci finira par le rappeler et en faire un pair de France 
[24]Ministre de la Guerre pendant les Cent-Jours, du 20 mars au…
… On peut supposer que Lannes, s’il avait vécu en 1814-1815, serait lui aussi demeuré parmi les fidèles.

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https://www.cairn.info/revue-napoleonic ... page-4.htm
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Re: Les maréchaux de l'Empire

Message par Royal Scot's Guard »

EXCELLENT ! Merci....
:salut:
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Turos M. J.
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Re: Les maréchaux de l'Empire

Message par Turos M. J. »

Graphiques statistiques bien faits.

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